L'herbe monte jusqu'à mi-cuisse. Les pluies de printemps rendent les rus toniques. Il peut presque entendre le cri vert foncé des prairies. L'eau est fraîche, glacial. Quelques têtards dévalent confiants dans le sens de la pente. Il remonte le courant jusqu'à la source. Aux pieds juteux des collines sombres. Le fil du ruisseau est de plus en plus mince, de plus en plus glacial, presque minéral. Il sourd du ventre souffreteux de la montagne. Entre deux roches moussues, le fin filet d'eau clair. Il s'accroupie, approche son visage, lape. Sa langue entre les cuisses de la terre. Le jus froid de cette femme.
(projet Autre chose)
dimanche 31 mai 2009
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