Ciel gris
tourné dans les rues mouillées
remonté l'avenue
passé le pont
arrêté cinq minutes pour voir la crue
arbres arrachés
déchets
mine grise des passants
bancs trempés
quelques bouffées de tabac dans l'air froid
de la buée sur la vitrine des cafés
une odeur de poubelles mouillées
observé le délabrement
des champs
des bâtiments
des visages
samedi 31 janvier 2009
vendredi 30 janvier 2009
Série Noire
jeudi 29 janvier 2009
Une bûche dans le feu
élaguer tronçonner casser
ramasser ratisser trier
nettoyer entasser brûler
le poème reste de bois
mercredi 28 janvier 2009
mardi 27 janvier 2009
de l'or et des fossés
Rapace hirsute
calé en boule
sur un pylône
Ombre des platanes
sur la route
Ligne de joncs
qui tiennent
aux vents
calé en boule
sur un pylône
Ombre des platanes
sur la route
Ligne de joncs
qui tiennent
aux vents
lundi 26 janvier 2009
Hoppercity


En octobre dernier à eu lieu une belle rencontre improvisée entre Dimitri Vazemsky, David Bausseron et Digital Vandal autour des textes de Hoppercity, un de mes livres qui paraîtra prochainement chez Nuit Myrtide. En attendant l'objet, bien léché comme d'habitude par Dimitri, voici quelques images de la soirée ...


.
Etrange...
Etrange
et légèrement inquiétant
cette sensation
de plénitude
dos courbé
dans le jardin
à ramasser
les crottes du chien
et légèrement inquiétant
cette sensation
de plénitude
dos courbé
dans le jardin
à ramasser
les crottes du chien
La leçon de l'homme tronc
Trop occupé
à distribuer
ses leçons
L'homme
t
r
o
n
c
de la poésie
ne s'est pas permis
d'imaginer
qu'il était possible
d'écrire
avec autre chose
que ses dents
à distribuer
ses leçons
L'homme
t
r
o
n
c
de la poésie
ne s'est pas permis
d'imaginer
qu'il était possible
d'écrire
avec autre chose
que ses dents
dimanche 25 janvier 2009
Le jour où j'ai voulu devenir un arbre
Le jour où j’ai voulu devenir un arbre, la nuit avait toutes ses dents. la lune brillait, pleine et diaphane, comme la cendre magique de l’histoire. Les chiens chassaient les rats aux abords de la ville. Je n’étais pas certain du caractère adéquate de ma nature. Mélèze, chêne, tilleul, noisetier ? Fallait il devenir touffu, ombrageux, massif, dur comme le schiste ou flexible au vent ...La suite sur le super site le recours aux forêts
Aujourd'hui c'est OK
Lumière droit devant
le carré blanc qui encercle les portes-fenêtres
qui vient te chercher
te tape sur l'épaule
t'oblige à te lever
te dit aller hop!
aujourd'hui c'est ok
et tu ouvres les volets
et ça claque
l'herbe brille
l'horizon cavale loin devant
avec les fauves et les chevaux sauvages
et il y a ce type qui fait ses gammes à la flûte
les bruits du marché et des enfants
les oiseaux partout
un nombre incroyable d'oiseaux
le soleil qui se reflète sur l'eau
toute cette merde banale et magnifique
devant tes yeux
et tu te dis aller hop
aujourd'hui c'est ok
j'en suis
le carré blanc qui encercle les portes-fenêtres
qui vient te chercher
te tape sur l'épaule
t'oblige à te lever
te dit aller hop!
aujourd'hui c'est ok
et tu ouvres les volets
et ça claque
l'herbe brille
l'horizon cavale loin devant
avec les fauves et les chevaux sauvages
et il y a ce type qui fait ses gammes à la flûte
les bruits du marché et des enfants
les oiseaux partout
un nombre incroyable d'oiseaux
le soleil qui se reflète sur l'eau
toute cette merde banale et magnifique
devant tes yeux
et tu te dis aller hop
aujourd'hui c'est ok
j'en suis
vendredi 23 janvier 2009
Conchita
Avec ses mots
ses cahiers
ses claviers
ses stylos
Il est comme une petite bonne
qui remue son plumeaux
dans l'espace interplanétaire
Il s'efforce
de remplir le vide
avec de la poussière
ses cahiers
ses claviers
ses stylos
Il est comme une petite bonne
qui remue son plumeaux
dans l'espace interplanétaire
Il s'efforce
de remplir le vide
avec de la poussière
jeudi 22 janvier 2009
mercredi 21 janvier 2009
Un arrêt de bus en janvier
1
Peau blanche
nez rouge
le froid sur ses joues
de son écharpe se dégage un mélange
de parfum et de tabac
mains au fond des poches
elle frissonne rit et monte dans le bus
jamais je n’oserai
lui parler
2
Quinze ans plus tard
image imprimée
dans les feuilles mortes
de mes regrets
Peau blanche
nez rouge
le froid sur ses joues
de son écharpe se dégage un mélange
de parfum et de tabac
mains au fond des poches
elle frissonne rit et monte dans le bus
jamais je n’oserai
lui parler
2
Quinze ans plus tard
image imprimée
dans les feuilles mortes
de mes regrets
Chien errant 4

"C'est l'heure de payer ton terme, ou d'aller crever dans la rue, parmi les enfants des chiens ! répond le propriétaire. La femme pauvre. Léon Bloy
Kosovo.
photo ©Martin BOHN
photo ©Martin BOHN
Aube apnée
Fossé gelé
nuée d'étourneaux dans le ciel blanc
essain grouillant dans le peu des yeux
bouche close
lumière froide
le jour est un vêtement
trop grand
mardi 20 janvier 2009
Rite de passage
Il y a des étapes
importante
dans la vie d'un homme
Aujourd'hui j'ai acheté
ma première tronçonneuse
importante
dans la vie d'un homme
Aujourd'hui j'ai acheté
ma première tronçonneuse
lundi 19 janvier 2009
le long de la nuit
Rentrer à pied
souffler sur ses mains
fumer
tenir le couteau
dans la poche
insulter les voitures
qui ne s'arrêtent pas
songer à l'engueulade
qui nous attend
sourire ivre
16 ans
le coeur qui bat
souffler sur ses mains
fumer
tenir le couteau
dans la poche
insulter les voitures
qui ne s'arrêtent pas
songer à l'engueulade
qui nous attend
sourire ivre
16 ans
le coeur qui bat
Requinquer
Ranger le bois
chercher le nom de plantes dépolluantes
compter les crottes du chien sur la neige
se couper les ongles
monter le chauffage
relire un Gaston
bien manger
fouiller dans les jaquettes des cd
rire tout seul
vider les cendres dans le jardin
écrire une lettre à un vieil ami
regarder dehors
ne pas prendre part
cacher les papiers en retard
s'en remettre
chercher le nom de plantes dépolluantes
compter les crottes du chien sur la neige
se couper les ongles
monter le chauffage
relire un Gaston
bien manger
fouiller dans les jaquettes des cd
rire tout seul
vider les cendres dans le jardin
écrire une lettre à un vieil ami
regarder dehors
ne pas prendre part
cacher les papiers en retard
s'en remettre
Ne raconte pas n'importe quoi
- t'as vu ?
- je peux pas je conduis.
- mais au bord de la route...
- quoi ?
- là, dans le pré, y a deux dromadaires.
- deux dromadaires dans le Vaucluse ?
- je t'assure!
- qu'est ce qu'ils font?
- rien, je crois. Ils sont couchés dans l'herbe. On dirait qu'ils se marrent.
- je peux pas je conduis.
- mais au bord de la route...
- quoi ?
- là, dans le pré, y a deux dromadaires.
- deux dromadaires dans le Vaucluse ?
- je t'assure!
- qu'est ce qu'ils font?
- rien, je crois. Ils sont couchés dans l'herbe. On dirait qu'ils se marrent.
dimanche 18 janvier 2009
Debout
Tout semble immobile
la neige ne fond pas
le ciel est couvert
il regarde par la fenêtre
les yeux encore vagues de sommeil
il songe à aller couper quelques branches du noyer
pour qu'il y ait moins d'ombre cet été
finalement il ne bouge pas
elle dort à côté
à une distance raisonnable
de la peur
il préfère rester là
debout
se sentir capable de la protéger
la neige ne fond pas
le ciel est couvert
il regarde par la fenêtre
les yeux encore vagues de sommeil
il songe à aller couper quelques branches du noyer
pour qu'il y ait moins d'ombre cet été
finalement il ne bouge pas
elle dort à côté
à une distance raisonnable
de la peur
il préfère rester là
debout
se sentir capable de la protéger
vendredi 16 janvier 2009
Nick Tosches
jeudi 15 janvier 2009
La chose
Depuis qu'il avait appris la chose
tout ce qu'il vivait au quotidien
se situait à un bon mètre de distance
de son coeur
La confusion était douce
l'ivresse un peu effrayante
il pouvait rester des heures
immobile devant sa fenêtre
le visage marqué d'un sourire inquiétant
personne n'aurait pu dire avec certitude
si son regard était celui d'un psychopate
ou d'un moine boudhiste
tout ce qu'il vivait au quotidien
se situait à un bon mètre de distance
de son coeur
La confusion était douce
l'ivresse un peu effrayante
il pouvait rester des heures
immobile devant sa fenêtre
le visage marqué d'un sourire inquiétant
personne n'aurait pu dire avec certitude
si son regard était celui d'un psychopate
ou d'un moine boudhiste
méthode collet
J'ai de la chance
si ce n'est de vivre
et de ne plus vivre
je n'ai pas peur
de grand chose
si ce n'est de vivre
et de ne plus vivre
je n'ai pas peur
de grand chose
mercredi 14 janvier 2009
Mon âme à un nom d'oiseau
"L'aigrette se rencontre dans toutes les zones humides aux eaux peu profondes avec une prédilection pour les eaux saumâtres." (...) "Silencieuse la plupart du temps, elle émet un cri rauque sorte de « aahh » ou « kark » lorsqu'elle est dérangée " Wikipédia
Aigreguette/ Aigreêtre/
Ai ggrree être/
mardi 13 janvier 2009
Parution- Poème Epress

8 poèmes-express chez la Vachette alternative
Le gros sabot de mes yeux,
collection 8pA6-No. 20, -36 édition, janvier 2008, 2€
Le mur
(...)
Il ne sait pas attendre. Il ne veut pas attendre. Il ne veut pas savoir attendre. Il ne veut pas avoir le choix d’attendre. Il pense que s’il n’a pas de raison d’être ici, ni d’envie d’y rester, c’est qu’il peut partir. Il est comme un homme qui se bat contre un mur par orgueil. Mais un mur ne défie personne, un mur n’a pas d’orgueil, il est là, simplement, avec l’évidence de la matière. L’homme piétine. Il ne veut pas attendre, il n’a aucune raison d’accepter d’attendre. Il ne voit pas pourquoi il accepterait d’attendre. D’ailleurs il hait l’attente. Il hait ces murs, ces cigarettes, ces raisons d’attendre ou ne pas attendre. Il hait cette situation ... Et le type en face de lui qui l’accepte comme une caresse, une caresse infligée, obligatoire, supplicière ; il hait ce type. Cette caresse molle était désagréable pour la simple raison qu’il n’en voulait pas. Après tout, ça n’était pas si grave d’attendre un peu, confortablement installé. Il aurait pu s’en accommoder, mais il haïssait même jusqu’à cette éventualité d’avoir à devoir pouvoir s’en accommoder.
(...)
extrait de la nouvelle à deux on peut parler tout seul..., à lire sur le site du Chasseur abstrait
Il ne sait pas attendre. Il ne veut pas attendre. Il ne veut pas savoir attendre. Il ne veut pas avoir le choix d’attendre. Il pense que s’il n’a pas de raison d’être ici, ni d’envie d’y rester, c’est qu’il peut partir. Il est comme un homme qui se bat contre un mur par orgueil. Mais un mur ne défie personne, un mur n’a pas d’orgueil, il est là, simplement, avec l’évidence de la matière. L’homme piétine. Il ne veut pas attendre, il n’a aucune raison d’accepter d’attendre. Il ne voit pas pourquoi il accepterait d’attendre. D’ailleurs il hait l’attente. Il hait ces murs, ces cigarettes, ces raisons d’attendre ou ne pas attendre. Il hait cette situation ... Et le type en face de lui qui l’accepte comme une caresse, une caresse infligée, obligatoire, supplicière ; il hait ce type. Cette caresse molle était désagréable pour la simple raison qu’il n’en voulait pas. Après tout, ça n’était pas si grave d’attendre un peu, confortablement installé. Il aurait pu s’en accommoder, mais il haïssait même jusqu’à cette éventualité d’avoir à devoir pouvoir s’en accommoder.
(...)
extrait de la nouvelle à deux on peut parler tout seul..., à lire sur le site du Chasseur abstrait
lundi 12 janvier 2009
dimanche 11 janvier 2009
samedi 10 janvier 2009
alors je reste là, dans la lumière éblouissante du soleil sur la neige
Personne ne comprend rien
tout cela est magnifiquement
absurde
est-ce que tout
ce que la vie nous donne
elle l'a déjà repris
à quelqu'un d'autre ?
tout cela est magnifiquement
absurde
est-ce que tout
ce que la vie nous donne
elle l'a déjà repris
à quelqu'un d'autre ?
vendredi 9 janvier 2009
mami
1
Elle en parlait peu
l’âne et les moutons
le café-cinéma Le Bijou
à Boutlélis
l’oncle Adrien qui avait servi chez les zouaves
pas plus
ça suffisait pour deviner le reste
de l'histoire
2
Elle m’a dit mon petit
marche dos au soleil
comme ça ton ombre
aura toujours un peu d’avance
jeudi 8 janvier 2009
une façon d'effacer
La neige est trop tombée
les sapins font le dos rond
les flocons se sont accumulés
les branches pèsent
étouffent
et finissent par lâcher
ça craque dans le silence
le temps dégringole blanc
en effaçant l'ardoise
Tout à recommencer
les sapins font le dos rond
les flocons se sont accumulés
les branches pèsent
étouffent
et finissent par lâcher
ça craque dans le silence
le temps dégringole blanc
en effaçant l'ardoise
Tout à recommencer
mardi 6 janvier 2009
Disparaître dans la neige
Il mit toute son énergie à éviter ses collègues de bureau. La journée s'étalait comme une charogne de renard sur la départementale. La voiture ne dégelait pas. Des passants se montraient la taille de leurs dents. Il acheta quatre paquets de Dunhil. Et cette putain de neige qui n'arrivait pas !
(photo de Robert Walser refilée par le digne sieur sarieloubal)
(photo de Robert Walser refilée par le digne sieur sarieloubal)lundi 5 janvier 2009
quelque part
Des gouttes d'eau
balaffrent la vitre du train
on peut voir toute la ville en bas
le fleuve brumeux
les jardins pleins de neige fondue
et les maisons
qui ressemblent à des crapauds congelés
des gens s'aiment là dedans
pendant que les autres attendent
que ça vienne
balaffrent la vitre du train
on peut voir toute la ville en bas
le fleuve brumeux
les jardins pleins de neige fondue
et les maisons
qui ressemblent à des crapauds congelés
des gens s'aiment là dedans
pendant que les autres attendent
que ça vienne
à nos fantômes

Nous n'avons pas parlé de sa souffrance
on est allé voir le cheval
on a bu des coups
on est resté là
à jouer avec les enfants
un moment il m'a dit
Tu sais maintenant il faut qu'on s'occupe tout le temps sinon...
je lui ai souri aussi tendrement que possible
on s'est dis au revoir à travers la vitre de la voiture
et puis je n'ai plus regardé derrière moi
on est allé voir le cheval
on a bu des coups
on est resté là
à jouer avec les enfants
un moment il m'a dit
Tu sais maintenant il faut qu'on s'occupe tout le temps sinon...
je lui ai souri aussi tendrement que possible
on s'est dis au revoir à travers la vitre de la voiture
et puis je n'ai plus regardé derrière moi
samedi 3 janvier 2009
vendredi 2 janvier 2009
Piste perdue
Rond de café sur la table
tuyau de poël
ciel griffé
branches
aucune question
dans une heure le soleil sera couché
peut être moins
tuyau de poël
ciel griffé
branches
aucune question
dans une heure le soleil sera couché
peut être moins
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"Tout commence à partir de l’humiliation ! 




