samedi 28 février 2009

Viens de paraître et j'en suis

- Passages , petite revue de poésie en quête du sur-romantisme-noir, n°14, Nos p'tites chansons 2 , accompagné du supplément Hommages à Françis Bacon, collection ré-apparition n°14, Février 2009. Renseignements et commandes à bullitlala@neuf.fr ou sur le blog de Passages

- Médicament-Blues & Modern-Classic-Therapy, n°0, nouvelle aventure de Christian Desquesnes autour des grandes figures mythiques ou inconnues du Blues. Renseignements et commandes à bullitlala@neuf.fr ou sur le blog de Passages

- Interlope n°5, revue Post culturelle menée par le collectif Hirsute et andy Vérol. Vous pouvez obtenir cette revue sans structure et uniquement diffusée par mail en envoyant un message ici: hirsute.hirsute@orange.fr, ou sur le blog de la Vérol. Attention, après 12 d'existence, Interlope cesse, s'arrête, disparaît, s'éclipse, crève.

La vieille chose grise



















La vieille chose grise
encre noire sur tapisserie
Emilie Alenda

Les secondes

J’entends la nuit qui s’effrite à travers la buée des vitres

le vent qui force sur les branches
les feuilles lassées du poids de l’eau
l’horizon bardé de grisaille
le crépuscule qui hésite sous le poids blanc de ses limites
et le ciel ensablé d’automne qui se désagrège calmement

J’entends la nuit qui s’effrite à travers la buée des vitres

Je peux voir toutes ces secondes qui se confondent avec la pluie
disparaître entre mes doigts comme de l’eau qui n’est plus neige
traverser mes larmes à la nage
s’accrocher aux poils de mon ventre
dévorer mes hésitations
grouiller m’imprégner se répandre

Dans les bruits de la nuit qui s’effrite
l’encre qui se vide du stylo
la fumée qui dégringole vers le haut
Je peux les voir c’est mon seul droit
arracher la peau de mes rêves
et disparaître gentiment
à travers la buée des vitres

La nuit est un serpent qui siffle entre les joncs

Hier soir

Hier soir une chauve souris est entrée dans la maison, elle semblait coincée dans le couloir trop petit pour elle, ivre de tourner en rond autour de l'ampoule elle est repartie dans la nuit.

Hier soir je me suis endormi contre l'odeur confortable de la nuque de ma femme et son parfum a était un drap chaud et léger, l'unique vêtement qui protégeait la peau de mon âme écorchée.

Hier soir le vent a sifflé la nuit comme un homme timide siffle une femme pendant que le rouge
assaille ses joues de l'audace d'oser.

Hier soir, un linge mouillé sur les yeux, un homme triste a attendu au fond de l'eau tiède d'enfin cesser de disparaître.

Hier soir, la graine d'un abricot a traversé la terre, mais avant d'affronter l'acide de la solitude, elle est retournée dans le ventre de sa mère en redoutant de vivre.

Hier soir, je me suis assis au bord du vide pour danser avec les absents une longue parade nocturne sur les épines des buissons jusqu'à ce que mes pieds sentent le sang.

Hier soir j'ai attendu d'avoir le courage de fermer les yeux.

Hier soir la lune n'a pas promit de lendemain, elle a disparu du ciel en décidant de cesser de mentir.

Hier soir un chien a déchiré la nuit en transformant ses larmes en crocs.

vendredi 27 février 2009

Printemps des poétes le 07 mars


Samedi 7 mars dès 14 h 30, nous vous convions à une journée autour de la poésie contemporaine, avec rencontre, lecture, signature, interprétation et concert.

Pour le premier opus du Printemps des Poètes la Boucherie littéraire sera accueillie par le domaine Regarde moi venir à Grambois. Cette escale se fera dans une des pièces appartenant à l’ancien moulin du Pas, devenu depuis le caveau du domaine.

Une vrai Samedi dédiée à la poésie d’aujourd’hui, pour toute la famille, où nous vous invitons à venir dès 14 h 30.

L’après-midi sera ponctuée par une lecture de poèmes et micro-fictions de Thomas Vinau extrait de ses dernières publications notamment Collection de sombreros aux éditions du Zaporogue. La lecture sera suivit d’un échange avec le public et l’auteur dédicacera ses livres. Des intermèdes vous seront proposez afin de flâner dans les rayons de la librairie improvisée en ce lieu, sortir prendre l’air dans le grand près du caveau ou encore vous restaurer et goûter au jus de raisin bio produit par le domaine.

À l’heure du goûter la comédienne Catherine Metelski, accompagnée de la flûtiste Danielle Berger-By, nous offrira une lecture de poèmes pour enfants. Ils seront extraits des recueils publiés par les éditions Pluie d’étoiles.

Plus tard, autour des vins bio du domaine, un concert librement inspiré autour de la poésie sera donné par Nicolas Torcheux.

Les demandes de renseignements pourront se faire auprès de Madame Chanus du domaine Regarde moi venir ou de la Boucherie littéraire.
- La Boucherie Littéraire :
librairie@laboucherielitteraire.com

Domaine Regarde moi venir
Michelle CHANUS, Artisan vigneron
Chemin du Grès
84240 GRAMBOIS
04 90 08 92 79

mardi 24 février 2009

Demain

Ces petits oiseaux informes
qui se lavent
dans les flaques froides
de l'aube

Des petits oiseaux
ébouriffés et frissonnants
sans couleur criarde
ni grâce particulière

C'est à ça que ressemble
le demain que je veux
pour nous deux

Sparklehorse

lundi 23 février 2009

Moby dick

De ces jours blancs
où les mots
ne gardent pas la lumière
rien n'accroche
rien n'empêche
de goûter
le grand fond

samedi 21 février 2009

L'écuelle

Ici ça va
On se fait gentiment à l'idée
C'est un peu comme si nous devions
écoper une flaque de lumière
avec un bol en métal
C'est trop grand pour nous
C'est tout chaud et tout bon
J'ai l'impression de changer de forme
Je voudrais des mains de tailleur de pierre
Nous n'avons pas si peur que ça
Ici ça va
Le ciel est orange et notre rêve au fond

mercredi 18 février 2009

Barfly



"(...) Mais j'ai appris à survivre dans le business, à dire Salut, comment ça va?, avec un charmant sourire, à n'importe quel trou du cul. ça m'a pris quatorze ans d'analyse pour arriver à ça. (...)"
Mickey Rourke, interview des inrocks n°690

La poésie d'ici et de maintenant

La poésie d'ici et de maintenant regarde à travers la fenêtre. Elle remarque la façon qu'a la lumière d'accrocher le fil d'une araignée ou la crasse d'une vitre pour en faire quelque chose de beau. Elle distingue la chaise longue qui patiente dehors, immobile, au seuil mouillé de l'ombre. La poésie d'ici et de maintenant écoute le léger souffle du vent bleu. Elle accorde le crédit nécessaire aux reflets et aux cris d'oiseaux. Elle sait que la nuit se rince les pieds dans les flaques. Elle sait aussi que la douleur n'a pas sommeil et que les traces blanches des larmes sont des sillons de laboureurs. ça n'empêche pas la poésie d'ici et de maintenant de goûter la rosée sur les poubelles. Elle a des papilles gustatives sur les yeux. La poésie d'ici et de maintenant cueille le regard perdu des enfants qui baillent. Confiante, elle sent dans les traces des femmes. La poésie d'ici et de maintenant marche à pieds, soufflant sur ses doigts. Sa nuque craque. Elle renifle l'haleine d'hier et d'aujourd'hui. Il arrive que la poésie d'ici et maintenant repense aux miaulements aigües de ce chat coincé en haut d'un arbre ou à cet homme sale qui buvait de la vodka. La poésie d'ici et de maintenant chante à voix haute en rangeant la cuisine. Elle prépare le thé pour tout le monde et jette des miettes de pain aux moineaux. Elle a encore des bouts de rêves accrochés aux coins des yeux lorsqu'elle s'apprête à boire un jus d'orange avant de lire un magazine idiot en faisant caca. La poésie d'ici et de maintenant hésite un moment entre ouvrir la porte et allumer la radio. Devinez ce qu'elle décide de faire...

lundi 16 février 2009

Paradoxe

Sur le panneau rouillé
qui indique la route de Big Sur
Des traces de balles

(extrait de Poèmes d'une Amérique Imaginée)

Lucide

Les Pueblos troglodytes
la terre rouge
les vautours
les beatnicks
gold seackers
hobo
yeggs
des vestiges

Je rêve sur des vestiges


(extrait de poèmes d'une Amérique Imaginée)

Les rues rouges

Des cubes sur des cubes
d’immenses ponts dans le ciel
et au fond
tout au fond
dans les rues rouges de L A
l’hôtel poussiéreux
d’Arturo Bandini

(extrait de Poèmes d'une Amérique imaginée)

Sous les bottes

La lumière de Hopper
la poussière
la moustache de Brautigan
le whisky
les poupées Kachina
ce qu’il reste des indiens
sous les bottes des cow-boys

(extrait de Poémes d'une Amérique Imaginée)

jeudi 12 février 2009

Lucky three

FAUT PLEURER

(à M.)

faut pas pleurer ma belle. En fait si faut pleurer. Parfois. Faut pleurer. Faire la gueule. Fumer 25 clopes. Détester sa vieille peau. Et détester les autres. Faut pleurer et dormir. Se lever fatigué. Et ouvrir la fenêtre. Et cracher. Et regarder son petit mollard disparaître entre les voitures. Et regarder les passants se presser. Et regarder la pluie sur la rue mouillée. Et regarder les chiens et les flaques et les phares. Et regarder le ciel bien en face. Et respirer l'air froid en essuyant tes yeux et en te recoiffant doucement. Et ne plus rien se dire ne plus penser ne plus chercher s'assoir tranquillement là. En sachant tout ce qu'il faut savoir d'hier d'aujourd'hui et de demain. Et attendre gentiment que le vent souffle et attise un peu les petites braises tout au fond de ton coeur. Et crois moi ma belle ce bon vieux vent finit toujours par arriver.

mercredi 11 février 2009

Les petits gens

Nous sommes des bêtes craintives
Nous sommes des monstres magnifiques
et dégoutants
Nous sommes des petits gens
Nous dormons blottis dans nos mensonges
Nous sommes nos peurs et nos sourires
Nous sommes des questions
Nous faisons ce que nous pouvons

Photo Willy Ronis

Le limon

Sous nos pieds
des étoiles
en poussière
.
Dans nos veines
le limon

mardi 10 février 2009

Glen Baxter for ever




Poésie à haute voix

Si vous aimez entendre des voix, quelques uns de mes poèmes sont lus (et fort bien lus) ici par l'ami jean louis Millet

La décision

(...)
Il sentait bien qu’aujourd’hui tout était fait pour devenir un peu plus compliqué, un peu plus douloureux, un peu plus difficile. Ou alors c’était lui qui se levait avec moins de force et de courage que d’habitude, déjà légèrement lassé, légèrement fatigué de cette journée qui ne commencerait peut-être jamais. En regardant par la fenêtre, machinalement, sans vraiment regarder, en voyant à peine autre chose que ses propres yeux, lourds et grossiers, qui ne distinguaient rien, il aperçut malgré tout deux moineaux téméraires plongeant dans la chair éclatante d’un kaki pourri tout au bout de la branche d’un grand arbre gelé. Ils plongeaient leurs becs jusqu’au fond du fruit et des éclats de pulpe sucrée jaillissaient autour de l’arbre glacé. C’était un spectacle très beau et très fin, un peu sexuel aussi, et tellement rare, mais il était tellement loin de lui-même qu’il ne se rendait même pas compte de la nature magique de ce que ses propres yeux étaient en train de voir. Il but son café silencieusement. l’odeur du chauffage à pétrole commençait à colorer la pièce de ses aigreurs pesantes. Ses mains sentaient le tabac froid et le bout de ses doigts restait désagréablement glacé malgré la tiédeur de la tasse bien serrée contre ses paumes. Les frissons du froid, comme des milliers de minuscules fourmis venaient s’accrocher à sa peau pour grimper le long des chevilles, du dos et de la nuque. Pendant qu’il buvait, il pensa distinctement les premiers mots de cette journée naissante en se disant : “...ça commence mal...” et immédiatement après, “ M’en fous, j’y vais pas...” et enfin “Qu’est ce qu’elle fait en ce moment ?...” puis il ne pensa absolument plus rien pendant très longtemps. C’est dans ce silence d’après, dans cette absence imposante, qu’il prit sa décision. Ou disons plutôt, que c’est dans ce vide qu’il se laissa glisser avec indolence pour justement ne pas prendre de décision. Et il prit la décision de ne pas en prendre. Et le temps continua à avancer tout de même. Et bientôt, il fut trop tard pour changer d’avis.
(...)

extrait d'une nouvelle en cours, La Forêt

L'équilibriste

Vent dans les canisses. Et puis la grande ligne droite de la route striée d'ombre. Un virage. Le petit pont. La lumière. Regard qui porte loin à travers le pare-brise. Une pie traverse comme une flèche. Longue brindille en travers du bec.

Nick Drake


lundi 9 février 2009

dimanche 8 février 2009

L'alambic

Des yeux blancs, blancs et vitreux. Il s'amenait. Patte traînante. Poil collé. Gris. Presque bleu. Toujours à un mètre ou deux de circonférence de l'abri fumant. A bonne distance des coups de savates et des caillasses. Il rôdait dans le coin jusqu'à ce que le vieux perde sa casquette. Une fois tous les villageois partis. Une fois le marc passé. Dans cette odeur brûlante de fruits pourris. Après les démarches chaloupées. Les toux étranglées. Les coups de pelles. Les cris. Gueule dressée. Ses yeux blancs. Complètement aveugle. Traînant sa truffe tremblante entre les bidons avant la grande nuit de lèche déglinguée...

jeudi 5 février 2009

Pollock 9'32

Pollock 9'32 a été écrit (et dessiné) par Armand Dupuy
Pollock 9'32 est publié à publie.net
ci dessous deux extraits et un croquis offert par l'auteur

"Pollock s'inquiète, le soir s'avance. Autant
dire que Pollock n'est déjà plus grand
chose de Pollock. Pollock est penché sur
la toile et pleure. Ou peut-être qu'il ne
pleure pas mais s'égoutte au bout d'un
bâton. Pollock lutte. Tout le Pollock en
tempête. Pollock dans l'oeil absent qui
le voit. L'oeil qui nargue et Pollock peut être
qu'il ne pense pas. Il coule. Pollock
s'écoule. Pollock s'écroule dans l'évier
sale de sa tête.

Pollock ne raconte pas d'histoire. Pollock
ne ment pas puisqu'il ne dit rien. Si Pollock
ment parfois c'est pour s'approcher. Et
Pollock ment double s'il s'approche car la
vérité ment toujours. Mais l’on se fiche
de savoir si Pollock car Pollock s'avance,
c'est tout. Pollock cherche ailleurs.
Pollock refuse. La vérité ne sort pas d'un
puits, ni d'un oeil, ni rien de la bouche de
Pollock. Il dort au fond, Pollock, dort sur
un tas de chiffons. Pollock s'endort et se
réveille. Pollock traverse un rêve qu'il ne
vit pas."

C'est bien

Il faut vivre plein
Marcher scier maçonner arpenter
Construire
Il faut suivre le crépis des maisons
traverser les fossés
se mouiller les pieds
Il faut être là
s'occuper des plantes
des siens
des bêtes
Il faut dire bonjour aux gens qu'on ne connaît pas
Il faut allumer des feux
Il faut s'essouffler
Il faut faire du bruit
toucher la table des mains
trop boire trop fumer trop manger trop rire
Il faut être là
debout
et remarquer les détails
les premiers crocus
les étourneaux dans la flaques
le vent
les sourires
C'est bien
d'être là

Yegg and co


The Big Hand-Out Hobo Convention,
Cincinnati 1910/1915

mercredi 4 février 2009

Pierre Seghers

"Sois bien.
Ne te décourage jamais. Vivre existe. Donne ta force aux autres, tu peux être source et feu.
Dans ton coeur, le mohair de la fraternité humaine, le temps aboli, la tendresse des mains, l'amour des corps.
Sois toi. Sûre de toi, sans te laisser atteindre. N'écoute jamais la sous-littérature, le maquerautage impuissant, sois bien amie avec ton sang, avec ta vie. Sois force. Sois bien. Essaie de dormir comme si j'étais près de toi."
Pierre Seghers. Poèmes pour après. édition Fanlac

Sur la porte du frigidaire

Un aimant tient le bout de papier
sur lequel est écrit ce mot :
Grandis un peu
tu ne peux pas vivre
les yeux collés ainsi
à la surface des choses
tu ne peux pas toujours exister
au premier degré
la vie est trop compliquée
pour ne pas l’aborder
avec un peu plus de simplicité

Il n’est adressé
à personne en particulier
mais je préfère le garder
au cas où un jour
je fonderais une famille

mardi 3 février 2009

The Three Burials of Melquiades Estrada


Quand le ciel est trop vaste


Cette façon qu'on a tous de se raccrocher aux branches. Tu viens d'apprendre la nouvelle. La plus grande nouvelle de toutes les nouvelles. Et tu ne sais pas quoi faire de toute cette réalité qui te tombe sur les bras. Tu es tout chamboulé. Il faut être à la hauteur. Prendre les choses en mains. C'est comme si on te disait top! à partir de maintenant tu existes. Et tu te retrouves comme dans un sona à essayer d'enfiler des perles. Tu veux prendre les choses en mains. S'il y a un moment où il faut prendre les choses en mains c'est bien celui-là. Mais tu ne parviens qu'à te retrouver dans les rayons d'un centre commercial. Perdu entre les publicités. Cette façon qu'on a tous de se raccrocher aux branches. Quand le ciel est trop vaste on regarde ses pieds.

lundi 2 février 2009

Elle et lui



Deux seaux de cendre
sur le sable

Ici pas plus qu'ailleurs

Ici pas plus qu'ailleurs
si ce n'est
contre toi
...

La rouille

Il jette son mégot marron et crache. Pieds mouillés. Odeur d'essence. Un camion avale les déchets pendant qu'un autre dégueule une nouvelle dose de portes de frigos et de moteurs de tracteurs. Un type en bleu arrive et lui demande s'il a encore ces becs de radiateurs en fonte. 12 caisses qu'il répond en souriant et l'intérieur de sa bouche ressemble à une nuit pleine de sang. Deux gars aux joues rouges et aux doigts noirs trient les morceaux de tôle. On entend leurs rires et leurs grognements à travers la plaine. Un chat maigre traine entre les carcasses de voitures et les anciens silos de maïs. Tout est poisseux d'aube et de pluie à perte de vue. Des caisses noires pleines d'huiles de vidange figurent les mares sans grenouilles de ce paysage sordide. Un minot fait du cross en dévalant d'un tas à l'autre ou en sautant par dessus les flaques creusées par le va-et-vient des camions bennes.Deux ou trois buissons de ronces servent de HLM à une patrie criarde de sansonnets. Tout en accrochant le coffre trop plein du type au bec de radiateur avec une vieille ficelle il laisse trainer ses yeux au fond du paysage et s'esclaffe, C'est sûr que si la rouille était de l'or, je ne serais pas loin d'être le King...