jeudi 30 avril 2009


Je vais faire un tour, en attendant vous pouvez aller ou ou ou là, ou ailleurs ...

mardi 28 avril 2009

Faire pisser le chien

(dessin Thomas OTT)


le poème te sort

il t’oblige à


sortie sans secours 

mais sortie 


il faut bien 

(de quel falloir ? )


le poème te sort

comme on sort 

faire pisser


un vieux chien 


Roger Lahu

(poème inédit)

Trappeur


.
A l’auberge de l’oubli
un vieux chasseur borgne
me parle des soirs sans lune
où le coyote blanc
vieux mâle solitaire
creuse un trou dans le sable
et ensemence la dune
J’attends que ma peur passe
et que son oeil de verre
tombe au fond de sa chope
.
Extrait de Trappeur, lointain hommage à Jim Harrison, collection dessert, édition Les Carnets du Dessert de Lune, 2008.

Toutes les sortes de pluie

" (...)

Nous l'observions debout dehors
sous la pluie. Plus tard, on raconta
qu'il avait mis une toute petite mare d'eau de pluie
dans l'oreille de sa femme
pendant qu'elle dormait. Puis il s'était penché
pour écouter.

Je me rappelle comme il était heureux
quand il discourait sur toutes les sortes de pluies.

Sur celle qui tombe des ailes des hérons
quand ils sortent d'un lac et s'envolent. Je sais
qu'il voulut aussi un peu de cette pluie de héron
pour l'oreille de sa femme !

Il sortait au printemps pour observer
les jeunes filles qui se frottent le dessous des yeux
à l'oignon sauvage
jusqu'à ce que jaillissent les larmes.
Ils avait aussi un nom pour cette pluie-là.
Pluie triste d'oignon.

(...) "

Récit du choix des noms chez les indiens Crees, conté par Makidemewabe, poète historien de la tribu Swampy Cree du Canada.
Extrait de Partition Rouge, Anthologie de poèmes et chants des Indiens d'Amérique du Nord. Par Jacque Roubaud et Florence Delay. Points Poésie.

Il y a un chien qui hurle

Il y a
un chien
qui hurle

Tout
est calme
ici bas

Si ce n'est
ce chien
qui hurle

La trace 
de sa peine
dans le grand rien
du monde

dimanche 26 avril 2009

Poémes noms


" Pour les Crees les histoires sont des êtres vivants. Elles habitent dans des villages, se racontent les unes aux autres et partent se promener en quête de nouveaux épisodes. Tout être vivant est aussi une histoire, le nom est là qui en témoigne. "
Extrait de Partition Rouge, Anthologie de poèmes et chants des Indiens d'Amérique du Nord. Par Jacque Roubaud et Florence Delay. Points Poésie.

Grosmanche

Lire
écouter le vent
la pluie
se repasser un vieux disque
ne pas sortir
ne pas se laver
laisser couler

Un de ces matins


Capitulation

Dans la maison sombre, flottait une odeur de chien mouillé, de poussière, de suie, de tissus froissés, de vieille soupe et de papier qui patiente. Il se leva en trainant les pieds, fit claquer les volets de bois, pissa pendant que la cafetière ronronnait puis se laissa tomber dans le canapé déchiré en face de la porte-fenêtre. En s'asseyant, il eut l'impression de se noyer dans les fleurs oranges du tissu et se releva effrayé. Ses yeux allèrent se perdre dehors, dans la lumière close du paysage, puis tombèrent dans une flaque où il couru les ramasser d'une démarche gauche. Une pie esquinta le silence. C'était le genre de jour où quoi qu'il arrive le café reste froid. Soudain, il cru entendre des murmures dans la cuisine. Il se dirigea vers l'évier avec l'impression persistante que la montagne de vaisselle sale ricanait de lui. C'est là qu'il se retourna un ongle d'orteil en accrochant sa vieille charantaise trouée à la marche de béton. Il hurla en levant la tête au ciel et aperçu distinctement, malgré l'éclat de pollen qui lui défouraillait la rétine, la bande de pigeons des platanes d'en face se foutre de sa gueule en le montrant de l'aile. Il renonça objectivement lorsque le jour acheva de lui claquer la porte au nez.

vendredi 24 avril 2009


J'ai du sommeil en retard
et du rêve en avance

Parution-Trois belles revues pour le printemps

Le 53ème Microbe est prêt !
A
u sommaire de ce numéro, vous découvrirez des textes inédits de Éric Allard, Pierre Autin-Grenier, Richard Brautigan, Éric Dejaeger, Olivier Dulieu, Cédric Fournelle, Patrick Frégonara, Denis Heudré, Frédérick Houdaer, Jean-Marc La Frenière, Philippe Lemaire, Patrice Maltaverne, Alain Sagault, Philippe Vidal et Thomas Vinau. Les illustrations sont des scromphales d’Alain Germoz.

Si vous êtes abonné ou au sommaire, vous recevrez votre exemplaire dans les prochains jours. Si vous désirez vous (ré)abonner :
Belgique : 10 # è 12 € 10 # + 5 mi(ni)crobes è 17 €
Compte 800-2154131-33 (Éd. MICROBE – Rue Launoy, 4 – 6230 Pont-à-Celles)
Europe : 10# è 17 € 10 # + 5 mi(ni)crobes è 22 €
IBAN : BE79 8002 1541 3133 – BIC : AXABBE22 (Éric Dejaeger – Launoy, 4 – B-6230 Pont-à-Celles – Belgique). Nous acceptons les chèques français à l’ordre de Servranx.
Hors Europe : 10 # è 22 € ou 32 US$
10 # + 5 mi(ni)crobes è 27 € ou 40 US$
IBAN : BE79 8002 1541 3133 – BIC : AXABBE22 (Éric Dejaeger – Launoy, 4 – B-6230 Pont-à-Celles – Belgique).
Vous pouvez aussi envoyer l’argent bien cashé dans une enveloppe. Pas de chèques d’autres pays que la France : 13 € de frais pour encaissement !
.
n°23
printemps 2009
La trace du calamar

JULIEN CAMPREDON .......................La trace du calamar
CH. EDZIRE DEQUESNES …................…........Lettre à Picardia
MIMOSA.................................A propos du style en littérature
ERIC DEJAEGER ....................................Ta longue robe noire
JEAN L'ANSELME ......................Pensées à la mémoire de Miss Dinguette
GREGOIRE LE NABATEEN .............................................Kobold
ROMAIN FUSTIER ...................................Elle a un prénom qui lui va bien
GERARD FARASSE ...........................................Propos en l'air
THOMAS VINAU ........................Le jour où j'ai voulu devenir un arbre
- CHRONIQUES -
SURREALISME ET ESOTERISME, de Patrick Lepetit
SPIDERLAND, de Jean-Marc Flahaut
JE SUIS UN CUT-UP VIVANT, ouvrage collectif autour de Claude Pélieupar Phil FAX
- IMAGES -Collages de Ch. Edziré DEQUESNES et Philippe LEMAIRE

n° 74/73
printemps 2009
Vient de paraître le numéro printanier (un big one : double , 165 pages) de LIQUEUR 44 avec un dossier James Sacré (avec un entretien passionnant et des inédits)
Et plein plein d'autres textes gouleyants, dont un ensemble de Thomas Vinau et un autre de Seb Ménard ...
Contact & commande : revue.liqueur@laposte.net, prix 12 neuros frais de port inclus
LIQUEUR 44 est une revue "de poésie" ou plutôt "d'écritures" distillé par JC Belleveaux , Yves Artufel (dit le tonitruant maigrelet de Gros Textes) et Beardy Roger Lahu
...
A noter également :
- Une de mes nouvelles vient de paraître sur le site de La revue des ressources, (une autre suivra...)
- Apparition aphoristique sur le blog des 807

Respect

Une pensée
aujourd'hui
pleine de respect
et de déférence
(une fois
n'est pas
coutume)
pour le
grand homme
qui inventa
(Que
les Saintes
Putes
le
bénissent)
LE LIT !

Bill Gallahan


Je laisse pousser
les herbes hautes
les graines de rien
pour oiseaux de passage

Je laisse pousser
les ombres sur les murs
les cafards
aux vols bleus
la grouillance
les questions

Je laisse pousser
je laisse passer
je laisse prendre
je laisse disparaître

Il faut bien que le vent
(Il faut bien
que le temps)
se planque quelque part

jeudi 23 avril 2009


(via cosmic dust)

To Leave it behind

Dans l'axe

Jeter un oeil par la fenêtre
sentir monter l'envie
de mettre ses vieilles grôles
et d'aller traîner dehors
pour trouver sa place
bien dans l'axe
entre le tas de compost
et le soleil

mercredi 22 avril 2009

mardi 21 avril 2009


Le vent dans les ronces
les lilas mouillés
les bords de route
les chats vagabonds
les abeilles
pas de questions
pas de calculs
pas spécialement d'espoir non plus
juste le vent dans les ronces
les lilas mouillés
les bords de route
...

Pierre Peuchmaurd

« Que, mort, l’homme monte au ciel n’est pas très certain. Que l’oiseau tombe à terre, oui. »
Pierre Peuchmaurd, L’immaculée déception, éd. Atelier de l’agneau, 2002.

dimanche 19 avril 2009

Big Jim

 Envie de lune, de femmes, de vodka, de renard, de cerf, de mélancolie, de graisse, de crocs, de sang, de pendu, de fantôme, de ligne de cocaïne sur le ventre des filles perdues, de solitude, d'aigle, de carcasse, de morilles, de ciel, de cheval aux flancs recouvert de boue, de fusil, de grenier, de chien, de psychiatre, d'aube, de chevelure, de loup-garou, de cèdre, de balles, de fleurs dans le vide, de poésie.

Jim

samedi 18 avril 2009

Sun is shining


When the morning gathers the rainbow,

Want you to know, I'm a rainbow, too.

So, to the rescue, here I am !

(Bob Marley)

Un samedi matin


Le ciel est blanc. Elle a mouillé ses chevilles en traversant par le parc. Le marché est plein de cris et d'odeurs. Il y a les maraîchers qui braillent, l'odeur du cuir chez l'africain, le poulet qui roti, le café, les cigarettes, le parfum. Elle tombe sur un stand de livres d'occasions. Le pépé lui sourit. Les livres sont jaunes et gris. Ils ont une odeur de grenier et de soupe aux vermicelles. Elle reconnaît la couverture de Max et les maximonstres. Feuillette un livre sur Satie. Un rivage noir de James Ellroy. Le vieux lui dit, vous avez acheté des fraises et des asperges, vous devriez lire des poèmes. Elle sourit. Il y a une plaquette de Peuchmaurd , un peu de Breton, du Guillevic et le Paroles de Prévert. Elle achète un livre en pensant à quelqu'un d'autre. Au même moment un enfant rit. Un chien vient lui sentir le cul. Le soleil brille maintenant. Elle a envie de fromage.

vendredi 17 avril 2009

3

J'écris
sourire
dans ma cicatrice

Where the wild things are


I would not prefer to

Je marche dans une ville sombre
mais je ne préférerais pas
j'ouvre les yeux trop vite
mais je ne préfèrerais pas
je gémis dans mes rêves
mais je ne préfèrerais pas
des escargots éclatent
mais je ne préfèrerais pas
des chiens pleurent dans mes yeux
mais je ne préfèrerais pas
j'attends juste de naître
mais je ne préfèrerais pas
je souris et on me paye
mais je ne préfèrerais pas
des cailloux dans mon ventre
mais je ne préfèrerais pas
les oiseaux brûlent dans le ciel
mais je ne préfèrerais pas
hier j'attendais demain
mais je ne préfèrerais pas
l'escalier tourne en rond
mais je ne préfèrerais pas
des nuages dans ma tête
mais je ne préfèrerais pas
des mots en forme d'hameçon
mais je ne préfèrerais pas
aprés demain peut être
mais je ne préfèrerais pas

jeudi 16 avril 2009

Normal

Il était devenu un homme normal
du genre à ranger les verres par taille
dans le placard de la cuisine
en se disant je n'ai pas toujours fais ça

Une ville obscure et magnifique



Je suis en train de lire
traverser le feu de Lou Reed
Dehors le sol est mouillé et il brille
Ce gars là est un sacré type
bon ok il aimait se faire marcher dessus
avec des talons aiguilles
et il a donné envie de se piquer
à des centaines de jeunes qui sont morts depuis
mais ce gars là est arrivé aprés l'apocalypse
dans un monde qui n'était qu'une horrible farce
et il a fait de sa vie une ville obscure et magnifique
dans laquelle on entend parfois
une vieille fille chanter
à travers une fenêtre
y'a pas grand monde ici
qui peut en dire autant

(le Velvet par Bill Térébenthine)

mardi 14 avril 2009

un jour de plus, un jour de moins

Un jour à pisser sur les cendres
Un jour à petits jets, sans illusion
Un jour à jeter avec l'eau du vain
Un jour à lui planter des aiguilles dans la poitrine
Un jour à perdre d'avance
Un jour à attendre demain
Un jour à compter les gouttes
Un jour où l'on ne joue plus
Un jour au fond de la bouteille
ou sous la croix électrique des pharmacies
Un jour enfermé, vendu, renoncé
Un jour à la mine, sans odeur de fille
sans sourire, sans pie, sans matin
Un jour au fond de la gorge
Un jour pour rien

Hippies, mystics, and those who appreciate the spiritual value of Mexican Food

la poésie gastrique

- Tu écris toujours, elle demande
- Bin ouai, et toi ...
- Non, moi ça m'a passé
- ça t'a passé ?...
- Oui... Comme un mal au ventre
-Bin moi ça va. J'ai toujours mal au ventre.

Eudeline/Despentes/Darc

- E la nave va de Fellini -

dimanche 12 avril 2009

Le fin mot de l'histoire

Finalement
l'unique chose
qui compte vraiment
c'est de faire l'amour
les jours de pluie

Lettre ouverte à Pierre Autin Grenier

Cher monsieur Autin-Grenier, je vous écris de mon bain, en ce dimanche de pluie. J'ai dis à ma douce que j'étais disponible si elle avait envie de gentiment me caresser le sexe dans l'eau chaude mais je crois qu'elle a prévu d'autres façons d'embellir le monde, je pense donc que nous serons tranquilles pour discuter. Cher monsieur Autin-Grenier, je ne vous écris pas du Montana mais je sais qu'un japonais neurasthénique rêve du Far West provençal de la même manière que nous projetons nos fantasmes sur les collines, les fleuves et les baies des Rocheuses où naquirent nombres de poètes et de crotales. Je vais donc considérer que mon bain est une sorte de Montana japonais et qu'ainsi l'honneur du rêve est sauf. Cher monsieur Autin Grenier, ne vous rabrouez point, je ne suis pas un courtisan, je suis un fantassin électrique, un collectionneur de poussière, un arrière-goût, un pousse-mégot, une impression. Cher monsieur Autin-Grenier, ce monde n'est pas le mien et ça vous fait une belle jambe. Pourtant j'écris, je fume sur la terrasse en matant les mésanges, je dors, je rêve, j'aime et je suis même sur le point de me reproduire ce qui prouve que nous ne sommes pas à une contradiction près et que la chute vaut bien la façon dont nous nous rattrapons aux branches. Cher monsieur Autin-Grenier, vous faites partie de mes sauveurs familiers au même titre qu'Elliott Smith, Al Green, Miles Davis, Richard Brautigan, le vieux Buk, Issa, Rick Bass, Nina Simone ou Bob Marley. Cher Monsieur Autin Grenier, Luke-la-main-froide est mort et johnny boy s'est fait avoir,Vendredi est dans de sales draps, Tsi na pa est devenu marshal, Ardisson passe pour un rebelle et Bizot est oublié, le poil d'éléphant se porte aux poignées, les contre-cultures ont une durée de vie de sans-papiers et les syndicats ne sont plus représentatifs. Cher monsieur Autin Grenier, tous les matins en allant pourrir au bureau, je croise deux dromadaires dans un champ au bord de la nationale et je me dis que tant qu'ils se moquent de nous, tout n'est pas perdu. Cher monsieur Autin Grenier, nous ne croyons en rien et nous aimons trop, lorsqu'il y aura un gros pépin nous ne ferons pas long feu. Cher monsieur Autin-Grenier, vous faites partie de ceux qui m'ont donné envie d'écrire, donc de voir, donc d'apprendre, donc d'en rire, donc de vivre. Cher monsieur Autin-Grenier, je vis en dessous du seuil de pauvreté, j'ai passé trois fois mon bac et six fois mon permis, je pourrais tomber accro d'une bouteille d'eau, j'habite avec un chien peureux et une femme douce et fragile, je finis rarement les livres que je commence et je suis le roi des fautes d'orthographe. Cher monsieur Autin Grenier, j'aime Erri de Luca, Terrence Malik, Patrick Dewaere et Magik Malik, Manu Larcenet, Shuggy Otis, Into The Wild, Bonnie Prince Billy et Lou Reed. Je n'ai rien contre la fuite à condition d'exister. Cher monsieur Autin-Grenier, certains voient dans vos livres des histoires d'anarchistes, d'autres d'andouillettes et de vin blanc, moi j'ai l'impression que vous parlez de chiens mourants, de fantômes encordés, de diamants dans les flaques des rues, d'aigles royaux qui attaquent le ciel. La littérature est notre charbon merveilleux. Cher monsieur Autin-Grenier, je voulais vous remercier de persister avec la grâce d'une coccinelle dans un plat d'huîtres ...

Sparklehorse


ET LA PEUR
A LA PELLE
TAILLE
SES MARCHES
DANS NOS
CERVELLES

La confiance

La pluie tombe
tu dors la main sur le ventre
je souffle sur les braises
il faut avoir confiance
car à la reflexion
il y a tellement de raisons
de souffrir
que ça en devient drôle

samedi 11 avril 2009

la règle

D'habitude c'est glandouille relative
suivant à peu prés la règle du 1/3 , 2/3
que partagent buveurs de cocktails et philosophes
Mais aujourd'hui j'ai soif d'Absolu
(le big one avec la majuscule)
ce sera donc Glandouille Absolu

mercredi 8 avril 2009

Punch


Enfant, je lisais et relisais l’Almanach de Punch qu’un oncle me ramenait d’Angleterre. Je passais de longues heures à rêver devant les dessins humoristiques de George du Maurier. J’en ai même découpé un pour le garder dans ma chambre. Je l’ai collé sur du bois et encadré. Ce dessin m’accompagne toujours. On y voit un bourgeois stockant dans les bouteilles de sa cave les voix de ses chanteurs préférés. J’aurais voulu faire pareil avec les bons moments, les impressions, la lumière.

(extrait des Carnets du tiroir, bric à brac Hopperien, en quête d'éditeur)

One glimpse of her ...


La question de John

Il y a une façon de brûler
qui doit être meilleure
que l'autre, non ?...

Edie Sedgwick - The Ciao Manhattan Tapes

Fish For Sale


Dans les rêves du Paisanos
chaque lune
le coyote aux yeux crevés
.

mardi 7 avril 2009

A smoky day at the Sugar Bowl

Le trajet

Le café commence a faire son effet dans les ronds-points. J'allume le poste et glisse le dernier album d'Oxmo Puccino que mon fréro vient de m'envoyer. J'ouvre légèrement la vitre du passager pour laisser entrer l'air froid et laisser sortir quelques notes. " Longtemps durant mon jeune age/Je croyais que la fumée d'usine formait les nuages". Je quitte la ville mais au lieu d'accélérer je ralenti. Le ciel est vaste, gorgé d'une lumière rentrée. Le rose s'effiloche sur les collines. Les plaines sont jaunes, grises et vertes. Je me calle derrière un camion, monte le son, les voitures nous doublent. L'ombre fraîche des platanes s'étire sur la ligne droite. Les paysans arrachent les pieds de vignes dans leurs champs. "Je suis peace mais je m'en donne la peine". Un héron et deux corneilles passent au fond du bleu. Reflets à travers le pare-brise. Je voudrais que la route ne finisse jamais.

lundi 6 avril 2009

Le Bougi Wougi Monster

Le jour où la poésie est née

C'est un rat coincé dans une montgolfière
Il se dit Je n'ai rien à faire ici !
il se dit Il y a quelque choses qui coince !
il se dit je ne veux pas savoir !
le temps cuit au fond de la nacelle
et un orage éclate
et un oiseau arrive
l'histoire commence là

Tortilla Flat

" Les paisanos, ces fermiers au sang américain et indien mêlés, vivent et sont heureux en dépit de la violence sociale qu'ils subissent et du sort qui parfois s'acharne... Quatrième roman de Steinbeck, Tortilla Flat apporta la reconnaissance à son auteur tout en lui attirant les foudres de laChambre de commerce de Monterey qui refusait d'admettre la réalité des difficultés vécues par les fermiers. Un grand roman à l'ivresse jubilatoire !"

dimanche 5 avril 2009

What's the way ?

(via Mogadonia)

Des vautours dans la cabane

Avant j'avais peur du monde
Je me réfugiais dans ma tête
comme dans une cabane
en haut des arbres
Et puis le jour est venu
où j'ai eu peur de ma tête
des vautours dans la cabane
Alors j'ai eu envie de me réfugier
à nouveau dans le monde

samedi 4 avril 2009

Edie brûle

(...)
Andy lui dit
comme c'est beau
de vivre
comme
des fantômes
suce
suce
ma douce

les electrochoques
sur ta peau
laissent
des tableaux
de millionnaires
(...)
extrait de J'ai besoin de sucre
évocation de Edie Sedgwick à la Factory

edie sedgwick

vendredi 3 avril 2009

photo de l'artiste William Wegman (via applepiechucker)

Autre chose

La route goudronnée est minuscule. Parsemée de cratères remplis d'eau. Tout le paysage sent la boue des flaques. Des champs à perte de vue. Des corneilles. Quelques mouettes. Un âne qui regarde vers le bas. Il regarde où il met les pieds sous ce ciel lourd de pluie. Les voitures l'éclaboussent. Un type s'est arrété un peu plus loin pour balancer un vieux frigo dans les buissons. Il voudrait lui gueuler d'aller se faire foutre. Il a froid. Mégot mouillé, frusques trempées. Il se rend compte qu'il ne retrouve plus les mots qu'il voudrait crier. Son esprit est vide, remplie d'une flamme, il ne retrouve plus sa langue. Pas même une insulte. Rien que l'impression d'avoir des orties entre les dents. Il se dit ça y est, je suis peut être devenu autre chose. Un ragondin, un jonc, une pierre, un chien.

Grisemine

Il rampe
au bord des choses
Il pousse
du côté de la mousse
Il grisemine
Il flaquedeaute
Il refuse
Il obstrue
Il coupe
la lumière en 4

mercredi 1 avril 2009

Le plus beau livre du monde

Lettre de Richard B. à Jim H.
Paradise Valley, Montana, 1961

Mon délicieux petit mec,
Depuis le succès de la pêche à la truite, je rencontre toutes sortes de jeunes filles grandes et belles comme un ruisseau de Paradise Valley. Les gens sont différents. Toutes sortes de possibilités s’offrent à nous.
La nuit dernière j’étais avec une de ces filles. Nous étions allés au sommet d’Indian Creeck regarder la lune et tester toutes sortes de choses. Inutile de te dire qu’elle en tenait une bonne. Je ne sais pas ce que ces belles filles ont besoin de prendre pour croire n’importe quoi en me tenant la main. Toujours est-il que nous étions là haut. La nuit brillait comme des yeux et un léger vent nous rendait l’impression d’être purs et sauvages. Il n’y a rien de telle que de faire l’amour au sommet d’une montagne. Son cul se reflétait dans les étoiles.
Tu vois mon ami ce que le miracle de la Poésie et de l’Amérique nous offre. La nuit fut belle. Elle est passée tranquillement. Cette belle fille ne se rhabillait pas. Elle buvait et elle riait avec la peau argentée d’une sirène. Lorsqu’elle a commencé à me parler de littérature j’ai d’abord pensé ; Tu vois enfoiré de connard de merde l’enfer c’est ça ou se retrouver dans les flammes avec un bocal de cornichons dans le cul.
Et là mec le miracle s’est produit. Il faut que je te parle de ça. Cette belle fille nue sous la lune au sommet d’Indian Creek qui commence à me parler de littérature, complètement défaite. Elle n’arrivait plus à tenir debout et rampait sur la couverture pour se rapprocher du feu. Et puis elle a commencé à parler de Charles Baudelaire et puis de ce type là, le japonais Issa. Je regardais le reflet des flammes sur la peau de son ventre et elle a continué à me parler de poésie mec, et je me suis mis à l’écouter, et je ne sais pas si c’est cette herbe où le whisky et la tequila ou la lune ou son cul de sorcière mais je buvais ses paroles mec, elle m’hypnotisait comme une sorcière.
Au bout d’un moment elle m’a dis est ce que tu connais ce bouquin là, La Culture de Fleurs à la lueur des bougies dans une chambre d’hôtel, de Mister Charles Fine Adams. Et moi bien sur de lui répondre que j’avais jamais entendu parler de ce mec et que son nom me faisait penser à Jack l’éventreur ou à un colonel sudiste. Et elle de me dire, mais non sérieusement ne rigole pas ce livre c’est le plus beau livre du monde. C’est un livre qui peut ressusciter un essaim d’abeilles pris dans la glace. C’est un livre qui devrait servir de brique pour construire une ville parfaite où tout ne serait que Paix , amour et cascade fraîche pour toute les races de tout les temps de toute la terre. Et moi je vois bien qu’elle s’emballe et je lui dis ok ok, écoute il a l’air super ton bouquin mais c’est qu’un livre tu sais, un livre ça vaut pas la larve d’une puce dans l’aile d’un oiseau.
Et là elle commence à parler plus vite, je te jure on était seul au milieu de la montagne, même les coyotes ronquaient depuis belle lurette, et elle se mets à parler vite et fort comme si ses mots devaient devenir un train à grande vitesse sur les rails de ma cervelle. Et elle se lève et elle agite les bras, et ses yeux deviennent deux serpents d’or qui veulent brûler ma langue et elle pleure presque et elle me dit que ce bouquin c’est l’aube et les étoiles, c’est le seul avenir de l’humanité, c’est une nouvelle religion enfin juste et belle, c’est la meilleure de toutes les drogues, c’est le secret du dragon sacré du Mexique, c’est le déluge et la recette du meilleur pudding de pomme de toute la pute de sainte création. Et puis elle s’énerve et me dis que si on additionne toutes les lettres de tous les mots de toutes les phrases de tous les livres de l’histoire des livres et bien toute cette merde ne vaut pas le premier mot de la première phrase de ce bouquin.
Et elle me lâche que j’ai rien compris et que les livres ne sont pas des pansements ou des médicaments mais bien des glaives de lumières qui pourfendent le lac obscur de l’humanité. Et elle me dit que finalement je suis vraiment une merde. Et elle s’en va comme ça toute nue au milieu de la nuit à travers les bois en me regardant comme si je venais d’ouvrir le ventre d’une magnifique portée d’aigles royaux et de m’essuyer le derche avec.
Putain mec j’ai jamais vu ça.
Est ce que tu as déjà entendu parler de ce bouquin toi ?...




Note: La Culture de Fleurs à la lueur des bougies dans une chambre d’hôtel, de Charles Fine Adams, est cité par Richard Brautigan dans sa bibliothèque imaginaire de L'avortement.

Le reste... c'est des histoires...