mardi 30 juin 2009
Les cheveux mouillés
c'est à dire à peu près tous les soirs
lundi 29 juin 2009
Notes de bois
La faim du monde
tu t'es pointée
avec dans la caboche
une recette spéciale
Jambon et vieux cantal
tomate et bon pain frais
une pincée d'huile d'olives
le tout saupoudré de chips
tu m'as dit c'est un Tony truand
ça va te requinquer depuis je garde
cette formule secrète pour la prochaine
fin du monde
dimanche 28 juin 2009
Les morceaux
mâcher des glaçons
Sur les routes, c’est la danse figée des ombres dans le vent.
L’univers s’est organisé.
Il a comploté dans mon dos
(extrait du pays des hommes sans nom à télécharger et imprimer là)
samedi 27 juin 2009
Notes de bois
une cabane en bois
une branche de sapin
une merde de chien
(extrait de Notes de bois, travail en cours)
vendredi 26 juin 2009
Les courses
elle s'assoit dans le fauteuil de démonstration
essuie son front se tient le ventre
Autour les gens continuent leurs courses
personne ne remarque à quel point la fatigue
la rend belle un sachet de fruits à ses pieds
Une histoire d'amour
jeudi 25 juin 2009
Chiens errants 10

Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l'homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : « Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur!»
Lidenbrock day's
mercredi 24 juin 2009
Au 24/24
Deux ados se cachent le visage pour rire
fiole de rhum et poulet roti sous le bras
Une belle fille
qui ne sait pas ce qu'elle fait là
s'empêche d'avoir peur en téléphonant
elle parle de vacances en poussant d'une main
le chien qui laisse trainer sa truffe
entre ses jambes
Elle demande deux paquets de malboro et s'en va
en jetant un oeil derrière elle
L'épicier engueule le clodo
qui éjecte le corniaud dehors
le gars de l'usine passe faire sa pause
bouffe son croque monsieur
en enlevant ses échardes
Tout le monde se met à applaudir
devant la télé allumée
qui retransmet Barcelone/Manchester
Leurs mains et leurs yeux s'agitent
à la manière des phalènes
autour des réverbères
cinq secondes après
chacun est retourné seul
dans sa nuit
Une goutte de lait
Elle boit le lait de ses cornflakes
Une goutte glisse sur sa cuisse nue
Et s'y précipite illico
Un rayon de soleil avide
Je me dis Aujourd'hui ça ira
c'est plutôt bon signe
quand la lumière attire
la lumière
mardi 23 juin 2009
L 'atelier
(projet Autre chose)
à la rescousse

immuable
s'effondre peu à peu
Tous les ciments
s'effrittent
Et une fois encore
ce sont les instants
les détails
qui viennent
à ta rescousse
Ce matin sa main
la confiture d'abricot
le vent frais
et puis le soleil
à travers le pare-brise
et puis la pie
la buse
la mauve dans les fossés
lundi 22 juin 2009
Lundi matin
sur le pont il marche vite
jette tout de même un coup d'oeil
sur les orties en bas
les déchets
la rivière
un minot le dépasse en vélo
et file vers la grand rue encombrée de travaux
les martinets s'excitent dans le ciel
une voiture klaxonne Il ralenti
un peu submergé par tout ce mouvement
cette nuit il a rêvé qu'il parlait avec des animaux
maintenant il est là les yeux perdus
à chercher quelque chose de doux
entre les crachats du trottoir
dimanche 21 juin 2009
Choisir son camps
Il n'y a que deux sortes
D'êtres humains
Ceux qui tiennent le fusil
Et ceux qui creusent
N'en déplaise à Blondin
La poésie
Se tiendra toujours du côté
De ceux qui creusent
Richard brautigan
Je rentrais
de Muse.
Ma femme m'a dit :
"Tu as eu une dure journée
à écrire des poèmes,
mon chéri?"
"Oh oui, j'ai dit.
Je suis crevé."
"Mon pauvre chéri",
a dit ma femme,
et puis elle a commencé
à effaroucher
la fatigue
avec de la douceur.

Quelque chose
Il y a quelque chose en moi
qui ne trouve la paix que lorsqu'il
est dans la forêt, que lorsqu'il
marche sur le sol de la forêt
et est entouré d'arbres.
extraits de Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus, Le Castor Astral, 2003
samedi 20 juin 2009
fin de course
Extra lucide
dans la boîte aux lettres
un courrier "urgent et confidentiel"
adressé à la grand mère Joe
Samael
voyante extra lucide
communique avec les morts
ça tombe bien
la grand mère Joe est morte
depuis plus de dix ans
...
vendredi 19 juin 2009
Miles

Enfant à Saint Louis
un blanc le course dans la rue
en hurlant “Négre! Négre!”
effrayé il s’enfuit
et puis plus tard
Un soir de 59
tabassage en règle
par un flic qui ne veut pas le laisser entrer
dans la boîte où il joue
“Négre! Négre !“ ne pliera plus l’échine
(extrait de Il vise le ciel et tire, supplément ré-apparition au n° 12 de la revue Passages, tirage épuisé)
Mon invitée
(...)
La suite de cette nouvelle écrite en 2001 sur la revue des ressources
jeudi 18 juin 2009
Un jour
du sucre
se mit à tomber des arbres
mais rien ne fut vraiment différent
mercredi 17 juin 2009
Les canards
le ciel
les grenouilles
les champs de pissenlits
les moineaux
les orages
Accroche la lumière
Tu dois fouiller dans le vide
comme un de ces canards stupides
bec planté dans la vase
La confrérie des naufragés
Arthur Cravan
le poète boxeur
De Salinger à Cravan
©Louis-Watt-Owen-2009
Cher Thomas Vinau, de la photo de Salinger que vous avez mis en ligne, ce qui m'a sauté aux yeux n'est pas le dénommé Salinger, que je n'ai jamais lu, mais autre chose, une autre gueule, aperçue je ne dis pas où : mais enfin cela crève les yeux !! Volant ce bout de gueule, j'en ai tenté la reconsitution totale et agrandie, avec les moyens cybernétiques du bord. Ce qui donne cet étrange photomaton d'une espèce de fantôme, qui me rappelle furieusement un certain Arthur Cravan, coiffé d'un accoutrement de chamane amérindien. Cette vision fixée est plus émouvante que les fantômes flous et lointains, très douteux, hantant les vidéos de surveillance qui pullulent sur la toile. Et plus troublante que le yéti ou Nessie, alors que je ne cache pas le truc du bricolage (un simple copié-collé, bord à bord, du double retourné horizontalement de la moitié de gueule volée dans votre photo, le tout recoloré en sépia vintage).
Louis Watt-Owen
Et puis plus loin ce beau passage de louis, plein de la fraternité du naufrage ...
Je compatis, vraiment oui, à l'héroique émergence du naufragé, qu'il ressorte du vieil océan, du Styx ou, comme moi d'un simple trou à merde. (Ce qui revient au même). L'élastique tragique qui nous y replonge d'un coup ne prévient jamais. Et il faut alors revenir par ses propres moyens à la surface d'abord, au rivage ensuite. Sur lequel ceux qui ne nous aurons jamais tendu la main se font bronzer et jouent au barbecue ou au beach-volley, au sudoku ou à l'iPhone. Comme si de rien n'était.Voyez Cravan disparu à Vera Cruz. Noyé dans l'océan ? Estourbi sur le rivage ?
mardi 16 juin 2009
La ruine
(projet Autre chose)
La température
(via yimmys yayo)
Peut être que la température des non-sens descendra avec celle de l'orage...
Et le soleil avance
lundi 15 juin 2009
Dans la solitude des champs de coton- Koltés
Le Dealer
«Vous n’êtes pas là pour satisfaire des désirs. Car des désirs, j’en avais, ils sont tombés autour de nous, on les a piétinés ; des grands, des petits, des compliqués, des faciles, il vous aurait suffi de vous baisser pour en ramasser par poignées; mais vous les avez laissé rouler vers le caniveau, parce que même les petits, même les faciles, vous n’avez pas de quoi les satisfaire. Vous êtes pauvre, et vous êtes ici non par goût mais par pauvreté, nécessité et ignorance. »
Le Client
Bernard marie Koltés, Dans la solitude des champs de coton, éditions de minuit.
La bête mélancolique
(projet Autre chose)
dimanche 14 juin 2009
les sandwichs
en slip
Depuis toujours tu marches derrière moi
Depuis toujours tu marches derrière moi.
Tu piétines, tu renâcles, tu furettes dans nos traces.
Tu marches derrière nous. Tu crois que je te vois pas ?
Tu n'es qu'une Grande Pute Froide. Tu es lâche.
Tu aboies dans l'ombre et quand je me retourne tu te caches.
j'ai grandis avec toi. Tu es un personnage de ma famille,
une vieille tante glacée, une odeur immonde, un piège.
Tu nous piétines. Je planterai des fleurs dans le trou de ton coeur.
Je ferais des grands feux de joie et tu crameras.
A chaque sourire, chaque matin, chaque femme rencontrée, tu brûleras !
Je te pisse contre un arbre à l'aube bleutée des bois.
Ma Grande Pute Froide, je ne t'en veux pas, je te méprise.
Tu fais ton métier avec l'application d'un fonctionnaire zélé.
Tu places toute ton imagination au service du putride.
Tu es l'ironie froide d'une dent.
Tu crois en toi ? Je te nie, te dénie, te refuse. Je te bois.
Je te fume en me brûlant les lèvres et te jette indifférent
dans le chiotte bouché du temps.
Tu ne me fais pas peur. tu me dégoutes.
Je te prends en duel.
Mano a mano dans la grande nuit sans fin.
samedi 13 juin 2009
La somme de tous les poèmes de l'univers
de tous les poèmes
de l'univers
n'égalera
jamais
la tragique beauté
de ses yeux
lorsqu'elle m'a dis
J'ai perdu
un petit bout
de mon coeur
...
vendredi 12 juin 2009
Continuer
les nuits sont immenses
demain ça ira mieux
une fois la cérémonie terminée
le chaos sera clos
restera alors à continuer
de continuer sans lui.
L'âne de Richard Brautigan - Parution
-L'âne de Richard Brautigan
jeudi 11 juin 2009
mercredi 10 juin 2009
Parution-Juin 2009
Pour Juin ce sera:
Revue Traction brabant n°30-31
Revue N4728 n°16
Revue Comme en poésie n°38
Revue Dissonances n°16
Et une chouette chronique de Hoppercity dans le Grognard n°10
Miam à tous ceux là...
mardi 9 juin 2009
Première leçon
Il faudra que tu apprennes à te jeter dans la gueule du loup
Je serai là
Nous attendrons ensemble les longues nuits de juin
Nous regarderons la lune en avançant vers la lisière bourrue des bois
Au début tu pourras tenir un bâton
Ensuite ce sera ma main
Après tu seras seul
Je te montrerai comment trouver refuge sous les grands bras chauds des arbres
Tu respireras
Tu verras qu'ils nous protègent
Tu riras fort en répondant aux bêtes
Tu te sentiras puissant
ce sera faux
mais ça c'est pour la seconde leçon
lundi 8 juin 2009
les 12 857 portes
La luzerne
(projet Autre chose)
Stand by me, all around the world
Playingforchange
Je devais avoir 13 ou 14 ans quand j'ai compris que la musique pouvait sauver des vies. Je l'ai vu de mes yeux quelques années après avec Bob Marley. J'ai vu des gens sauvés de la came, de la violence, de la solitude, de l'aliénation, avec la musique. J'ai vu des centaines de couples s'embrasser, des gens se relever, changer de rythme de vie, arrêter de se détruire, apprendre, ou simplement supporter une journée de galère avec de la musique. J'ai vu cette force. Ce n'est pas un discours de fumeur de joins. Je l'ai vu.
dimanche 7 juin 2009

samedi 6 juin 2009
le fond des choses
il a 30 ans
fort comme un homme
sûr de ses choix
prêt à regarder le monde
droit dans les yeux
et puis l'instant d'après
il redevient
le gros puceau binoclar
de 15 ans
qu'il a toujours été
vendredi 5 juin 2009
jeudi 4 juin 2009
Aprés la brûlure
placide
sur le dos éreinté des choses
Les piétons ralentissent
Les enseignes sont closes
Une fille porte un arrosoir trop lourd pour elle
Un peu plus loin un gars rit fort devant son verre
Un vieux fourbu patiente face à la majesté des arbres
Quelques miettes persistent sur une table
Le vent balance tranquille son murmure d'effacement
Il ne reste plus rien à perdre
On peut renoncer dans le calme
les herbes hautes

mercredi 3 juin 2009
Le rêve
(projet Autre chose)
mardi 2 juin 2009
GR 00 Richard Brautigan
Non, commencer par fermer sa gueule
Ensuite tu peux marcher
Suivre le fil de la rivière
Débusquer les traces des rats
qui te mèneront tout droit jusqu'au sommet de la troisième colline
Trouver l'arbre creux et la pierre en forme de piccles géant
T'asseoir là et surtout
Continuer de fermer sa gueule
Confortablement attendre que la lune ressemble à un de ces gros boutons rouges
prés duquel il y a toujours un type opérationnel au cas où il faudrait te sauver contre ta volonté
Rester là
Patienter
Se tourner les pouces dans le sens de la danse en repensant parfois aux pignons de Pin coincés entre les planches de la cabane ou à la peau de poire de cette fille dont tu es resté amoureux six ans sans réussir à l'aborder et qui a finit inmanquablement laide comme une fleur de fête foraine
Te dire que la chauve-souris n'est pas qu'une chauve-souris
Puis te dire que la chauve-souris n'est qu'une chauve-souris et que c'est déjà bien assez compliqué ainsi
Te demander ce qu'il en aurait été s'il en avait été autrement
Et une fois cette douce introspection achevée, suivre la trace pailletée des ailes de papillons de nuit qui se sont tamponnés la gueule dans les arbres
Et marcher en mâchant tes rêves
Et ne pas boire même si tu as très soif
Parce que tu dois comprendre que tu auras toujours très soif
Et nager dans le dégouli de la nuit
Jusqu'a retrouver ta chaumière
En espérant plus tard que tes enfants te pardonneront
De leurs avoir un jour fait comprendre
Que c'est eux qui te protègent
Et non l'inverse
Te coucher sans te laver les pieds
Tenter de dormir
Qu'est ce que tu croyais trouver
Pauvre pomme !
lundi 1 juin 2009
Vaisseau spatial
pour sa chambre
peut être faudra t il penser
à acheter un vaisseau spatial
pour partir définitivement
avec un stock de bêtes et de plantes
conquérir une autre galaxie
Nous ferions tous les trois
une base tout à fait correcte
de repeuplement ...





























Maurizio Savini








