mardi 30 juin 2009

Dylan dans la neige


L'été

Sous sa robe qui baye
les marques que la paille
a laissées sur ses cuisses

Les cheveux mouillés

Après la bataille
c'est à dire à peu près tous les soirs
Il entre dans la chambre
sans faire de bruit
se recroqueville près d'elle
et tente de faire de ses montagnes
de peurs et de peines
une toute petite boule
qu'il pourra nicher au creux de sa nuque
dans les effluves de ses cheveux
encore mouillés alors
il fermera les yeux

lundi 29 juin 2009

Pascal Commelade - Gegene

Notes de bois

Tous ces chemins
qui partent de mes yeux
Des rainures
dans le bois
extrait de Notes de bois)

La faim du monde

Un jour de grisouille fade
tu t'es pointée
avec dans la caboche
une recette spéciale
Jambon et vieux cantal
tomate et bon pain frais
une pincée d'huile d'olives
le tout saupoudré de chips
tu m'as dit c'est un Tony truand
ça va te requinquer depuis je garde
cette formule secrète pour la prochaine
fin du monde

dimanche 28 juin 2009

Skylark

Chef d'oeuvre que vient de rééditer Vibrations

Les morceaux

elle essuie ses lunettes
se ressert un gobelet d'eau fraîche
les gendarmes sont repartis sans fermer la porte
de la bibliothèque elle se baisse pour ramasser les livres
sa jambe la fait toujours souffrir la fatigue fragmente
ses pensées lui reviennent les mots de l'adjointe à la culture
après l'arrêt des subventions pour les soirées contes
organisées avec les mères du quartier
et l'air hautain du gars de la bdp
qui répétait tout le temps
oh c'est pas pour ce qu'ils lisent
le maire qu'elle n'a vu qu'une fois
à l'inauguration du point informatique
le harki qui met sa main devant sa bouche
lorsqu'il rit en feuilletant les Gaston Lagaffe
au milieu des enfants
puis elle se retrouve à nouveau
toute seule agenouillée à ramasser
les bris de verre dans l'entrée

mâcher des glaçons

Dans la rue, c’est le grand défilé des hommes sans nom.
Sur les routes, c’est la danse figée des ombres dans le vent.
L’univers s’est organisé.
Il a comploté dans mon dos
pendant quinze milliards d’années
pour que j’en arrive à mâcher des glaçons de mélancolie
au centre d’une ville grise et plate
comme un morceau d’orage aplati au marteau.

(extrait du pays des hommes sans nom à télécharger et imprimer là)

samedi 27 juin 2009

Known as 'Das Tierbuch des Petrus Candidus' (animal book), this 1460 Vatican Library Manuscript by the Italian humanist, Pier Candido Decembrio,



Notes de bois

De mon bureau je vois
une cabane en bois
une branche de sapin
une merde de chien

(extrait de Notes de bois, travail en cours)

vendredi 26 juin 2009

La poésie des dictionnaires























extrait tel quel du Dictionnaire des mots croisés, Larousse, 1977.
(cliquez dessus ça zieute mieux)

Actu : 26.06.09

"J'ai été désolée d'apprendre la mort d'Otis Redding."

Entre le garage et le laboratoire d'analyse
trois miettes de ciel
échouées sur le goudron

Les courses

Au milieu du supermarché climatisé
elle s'assoit dans le fauteuil de démonstration
essuie son front se tient le ventre
tout en cherchant une position un peu plus confortable
Autour les gens continuent leurs courses
personne ne remarque à quel point la fatigue
la rend belle un sachet de fruits à ses pieds

Une histoire d'amour

Je lui dis :
tu es la plus belle !
Elle me répond :
Commençons par vivre
sans superlatif
on verra ce que ça donne
...

Les paradis perdus- Christophe- Quand j'étais chanteur

jeudi 25 juin 2009

On a l'ombre qu'on mérite
n'est ce pas ?

Chiens errants 10

J'invoque la muse familière, la citadine, la vivante, pour qu'elle m'aide à chanter les bons chiens, les pauvres chiens, les chiens crottés, ceux-là que chacun écarte, comme pestiférés et pouilleux, excepté le pauvre dont ils sont les associés, et le poëte qui les regarde d'un oeil fraternel.


Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l'homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : « Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur!»

Les bons chiens, Charles Baudelaire

Lidenbrock day's


(Odilon Redon, dans le rêve, germination, 1879)
.
7h du matin
elle se lève
avec l'impression
d'avoir traversé
le centre de la terre
en long
en large
et surtout en travers
.

mercredi 24 juin 2009

Au 24/24

Néons bleus qui percent la nuit dans la ruelle
Deux ados se cachent le visage pour rire
fiole de rhum et poulet roti sous le bras
Une belle fille
qui ne sait pas ce qu'elle fait là
s'empêche d'avoir peur en téléphonant
elle parle de vacances en poussant d'une main
le chien qui laisse trainer sa truffe
entre ses jambes
Elle demande deux paquets de malboro et s'en va
en jetant un oeil derrière elle
L'épicier engueule le clodo
qui éjecte le corniaud dehors
le gars de l'usine passe faire sa pause
bouffe son croque monsieur
en enlevant ses échardes
Tout le monde se met à applaudir
devant la télé allumée
qui retransmet Barcelone/Manchester
Leurs mains et leurs yeux s'agitent
à la manière des phalènes
autour des réverbères
cinq secondes après
chacun est retourné seul
dans sa nuit

Une goutte de lait

Assise devant la fenêtre
Elle boit le lait de ses cornflakes
Une goutte glisse sur sa cuisse nue
Et s'y précipite illico
Un rayon de soleil avide
Je me dis Aujourd'hui ça ira
c'est plutôt bon signe
quand la lumière attire
la lumière

Same Old Shit

Plus d'une fois
s'est foutu de la gueule
de Basquiat
Oh oui plus d'une fois !

mardi 23 juin 2009

Là où ça sent la merde ça sent l'être

L 'atelier

Il est gros. Il bave. On voit son slip quand il se penche. Ses yeux vitreux. Il marche comique. Il est gros. Il bave. Tous les jours on le croise lui et son slip. Des fois il crie. Il hurle. Il bave. On comprend pas mais il hurle. Deux mètres de carcasse qui hurle et puis plus rien. Il reste là. Gros. La bave. Sale. On comprend pas ses mots. On comprend pas ses yeux. On comprend rien. L'infirmière vient le chercher dans la rue. Elle le ramène. Le prend par la main. Lui essuie la bouche. La bave. Elle lui parle doucement. Le prend par la main. Il se calme. Marche à petits pas comme un ours fragile. Il sourit. On comprend pas ce qu'il dit. Il rentre à l'hopital. Dans sa chambre la télé. Il veut pas rester devant la télé. Descend à l'atelier. L'atelier c'est ce qu'il aime. Ses yeux deviennent pointus. Il mets son tablier et ses yeux deviennent pointus. Il s'approche de la toile. C'est beau. Les couleurs. Les ronds. Il caresse. L'odeur il aime l'odeur. C'est beau. Il peint. Ses yeux deviennent pointus.
(projet Autre chose)

à la rescousse


(Cape Cod Morning – Edward Hopper - 1950)
.
Ce que tu croyais solide
immuable
s'effondre peu à peu
Tous les ciments
s'effrittent
Et une fois encore
ce sont les instants
les détails
qui viennent
à ta rescousse
Ce matin sa main
la confiture d'abricot
le vent frais
et puis le soleil
à travers le pare-brise
et puis la pie
la buse
la mauve dans les fossés
.

lundi 22 juin 2009

Lundi matin

Il fait frais
sur le pont il marche vite
jette tout de même un coup d'oeil
sur les orties en bas
les déchets
la rivière
un minot le dépasse en vélo
et file vers la grand rue encombrée de travaux
les martinets s'excitent dans le ciel
une voiture klaxonne Il ralenti
un peu submergé par tout ce mouvement
cette nuit il a rêvé qu'il parlait avec des animaux
maintenant il est là les yeux perdus
à chercher quelque chose de doux
entre les crachats du trottoir

Broken flowers


dimanche 21 juin 2009

Choisir son camps

C'est toujours pareil
Il n'y a que deux sortes
D'êtres humains
Ceux qui tiennent le fusil
Et ceux qui creusent
N'en déplaise à Blondin
La poésie
Se tiendra toujours du côté
De ceux qui creusent

Richard brautigan

Une dure journée de travail
Je rentrais
de Muse.

Ma femme m'a dit :
"Tu as eu une dure journée
à écrire des poèmes,
mon chéri?"

"Oh oui, j'ai dit.
Je suis crevé."

"Mon pauvre chéri",
a dit ma femme,
et puis elle a commencé
à effaroucher
la fatigue
avec de la douceur.



Quelque chose
Il y a quelque chose en moi
qui ne trouve la paix que lorsqu'il
est dans la forêt, que lorsqu'il
marche sur le sol de la forêt
et est entouré d'arbres.

extraits de Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus, Le Castor Astral, 2003

William Carlos William


Certaines personnes
ratent
systématiquement
la mouche
sur leur bras
C'est trés bien comme ça !
et ce n'est pas
William Carlos William
qui me contredira
.
.
.
Attendre
sans ne rien attendre
comme on jette un caillou à son chien
.
.
.

samedi 20 juin 2009

Max et les maximonstres


fin de course

Un rayon de soleil
a traversé la galaxie
pour venir échouer
tranquillement
au fond
de la gamelle
bleue
de mon chien

Extra lucide

Hier matin
dans la boîte aux lettres
un courrier "urgent et confidentiel"
adressé à la grand mère Joe
Samael
voyante extra lucide
communique avec les morts
ça tombe bien
la grand mère Joe est morte
depuis plus de dix ans
...

vendredi 19 juin 2009

As tears go by -1965- Faithfull/Stones

Miles


Enfant à Saint Louis
un blanc le course dans la rue
en hurlant “Négre! Négre!”
effrayé il s’enfuit
et puis plus tard
Un soir de 59
tabassage en règle
par un flic qui ne veut pas le laisser entrer
dans la boîte où il joue
“Négre! Négre !“ ne pliera plus l’échine


(extrait de Il vise le ciel et tire, supplément ré-apparition au n° 12 de la revue Passages, tirage épuisé)

Mon invitée

Il m’a fallu attendre cinq heures du matin pour m’endormir. J’étais fatigué sans avoir sommeil comme une énergie de lassitude, qui m’a fait tourner dans mon vieux lit qui grince pendant des heures et des heures. Pourtant je me suis levé tôt, toujours fatigué. C’est peut-être ça vieillir, remuer sa fatigue, en tous cas je n’étais pas bien couché alors je me suis levé mais j’étais pas mieux debout. Par habitude, j’ai pris un café tiède et je suis sorti. C’est une drôle d’habitude de boire du café tiède, les gens ont l’habitude de boire du café chaud ou de ne pas boire de café, et moi, mon habitude c’est de le boire tiède. Non que j’aime ça plus qu’autre chose mais voilà, c’est un concours de circonstances quotidien, une habitude du hasard pour alourdir mon fardeau de fadeur.
(...)

La suite de cette nouvelle écrite en 2001 sur la revue des ressources

jeudi 18 juin 2009



David Lynch, Sparklehorse et Danger Mouse

Un jour

Un jour
du sucre
se mit à tomber des arbres

Rien ne fut pareil
mais rien ne fut vraiment différent

Seulement les oiseaux
restaient collés aux branches
et la nuit les rêves
s'emmêlaient dans les cheveux des gens

(...)

mercredi 17 juin 2009

Les canards

Regarde les enfants
le ciel
les grenouilles
les champs de pissenlits
les moineaux
les orages
Accroche la lumière
Tu dois fouiller dans le vide
comme un de ces canards stupides
bec planté dans la vase

Life


La confrérie des naufragés

L'instant
essuie ses pieds
sur nos yeux
Restent dans l'ombre
quelques boîteux romantiques
qui lissent leurs barbes
en remontant sa piste
dans la beauté
vaine
du monde

Arthur Cravan



Sur sa barque
au beau milieu de l'atlantique
Arthur Cravan
le poète boxeur
aux cheveux courts
attaqua la dernière aube du monde
par une danse de St Guy
puis s'adressant
à toutes les mouettes du ciel
il redressa sa carcasse
en hurlant
Chiez moi dessus
puisque je suis laid comme un homme !



De Salinger à Cravan

©Louis-Watt-Owen-2009

Cher Thomas Vinau, de la photo de Salinger que vous avez mis en ligne, ce qui m'a sauté aux yeux n'est pas le dénommé Salinger, que je n'ai jamais lu, mais autre chose, une autre gueule, aperçue je ne dis pas où : mais enfin cela crève les yeux !! Volant ce bout de gueule, j'en ai tenté la reconsitution totale et agrandie, avec les moyens cybernétiques du bord. Ce qui donne cet étrange photomaton d'une espèce de fantôme, qui me rappelle furieusement un certain Arthur Cravan, coiffé d'un accoutrement de chamane amérindien. Cette vision fixée est plus émouvante que les fantômes flous et lointains, très douteux, hantant les vidéos de surveillance qui pullulent sur la toile. Et plus troublante que le yéti ou Nessie, alors que je ne cache pas le truc du bricolage (un simple copié-collé, bord à bord, du double retourné horizontalement de la moitié de gueule volée dans votre photo, le tout recoloré en sépia vintage).
Louis Watt-Owen

Et puis plus loin ce beau passage de louis, plein de la fraternité du naufrage ...

Je compatis, vraiment oui, à l'héroique émergence du naufragé, qu'il ressorte du vieil océan, du Styx ou, comme moi d'un simple trou à merde. (Ce qui revient au même). L'élastique tragique qui nous y replonge d'un coup ne prévient jamais. Et il faut alors revenir par ses propres moyens à la surface d'abord, au rivage ensuite. Sur lequel ceux qui ne nous aurons jamais tendu la main se font bronzer et jouent au barbecue ou au beach-volley, au sudoku ou à l'iPhone. Comme si de rien n'était.Voyez Cravan disparu à Vera Cruz. Noyé dans l'océan ? Estourbi sur le rivage ?

mardi 16 juin 2009

La ruine

Le bois des fenêtres a gonflé. Les volets sont clos. Les briques sont rongées de salpêtre. Le plâtre est effondré. Dans la maison sombre, il progresse d'un vestige brisé à l'autre. Même les araignées sont mortes. Le bois de l'escalier explose sous ses pieds. Des lambeaux de tapisserie moisie pendent comme langues mortes jusqu'à la bouillie poussièreuse du sol. Dans la concrétion des cendres un copeau de journal jauni hurle une date lointaine. 1000 générations de vermine naquirent et disparurent dans ce silence mortel. Il progresse à pas lents luttant contre les bourrasques des souvenirs qui le submergent. A l'étage le toit est écroulé. Le lierre mange les barreaux rouillés du lit. Il abhore cette maison qui gerbe son enfance. Toute sa vie dégouline sur lui. Il étouffe. Il doit sortir de cette ruine. Se précipite vers la sortie mais impossible de retrouver la porte. Un couloir délabré s'ouvre sur un autre. La bâtisse se transforme. Les ruines succèdent aux ruines, les portes aux portes. Sa bouche est pleine de poussière. Il respire à grand peine. S'écroule sur le carrelage crasseux. Gémit. Personne ne lui a dit qu'on ne s'échappe jamais de sa cervelle.
(projet Autre chose)

L'étoile du Nord


Le jour où elle sut
comment trouver
l'étoile du Nord
Elle ne fut pas plus
avancée

La température

(via yimmys yayo)

Peut être que la température des non-sens descendra avec celle de l'orage...

Et le soleil avance

Le soleil monte tranquillement sur la façade en crépit
Deux trois ombres de martinets confettisent sur le sol
Chaque chose est à sa place
Le vent dans les cheveux
Les abeilles sur les fleurs
La peine au fond du coeur

lundi 15 juin 2009

Chien errant 9


Dans la solitude des champs de coton- Koltés

« Je ne suis pas là pour donner du plaisir, mais pour combler l’abîme du désir, rappeler le désir, obliger le désir à avoir un nom, le traîner jusqu’à terre, lui donner une forme et un poids, avec la cruauté obligatoire qu’il y a à donner une forme et un poids au désir. Et parce que je vois le vôtre apparaître comme de la salive au coin de vos lèvres que vos lèvres ravalent, j’attendrai qu’il coule le long de votre menton ou que vous le crachiez avant de vous tendre un mouchoir, parce que si je vous le tendais trop tôt, je sais que vous me le refuseriez, et c’est une souffrance que je ne peux point souffrir. »
Le Dealer

«Vous n’êtes pas là pour satisfaire des désirs. Car des désirs, j’en avais, ils sont tombés autour de nous, on les a piétinés ; des grands, des petits, des compliqués, des faciles, il vous aurait suffi de vous baisser pour en ramasser par poignées; mais vous les avez laissé rouler vers le caniveau, parce que même les petits, même les faciles, vous n’avez pas de quoi les satisfaire. Vous êtes pauvre, et vous êtes ici non par goût mais par pauvreté, nécessité et ignorance. »
Le Client

Bernard marie Koltés, Dans la solitude des champs de coton, éditions de minuit.

Rodriguez

La bête mélancolique

50 kg de muscles et de poils gigotent dans le couloir. Ce chien se situe entre l'ours et le loup, famille des énormes bêtes tristes qui gémissent la nuit. Depuis qu'il l'a récupéré, sans avoir vraiment le choix, une ombre douce pleine de fourrure et au parfum léger de lapin décédé le suit à chaque pas. Cette nuit il n'a pas arrêté de couiner, et puis à partir de 5 heures du matin, il s'est mis à gratter à la porte. Lui s'est levé , furax, pour lui ouvrir, de toute façon il faisait des cauchemars, et a laissé le cabot dehors dans l'espoir de grapiller une heure ou deux de dodo en plus. Mais rien à faire. Il tourne dans son lit moite pendant que le monstre se déchaine dehors, couinant, grattant et grognant sans répis. Excédé, il finit par renoncer à dormir et se lève pour jeter un oeil sur ce massacre. Dehors, la bête mélancolique s'applique minutieusement à dépecer quelque chose. Il s'approche, redoutant l'extermination d'un chat du voisinage. Il comprend, lorsque le mammouth triste le regarde dans les yeux en relevant la tête. Mâchoires serrées sur un de ses jeunes rêves mort.
(projet Autre chose)

dimanche 14 juin 2009

Theophilus London VS Amadou et Mariam

les sandwichs


Il fallait manger vite
les sandwichs
avant que le beurre
et le chocolat
ne fondent
dans le sable
Nos doigts
avaient toujours
un petit goût
de sel
Le temps
n'existait pas
et nous vivions
en slip

Depuis toujours tu marches derrière moi

(dessin de Charles Livingston Bull péché sur zorbathebomb)


Depuis toujours tu marches derrière moi.
Tu piétines, tu renâcles, tu furettes dans nos traces.
Tu marches derrière nous. Tu crois que je te vois pas ?
Tu n'es qu'une Grande Pute Froide. Tu es lâche.
Tu aboies dans l'ombre et quand je me retourne tu te caches.
j'ai grandis avec toi. Tu es un personnage de ma famille,
une vieille tante glacée, une odeur immonde, un piège.
Tu nous piétines. Je planterai des fleurs dans le trou de ton coeur.
Je ferais des grands feux de joie et tu crameras.
A chaque sourire, chaque matin, chaque femme rencontrée, tu brûleras !
Je te pisse contre un arbre à l'aube bleutée des bois.
Ma Grande Pute Froide, je ne t'en veux pas, je te méprise.
Tu fais ton métier avec l'application d'un fonctionnaire zélé.
Tu places toute ton imagination au service du putride.
Tu es l'ironie froide d'une dent.
Tu crois en toi ? Je te nie, te dénie, te refuse. Je te bois.
Je te fume en me brûlant les lèvres et te jette indifférent
dans le chiotte bouché du temps.
Tu ne me fais pas peur. tu me dégoutes.
Je te prends en duel. 

Mano a mano dans la grande nuit sans fin.

samedi 13 juin 2009

vendredi 12 juin 2009

J.D Salinger... enfin il paraît...



Et j'écoute Karen Dalton dans ma grande nuit sans fin...

Continuer

Le temps ne passe pas
les nuits sont immenses
demain ça ira mieux
une fois la cérémonie terminée
le chaos sera clos
restera alors à continuer
de continuer sans lui.

L'âne de Richard Brautigan - Parution

 
-L'âne de Richard Brautigan
Thomas Vinau  éditions Du soir au matin
Juin 2009
20 pages
format 20x20
5,50€

mercredi 10 juin 2009

Parution-Juin 2009

Ami lecteur, en haut à gauche, il y a une fenêtre de recherche "blogger". Si tu tapes dedans le mot Parution, tu trouveras, oh magie, le récapitulatif de toutes mes publications et parutions en revues (ou presque)... je tenais à ce que tu le saches...

Pour Juin ce sera:

Revue Traction brabant n°30-31

Revue N4728 n°16

Revue Comme en poésie n°38

Revue Dissonances n°16

Et une chouette chronique de Hoppercity dans le Grognard n°10

Miam à tous ceux là...

mardi 9 juin 2009

Les amants du Pont Neuf


Première leçon

Il faudra que tu apprennes à ne pas avoir peur de la nuit
Il faudra que tu apprennes à te jeter dans la gueule du loup
Je serai là
Nous attendrons ensemble les longues nuits de juin
Nous regarderons la lune en avançant vers la lisière bourrue des bois
Au début tu pourras tenir un bâton
Ensuite ce sera ma main
Après tu seras seul
Je te montrerai comment trouver refuge sous les grands bras chauds des arbres
Tu respireras
Tu verras qu'ils nous protègent
Tu riras fort en répondant aux bêtes
Tu te sentiras puissant
ce sera faux
mais ça c'est pour la seconde leçon

Grizzly Gum

Qui dit mieux

Pisser la nuit au pied du tilleuil en fleur....

le doux effondrement



lundi 8 juin 2009

Salut mon pote

Hier soir
un énorme crapaud
a planté ses yeux jaunes
au milieu de ma nuit

Gill Scott Heron

les 12 857 portes

Une fois 
que tu auras ouvert
les 12 857 portes 
de ta cervelle
trouve une fenêtre
et balance cette putain clef

La luzerne

Les jeunes martinets redescendent en piquet vers le champs de luzerne. Leurs vols est encore approximatif, deux ou trois moniteurs expérimentés piaillent les recommandations de routes. Leurs cris sont comme des clous dans le ciel. Elle regarde ce ballet à la fois gracieux et légèrement ridicule. Elle s'est étendue dans les luzernes, en plein soleil. L'ombre courte des plantes dessine des tatouages sur sa peau. Elle reste immobile en regardant le bleu. La vie grouille autour, elle attend. Sa peau sèche. Le travail commence. Elle se sent à l'étroit. Son corps se raidi dans la brûlure du soleil. Ses yeux sont rouges. Elle trouve le rythme, la cadence, et le temps devient comme une longue procession de l'intérieur vers l'extérieur. Sa peau est un tunnel. Si sèche à l'extérieur, trempée à l'intérieur. le soleil persiste à taper. Les martinets à apprendre les rudiments du ciel. Personne ne s'occupe d'elle. Lorsqu'elle se relève, des brins de paille sont collés à son ventre. D'un geste, elle recoiffe ses longs cheveux brun et se remet en route. Le vent remue sa robe. Derrière elle, dans le trou vert de luzerne que son corps a couché, ne reste que la belle mue transparente qui brille dans la lumière.
(projet Autre chose)

Stand by me, all around the world



Playingforchange

Je devais avoir 13 ou 14 ans quand j'ai compris que la musique pouvait sauver des vies. Je l'ai vu de mes yeux quelques années après avec Bob Marley. J'ai vu des gens sauvés de la came, de la violence, de la solitude, de l'aliénation, avec la musique. J'ai vu des centaines de couples s'embrasser, des gens se relever, changer de rythme de vie, arrêter de se détruire, apprendre, ou simplement supporter une journée de galère avec de la musique. J'ai vu cette force. Ce n'est pas un discours de fumeur de joins. Je l'ai vu.
Il observe
immobile
la progression sereine
des nuages
Il tente
désespèrement
de prendre exemple
sur eux

dimanche 7 juin 2009


"Même si, ce soir, il est trop tard pour parler à qui que ce soit, l’idée qu’il pourrait le faire et qu’il pourra encore le faire demain le calme, le pousse doucement vers la nuit, vers le sommeil".
Tynianov, La Mort du Vazir-Moukhtar. Glané parmi les miniatures délicieuses du sieur Sarieloubal

samedi 6 juin 2009

le fond des choses

A un moment
il a 30 ans
fort comme un homme
sûr de ses choix
prêt à regarder le monde
droit dans les yeux
et puis l'instant d'après
il redevient
le gros puceau binoclar
de 15 ans
qu'il a toujours été

jeudi 4 juin 2009

Aprés la brûlure

Le soir ramène sa silhouette ronde
placide
sur le dos éreinté des choses
Les piétons ralentissent
Les enseignes sont closes
Une fille porte un arrosoir trop lourd pour elle
Un peu plus loin un gars rit fort devant son verre
Un vieux fourbu patiente face à la majesté des arbres
Quelques miettes persistent sur une table
Le vent balance tranquille son murmure d'effacement
Il ne reste plus rien à perdre
On peut renoncer dans le calme

R.I.P petit scarabé


Catalogue des prix d'amour

cliquez dessus pour déguster...


les herbes hautes


les voitures filent sur la nationale
malgré le vent l'horizon vacille de chaleur
l'eau a stagné dans la bouteille en plastique à l'arrière, elle est brûlante
elle s'en met quelques gouttes sur la poitrine
elle me dit Vivre c'est être en manque
je regarde sa silouette s'enfoncer dans les herbes hautes
elle s'accroupit
elle est belle
au fond de moi je réponds Je sais.

mercredi 3 juin 2009

2 + 2 font ce qu'ils veulent, ils sont adultes ...

J'attends la révolte des arbres

Le rêve

Dans son rêve, trois cent serpents verdâtres agrippent ses mollets. Des tarentules et des crotales, six grenouilles rouges et trois iguanes fouillent sa chair avec leurs langues. Il sue et il glapit de peur pendant que dix huit scolopendres, mandibules à toutes berzingue, s’enfouissent dans ses orifices. Le supplice est interminable. La forêt goutte de la pluie rouge. Des racines l’empêchent de se débattre. Des bambous poussent à travers la plante de ses pieds. Une ligne immense de fourmis, chargeurs d’acides dans le cul, entreprend de démantibuler son sexe. Les charognards emplissent le ciel. Des lynxs et des ours viennent respirer à son oreille l’agonie suintante de son âme. Douze crocodiles attendent à l’ombre de voler un bout de sa jambe pour le faisander au fond de l’eau. La pluie froide l’ensevelit et des sucs acides de sumac rongent délicatement sa peau. La boue noire entre dans sa bouche et l’étouffe minutieusement. Il se réveille agonisant et pousse un long cri de terreur. En guise de réponse les gars du baraquement râlent et grognent tandis qu’un tout au fond lui balance sa chaussure dans la gueule. Le temps de reprendre sa respiration il comprend à nouveau où il est. Il sanglote alors et supplie de pouvoir retourner dans son rêve.
(projet Autre chose)

mardi 2 juin 2009

GR 00 Richard Brautigan

R.B 1961
.
.
Commencer par marcher
Non, commencer par fermer sa gueule
Ensuite tu peux marcher
Suivre le fil de la rivière
Débusquer les traces des rats
qui te mèneront tout droit jusqu'au sommet de la troisième colline
Trouver l'arbre creux et la pierre en forme de piccles géant
T'asseoir là et surtout
Continuer de fermer sa gueule
Confortablement attendre que la lune ressemble à un de ces gros boutons rouges
prés duquel il y a toujours un type opérationnel au cas où il faudrait te sauver contre ta volonté
Rester là
Patienter
Se tourner les pouces dans le sens de la danse en repensant parfois aux pignons de Pin coincés entre les planches de la cabane ou à la peau de poire de cette fille dont tu es resté amoureux six ans sans réussir à l'aborder et qui a finit inmanquablement laide comme une fleur de fête foraine
Te dire que la chauve-souris n'est pas qu'une chauve-souris
Puis te dire que la chauve-souris n'est qu'une chauve-souris et que c'est déjà bien assez compliqué ainsi
Te demander ce qu'il en aurait été s'il en avait été autrement
Et une fois cette douce introspection achevée, suivre la trace pailletée des ailes de papillons de nuit qui se sont tamponnés la gueule dans les arbres
Et marcher en mâchant tes rêves
Et ne pas boire même si tu as très soif
Parce que tu dois comprendre que tu auras toujours très soif
Et nager dans le dégouli de la nuit
Jusqu'a retrouver ta chaumière
En espérant plus tard que tes enfants te pardonneront
De leurs avoir un jour fait comprendre
Que c'est eux qui te protègent
Et non l'inverse
Te coucher sans te laver les pieds
Tenter de dormir
Qu'est ce que tu croyais trouver
Pauvre pomme !
.
.

lundi 1 juin 2009

Vaisseau spatial

On a acheté de la peinture bio
pour sa chambre
peut être faudra t il penser
à acheter un vaisseau spatial
pour partir définitivement
avec un stock de bêtes et de plantes
conquérir une autre galaxie
Nous ferions tous les trois
une base tout à fait correcte
de repeuplement ...