vendredi 31 juillet 2009
Les haikus du branlot
Etirage
Bulllage
Grattage de crottes de nez
*
*
Saucisson
Bière belge
Cigare
*
Changement radical
du transat
au hamac
*
Demander aux oiseaux
de faire un peu moins de bruit
pendant la sieste
*
Jus d'orange
Brioche
Chlore
*
Plus la barbe pousse
plus les jours
diminuent
*
Cigarette
et demi
en terrasse
*
Penser à utiliser
le moins de vaisselle possible
pour ne pas la laver
*
La saison des amours
pour les tongs
est en aout
*
Etoiles filantes
melon
et rosé
*
Les moustiques
sont définitivement
sarkoziste
*
Finir un livre
avant que ce soit lui
qui nous finisse
*
Lézarder
Patauger
Branlouiller
*
Petit pétard
dans l'air du soir
bonsoir
dans l'air du soir
bonsoir
*
jeudi 30 juillet 2009
Miniatures poétique pour bureau 4
Il dessine des requins
sur son calendrier
un signe ?
*
Il répond au téléphone
avec une voix
qui n'est pas la sienne
à moins que ce soit
lorsqu'il n'est pas au bureau
que sa voix n'est pas vraiment la sienne
ou l'inverse
*
La compassion tendre
dont il fait preuve
envers les gobelets vides
et les papiers froissés
*
Au plafond le temps
lui montre les dents
*
Un tour de clef
et sa cervelle
desserre ses lacets
*
longue histoire d'amour
platonique
avec un stabilo
*
d'autre miniatures là
et là
sur son calendrier
un signe ?
*
Il répond au téléphone
avec une voix
qui n'est pas la sienne
à moins que ce soit
lorsqu'il n'est pas au bureau
que sa voix n'est pas vraiment la sienne
ou l'inverse
*
La compassion tendre
dont il fait preuve
envers les gobelets vides
et les papiers froissés
*
Au plafond le temps
lui montre les dents
*
Un tour de clef
et sa cervelle
desserre ses lacets
*
longue histoire d'amour
platonique
avec un stabilo
*
d'autre miniatures là
et là
premiers pas
1 mètre cube de landeaux dans le salon
Entrainement au dépliage
Doigt coincé dans la charnière
Et la poussette immobile qui fout les jetons ...
Entrainement au dépliage
Doigt coincé dans la charnière
Et la poussette immobile qui fout les jetons ...
mercredi 29 juillet 2009
On the sunny side of the street
La vie ça serait de la musique. Mon chien s’appellerait Sidney. On serait là, mon bâtard poilu et moi, à gigoter dans la lumière des trottoirs. Ruelles familières. Petits sauts de flaques. A Suivre le défilé comme un jeu de piste. On marcherait sur les pavés. Rien à foutre du reste. Sérénité débonnaire. Comme un Boris Vian qui va jouer dans les caves de St Germain. A se retourner sur les jupes courtes. A se fourrer tous les remugles dans le pif. A serrer la pince au bon côté de la rue. La vie ça serait de la musique. Du jazz Monsieur ! On the sunny side of the street.
Son numéro de téléphone
Il se souvient par coeur
de son numéro de téléphone
alors qu' il ne lui a plus
adressé la parole
depuis bientôt quinze ans
Quelquefois il rêve
qu'ils se parlent
Il faudra bien qu'il lui annonce
la naissance de son fils
puisqu'il est ce qui a le plus
ressemblé dans sa vie
à un père
de son numéro de téléphone
alors qu' il ne lui a plus
adressé la parole
depuis bientôt quinze ans
Quelquefois il rêve
qu'ils se parlent
Il faudra bien qu'il lui annonce
la naissance de son fils
puisqu'il est ce qui a le plus
ressemblé dans sa vie
à un père
lundi 27 juillet 2009
fairplay
Dans la douceur
d'un soir d'été
le vacarme habituel
de mon train qui déraille
et puis à force de nuages
de vent dans les grands arbres
de petits bonds d'oiseaux
de ratures sur la page
la douceur finit par gagner
c'est agréable
de perdre la partie
d'un soir d'été
le vacarme habituel
de mon train qui déraille
et puis à force de nuages
de vent dans les grands arbres
de petits bonds d'oiseaux
de ratures sur la page
la douceur finit par gagner
c'est agréable
de perdre la partie
samedi 25 juillet 2009
Le ressac
Il venait régulièrement recommencer sur les plages grises. Le ressac était comme un repos pour ses sens fatigués. Il trouvait une forme de consolation à marcher sur la plage, à observer l'horizon qui n'était jamais le même en ayant l'air de n'être jamais différent. En mouillant ses orteils dans l'eau froide. En détaillant les déchets que l'océan voulait bien rendre. Il aimait ces déchets. Du bois flotté, bien sur, des coquillages, des couteaux, des pinces de crabes, des morceaux de bouée, du verre poli, des cailloux, des bouchons de bouteilles, du plastique, des bouts de fer rouillés, des restes de laine de verre, des plombs de pêche, de la nacre agglomérée dans des particules de goudron. Il se sentait en famille ici. Le ressac ramenait des débris sur la côte mais c'est lui qui revenait aux siens. Un jour il avait trouvé une ancre. Une fois un ballot de cocaïne. Une fois une botte d'enfant en plastique rouge. Une fois une roue de vélo. Une autre fois une perruque. Et même un miroir. Ici se retrouvaient ceux qui avaient cessé de lutter contre le courant. Des oiseaux trop jeunes emportés par les vagues, des cadavres de poissons, de tortues, d'étoiles, d'oursins, de raies et de requins. Lorsqu'il le retrouva, prisonnièr d'un morceau de filet, il ne fut pas plus étonné que ça. Il tenait là, froid, sous ses yeux, le cadavre blanc de ses peurs. Il le repoussa du pied et rentra.
(Projet Autre Chose)
(Projet Autre Chose)
R.I.P
En finissant de suffoquer une nuit sans lune devant la pute cathodique, je me dis qu'il n'est pas si loin, le jour, où l'univers entier nous dégobillera. Et l'homme retrouvera le vide sidéral qu'il n'a jamais vraiment osé quitter. Je devine déjà la cause de l'extinction de l'humanité : Noyée dans sa propre merde !
vendredi 24 juillet 2009
Main dans la main avec son ombre
Il traine
entre la nuit et le jour
Fouille son brouillard
Laisse traîner ses yeux dans son dos
Dépasse le coin de la rue
Tape dans un paquet de clope écrasé
S'arrête Regarde derrière lui
Il voudrait qu'un poème le rejoigne
Il attend comme on attend un vieux copain
ou une femme qui reviendrait sur ses pas
ou son chien qui finit de pisser
Mais la nuit demeure la nuit
Alors il repart
entre la nuit et le jour
Fouille son brouillard
Laisse traîner ses yeux dans son dos
Dépasse le coin de la rue
Tape dans un paquet de clope écrasé
S'arrête Regarde derrière lui
Il voudrait qu'un poème le rejoigne
Il attend comme on attend un vieux copain
ou une femme qui reviendrait sur ses pas
ou son chien qui finit de pisser
Mais la nuit demeure la nuit
Alors il repart
jeudi 23 juillet 2009
Tout, vu de là, était différent
"Côme était dans son yeuse. Les branches s'agitaient, ponts jetés très loin au-dessus du sol. Un léger vent soufflait et le soleil brillait au travers du feuillage. Pour apercevoir Côme, nous devions faire un abat-jour de nos mains. Côme regardait le monde du haut de son arbre : tout, vu de là, était différent. C'était un premier sujet d'amusement. L'allée apparaissait dans une tout autre perspective, et après elle les plates-bandes, les hortensias, les camélias, la table de fer sur laquelle on prenait le café dans le jardin. Plus loin, les chevelures des arbres étaient de plus en plus clairsemées ; les potagers devenaient de petits champs échelonnés, soutenus par des murs de pierre ; le dos de la colline, plus sombre, était couvert d'oliveraies ; derrière, le hameau d'Ombreuse offrait ses toits de brique et d'ardoise ; en bas, on voyait pointer les antennes des bateaux : là se trouvait le port. Tout au fond, c'était la mer, haute sur l'horizon; lentement passait un voilier."
Le baron perché, Italo Calvino
fleur fanée
Elle lui a dit
Il n'a pas répondu
Et les trois petits mots
sont tombés sur le sol
au milieu des akènes
des herbes sèches
et des ailes d'insectes arrachées
mercredi 22 juillet 2009
mardi 21 juillet 2009
La guêpe
Il quitte le bureau comme on quitte l'école. Il rentre chez lui, enlève ses chaussures, marche pieds nus sur le gravier. Il se couche sur le sol. Plante son nez dans l'herbe. Agace un gros criquet. Il ferme les yeux et fixe le soleil. Le rouge et le jaune font des dessins sous ses paupières. Il joue avec le chien. Il rit bêtement. Il se force. Il crie. Fait des bruits. Chante faux. Laisse déborder l'eau de sa bouche en buvant à la bouteille. Laisse couler les gouttes dans son cou. Il a envie de se salir. De jeter de l'eau sur sa femme. De faire des blagues puériles. De s'abrutir. D'empiler des cailloux. De tailler un bâton. D'écraser une prune pourrie entre ses doigts. D'attraper un lézard par la queue. Il se souvient parfaitement de la sensation de frayeur qu'il a ressenti à onze ans lorsqu'une guêpe l'a piqué prés de l'oeil une après midi d'aout. De cette douleur d'enfant. De cette sensation de vivre. D'être plein. D'être courageux. De la peur lorsqu'il traversait le buis en courant une fois la nuit tombée. De ses nuits pleines de rêves. Il donnerait toutes ses dents pour y revivre un peu.
( Projet Autre chose)
Miniatures poétiques pour bureau 3
*
Il combat à mains nues
dents serrées sur la lame
de l'ennuie
*
Son métier ?
sourire au lieu de cracher
et écouter
écouter
écouter
écouter
*
8 euros de l'heure
un ordinateur
une corbeille à papier
avec tout au fond
ses rêves froissés
*
Y'a t il des dépressifs
qui ne soient pas
fonctionnaires ?
*
Ultime accomplissement
dans le ronronnement
de la photocopieuse
*
Un rouleau de scotch
un pot à stylo
une armée de trombone
une mouche
et la sacro sainte fenêtre
Il ne déteste pas
tout le monde
*
D'autre miniatures là
Il combat à mains nues
dents serrées sur la lame
de l'ennuie
*
Son métier ?
sourire au lieu de cracher
et écouter
écouter
écouter
écouter
*
8 euros de l'heure
un ordinateur
une corbeille à papier
avec tout au fond
ses rêves froissés
*
Y'a t il des dépressifs
qui ne soient pas
fonctionnaires ?
*
Ultime accomplissement
dans le ronronnement
de la photocopieuse
*
Un rouleau de scotch
un pot à stylo
une armée de trombone
une mouche
et la sacro sainte fenêtre
Il ne déteste pas
tout le monde
*
D'autre miniatures là
lundi 20 juillet 2009
Et je me mouche dans un rayon
La lumière qui passe
entre les planches pourries
de la cabane
a quelque chose
d'infiniment
consolant
Ne venez pas
me demander
pourquoi
Le monde animal
Pierre Peuchmaurd, L'immaculée déception, Atelier de l'agneau,2002.
dimanche 19 juillet 2009
Un pas devant l'autre
Je connais nombre
de bêtes tendres
qui vont vers leurs nuits
en titubant
J'en ai été et j'en serais
probablement
mais pour l'instant
Je m'accorde un peu de répit
à marcher droit
de bêtes tendres
qui vont vers leurs nuits
en titubant
J'en ai été et j'en serais
probablement
mais pour l'instant
Je m'accorde un peu de répit
à marcher droit
samedi 18 juillet 2009
vendredi 17 juillet 2009
Et devant nous même la nuit ...
Le ciel complotait son orage
Nous avions marché le long du sentier
Escaladé les troncs
Suivi le cours de la rivière
Il faisait bon
Et puis le soir était tombé
doucement
comme une petite pluie de cendre
autour de ton rire
Nous touchions nos peaux
nos fronts
Nous avions faim
Nous nous aimions
Nous revenions d'un rêve mort
Et devant nous même la nuit
disait peut être
Nous avions marché le long du sentier
Escaladé les troncs
Suivi le cours de la rivière
Il faisait bon
Et puis le soir était tombé
doucement
comme une petite pluie de cendre
autour de ton rire
Nous touchions nos peaux
nos fronts
Nous avions faim
Nous nous aimions
Nous revenions d'un rêve mort
Et devant nous même la nuit
disait peut être
jeudi 16 juillet 2009
Une nuit de juillet
Chaleur écrasante de Juillet. Il se réveille en pleine nuit avec l'impression d'avoir tapé une sieste sous un rouleau compresseur. Courbatures. Soif. Il jette un oeil vers les chiffres rouges du radio réveil, tend son bras vers la table de nuit, se cogne le poignet, grommelle un putain. Il se lève, se dirige vers le lavabo, ses yeux sont collés, son corps pèse. Il a soif. Il a soif. C'est tout ce qu'il parvient à articuler dans le coulis de framboise qui lui sert de cervelle. Soif. Une fois debout il décide de se trainer jusqu'à la cuisine en rêvant du fond de Perrier frais dans le frigo. Dans le couloir il remarque avec surprise la phosphorescence bleutée de l'écran d'ordinateur qui brille dans le salon. Un cambrioleur en train de consulter ses mails ? Un fantôme qui tchate ? Il s'avance sans faire de bruit jusqu'à la porte. Malgré le brouillard somnolent la peur commence à monter. Un pas de plus et il peut voir distinctement un énorme papillon de nuit sur le clavier. Encore un pas et il constate avec stupéfaction que l'insecte est en train de s'astiquer la trompe devant une scène graveleuse de papillons tropicaux.
(projet Autre chose)
(projet Autre chose)
mercredi 15 juillet 2009
mardi 14 juillet 2009
sous la douche
elle ferme les yeux
elle essaie de ne plus penser
l'eau sur sa peau forme
comme une carapace
qui l'aide à se concentrer
sur ce qu'il reste de beau
de propre et de vivant
au fond d'elle
la forme des nuages
Un certain nombre
de jeunes oiseaux
ne parviendront jamais
à s'envoler
Un certain nombre
d'êtres humain
comprennent cela
de jeunes oiseaux
ne parviendront jamais
à s'envoler
Un certain nombre
d'êtres humain
comprennent cela
dimanche 12 juillet 2009
Porté par le courant
L'aube verte dévale la pente
Le jour serait une rivière
mes yeux une ligne sans hameçon
J'avancerai lentement jusqu'à la taille
Je me ferais grignoter les orteils
galets crevettes et bulles d'oxygéne
une bouteille rafraîchirait au fond
Tu ne serais pas loin bien sur
ombre des feuilles sur les épaules
Le jour serait une rivière
On se baignerait longtemps
samedi 11 juillet 2009
Une brique de plus dans l'immense muraille du savoir
L'expérience c'est important. Au début tu ne sais rien. Et puis le temps passe. Tu apprends. Tu progresse. Par exemple, un jour tu comprends que chaque fois que tu auras besoin de te reposer, il y aura quelqu'un, pas loin, avec une tondeuse, une tronçonneuse ou une mobylette rugissante, pour t'en empêcher. C'est ce qu'on appelle la connaissance empirique de l'altérité dans notre rapport au monde. Une fois que le sais, bin tu le sais. C'est beau l'expérience. C'est important.
Heureux
Il a fallu traverser les champs de moutons, sauter les barbelés et les murets de pierres pour atteindre l’orée du bois. Une fois sous les arbres, il ne restait qu’à s’égarer, ce qu’il parvint à faire très rapidement. Pour bien se perdre, il faut marcher sans repère, sans savoir où l’on va, sans ne distinguer rien d’autre de la forêt que ses détails, des détails inutiles comme la nature du sol, l’épaisseur du lit de mousse, les couleurs des écorces, les cris d’oiseaux au dessus. Il faut toujours aller vers les endroits les plus touffus, ceux qui obligent à tourner et à changer de direction sans s’en rendre compte au moindre pas. Il a marché en regardant le sol et au bout d’une heure il ne savait plus du tout où il était. Il était seul au monde. Heureux. Perdu.
jeudi 9 juillet 2009
Parution - L'âne de Richard Brautigan

Je l’ai reconnu illico
derrière son chapeau mou
et ses petits yeux tristes
mais sur cette terre
tout le monde finit ainsi
avec un chapeau mou
et des petits yeux tristes
Viens de paraître aux chouettes éditions Du soir au matin
30 pages, 2 illustrations, format 14x13,5, 5,50 €
à commander à l'éditeur ou à ma pomme
mercredi 8 juillet 2009
J'habite au milieu du couloir
J'habite
au milieu du couloir
au milieu du couloir
le cul entre deux chaises
le coeur entre deux portes
j'habite sous le porche
je ne suis pas
vraiment
là
La boîte aux lettres
C'était toujours la même histoire. Tous les matins. La petite routine de ses rêves. Il persistait à la recherche de ces petites récompenses anodines. Il se levait, les volets clos, ouvrait la porte, respirait un bon coup en regardant le chien filer entre ses jambes. Et puis le café, l'ordi, le jardin, la vaisselle, la douche, les poubelles. Depuis qu'il ne travaillait plus, il s'était imposé un rythme, une progression lente mais certaine entre les plots du quotidien. Il aimait la douceur sereine de ses habitudes. L'ennuie c'était doux, c'était gris, c'était sa vie. Il ne se passait rien et il était heureux d'attendre que quelque chose arrive. Vers midi se profilait un des repères essentiels sur la rivière plate de ses journées. Chaque jour, vers midi, une petite excitation le surprenait. Une petite poussée de joie enfantine qu'il modérait aussitôt avec force raison. Il aimait la ressentir, et il aimait la freiner. Ainsi se constituait le délicieux petit clapotis de son existence. Vers midi, tous les jours, il attendait avec fébrilité le son distinctif de sa récréation. La mobylette du facteur. Quelle douce musique que ce vombrissement aux relents de sans plomb. C'était pour lui la petite mélodie des possibles. Chaque matin. Il attendait, tremblant, le jour où sans prévenir, sa chère boîte aux lettres déborderait de nouvelles d'amour, de témoignages d'amitié et de cadeaux sublimes. Et chaque matin, il ne recevait rien d'autres que le journal d'annonces gratuites, une facture, une pub ou un abonnement. Et c'était une petite pointe d'acier plantée dans son myocardes tous les jours à midi. Une petite tristesse quotidienne. Un sentiment de solitude. Et tous les jours à midi, il se répétait mais qu'est ce que tu attends, il n'y aura rien, rien ni personne ! Et tous les jours à midi pourtant, ce petit pincement d'espoir incontrôlable.
Ce jour là, il alla chercher du pain au levain, s'arrêta devant les oranges du marchand de légumes puis à la pharmacie pour renouveler son stock de fil dentaire et de papier d'Arménie. Sur le retour il ralenti la marche pour s'attarder à l'ombre des platanes. Il marchait calmement, il était bien. Midi avait sonné depuis une bonne demi heure et dans le vent traînaient des effluves de jasmin et de chèvrefeuille. Il n'était pas rasé, un peu groggy, température idéale, boîte aux lettres à l'horizon. Il ne pensait rien. Il commençait à avoir faim. En insistant sur la serrure de la boîte aux lettres qui avait un peu de jeu, il sentit un poids et une pression inhabituelle. Dés le loquet déloqué, la bouche de métal dégueula une tonne de courrier à ses pieds. 46 lettres manuscrites, des enveloppes parfumées, d'autres à bulles, des cartes postales ornées de timbres inconnus, des tampons de tous les pays, des recommandés de Thaïlande et d'Australie, des avis et des plans, des chronopostes, des paquets de toutes sortes et même une enveloppe en tissus et une autre en papyrus. La boîte ne cessait de se vider, comme une bouche d'égout merveilleuse, le courrier s'entassait à ses pieds et le recouvrit rapidement jusqu'à la taille, puis une énorme caisse en bois qui faisait dix fois le volume de la boîte acheva la cascade. En tombant devant lui, elle se brisa. Il n'eut aucun mal à l'ouvrir pour découvrir à l'intérieur un opossum et deux koalas.
(projet Autre chose)
Ce jour là, il alla chercher du pain au levain, s'arrêta devant les oranges du marchand de légumes puis à la pharmacie pour renouveler son stock de fil dentaire et de papier d'Arménie. Sur le retour il ralenti la marche pour s'attarder à l'ombre des platanes. Il marchait calmement, il était bien. Midi avait sonné depuis une bonne demi heure et dans le vent traînaient des effluves de jasmin et de chèvrefeuille. Il n'était pas rasé, un peu groggy, température idéale, boîte aux lettres à l'horizon. Il ne pensait rien. Il commençait à avoir faim. En insistant sur la serrure de la boîte aux lettres qui avait un peu de jeu, il sentit un poids et une pression inhabituelle. Dés le loquet déloqué, la bouche de métal dégueula une tonne de courrier à ses pieds. 46 lettres manuscrites, des enveloppes parfumées, d'autres à bulles, des cartes postales ornées de timbres inconnus, des tampons de tous les pays, des recommandés de Thaïlande et d'Australie, des avis et des plans, des chronopostes, des paquets de toutes sortes et même une enveloppe en tissus et une autre en papyrus. La boîte ne cessait de se vider, comme une bouche d'égout merveilleuse, le courrier s'entassait à ses pieds et le recouvrit rapidement jusqu'à la taille, puis une énorme caisse en bois qui faisait dix fois le volume de la boîte acheva la cascade. En tombant devant lui, elle se brisa. Il n'eut aucun mal à l'ouvrir pour découvrir à l'intérieur un opossum et deux koalas.
(projet Autre chose)
mardi 7 juillet 2009
Hymn to Merde
Hymn to Merde : clip de Leos Carax, inspiré de son film "Merde" (un des segments du film "Tokyo!"), avec Denis Lavant qui chante en Merdogon (la langue inventée pour le film).
- Paroles : Denis Lavant & Carax
- Musique : Doctor L
- Avec la voix de Alison Mosshart (V.V. de The Kills)
Une sombre histoire de fauteuil

Hier en rentrant
j'ai aperçu par la vitre
un vieux fauteuil en cuir
échoué prés des poubelles
j'ai hurlé tu t'es arrêté
il pleuvait dru
Nous l'avons callé à l'arrière
nous étions trempés
il a fallu retourner chercher
une corde chez ta mère
Puis on l'a installé dans mon bureau
je n'avais pas été aussi heureux
depuis longtemps
maintenant je trouve ça presque
inquiétant quel genre de vie a t'on
pour qu'un vieux fauteuil en cuir
me fasse autant d'effet
lundi 6 juillet 2009
Rien
" Et surtout "rien" , je ne sais "rien", je le gémis comme un enfant malade, dont la mère attentive tient le front (bouche ouverte sur la cuvette). mais je n'ai pas de mère, l'homme n'a pas de mère, la cuvette est le ciel étoilé (dans ma pauvre nausée, c'est ainsi)."
Georges Bataille, l'expérience intérieure, oeuvres complètes V, nrf, Gallimard.
Le chlore
lumière vive et claire d'une fin de journée
sous l'arbre on voyait le squelette des feuilles
l'orage nous a surpris dans la piscine
elle a couru pieds nus s'est précipitée sous l'auvent
sa peau sentait le chlore son ventre rond devint léger
son rire était comme l'éclat des grelons sur le sol
sous l'arbre on voyait le squelette des feuilles
l'orage nous a surpris dans la piscine
elle a couru pieds nus s'est précipitée sous l'auvent
sa peau sentait le chlore son ventre rond devint léger
son rire était comme l'éclat des grelons sur le sol
.
(une autre version sur les états.civils n°6)
dimanche 5 juillet 2009
Notes de bois
Aux pieds de la cabane
Chêne Pin Peuplier
Hêtre Cerisier
deux stères de rondins
leurs yeux cerclés
fixés sur moi
Chêne Pin Peuplier
Hêtre Cerisier
deux stères de rondins
leurs yeux cerclés
fixés sur moi
.
(extrait de Notes de Bois)
samedi 4 juillet 2009
Hobo
Elle
Son rouge à lèvres était plus
que rouge.
Ses longs cheveux noirs étaient plus
que des longs cheveux noirs.
Elle était ivre
et ses yeux brillaient dans la nuit.
Lorsqu'elle a jeté son schwing gum
dans le verre du type d'à côté
Je me suis dis ok, c'est bon
c'est elle.
que rouge.
Ses longs cheveux noirs étaient plus
que des longs cheveux noirs.
Elle était ivre
et ses yeux brillaient dans la nuit.
Lorsqu'elle a jeté son schwing gum
dans le verre du type d'à côté
Je me suis dis ok, c'est bon
c'est elle.
vendredi 3 juillet 2009
Les mouches
le soir colle à la peau
et l'orage n'arrive pas
Il a beau essayer
il se retrouve incapable
de retenir quelque chose
d'aujourd'hui
mise à part peut être
ce petit tas de mouches
mortes
sur la table
et l'orage n'arrive pas
Il a beau essayer
il se retrouve incapable
de retenir quelque chose
d'aujourd'hui
mise à part peut être
ce petit tas de mouches
mortes
sur la table
jeudi 2 juillet 2009
Bien le bonjour, camarade !
Au loin, un oiseau minuscule lutte dans la lumière.
Il s’acharne à durer dans sa beauté sauvage.
C’est tout ce qu’il sait faire.
Et qu’est ce qu’on peut faire d’autre ?
Bien le bonjour, camarade !
Il s’acharne à durer dans sa beauté sauvage.
C’est tout ce qu’il sait faire.
Et qu’est ce qu’on peut faire d’autre ?
Bien le bonjour, camarade !
Juillet 2005 - Belford - Lot
Tout est aplati sous la masse du soleil et l’air est martelé comme un métal travaillé par le ciel.
Nous sommes actuellement, mon stylo et moi, sous l’ombre d’une terrasse, dans une petite maison au sommet du Causse.
Je peux détailler en instantané une liste non exhaustive des éléments de ce décor d’une fin de juillet. Je peux voir d’un coup d’œil : un frelon dans les poutres, un citronier dans le jardin, une piscine pour enfant remplie d’insectes morts, un chat qui dort sous la table et une ligne aléatoire de fourmis qui s’agitent autour d’un reste de côtelette d’agneau.
Je peux remarquer facilement: les pieds d’herbe prés des pieds de tomates eux-même prés de mes propres pieds d’être humain, le réveil arrêté sur la poutre, un jeux de pétanque sans la sixième boule, une légère brise qui fait frémir les plantes.
Je peux imaginer sans difficulté : les champs de foin au sommet des vallons qui sont comme des crânes chauves plantés dans la terre, les arbres de la vallée dont je ne vois que les cimes puisque je suis au dessus, les pierres brûlées par le soleil qui sont tellement nombreuses qu’ici on en fait des champs.
Je peux sentir le carrelage frais qui soulage la plante de mes pieds piquée par un moustique, la respiration du sol qui halète calmement comme pendant une sieste, la lumière qui pique, une armée invisible de dards aiguisés par la chaleur, l’odeur du souffre et du sulfate qui est resté sur la vigne.
Mais le reste …
Nous sommes actuellement, mon stylo et moi, sous l’ombre d’une terrasse, dans une petite maison au sommet du Causse.
Je peux détailler en instantané une liste non exhaustive des éléments de ce décor d’une fin de juillet. Je peux voir d’un coup d’œil : un frelon dans les poutres, un citronier dans le jardin, une piscine pour enfant remplie d’insectes morts, un chat qui dort sous la table et une ligne aléatoire de fourmis qui s’agitent autour d’un reste de côtelette d’agneau.
Je peux remarquer facilement: les pieds d’herbe prés des pieds de tomates eux-même prés de mes propres pieds d’être humain, le réveil arrêté sur la poutre, un jeux de pétanque sans la sixième boule, une légère brise qui fait frémir les plantes.
Je peux imaginer sans difficulté : les champs de foin au sommet des vallons qui sont comme des crânes chauves plantés dans la terre, les arbres de la vallée dont je ne vois que les cimes puisque je suis au dessus, les pierres brûlées par le soleil qui sont tellement nombreuses qu’ici on en fait des champs.
Je peux sentir le carrelage frais qui soulage la plante de mes pieds piquée par un moustique, la respiration du sol qui halète calmement comme pendant une sieste, la lumière qui pique, une armée invisible de dards aiguisés par la chaleur, l’odeur du souffre et du sulfate qui est resté sur la vigne.
Mais le reste …
Petit
Ce matin au réveil
J'ai fait une petite tombe
pour une petite bête
rien d' important
juste une petite peine
3 expressions à enterrer avec un tractopelle
- Au jour d'aujourd'hui
- C'est que du bonheur
- Gagnant Gagnant
Arrggg!
mercredi 1 juillet 2009
T'es sur que t'as rien oublié ?
Le quartier est vide
Tout le monde est parti en vacances
.
Dans la première maison
sec comme une mouche morte
Sur le bord brûlant des fenêtres
le mot
Misère
.
Près de la deuxième villa
enchaîné à un arbre massif
le mot
Justice
.
Sur le parking
de la station service locale
la petite Colère
attend d'être récupérée par sa mère
.
La boue
Il ne sait plus vraiment comment ça a commencé. Mal certainement. Une nuit étrange de draps qui collent. Mal au crâne et à la nuque. Une crampe dans le ventre. Il se retrouve à gémir dans les bras d'une fille qu'il n'a pas revue depuis quinze ans. Il se retrouve dans un champs. Dans une boue qui lui est familière. Son enfance a l'odeur de cette boue. Un visage osseux le surprend et l'insulte. Mangé par la barbe et la rancune. Le visage osseux de son père. Une odeur de cigare et de vin. Une dispute. Dans cette boue ou ailleurs, il ne sais plus vraiment. Il se bat. La fille a disparu. Il est un adulte à présent et il le fera taire. Il enfonce un poteau de bois dans son ventre. Il enfonce son visage dans la boue. Il le noie en hurlant sous un orage. La boue pue. Il pleure. Il le noie. Il noie son père. La fille est là qui le retient. Il l'enfonce dans la boue et le recouvre de planches et de débris de bois. Il se rend compte de ce qu'il vient de faire. La fille est là. Il se précipite pour enlever les planches. Pour le sauver de là. C'est à ce moment précis qu'il se réveille en sursaut. Le drap est comme un noeud autour de son cou. Comment peut on rêver de gens qu'on n'a pas revu depuis si longtemps. Comment peut on se rendormir. Le téléphone sonne. Il reconnait une voix lointaine. Une voix de fille. Elle lui dit que cette nuit son père est mort.
(projet Autre Chose)
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