dimanche 30 août 2009

photo Sasha Bezzubov, Hurricane #1, Missouri,
extrait de la série Things Fall Apart

Je vais prendre ça comme un cadeau

A 8h52 du matin
ce samedi 29 août 2009
Un rayon oblique
qui pourfend la feuille
si verte d'un caféier
et vient lécher la poussière
d'un vieux globe terrestre
posé sur l'étagère
m'offre le sentiment
de surprendre la naissance
d'une histoire d'amour

vendredi 28 août 2009

Quelque chose

Il y a sûrement
quelque chose
de magnifique
qui est sur le
point d'arriver
ou disons que
je préfère voir
les choses
comme ça .

The isle of human

Johan rosenmunth extrait dela série The isle of human
photographe découvert par le biais de Sous les paupières,
allez y voir c'est magnifique

Recommencer

L'orage a été costaud cette nuit
Il se lève dans le matin calme
fait quelques pas sur l'herbe mouillée
les gouttes de rosée scintillent
dans les rayons nouveaux
il frissonne inspecte l'horizon
avec l'espoir idiot
que quelque chose a changé
pendant un instant il ne sait plus
si c'est son premier jour
ou son dernier

jeudi 27 août 2009

Mort à la poésie

Les mains

Le jour commençait à décliner mais personne ne le savait encore. Dans la rue étroite, les fenêtres du deuxième étage restaient dans une pénombre opaque. On ne voyait que ses mains sur le rebord en pierre et parfois son buste lorsqu'il s'inclinait un peu pour regarder en bas. On voyait ses mains, immobiles, sur la pierre, des mains blanches et sèches, noueuses, parfois l'index caressait la poussière mais la plupart du temps rien ne bougeait là haut. Les gens défilaient dans la rue. Personne ne levait la tête. Personne ne remarquait rien. Tous les jours il se tenait là, les mains sur la pierre, à observer la vie en bas, le mouvement. Il aurait fallu s'intéresser aux hommes avec application pour remarquer son regard chaud là haut, à travers la vitre. On aurait même pu remarquer, suivant l'inclinaison du jour, un bout d'épaule, un cou ridé, une casquette. Il aurait fallu prendre ce temps là, un temps qui se mesure en tendresse, pour constater qu'au fur et à mesure des jours ses mains se recroquevillaient sur la pierre, que son dos se courbait jusqu'à ce que le front surgisse de l'obscurité, jusqu'à ce que les cheveux touchent la pierre. Si quelqu'un d'en bas avait pris ce temps là, cette tendresse là, ce regard là, il aurait pu alors comprendre que quelqu'un là haut avait fané.
(projet Autre chose)

mercredi 26 août 2009

Danse



photos Johan Rosenmunthe, extrait de la série Imagine Remembering

Alouette

Ce petit bonhomme
qui traîne dans ma tête
les matins sans ciel
Je le démembrerais bien
Alouette
S’il ne restait la peur
de traîner mes guêtres
seul au fond de ma tête

mardi 25 août 2009

Parution - J'ai besoin de sucre - 8pA6 n°30 -


J'ai Besoin de sucre
(évocation phosphorescente de la vie d'Edie Sedgwick)
n°30 de la collection 8pA6 de la Vachette Alternative
Le texte est illustré par 5 dessins de Bill Térébenthine
8 pages formats A6, 2 euros, à commander aux deux auteurs ou à l'éditeur

lundi 24 août 2009

Vous inquiétez pas pour moi



- Hamac
- Dernière galette de Lee field
- Tartines grillées
- Double dosette de café doux arabica
- Intégrale d'Adèle Blanc-Sec
- Perrier citron avec rondelle


Second rôle

Il devait bien l'accepter
dans les voyages en bus
il n'avait jamais était celui
prés duquel toutes les filles
rêvaient de s'asseoir
Il avait fallu qu'il s'accroche
qu'il devienne l'ami
qu'il écrive des lettres
qu'il trouve des biais
pour parvenir à ses fins
L'endurance la drogue
et la poésie firent de lui
le meilleur second rôle
de ce cinéma français

samedi 22 août 2009

Un soir d'été

Tu lis je te regarde
tu es assise dehors
tout au bord de la nuit
tu forces sur tes yeux
pour arriver au bout
parfois tu mets la main
sur ton ventre
parfois tu souris
ou tu chasses un moustique
d'un geste lointain
Tu lis je te regarde
j'ai l'impression qu'on m'offre
le silence du ciel
à boire à la bouteille

vendredi 21 août 2009

C'est un peu tout cassé

C'est un peu tout cassé
c'est dedans c'est silence
c'est comme des bouts
de verres éparpillés
que la lumière touche
tout au fond de l'eau
le ciel est calme par dessus
et des poissons paisibles
comme des rêves
tournent en rond

Dialogue d'un filkm qui n'existe pas (1)

- Tu me fais penser à ces minuscules fleurs sauvages qu'on ne peut pas s'empêcher d'arracher et de mettre à la bouche.

- Et toi tu me fais penser à un dieu myope qui chasse les moustiques dans le noir...

Un grand détour par la nuit

Il rentre chez lui en faisant un grand détour par la nuit. Il occupe les espaces intermédiaires. Il sculpte son malheur dans des mains maladroites. Lorsqu'il y a une épreuve, il se sent fort, mais dés que tout est un peu plus paisible ...

Une femme sous influence


jeudi 20 août 2009

J'attends à l'ombre de vos ordures


Oh, un dictionnaire
et des fourchettes
une chaise un livre
un tableau
une partition
Oh une poupée
un train électrique
une trottinette
des bottes de cow-boy
un arc un ski
et un mange-disque
le dimanche c'est le jour du seigneur
et de la décharge ...

Investigation

Il se trimballait entre les ruines
en regardant un peu au ciel
un peu à terre
de temps en temps il s'arrêtait
devant une miette ou une brindille
et disait Tiens, un univers !

Hoppercity



La ville s’est bâtie
sur les arbres brûlés
on a cassé les pierres
creusé les fosses septiques
construit un pont
une voie ferré

°°°
Les rues sont en terre
en poussière
la vie s’organise
autour du fleuve
les années durent
deux ans

extrait de HOPPERCITY, Nuit Myrtide édition, 2009.
à commander là

Les chiens errants n'ont pas besoin de capuche




Quelque chose de neuf au fond de l'air


Lâche tout
marche pieds nus
fuis
descends du bus
à la dernière station
lance des signaux de fumée
avec ta bouche collée
contre la nuit
La mer est pleine
de messages
dans des bouteillesvides

extrait de, Les chiens errants n'ont pas besoin de capuche, édition Gros texte , 2008

Collection de Sombrero

Chère Madame l’aubergine,
Votre matricule commence par 12 23... mais je n’ai pas encore eu l’occasion de l’apercevoir en
entier. J’espère que cette occasion viendra.
Si tout se passe bien, vous devriez trouver cette lettre sur le pare-brise de la Punto verte que vous honorez chaque matin d’un nouveau procès verbal aux alentour de 10h30. Je vous remarque souvent pendant vos tournées dans notre beau quartier résidentiel et c’est toujours avec admiration et envie que je constate l’application minutieuse avec laquelle vous vous efforcez de faire votre travail.
Chère Madame l’aubergine, j’aime la discrétion soignée avec laquelle vous dégagez la queue de cheval prise dans le col de votre uniforme. Je sais que vous êtes pleine de ressources. Vous avez des gestes intelligents. J’imagine que dans le civil vous pourriez me surprendre en cultivant le goût de la collection de sombreros ou de tout autre loisir secret que la couture serrée de votre uniforme m’empêche de préjuger.
Toujours est il que je rêve parfois un peu de vous.
Je pensais qu’il valait mieux que vous le sachiez.
Bien à vous.
le Monsieur du Magasin Phildar


Extrait de Collection de Sombrero, Le Zaporogue éditions, 2009.
à lire , télécharger ou acheter ou

mercredi 19 août 2009

Zorba le grec

1964 - U.S.A. - CACOYANNIS Michael, avec Anthony QUINN


La tête en direction du sud

Il mettait du vin dans son lait pour le rendre plus rose. Un jour, un type du bistrot m'a dit qu'il allait tous les jours enterrer ses excréments dans un petit cimetière que personne ne connaissait. Chez lui, les images étaient à l'envers et il dormait la tête en direction du sud. Je l'ai vu de mes yeux planquer une gueule de renard dans sa boîte aux lettres. Personne n'aurait pu dire où s'arrêtaient ses cheveux et où commençaient ses sourcils. Il lui arrivait de lécher le dos des crapauds et une fois par mois il regardait la lune en miaulant maman. Il taillait ses ongles en poinçon. Quand une vieille voulait garder un caniche mort c'est lui qu'il fallait voir. L'hiver en allant à l'école les enfants du village pouvaient l'apercevoir à quatre patte en train de laper les flaques gelées. Il volait les placentas. Personne ne comprenait vraiment ce qu'il disait. Il avait des mots pour chaque choses un mélange de roumain et de grecque. Il montait sur le toit des pigeonniers pour récolter les nids de frelon. Il dessinait avec son sang sur tous les troncs de la forêt. C'était le type le plus normal du village.
(projet Autre chose)

mardi 18 août 2009

Agnés varda


bréve



Hier soir,
soirée Woodstock
à Secret Story
aux dernières nouvelles
Jimi Hendrix et Janis Joplin
exigent qu'on leur rende
leur vomi
pour se re-étouffer avec

Jack rabbit Target

Une abeille s'acharne
à se poser
sur une fleur de pissenlit
La tige se courbe
l'abeille tombe
Elle recommence
et elle retombe
...

lundi 17 août 2009

samedi 15 août 2009

What's Going On


J'ai lu quelque part
que Marvin Gaye
a passé deux ans
à Ostende
C'est bizarre
Marvin Gaye
à Ostende
ça me rassure
de l'imaginer là bas
On est tous
à un moment
où à un autre
des Marvin Gaye
à Ostende

vendredi 14 août 2009

On a la redemption qu'on mérite ...

ça m'étonnerait fort
qu'un Dieu ou qu'un Diable
vienne à ma rescousse
par contre pas plus tard
qu'il y a un quart d'heure
j'ai été sauvé
par une petite culotte
sur une corde à linge
.
crédit photos: polgaroid

Hippie life


Bien sur j'aurais aimé être de la partie
mais il faut bien avouer
que si j'avais été à Woodstock
ce 14 aout 1969
J'aurais eu 9 chances sur 10
de revenir perché au LSD
avec de la boue séche dans le nez

Vous mettrez ça sur mon compte !

- Un écureuil dans le noyer
et le soleil sur l'herbe jaune.
- Et avec ça ?
- Ce sera tout merci.

the last laugh

Keith Richards gets the last laugh -
-Villa Nellcote, summer of 1971.
Crédit photos Dominique Tarle
d'autres photos du séjour des rolling stones en 71 à la villa Nellcote avec Anita Pallenberg et Gram Parsons

jeudi 13 août 2009

A ceux qu'on foule aux pieds









(...)
Étant les ignorants, ils sont les incléments
Hélas combien de temps faudra t-il vous redire
À vous tous que c’est à vous de les conduire
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité
Que votre aveuglement produit leur cécité
D’une tutelle avare, on recueille les suites
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin,
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
De demander pour tous le pain et la lumière.
(...)
extrait de A ceux qu'on foule aux pieds; L'année Terrible; Victor Hugo, réclamant en 1871 l'amnistie des condamnés de la Commune de Paris
La suite ici

Victor Hugo

"J'ai l'obstination farouche d'être doux"


Sculpture de Victor Hugo par Ousmane Sow © Béatrice Soulé

Dream team

2 h du mat
sous la lune
je suis bourré
tu conduis
je pète
tu ris

Peu d'équipes
peuvent se vanter
d'être aussi
complémentaires

mercredi 12 août 2009

Paysage


(crédit photo : Paysage, de Romain Verger, à retrouver ici)

La cabane en plastique

Il était midi et demi passé. Il traînait avec son bout de pain et son yaourt. les cours ne commenceraient pas avant 15h. L'ennuie engluait ses gestes, sa démarche. Il descendit la rue principale et se dirigea vers le parc. Parfois il y croisait un gars du lycée qui le laissait tirer sur son joint. Mais ce jour là, à part les cygnes gras et une ou deux mémé, personne à l'horizon. Il essayait de se souvenir des paroles de cette chanson. Traversant la pelouse il se dirigea vers le massif de bambous qui encerclait le parc à jeux pour les enfants. Il s'assit au milieu des bambous, à l'abri des regards et se roula une cigarette. Aucune envie ne le traversait. Aucune pensée. Le tourniquer grinça il tourna la tête et aperçu cette fille qui se dirigeait vers la petite cabane en plastique. Elle était arrivée au lycée au milieu de l'année. N'avait pas vraiment de copine. Elle avait la peau blanche, des cheveux roux et des ongles peints en noir. Il l'observa. Elle était plutôt belle. Personne ne la remarquait. Il distingua la pointe de ses tétons à travers son t-shirt. Elle s'installa dans la cabane et alluma une cigarette. Elle était assise, les jambes légèrement écartées. Au bout d'un certain temps, il comprit que sa main libre allait et venait entre ses cuisses. Il n'en croyait pas ses yeux. Ne la quittant pas du regard. Il bandait. Son gros paquet d'adolescent entre les jambes. Elle était sublime. Des taches de rousseur das le cou. La tête un peu en arrière, les yeux presque fermés. Elle ne fit pas un bruit jusqu'au spasme qui laissa sur son visage un sourire lointain et presque imperceptible. Puis elle se releva et il vit sa silhouette disparaître à travers les allées. Lui, tout rouge, attendit une bonne demi-heure pour sortir de sa cachette. Avant de quitter le parc il ne put s'empêcher d'aller jeter un oeil à l'intérieur de la cabane en plastique. Sur le sol rouge, à côté du mégot écrasé, il découvrit une petite perle de cristal transparente comme de l'eau. Il la ramassa délicatement et sans savoir vraiment pourquoi, l'approcha de son nez pour respirer lentement son odeur. Ensuite il la mit dans sa poche et partit en courant. Quarante ans plus tard, il l'avait toujours.
( projet Autre chose)

La main tendre du monde



(...) Il se roula une clope et s’assit sur les marches. Le matin, elles baignaient dans une flaque de clarté. Il sentait la pierre fraîche contre son mollet et la langue du soleil sur sa peau. La fumée montait dans la lumière. Yeux fermés, paupières rouges dans les rayons, il se laissa allé à ne penser à rien. Il pouvait sentir la terre se réchauffer lentement. Il pouvait même sentir l’épaisseur du brouillard en contrebas, le cocon de coton de la rivière devant, et au dessus de lui, la masse sombre et humide de la forêt. Une mousse nouvelle grimpait silencieusement sur les pierres. Les couleuvre avaient dû commencer à sortir de leurs cachettes pour se réchauffer au soleil. Les hérissons repus d’insectes après la chasse de la nuit devaient cherchaient un coin pour digérer. Il sentait battre son poux dans la main tendre du monde. Il était bien. Son ventre se mit à gargouiller et il décida, en écrasant son mégot, d’aller chier dans la forêt. (...)


(extrait de La Bête, paru dans le brève n°86 et lisible également sur le site Le recours aux forêts)

Prise de position

D'une manière générale
je suis pour la lumière

Otis Redding at Monterey Pop Festival


Scie à métaux

On dirait le bruit
d'une scie à métaux
.
Ce ne sont que les ailes
d'un insecte qui crève
au bord de la lumière
.
ça fait du bruit
une agonie

mardi 11 août 2009

Délavé


(Cool Hand Luke (Stuart Rosenberg, 1967))

Elle était seule
comme un objet
son regard délavé
plus triste
qu'un livre de cul
dans un fossé

Nos toutes petites vies ...

Peter Pan (Herbert Brenon) 1924

Nos toutes petites vies dans nos toutes petites mains. C'est tout ce que nous aurons. Nos toutes petites vies dans nos toutes petites mains.

lundi 10 août 2009

Tournevis

J'essaie de construire une étagère
j'essaie d'aimer les gens
j'essaie d'apprendre

Je travaille beaucoup
à devenir un être simple

La distance de sécurité

Il se tenait perpétuellement
à une bonne longueur de bâton
de sa propre existence

Il avait élevé au rang d'art
le fait de se passer
à côté

Il était tombé amoureux
de son mensonge

Il se croyait
Il se confondait

il était devenu
son ombre

Gingko Biloba

Un jour de silence
après la tempête
tu me raconteras à nouveau
cette histoire
d'il y a cinquante ans
ce moment où
au milieu des ruines et des cendres
du grand vacarme blanc
un des plus vieux arbres du monde
a refleuri
tu me rediras le nom
de cet arbre
et je repenserai aux visages
de ces gens

samedi 8 août 2009

Trouble everyday

Rimbaldisme

C'est un trou de verdure où chante une rivière
à l'ombre d'un vieux chêne un homme s'est couché
Le soleil l'a brulé Il est nu et il ronfle
à côté de sa tête un pack de bières vides
veille sur ses ruines

vendredi 7 août 2009

Africain à Paris

le cirque

Un vieux cirque s'est installé
à coté de la place de l'église
Les chapiteaux sont usés
il y a des noeuds aux cordes
des ficelles aux fanions
les toiles sont délavées
un vieil homme torse nu
donne un quignon de pain
à un lama pelé
la piste est déserte
un pigeon s'est posé sur le trapèze
une femme descend d'une caravane
foulard sur les cheveux
fait deux pas
et vide un seau d'eau en ferraille
un vieux tigre est couché dans sa cage
soudain le haut parleur se met en marche
on entend une voix qui dit
Ce soir à 18 h
venez voyager avec nous
dans un monde de féerie
et de rêve

Le gardien des ours


Short Cuts


De quelques notions d'information ...

Le séant bien encéphalé, je me suis levé dans la maison tiède. Vieux réflexe préhistorique, j'allume tout de go la radio pour me réveiller. A toutes berzingues, que des chants d'oiseaux. Surpris, j'éteins le poste herzien et allume le cathodique. Sur toutes les chaînes et respectivement ; un ruisseau qui coule, un morceau de ciel, les branches d'un arbre, un légume qui pousse, un feu de cheminé. Merdouille de merdouille, je m'exclame, c'est quand même pas rien le service publique!

Carver heureux


Maryann Burk Carver with her husband in August 1972.

Ah chéri, je suis restée inconsolable si longtemps. Inconsolable, répète-t-elle. Inscris ce mot dans ton petit carnet. C'est le mot le plus triste du monde. Je parle d'expérience.

Raymond Carver, Intimité, in Les trois roses jaunes, Folio n° 2138, trad. François Lasquin, p.73

jeudi 6 août 2009

La mort de la phalène

« Pourtant, après une pause due à l’épuisement, les pattes s’agitaient encore.
C‘était superbe, cette ultime protestation, si frénétique qu’elle réussit finalement à se retourner. Les sympathies, bien entendu, allaient toutes à la vie et j’étais étrangement émue – alors qu’il n’y avait personne pour s’apitoyer ou le savoir – par cet effort gigantesque d’une phalène insignifiante pour s’opposer à une puissance ainsi démesurée, afin de conserver ce qui n’avait de valeur pour personne, n’intéressait personne. Une fois de plus on voyait en quelque sorte la vie, une perle de vie très pure ». Virginia Woolf, La mort de la phalène, seuil.

Notre rôle dans l'histoire

Certains suivent la course du Bombix royal
D'autres partent à la recherche du trésor d'Atahualpa
Des chercheurs remontent la trace de l'aigle géant d'Haast
Des spécialistes étudient la composition des aurores boréales
Comme le dit Brautigan : "Nous tenons chacun
notre rôle dans l'histoire, le mien, ce sont les nuages."

L'important c'est de trouver sa place
Moi j'ai choisi pour spécialité de remonter la piste
des cotons tiges sales que ma douce égraine dans la maison

Baudelairisme

Mes ailes de géant
m'empêchent de marcher
mais elles sont bien pratiques
pour faire du dos crawlé