Tu m'as dit : Je suis désolée, je n'ai pas eu le temps d'y penser. Il faisait déjà nuit. Tu m'as dit : Avec tout ça, pardon, pardon, je n'ai même pas acheté un gâteau. Il n'y a pas de champagne. Je n'ai pas de cadeau. Je t'ai dit peu importe. Nous sommes tous les deux fatigués. Je m'en fous de tout ça. Aujourd'hui nous avons parlé, ri, et affronté ce qu'il y avait à affronter. Le reste n'a pas d'importance. Dans le congélateur il restait deux vieux esquimaux de l'été passé. Un à la vanille, l'autre à la pistache. Je suis allé les chercher. Nous les avons heurtés l'un contre l'autre comme pour trinquer ensemble et puis tu m'as dit souffle. J'ai soufflé sur les bâtons glacés. Aucune bougie ne fut mouchée, mais une flamme complice a relié nos regards. C'était un anniversaire parfait.
3 commentaires:
Je vous suis, très cher thoams.
Bon moment, beau billet.
Je vous suis avec l'autonomie permise à un personnage fictif.
Je vous suis l'un et l'autre.
Cher Marquis, a t-on déjà vu un personnage fictif s'adresser directement à un paysage familier peuplé de sumacs de Virginie et de peupliers argentés ?
Cher Marquis, je ne connais rien à Tenerife. J'habite depuis toujours la partie nord-ouest de vos terres.
Je ne suis pas Alfonso I ou II ou III de Tenerife.
Je suis Alfonso de l'Orée.
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