2/02/2012

Walser s'en va


















De la neige
je prends d'abord
ce qui allège le silence
ce qui adoucit la douleur
son mensonge blanc
qui habille les arbres
la paix de son tombeau
De la neige
je prends ensuite
le goût de sa brûlure
l'haleine des oiseaux
les gestes un peu plus longs
les pas un peu plus durs
les orteils gelés
et le bruit sous nos pieds
craquements de milliers
de carcasses de poulets
De la neige je garde
le petit parfum
de ce qui se fait de plus loin
de l'autre côté du ciel
comme si demain
refusait de sortir
de sous les couvertures
et que nous hésitions
à le rejoindre
définitivement

3 commentaires:

Simon a dit…

Content de trouver ce texte magnifique

Anonyme a dit…

étincellant éblouissant
** ***

lutine a dit…

de saison et beau à la fois