2/05/2012

Pain perdu

Prendre quelque chose à la lumière d'un jour de rien. À la glace sale. Au froid solide. Prendre quelque chose aux rayons émaciés. L'horizon vide de chant d'oiseau. Au béton qui patiente. Aux bras cassés des branches. Prendre ce qu'il me manque. Ce manque qui m'habite. Dans l'anodin des heures qui passent. Des secondes immobiles qui perdurent et s'écroulent et perdurent et s'écroulent et perdurent et s'écroulent. Battements d'étincelles sans fin. Prendre quelque chose de cette petite mécanique d'encre. Agenouillé. Recroquevillé devant la fenêtre. Les yeux ouverts de ne rien voir. Et le dimanche qui avance. Les rires au fond de la maison. Le pain. Le chien. Le pigeon. Le feu de bois. Le chocolat. Prendre ce qu'on peut à la lumière du jour qui passe. Le pain est sec. Le ciel est froid. Mon silence rumine sombre. De la confiture au cochon. Mais peine ne creuse pas le chemin. Aujourd'hui est le pain perdu de demain.

1 commentaires:

Cédric a dit…

m'évoque un certain roman...
:)