7/25/2014

De la nécessité de fourbir comme il faut

La lame glisse bien. Les évidences tombent en premier. Matière molle qui s'effiloche. Et puis c'est le tours des idées. Concepts, théories, pensées. De long lambeaux souples qui se tordent. Incise de l'acier effilé. Sous l'écorce la chair est plus claire. Humide, diaphane, sensible. La lymphe et le sang. Des sentiments qui giclent. Des sensations de sciure. On arrive au morceau plus dur. Le coeur noir. La peur, l'enfance, ce qu'il reste. Noeuds du bois. L'os des mots simples. À nettoyer de petits souffles. À faire sécher aux grands vents. À poncer. Raboter au goutte à goutte du jour. Dans le temps et la lumière laisser décatir les mensonges. Tailler la pointe de la phrase. Sa coupure. Le poème est prêt. Javelot.

2 commentaires:

lacotevincent a dit…

La poésie est une flèche tirée: si j'ai bien visé, ce qui compte - que je veux - n'est ni la flèche ni le but mais le moment où la flèche se perd, se dissout dans l'air de la nuit: jusqu'à la mémoire de la flèche est perdue.
Le Coupable (1943)
Citations de Georges Bataille

lacotevincent a dit…



http://lacotevincent.wordpress.com

J'ai fait un premier commentaire de ce texte ainsi qu'un autre de Thomas sur l'article 15 de mon blog. D'autres articles font références à ses poésies dans les articles précédents. Je vous invite à vous y rendre et pourquoi pas à laisser des commentaires, pour le partage.

Bonne nuit