7/08/2014

Still running


(Joe Strummer from The Clash running the London marathon)

5 commentaires:

Vincent a dit…

Oh ! My God, The Clash ici, qu'elle belle surprise ! Je file au boulot, j'entends son appel mais j'ai aussi entendu l'appel de Londres, en direct et c'était et c'est toujours bon.

thoams a dit…

Still burning !

Vincent a dit…


Je viens de trouver un putain de poème sur l'excellent blog Beauty will save the world, c'est de Achille CHAVÉE, de la folie furieuse ;

http://schabrieres.wordpress.com/2014/07/08/achille-chavee-histoire-simple/#comment-2779


Bon, je me calme. Enfin ça va pas être simple parce que enchaîner ça avec un topo sur mon histoire d'amour avec les Clash ça risque plutôt de me faire monter la température. Oui Thomas, Still burning. Les Clash sont responsables de mon dépucelage et comme je l'ai dis dans mon premier commentaire, c'était bon. Je vais essayé de faire court. Quand l'album London Calling est sorti j'étais un ado pré-pubère même pas encore boutonneux. Je vivais à Villerupt, dans le nord de la Lorraine. C'était la sidérurgie qui partait en sucette. Les hauts fourneaux fermaient les uns après les autres. C'était triste. Ce qui me rendais particulièrement triste c'était de ne plus voir cette couleur rouge-orange qui bougeait bordée de noir quand j'arpentais la nuit les rues d'une cité ouvrière après être allé joué au foot entre deux portes de garages jusqu'à point d'heure sous les lampadaires. Eh oui, on était à de deux pas de Joeuf, la ville d'origine d'un certain Michel Platini et le foot était pour beaucoup d'entre nous alors le moyen de nous échapper de cette atmosphère morose. C'était vraiment triste la nuit sans cette lumière. Pour en avoir un aperçu de ce rouge-orangé, il faut allé voir les tableaux de Georges de la tour ou les flammes d'un four à pain quand la chaleur et la plus forte. Si on retrouve cette couleur dans l'œuvre de De la tour et dans les fours à pain ça n'est par hasard, le père du peintre était boulanger. La lumière qu'il a reproduit sur ses toiles est celle du fournil familial. Voilà pour le chapitre histoire de l'art. Quand je fais du pain au feux de bois, je reste fasciné devant le spectacle de ces flammes de ce rouge -orange qu'offre le feu lorsque la chaleur est intense, associé au vrombissement de la fournaise on se croirait devant le purgatoire alors qu'on est au paradis. C'est comme si la nuit était devenue orpheline quand les hauts fourneaux se sont éteints. C'est à ce moment là que les Clash ont débarqués. Je n'écoutais la radio que pour suivre le foot les soirs de championnat grâce à un petit transistor à piles que je cachais sous mon oreiller pour ne pas me faire repérer par mes parents, ça n'est donc pas grâce à la radio que je l'ai entendu l'appel de Londres. C'est arrivé à mes oreilles par mes copains de foot qui avaient des grands frères qui écoutaient l'album London Calling en boucle. Ils étaient tellement mordus qu'ils avaient monté un groupe de rock en se débrouillant avec les moyens du bord, je me souviens que Maurice dont je reparlerais plus tard sans doute, avait récupéré un gros baril de lessive pour faire la grosse caisse de sa batterie et une casserole et des couvercles en guise de caisse claire et de cymbales. Le nom du groupe était "Offensive" tout un programme "sur la terre rouge les blés sont brûlés mais il n'y a personne pour les ramasser" Blousons noirs avec dans le dos inscrit avec des clous le nom de leur groupe et les cheveux en brosse ( ils n'osaient pas se trimbaler avec une crête colorée) ils se retrouvaient pour répéter dans le garage de l'un deux.

Suite a dit…

C'est là que je me suis fait dépuceler. Je veux dire que c'est là que j'ai connu mon premier émoi rock and rollien. Vous allez trouver ça facile mais je dirais qu'après s'être éteinte dans les hauts fourneaux, les Clash ont rallumés la flamme dans nos cœurs d'ados désenchantés et c'est vrai Thomas, elle brûle encore. Pour faire court et ne pas sombrer dans l'explication sociologique, la guitare brisée sur la pochette de l'album symbolise le désespoir. Leur musique a redonner l'espoir, elle en est toujours porteuse. Quel pêche dans la voix du chanteur ! Je devrais moins être surpris par le fait de trouver cette photo ici où la culture rock est présente que par la photo en elle-même, Jo Strummer en marathonien tout sourire... Surtout ne pas rentrer dans une case... Explorer quasiment tous les genres musicaux... Faire un triple album contre l'avis de la maison de disque, juste parce qu'on en a envie, y laisser son cachet... Ne pas sacrifier sa liberté pour de l'argent, il faut savoir que les Clash n'ont jamais fait fortune malgré leur succès mondial. Je reviens maintenant comme je le prédisais au début de ce message sur Maurice, le batteur d'Offensive. Les ados sont devenus des adultes, ils ont quittés leur citée ouvrière gangrenée par le chômage pour trouver du travail à Nancy, la bourgeoise. Ils sont devenus prof d'anglais, photographe, projectionnistes. Les Clash se sont séparés mais pas Offensive qui continue à faire de la musique dans un garage encore, plus de rêve de succès mais le plaisir de jouer ensemble, de reprendre Police and thieves. Le photographe c'est Maurice, il a obtenu un pass pour aller photographier Jo Strummer et son nouveau groupe au Nancy Jazz Pulsation. À la fin du concert il se risque près des loges avec une vieille cassette de son groupe mais est intercepté par la sécu. Il tends alors sa cassette au videur en lui demandant de la transmette à son idole. Quelques secondes plus tard, Jo Strummer, serviette autour de l'épaule sort de sa loge pour allé rencontrer mon copain de photographe. Il l'invite dans sa loge. Nous ne reverrons Mauricio que le lendemain dans la soirée. Il a passé sa nuit dans un bar avec le chanteur des Clash à discuter comme deux vieux potes qui se retrouvent après des années sans se voir. C'était ça les Clash, des artistes sérieux qui ne se sont jamais pris au sérieux, comme en témoigne cette photo, la marque des grands.

Vincent a dit…

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