9/01/2015

Tout le monde nait en septembre

Septembre sent le cuir et la colle, les mains perdues au fond des poches et les pieds trop serrés dans les nouvelles grolles. Septembre sent le café au lait, la salle d'attente du médecin, le fruit un peu gâté, le frisson du matin. Septembre sent le vert de piscine, la tristesse d'insecte, les yeux qui cherchent loin. C'est la saison où toutes les portes font pousser leurs serrures, les murs leurs grilles, les fenêtres leurs barreaux. L'horizon rentre dans son trou, la boue commence ses réserves, les jeux deviennent des exercices. Septembre sent la peur, l'orange sanguine, l'ennuie sans teint. Le chocolat n'a pas le même goût. Les marchands ne te donnent plus rien, les feuilles abandonnent la partie, les cons et les méchants ont pris vingt centimètres. Les réveils envahissent la maison. Tout le monde grandit un peu en septembre et chacun meurt un peu plus vite. Le ciel se fout de ton emploie du temps.  Une partie de toi voudrait se blottir dans les tiédeurs sucrées d'une vieille dame tandis que l'autre trouve du charme à cette merde qui te coltine au monde et taille le noir au fond de tes dents.

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