9/11/2016

La chouette de Van Gogh


La chouette de Van Gogh
te regarde avec ses yeux crevés
elle te voit malgré ses yeux crevés
elle te voit grâce à ses yeux crevés
ce sont ses yeux crevés qui savent ce que tu es


3 commentaires:

misquette a dit…

Un regard à déshabiller l’âme dirait Arthaud ;

« Je ne connais pas un seul psychiatre qui saurait scruter un visage d'homme avec une force aussi écrasante et en disséquer comme au tranchoir l'irréfragable psychologie. L'œil de Van Gogh est d’un grand génie, mais à la façon dont je le vois me disséquer moi-même du fond de la toile où il a surgi, ce n’est plus le génie d’un peintre que je sens en ce moment vivre en lui, mais celui d'un certain philosophe par moi jamais rencontré dans la vie. Seul peut-être avant lui le malheureux Nietzsche eut ce regard à déshabiller l’âme, à délivrer le corps et l’âme, à mettre à nu le corps de l'homme, hors des subterfuges de l'esprit. Le regard de Van Gogh est pendu, vissé, il est vitré derrière ses paupières rares, ses sourcils maigres et sans un pli. C’est un regard qui enfonce droit, il transperce dans cette figure taillée à la serpe comme un arbre bien équarri. Mais Van Gogh a saisi le moment où la prunelle va verser dans le vide, où ce regard, parti contre nous comme la bombe d'un météore, prend la couleur atone du vide et de l’inerte qui le remplit.

Le suicidé de la société

Et puis un autre poème chouette ;



Hibou à bout

Au coeur de la nuit,
Je ressasse mes soucis,
Le hibou hulule ;

« Rendors-toi, c’est inutile,
Tout est mal qui finit mal. »*

*Google traduction.

misquette a dit…

Sinon, je ne me lasse pas de relire ton poème.
Superbe.

thoams a dit…

merci Vincent