9/21/2016

La portée

Les mots reviennent tout doucement, à pas de loup, comme ces bêtes qui  n'ont jamais vraiment été apprivoisées. Il faut y aller mollo, en s'accrochant aux choses simples, en nommant la proximité. Le grincement du volet vert, le froid qui s'accroche aux chevilles, le jour sur lequel on ne peut pas compter, le chien louvoyant, les miettes sur la table, le pot de confiture vide, le café trés noir, trés chaud. Les premiers gestes comme les premiers mots, tatonnent dans l'habitude. Le ronron des voitures au loin coule comme de l'eau claire. Les oiseaux pointillent la lumière. Les arbres étirent la grisaille. Un enfant pleure. Un réveil sonne. C'est la douleur ou le besoin qui nous réveillent. Ce qui finit par revenir au même. On revient au même tout doucement. C'est une chance. On caresse la rouille. On fait ce qu'on à faire. On porte ce qu'on a à porter. Charge, jour, minot, ou mot.

3 commentaires:

misquette a dit…

Il faut imaginer Thomas heureux. Cf commentaire d'Albert Camus à propos de Sisyphe qui portait sa pierre.

Il faut m'imaginer heureux de découvrir lotus les jours ou presque ses petits bijoux de poésie.

Hélène Kress a dit…

Hello ! Je vous rencontrais cet après midi chez Lucioles et je vous retrouve ce soir dans ce texte aux mots comptés -contés ? -, aux mots choisis...
Merci de cultiver pour nous, pour vous, ces mots de tous les jours et de tous les instants qui nous donnent vie.
Merci, donc d'être improbable et pourtant si quotidien, si présent et si toujours...
A vous, et à tous vos lecteurs
Hélène.

dautresviesquelamienne a dit…

Très touchée par ce texte... "on fait ce qu'on a à faire, on porte ce qu'on a à porter". Y a des jours où c'est moins facile... et ce texte à la fois étrange et quotidien, y aide :)