10/01/2016

Des braises brisent la noirceur

Sur le palier si familier
où agonisent les lueurs
un vieux chien noir
vient se confondre avec la nuit
sa langue lèche mes silences
on trinque ensemble chaque soir
aux clins d'oeil des étoiles qui meurent
sur le beau vide de la vie

4 commentaires:

misquette a dit…

Bon, Thomas, tu m'as reproché une fois de laisser des commentaires dans lesquels il était question de dieu. Je sais aussi que Christian Bobin n'est plus ta tasse de thé depuis qu'il parle d'anges dans ses livres.

J'avais beaucoup aimé "Une petite robe d'été" il y a déjà bien longtemps, je le redécouvre à travers des extraits de ses livres et des émissions radios que l'on trouve sur internet. Ca me plait beaucoup plus. C'est un être sincère. Du coup, j'ai ressorti hier soir un livre de lui que j'ai eu en cadeau à Noël, "La grande vie", il a coté de moi, juste à côté de "Bric à brac hopperien". En voulant le prendre ce matin je les ai confondu, ils ont la même dimension. Un peu comme toi et lui d'ailleurs, vous avez la même dimension en vous, ce vide de la vie qui vous inspire de si beaux textes. Tout ça en préambule pour mettre un extrait de son livre "L'homme joie", ici en commentaire. C'est la dernière phrase de son texte qui l'a appelé à mon esprit quand j'ai lu ton poème du jour, j'ai failli ne citer qu'elle et puis je me suis dis que le reste est tellement beau que peut-être tu mettrais au diable ton aversion pour ce qui touche à dieu ;

« Mon dieu, mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Cette parole du Christ est la parole la plus amoureuse qui soit. Chacun en connaît la vibration intime. Aucune vie ne peut faire l’économie de ce cri. Cette parole est le cœur de l’amour, sa flamme qui tremble, se couche et ne s’éteint pas. Elle est aussi bien la seule preuve de l’existence de Dieu : on ne s’adresse pas ainsi au néant. On ne fait pas de reproches au vide.

Après, plus rien- l’arrachement du souffle, l’énergie qui déserte ce qui n’est plus que chair pourrissante. Cette dernière flambée de la parole fait du Christ mieux qu’un ange : notre frère angoissé et fragile ; « Mon dieu, mon dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri qui s’en va exploser contre la gueule de marbre d’un Dieu muet, fait de celui qui le jette notre intime, le plus proche d’entre les proches : nous –mêmes quand la confiance s’en va de nous comme le sang par une veine coupée et que nous continuons à parler amoureusement à ce qui nous tue.

Il faut que le noir s’accentue pour que la première étoile apparaisse.

Christian Bobin , « l’Homme Joie »




thoams a dit…

Merci Vincent. Mais je ne vois pas pourquoi on ne s'adresserai pas au néant ... peut etre même est-ce un peu cela la poésie ...

misquette a dit…

Sans doute pour lui le néant c'est ce qui s'oppose à une personne, quelque chose qui nous laisse seul, quelque chose pour qui nos paroles sont vides, pas pour toi, tu le personnifies.

A l'inverse pour toi derrière le mot dieu, il n'y a rien, un mirage, une construction de l'esprit, en tout cas quelque chose qui ne nous reconnais pas, qui nous ignore, un objet, une construction de l'esprit. Dieu serait mort, il n'aurait même jamais vécu, le néant serait vivant. Peut-être ce qu'a voulu dire Flaubert avec « Je suis un mystique et je ne crois en rien »

thoams a dit…

Dieu a la taille du vide ;-)