1/19/2017

Compagnons fourbus des chemins qui rétrécissent*

Croiser ce matin, en poussant ferme la poussette sur le chemin glacé et étroit de la crêche, un petit binoclard grassouillet sur son vélo stylé qui me rappelle gentiment ce que j'étais, puis un veillard cramponné à son déambulateur,  aussi tremblant que la buée qui sortait de sa bouche, et se dire que voilà décidement une bien drôle d'affaire que cette vie où, le temps d'apprendre à viser pour ne presque plus pisser sur la cuvette, on est déjà devenu le fantôme de quelqu'un.



*: "(...) Mais ce soir, compagnons fourbus des chemins qui rétrécissent, nous aurons chacun une reine par la taille et nous retrouverons nos coeurs, nos jambes de vingt ans."
André hardellet, Houblon, dans Les Chasseurs

1 commentaire:

misquette a dit…

C'est un apprentissage que je n'ai pas eu à faire, je pisse comme au premier jour, assis sur mon derrière, et il ne faut pas se fier à mon pseudo, je suis un mâle reproducteur.