1/03/2017

Le matin te mange dans la main

Il y a sur le dernier mur d'une maison qui disparait sous les assauts d'une tractopelle, le tableau des tapisseries, des peintures, des rambardes, des tuyaux, d'une vie d'avant. Il y a le long du trottoir, les carottes en filtre de clope du petit poucet fumeur de joints. Il y a l'herbe gominée par le givre, une crotte de chien au sommet d'une borne, l'agent municipal qui joue à la mitraillette avec sa souffleuse, les bouches rouges des lycéennes, et cette petite dame bien apprêtée qui péte en marchant. Il y a le coq seul dans son champ, un gant d'enfant durci de gel, le gars qui gratte son pare-brise, toutes les vitrines closes, la musique de la vieille fontaine. Il y a pour chaque rue et la plupart du temps, un côté encore à l'ombre un autre déjà au soleil, je change de temps en temps.

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