4/06/2017

Les pilleurs et le butin

L'horreur et la merveille toujours se tiennent la main. Tantôt c'est une brouette tantôt une poussette que tu pousses à travers les cailloux du chemin. Après l'orage de la nuit les arbres fument dans l'aurore tiède. Tu vois la charogne et les varices de la vieille pendant que l'enfant s'émerveille pareil devant la poule ou le camion-poubelle. Les hommes rient fort et les oiseaux ont faim. c'est la même puissance des ventres qui fait l'amour ou le carnage. Les pilleurs et le butin. Ma tête tourne dans la lumière. l'histoire de la faim est sans fin. Je sais que les poissons peuvent voler et les pirates peuvent pleurer. Parfois je l'oublie. l'enfant me le rappelle chaque matin.

1 commentaire:

kwarkito a dit…

ce texte est magnifique. J'admire cette capacité à énoncer de si juste pensée avec autant de poésie.