10/05/2017

c'est comme ça nanana.


C'était la peine lune je crois, tout le monde a mal dormi, et à six heures et demi dans le noir froid d'octobre tu étais déjà parti. Chaque jour tu nous laisses des petits dessins pour nous dérouiller l'aorte. Double dose de café, il faut du noir et du chaud. Hier soir j'ai fini Amour le film de Haneke, tout seul, tu n'as pas voulu le voir jusqu'au bout. Tu avais raison. Pas parce qu'il était raté mais parce qu'il était réussi au contraire. Le trop beau et le trop juste ça laisse des marques sous la peau. Ce matin je pense à mes grands-parents, les quatre, qui se sont aimés, jusqu'au bout. Il ne reste qu'un morceau de chaque côté, un morceau tout seul dans le vent d'automne. Et moi je suis loin, depuis longtemps, et cette pensée ne sert à rien. Et puis les enfants rient, on est déjà en retard pour l'école, le grand me raconte une blague qu'il vient d'inventer : c'est une petite fille sur une balançoire, elle tombe, tu sais pourquoi, parce qu'elle n'a pas de bras. Mon plus petit enchaîne : c'est comme ça nanana. La vie et la mort courent ensemble dans la cour de récré,  ils ont le rouge aux joues comme les feuilles des arbres. C'est comme ça nanana.

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