2/13/2021

La buche

 

 


La buche a cuvé sa mort, doucement, tout au long de l'obscurité. Le matin je souffle sur les braises, mes yeux pleurent et si je rallume le feu j'ai l'impression d'avoir fait quelque chose de valable. Il a plu cette nuit, l'aube est trempée de chants d'oiseaux. Dehors la boue brille. Dedans le feu fend le silence. Il danse dans nos minuscules ténèbres. Le jour s'ouvre, c'est une orange ou les pages d'un livre. Il y a toujours un poème pour me sauver de moi même. Parfois je renonce à le chercher. Hier soir une phrase de Jules Renard devant la suie du temps : "Après l'orage, une nuit noire, faite de tous les éclairs éteints." Ce matin, la bouche édentée d'un enfant parfaitement dépeignée. Il y a encore des petites souris, des enfants, des feux, des phrases de Jules Renard. Alors encore je me relève, dans notre miraculeux vacarme. Jusqu'à la dernière braise.

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