mercredi 30 décembre 2009

Chasseur bredouille des bords de route

Il mâche la pluie avec les yeux
Ronge son os
Fredonne des neiges sans musique
des bois qui flottent
entre les ferrailles et les crottes
Il escalade les poteaux télégraphiques

lundi 28 décembre 2009

Là-bas

Là bas
les cabanes à oiseaux
sont des pièges
fomentés par les chats

samedi 26 décembre 2009

Un pas de côté (25)

Je suis du côté
des boutures glacées
des patates dans la cendre
des boomerangs
des coups de pouces
des coups de rouge
de la fraternité

jeudi 24 décembre 2009

Malevil


Dans Malevil, plusieurs heures après l'explosion nucléaire,
lorsque Michel Serrault se reprend au milieu des cendres et des chevaux morts,
et lâche un ; On peut peut être se remettre à parler.
Pourquoi est ce que j'éprouve un étrange sentiment de proximité avec cette scène ...

mercredi 23 décembre 2009

Le jour du départ



Bim la baigne que me balance ta silhouette qui se dépêche Gare St-Charles. Et me reviennent les premières fois de ta peaux et de ton visage. Nos jours de peu dans les bourrasques. Nos gréements de fortune. Nos bivouacs d'un salaire pour deux. Ton coeur trop souvent piétiné. Tes billes qui brillent sous la lune. Le refuge de tes cheveux noirs. Et puis ta voix là sur les quais qui m'éjecte de ma rêverie d'un ; Tiens la poussette, le temps que je trouve les tickets !

Bonnes fêtes

mardi 22 décembre 2009

Bocal

Dehors au bord
de la terrasse
un aquarium
qui patiente
sous la pluie froide
de décembre

le blues du belge

Des bouteilles à la mer sans mer

La nuit en s'endormant
il compose des poèmes
qui disparaissent aussitôt
dans le trou noir de ses pensées
Le matin il se lève sans souvenir
mais avec l'impression
d'avoir envoyé
un nombre considérable
de S.O.S en morse
vers le soleil

samedi 19 décembre 2009

Je préviens

En général dans les films
c'est dans cette période de paix
une fois le héros rangé
après une vie de cavale
et de douleur
qu'un gros enfoiré
vient tout foutre
par terre
détruire la famille
tuer le chien
et brûler la maison
Alors je vous préviens
illico
à la moindre menace
je dézingue à vue

vendredi 18 décembre 2009


Fredo viola

Le ballon

Au pied d'un arbre, traîne un ballon de basket. Il est tout ce qu'il y a de plus ballon de basket. Bien rond. Bien gros. Bien orange. Il détonne un peu dans ce jardin giflé par l'hiver. Le vieux le remarque tous les matins à travers la fenêtre. Et ce matin il le remarque d'autant plus que la neige tombe en bourrasques sur l'échine des lauriers. C'est comme un cri bien rond et bien orange au milieu de la lande blanche. Le vieux aime bien le remarquer. Et puis ce matin ça lui fait comme une petite calotte de glace sur le bonnet. Il ne se dit pas tiens, le ballon est toujours là, ni Salut le gros, il le remarque sans penser, il le ressent, bien rond et bien orange. Et puis il l'oubli. C'est exactement le genre d'objet qui traîne dans les jardins où les familles marchent et les enfants jouent. Et le fait qu'il n'ait ni l'un ni l'autre ne change rien.

Pyracanthas


Je suis
de la légion mal taillée
des herbes qui dérapent
des canards en épines
Les pyracanthas
c'est ma famille

Premières neiges

Premières neiges
les deux billes noires d'un bébé
plantées dedans

jeudi 17 décembre 2009


Parution- décembre (2)

En cette belle fin d'année paraîtront également trois anthologies auxquelles je participe :

Calendrier de la poésie Francophone 2010, Alambra Publishing ;
365 poèmes, 300 poètes...
« L’absorption immodérée de mollusques revanchards, la mise en coupe de boissons allègrement bullifères auront selon toute probabilité émoussé la vigueur, tant physique qu’intellectuelle, de plus d’un. Autant commencer l’année en douceur, par un léger exercice de décrassage, à feuilleter d’un doigt indolent le Calendrier de la poésie francophone édité par l’Alhambra Publishing…une réalisation élégante et pratique. » Claude Vercey



Esprits Poétiques 2, Anthologie le Capital des mots, éditions Hélices
Parution depuis le 15 décembre 2009 du n°2 de la revue littéraire "Esprits poétiques" - Le Capital des mots ( éditions Hélices) comprenant une vingtaine d'auteurs parmi ceux qui ont été publiés sur le blog Le Capital des Mots : Fabienne Alliot, Max Alhau, Camille Aubaude, Isabelle Bats, Claudine Bertrand, Anne-Lise Blanchard, Alain Boyer, Michel Cassir, France Burghelle Rey, Patrice Cazelles, Denis Emorine, Françoise Coulmin, Charles Dobzynski, Laurent Fels, Constantin Frosin, Jean Gédéon, Pierre Kobel, Patricia Laranco, François-Xavier Maigre, Colette Nys-Mazure, Stella Vinitchi Radulescu, Thomas Vinau.
Introduction : Emmanuel Berland
Présentation : Eric Dubois
Vous pouvez vous procurer cet ouvrage en envoyant un chèque de 9 euros à l'ordre d'Hélices, à Emmanuel Berland, Hélices Poésie, Bp 146, 94733 Nogent sur Marne Cedex ou bien sur le site web d'Hélices ( paiement sécurisé par Paypal)http://helices.fr/


Anthologie poétique Francopolis 2008-2009, aux Éditions Clàpas.
Quatre vingt poètes de tous les horizons, certains confirmés, d’autres pour la première fois publiés, figurent dans cette anthologie qui reprend les deux dernières années de parutions mensuelles sur le site.Tous, ici, vous invitent à fouler leurs prairies, à épouser leurs chants et à arpenter leurs venelles parfumées. Et à vous procurer cette anthologie aux Éditions Associatives Clapàs.

mercredi 16 décembre 2009


Fondation

En gros
tout ça se résume
à des histoires
de piles et de
langues

Black Rhinocerous

Black Rhinocerous — Eric Slayton, undated

La belette et le poireaux

Les cuisses collées
contre le cuir moutarde
de ce bar sophistiqué
Elle jouait avec la fumée
de son chocolat chaud
en se demandant comment
pouvait encore exister
ce genre de type
dont l'unique passion
semblait être de bien prononcer
les liaisons entre les mots
Plus elle restait plus elle avait
envie de boire un rhum
de courir sous la pluie
de cracher le plus loin possible
de grimper sur un balcon
pour jeter des bombes à eau

Alligator


Andreas Feininger Alligator Undated

Des chardons des flocons

Des chardons
Des flocons
Des jours qui passent
Clairs et pointus
De la buée
Des scintillements

mardi 15 décembre 2009

Les agneaux et les corbeaux

Chien errant 12


Ulysse est parti un lundi

Gratter le gel sur le pare-brise
Une petite bise sur son front
La route qui quitte la ville
Lumière rose dans le rétro
Et puis cette drôle d' impression
le long des champs métallisés
de traverser un océan

Paul dans sa vie


les pendules molles à hauteur des fromages

A coups de poètes oubliés et de fulgures anonymes, il remplissait les dimanches après-midi du PMU local. Très peu des moustaches présentes connaissaient son aura grandissante du côté de la rive droite. C'est pour ça qu'il était bien là. Il brillait dans sa persistance discrète. Défendant bec et ongles une théorie de l'art qui replaçait les pendules molles à hauteur des fromages. La brune pointait dans le ciel lorsqu'il me lâcha cet adage: La poésie c'est le partage. Il y a donc peu d'endroit où elle s'épanouie mieux qu'entre un demi et un bol de cacahouètes.

dimanche 13 décembre 2009


Tous les jours

Tous les jours presque rien
et une vie qui fait comme
la poussière sur les meubles

Ces vieux monsieurs


(Jacque Chauviré)

Garder l'élégance
de ces vieux monsieurs
qui regardent avec tendresse
la mort leur cracher dans les yeux

samedi 12 décembre 2009

Le lendemain


Le lendemain
Chacun s'attela
à retrouver ses rêves
sous la boue piétinée

Le sexe mort de la poésie

Avant/
Elle avait l'assurance discrète
du gel qui grimpe
à l'assaut de la pierre
Un rire comme de la lumière
qui tape sur l'épaule de l'herbe
en disant C'est tout bon
Après/
Son ombre était proche
de la perfection
si on considère l'acide de batterie
comme un sentiment

vendredi 11 décembre 2009

Lobos

josé luis rodríguez

Mino

On se caille les miches. L'herbe gelée étincelle. Mi-Gaston mi-Rahan, un brin de paille encore collé sur le front, je m'apprête à dévaler la colline glacée sur un de ces sacs à engrais en plastique épais. Mon frère et mon tonton me poussent. Je me ramasse. Ma peau est rouge. Je suis fier. J'ai huit ans.

jeudi 10 décembre 2009

10 mots qui pètent

- Cacahouète
- Estocade
- Concombre
- Étincelle
- Cornac
- Matador
- Cabossé
- Météore
- Cosmos
- Bachibouzouk


Suite à l'acharnement d'un blaireau anonyme, j'enlève l'option commentaires de ce lieu et le rend à ses premières fonctions autrement dit, un carnet ouvert d'écriture et de lecture. Je remercie d'avance ceux qui s'y promènent gentiment, et chie savamment dans la bouche des malfaisants. Yep !

Un poème dans le rétroviseur

Deux ânes qui se montent
à midi en Décembre
dans le jaune d'un champs

Salle de bain


La petite lumière

La petite lumière d'un matin d'hiver fredonne sur le carrelage sale. Hier s'enroule dans le lierre. Demain goutte à goutte du toit. La minute d'après ne vaut rien. Un bébé me bave dans les bras.

mardi 8 décembre 2009

lundi 7 décembre 2009

vendredi 4 décembre 2009

la patience de la neige


Je t'attends
j'ai mis de la graisse
sur mes plaies
trois roses fanées
dans mon slip
et je garde
tout au fond de moi
l'empreinte cabossée
de nos rêves

Spécial * Vases Communicants *

«(…) pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites (…)».
François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée des Vases Communicants.
Aujourd’hui La Méduse et le renard et Etc-iste s'invitent réciproquement :


photo: Laurie Cardinal Photographe Québécoise, ici



Anatomie d'une maison

Quand j'ai frappé a sa porte, ça a fait le bruit du dernier marron qui s'écrase sur une terrasse en hiver. J'ai insisté mais il n'a pas répondu. J'ai ouvert la porte. Sa maison sentait la vieille paille qui gonfle les animaux naturalisés. C'était tout noir, avec un peu de gris autour des volets clos. J'ai marché lentement, en étudiant chaque lézarde sur les murs tachés. Des craquelures dans la peau du temps. Quand je m'arrêtais j'entendais presque la respiration du vent. Juste de quoi être sûr que dehors était encore vivant. Il y avait un silence de chambre funéraire, de feuilles mortes près d'un échafaud. Je suis passé à côté de la cuisine. un rai de lumière copulait avec des miettes de pain sur la table, des poussières s'acharnaient sur un vieux meuble sénile. Je n'ai rien noté de plus. C'était déjà beaucoup pour une cuisine. Au fond du couloir, j'ai été aspiré par une porte entrouverte. Il faisait encore plus noir dans cette pièce, ça manquait de gris. J'ai ouvert la porte en grand et je l'ai découvert là, assis sur une vieille chaise déguisé en squelette. Il devait être mort depuis plusieurs années. Il faut longtemps pour se transformer en squelette au chaud dans une maison. Sur son bureau il y avait un gros coquillage, et juste à côté une petite feuille de papier griffonnée. C'était écrit "pour entendre mon testament, posez le coquillage sur votre oreille". C'est ce que j'ai fait. Je l'ai approché doucement, puis l'ai plaqué avec force pour qu'il réveille mon tympan. Ce jour là j'ai entendu la mer grignoter un squelette avant de s'écouler dans le siphon d'un évier.

La méduse et le renard

Les autres participants :
Humeur Noirte et Anna de Sandre, L’exil des mots et Juliette Mézenc, Petite Racine et Scriptopolis, Robinson En Ville et le Fourbi Élastique, Anne Savelli et Christine Jeanney, LeRoy K. May et Marie-Helene Voyer, PCH de PDLW et L’Employée aux écritures, “À chat perché” et Anthony Poiraudeau, Terres… et Soubresauts, François Bon et Pierre Ménard


jeudi 3 décembre 2009

mercredi 2 décembre 2009

Lettre de démission la plus courte du monde



Monsieur,
On peut mourir demain
alors j'ai pas trop le temps
de me faire enculer

Bien cordialement
T.

Une certaine idée de la solitude

Un réverbère
est resté allumé
toute la journée
Sur le parking désert
il a brillé
Seul
Sans le moindre
chien

A pot with Norma Jean

à la fête

Le poème des autres

Des fois j'écris des petits poèmes. Des fois ils deviennent des petits livres. Des fois des gens les lisent. Hier, je sais qu'une femme a lu mes poèmes dans une colline gelée du causse. Qu'un homme à la terrasse d'un troquet de la Part Dieu à Lyon l'a partagé avec des moineaux. Qu'un retraité du centre de la France l'a parcouru devant sa cheminée. Qu'un autre homme fatigué, dans le nord, assis sur le banc d'un centre de désintox, l'a grignoté en goûtant l'air frais sur son visage. Des fois ce sont les autres, en partageant mon poème, qui l'écrivent.

Laisser une place

C'est comme si
dans son fourre-tout
romantique et brutal
il avait laissé une place
sur une table
pour les rêves
qui attendent
d'être rêvés

Agi Agi

Jaune et brulant

Un matin de décembre jaune et brûlant. Deux chameaux qui se collent dans un champs d'herbe gelée. Une fille ébouriffée qui souffle sur les braises. Une grue qui prend d'assault le ciel. Le soleil sur les pierres. Le givre sur les phares. Mon souffle dressé.