7/01/2016

Pensées d'avant la pensée


 

- Passez deux heures au réveil avec un enfant qui veut regarder les dessins animées, un nouveau-né qui ne doit pas et une télé, vous comprendrez la vie d'un lion sans dent dans une cage à frelon.

- L'aube a fait patatra dans les draps.

- J'ai mis la musique de Charlot comme réveil, histoire de bien me réveiller les deux pieds dans la farce.

- Des fois je vais courir Des fois je vais mourir.

- Au delà de trois bols de café, cette envie d'épiler des chats.

- C'est un matin ça ?



6/30/2016

Lettre de Joseph Delteil à Henry Miller - Préface de son seul livre écrit en français Je suis pas plus con qu'un autre

EN GUISE DE PRÉFACE 

Cher Henry, Je suis ici dans la forêt de la Galaube sans le moindre livre, je veux dire sans le moindre de mes livres, et donc bien incapable de contrôler la fameuse phrase de François d’Assise qui vous intéresse. Quel dommage, dois‐je me pendre ? Ou décider que toute la Bibliothèque Nationale ne vaut pas un arbre, ni une phrase de génie un gobelet d’eau ? Quoi qu’il en soit, j’ai dû écrire comme toujours le b.a.‐ba, le bon sens fou : « N’essayez pas de changer le monde. Changez de monde. » Sans blague, je suis désolé, car enfin votre entreprise est de celles qui tentent le diable ; vous êtes en train d’écrire un livre en français. Oui, oui, oui, je suis aux anges à la pensée de ce livre‐là. C’est la chose la plus simple, la plus époustouflante, la plus riche d’aventures. Il s’agit d’écrire tout nu comme le premier homme, celui qui inventa voyelles et consonnes, et les épingles pour. Le péril de l’écriture c’est la prolixité, la redondance, les finasseries. J’ai toujours pensé qu’on perd un temps fou, et mille merveilles, dans les jointoiements, les traversières, les points sur les i. À chausser les sandales, à enfiler les manchettes (et pendant ce temps le lièvre a foutu le camp). Le grand malheur c’est le savoir, ce qu’un maître vous a enseigné, ce qu’un livre vous a appris. Le fameux il faut... Le véritable écrivain c’est l’ignorant de génie, qui ne sait rien mais comprend tout. C’est un grand maladroit, à l’oreille archaïque, à l’œil phénoménal, qui fourmille de désirs, patauge dans tous les échos, la maladresse des géants, fertile en métamorphoses, en grossesses. Il bafouille un peu dans l’impar‐ fait du subjonctif, il trébuche dans les syno‐ nymes, sans doute un peu moins de nuances, de méandres. Ce qu’il lui faut c’est la haute mer, les routes carrossables, les chevauchées fabuleuses. Cherchez dans la forêt la plus grosse bête, l’extraordinaire, l’inouï, l’absolu. C’est la différence qu’il y a entre la charrette à bœufs et la bicyclette. L’écriture commence à l’angoisse devant la page vide, l’idée sauvage. Voyez Shakespeare, voyez Cervantès comme ils courent au canon, pêle‐mêle avec leurs sarbacanes et leurs scories. Qui n’a rêvé d’écrire enfin en direct, de la sensation à l’expression, sans l’intermédiaire de tant de règles ! Quant à moi, Dieu me garde de connaître ma langue par cœur ! Suivez l’instinct, c’est le prince. Un serpent, une hirondelle, un éléphant en savent plus long sur la vie, et donc sur le langage, que le crâne d’Aristote, le meilleur écolier du monde. Il y a un charme spécial dans une langue étrangère, et dans sa manipulation comme une caresse. Le dieu s’acoquine volontiers avec le vaste naïf, avec l’estomac tous azimuts. Les mots aujourd’hui n’ont plus le sens du dictionnaire, ils n’ont plus leur pruine, leur sève, ils sont délavés. Depuis le temps ils ont jour à jour gagné ou perdu des attributs, des appendices, des cédilles. Ce matin c’est une langue origi‐ nelle, toute ruisselante de rosée. Un pas de danse qui montre joliment le cul. La cavalcade des cinq sens. C’est plein de trouvailles, de fertiles, d’irrésistibles erreurs. Ah ! la divine méprise ! L’incroyable réussite, la chance de toutes sortes d’inventions... L’impérial hasard règne souverainement. Rien de tel qu’un léger strabisme pour faire des miracles. Telle tournure a mis le feu aux poudres, l’imagination aux abois. Le moindre quiproquo ouvre des perspectives inouïes, l’envers souvent a plus de sel que l’endroit. Il suffit d’une grimace, d’un faux pas pour changer le monde. Les chausse‐trapes même sont pleines d’histoires. N’est‐ce pas le conseil de Verlaine : « Et pour cela préfère l’impair ! » ? Il y a de puissants contresens, d’inénarrables entorses. L’œil prime la plume. Sans compter la part du mys‐ tère, les mots dont vous accouchez sont un peu vos enfants, les choses qui nous viennent de l’au‐delà ont un parfum de tourterelle. Tout prend des allures baroques, un air fou. Partout c’est plus vrai que le vrai, plus beau que le beau. J’ai vu ça chez Caroline quand elle écrit hardiment : échafaud pour échafau‐ dage. Et moi‐même en pleine barbarie... Et cette incroyable passion, la liberté ! Trémolières le dit dans son Partager le pain : « La langue des hommes comme son pain est devenue une apparence, qui ne nourrit plus. » Elle a besoin d’un peu de bouse de vache, d’un peu de folie. Vous allez trouver tous ces trésors chez Mademoiselle de France. Et donc vive Miller en français ! Vous êtes merveilleusement placé pour choisir le dessus du panier, les mots les plus simples, les plus entiers, les plus coruscants, les fondements, la charpente, l’équilibre, ceux qui font le poids, ceux qui portent couilles. Racine n’avait que trois cents mots pour dire le monde et le cœur. Gageons qu’il y aura là les aînés de la bande, les structures, les saillies, les hypo‐ thèses, ceux qui servent tous les jours, ceux qui ne servent qu’une fois, les médaillés, les pauvres bougres, ceux qui sentent le brou de noix et la métaphysique, ceux qui sont vierges, la hache, la trompette, la merde, le soleil, rien que des capitaines, tout ce qui a mouvement, tout ce qui bande, qui craque, qui flambe, qui pue, les germes, les montagnes, l’arc‐en‐ciel, la reine‐des‐prés, il y a cent expressions pour dire : faire l’amour, il y a la force, la ruse, le rire... Ah ! le français de Miller : « Aimez ce que jamais vous ne verrez deux fois ! » Pillez, grappillez, vieux corsaire, allez‐y à belles mains, comme à Delphes, les pieds ne sont pas de trop, vous allez faire fortune, vous allez boire la mer ! 
Je vous embrasse.
 Joseph Delteil

(lu un matin de juin dans les chiottes magiques d'Eric Poindron, merci monsieur !)

Te mettre une valse

Sous la pluie qui saccage nos sécheresses
la poussière entame
une dernière danse

6/28/2016

Let's ride Bande d'enfoirés

 
 (Source: kalaniminihan)

Dans mes silences
il y a des rats qui dansent
et des enfants qui jouent
si vous êtes là pour moi
je serai là pour vous

6/27/2016

Sur un plateau en or


Tu m'en auras donné
des soleils qui se lèvent

Paysage Froissé #4b - Laurent Jacob

Grace à Laurent Jacob un de mes poèmes est allé faire un tour à Düsseldorf 
C'est beau , merci Laurent !
 
"Paysage froissé # 4b"  de Laurent Jacob 
présenté avec "Attendre quelque chose" 
de THOMAS VINAU,  
Düsseldorfer Poesitage 2016 ;
AM ENDE IST ES POESIE 11.06 - 19.06.2016
*Betonbox,
Münsterstr. 500,
40472 Düsseldorf, Germany

6/26/2016

Les peurs sont des fleurs

 A time series spanning 11 to 21 days after sowing (DAS). At 13 DAS, lateral roots near the soil surface are already emerged. Dry soil causes vertical root growth while wet makes lateral growth.

Les peurs 
sont des fleurs
qui n'ont pas besoin de lumière

Tu peux collectionner les crânes
les fanes
les questions

Pense tout de même
à te marcher
un peu dessus

les chiens aussi
se prennent au sérieux
quand ils se lèchent le cul




6/25/2016

Cette nuit encore il ne s'est rien passé _ Editions du Petit Flou





Vous ai-je parlé des éditions Le Petit Flou ? Du merveilleux travail d'artisant bijoutier de Fabrice Feuilloley qui du fin fond de sa Corrèze tisse des livres, recycle son papier, imprime ses caractères, fait chanter le plomb et les girolles ? Vous ai-je dit ma fierté d'en être un adopté, de cette famille là, du nain humble et sophistiqué. Il n y a que cent exemplaires par livret allez vous y perdre, dans ce Graal au milieu des forêts.



6/24/2016

c'est dégueulasse comme poème

Je suis à la maison
il y a un orage de juin qui gronde
j'hésite entre My favorite thing
et bearth of cool 
et puis finalement je ne mets rien
le bébé dort encore
il me reste une petite heure
avant d'aller chercher le grand à l'école
je plie le linge
oui je sais excusez-moi
c'est dégueulasse comme poème
pas d'hopital psychiatrique
pas de sang pas de larme
pas de sperme
je me dégoute moi-même
je plie le linge
excusez moi mais
j'aime

Slow Joe


6/23/2016

"Le monde est un lavis" - Jean-Claude Pirotte


"Le monde est un lavis
que l'évidence outrage
demeure où tu ne vis
qu'entre l'ombre et l'orage"

Jean-claude Pirotte, Plein emploi, Le Castor Astral
(avec pour illustrer une de ses sublimes lettres comme il savait les envoyer)

6/22/2016

"ENFUMEE". BATLIK.


Le Rateau Ivre

1

Son rouge à lèvres 
était plus que rouge
Ses longs cheveux noirs 
étaient plus
que des longs cheveux noirs
Elle était ivre
Moi j'étais plus 
qu'ivre et ses yeux 
brillaient dans la nuit
Lorsqu'elle a jeté 
son chewing-gum
dans le verre 
du type d'à côté
Je me suis dis ok 
c'est bon
c'est elle
2

Dégringoler
jusqu'à la Lune
Mes pieds se prennent
dans mes mots
Mes yeux vous tiennent
par la taille
Dans ma tête qui tourne
vous dansez
madame  



3

Les guêpes viennent boire
les souvenirs scintillants
dans nos bouteilles vides

Cette nuit nous étions
des catastrophes
la plus sublime

Circus

6/20/2016

MUD



   
 
    Mud - Sur les rives du Mississippi

Mud ça veut dire la boue. Jeff Nichols est décidement mon réalisateur du moment préféré !
   

   

Petit Tambour - 76 clochards célestes ou presque

Je me lève, le ciel est "purpre" comme dirait Gaspard, j'ouvre un volet, l'air me redresse pendant que je pisse debout dehors les yeux bien planté dans le monde, mes lunettes sont sales elles forment des nuages troubles dans la lumière couteau. Café noir, brûlure suave, j'ouvre ma boîte mail avant que les enfants n'envahissent le monde, en ce moment presque chaque jour je reçois des messages de gens que j'aime et dont j'admire le travail qui me félicitent pour les 76 Clochards Célestes ou presque, j'ai le sentiment vivifiant d'être le petit tambour d'une légion tendre qui se reforme dans l'ombre, simplement parce que je dit merci à ma manière à tous ces artistes qui nous ont un jour sauvé la vie sans le savoir. La pierre qui roule me fait briller les yeux, merci à vous les amis. Roger Lahu, Fred Houdaer, Le Marquis de L'orée, Jean-Yves Griette, Jean Louis Massot, Bernard Bretonnière, Jose Lesueur, Christian Garcin, Eric Pessan et ce matin Luigi Serafini ( !!!), sans parler des libraires et des inconnus Comment dire, WAOU !

6/17/2016

à portée de main

Petit matin
à portée de  mains
ramassé les fraises sauvages
au milieu des crottes de chien

Chemin céleste - Chroniques ou presque



Mes cloches d'amour font leur petit bonhomme de chemin
quelques chroniques Ici  (par Claude Vercey sur la revue Décharge)
et (par Philippe Chauché dans La Cause Littéraire)
ou  (par Jacques Josse Sur Remue.net)
dont je remercie trés chaleureusement les auteurs
Let's ride !

6/15/2016

Au rien qui nous relève

Se réveiller dans l'aube en consolant bébé
marier Elliot Smith et Daniel Darc au ronron de la cafetière
éponger le jus d'orange du petit déjeuner en gueulant
accompagner le grand à l'école avec les pies et les martinets
embrasser la douceur de sa femme décoiffée 
et puis aller courir entre le vert des vignes et le doré des blés
en laissant les vents fanfaronner le ciel
sous le grand bleu qui rit de la bête reprendre 
tout son poil à gratter

6/14/2016

St Sulpice 2016










(Merci aux photographes,  Dimitry Wazemski, Estelle Fenzy, Samantha Barendson, Jean Yves Reuzeau, Anne Laure Buffet, Jean-Yves Griette)

Voilà je suis rentré, sans ma carte d'identité (ceci a t-il un rapport avec cela) mais avec mille livres et mille mercis et mille amis, et tant pis pour les fâcheux. C'est beau quand les gens ressemblent à ce qu'ils sont. Eric Poindron, Anne-Laure Buffet, François Bétremieux,Jean-Yves Reuzeau, Marie Der Gazerian Élise Bétremieux, Dimitri Vazemsky, Jean-Yves Griette, Marc Dufaud, Jean Marc Flahaut, Jean Christophe Belleveaux, Jean-Jacques Marimbert, Jean-louis Maurice Massot, Isabelle Bonat-Luciani, Isabelle Alentour, Fabrice Feuilloley, Eric Pessan, François-Xavier Farine, Nat Yot, Estelle Fenzy, Antoine Le Boucher, Samantha Barendson, Frédérick Houdaer, Patrice Maltaverne Frédéric Fiolof, Thierry Roquet, Sissidou Ait Roquoquet, Bernard Bretonnière, Bleu Ardoise Guy Hubert, Vincent Rougier, Bison El Trabajad'or, Sophie Duc, Angélique Joyau, Christophe Sanchez, Mathieu Brosseau, Eléonore James, Christophe Bregaint, Christophe Grossi, Mélanie Leblanc, Lambert Schlechter, Benjamin Taieb, Jean-Maurice de Montremy, Chrsitian Garçin, Michel Baglin, Saïd Mohamed, Ronan Barrot les A.Ribotiers, Les dézopilants, les cubistes du cubi, Les passants du vent, la pluie de Paris, ceux qui n'ont pas de compte, ceux que j'oublie, ceux que j'ai découvert, ceux qui n'ont échangé avec moi que deux regards précieux, les curieux, les pigeons et tutti quanti MERCI ! Pardon à ceux que je n'ai pas pu rencontrer. Ce fut intense, trés, trop, je vais me reposer dans les rires de mes enfants et de ma douce. On continue le combat même s'il n'y en a pas.