10/02/2014

Parution, Notes de Bois, éd Cousu Main, Octobre 2014





Je n'ai pas quatre dromadaires
ni de galion ni de vaisseau
ni d'ailes au beau milieu du dos

Le monde est grand par la fenêtre
une galaxie dans un verre d'eau
On a les sirènes qu'on mérite

Au petit large 
une planche me souffle sa musique
Des notes dans les noeuds du bois.


Notes de Bois, éditions Cousu Main, Octobre 2014
 
Texte de Thomas Vinau  - Illustrations Valentine Leboucq
14 pages illustrées présentées sous forme d'un dépliant sous blister. 
ISBN 978-2-918958-07-9 Prix 8, 50€

Alpiniste


Certains jours sont infranchissables
se coucher là, à leurs pieds

9/28/2014

La part des nuages - Entre les lignes - RTS - 29 Sept


Lundi 29 Septembre
de 11h à 12h
je cause dans le poste
invité par David Collin
à discuter de La Part des nuages
dans l'émission de la Radio-Télévision-Suisse
Merci à eux !

9/27/2014

Rendez vous :

Donc, pour résumer un peu mes futurs excursions littéraires :
Rendez vous : 

- Lundi 29 Septembre de 11h à 12h, sur les ondes de la RTS dans l'émission Entre les lignes.

- Samedi 04 Octobre de 10h30 à midi, pour une rencontre signature à la libraire Fontaine à Apt

- Du 10 au 12 Octobre dans Les Pérégrinations Poétiques du Juras organisées par Saute Frontière

- Jeudi 23 Octobre vers 18h30, pour une rencontre littéraire autour du travail et de l'exposition
P(H)OMME DE TERRE de René Lovy au centre culturel La Laiterie à Cadenet avec la Boucherie Littéraire.

- Jeudi 30 Octobre à partir de 19h,  Libraire Goulard à Aix en Provence pour une rencontre lecture signature et tutti quanti.

- Jeudi 06 Novembre, 19h30, à la libraire Vivement Dimanche à Lyon.

- Vendredi 21 Novembre, chez les amis de la librairie Obliques à Auxerre.

Samedi 06 Décembre rendez-vous à la Librairie Préambule à Cassis

 

Gardons le groove !

Tes yeux sont mon dernier poème

Tes yeux 
sont mon dernier poème
quand je me serai tu
et que mon dernier mot
aura coulé en toi
j'y marcherai
j'y vivrai
immortel
comme une bactérie

9/26/2014

Plumette


"hello thoams
soir  (très  glorieux) de début d'automne
je sors sur la galerie de la vieille maison me fumer une roulée
je vois une petite plumette de tourterelle

je me demande : "dis thoams ? quels beaux pouhèmes on pourrait écrire avec une plumette de tourterelle ! si on avait l'encre qu'il faut pour aller avec !"
non ?

bise barbue et emplumetée

beardy
Lahu
en écoutant

Only Lovers Left Alive (Original Motion Picture Soundtrack) (2014)

 
 
 Une plumette
oh pas parfaite
un peu tordue
pis lessivée
pis dépeignée
Une petite plumette 
perdue ici
entre la nuit 
et le crépi
par tourterelle
déboussolée
Une petite plumette
 qu'on se fait tourner
pour partager le peu
qui nous écrit

 

Notre colère

Notre colère
n'a pas de boussole
Nous savons sourire
jusqu'au sang

9/25/2014

C'est con

C'est con un homme
prêt à aimer
n'importe quoi
(crevette, timbre,
petit pois)
juste pour se sentir
un peu moins seul
C'est con un homme
prêt à faire souffrir
n'importe qui
pour les même raisons
Un chiot perdu
sur une plage
qui tient le jour
entre ses dents
voilà ce que c'est
un homme
et à quoi ça lui sert
le jour
quand il n'y a personne
pour lui gratter le ventre
C'est con comme ça
un homme
paumé
entre son ventre
et ses dents

9/24/2014

Charles Mingus - East Coasting (Full Album)


Pérégrination poètique dans le Jura - du 08 au 12 Octobre

Du 8 au 12 octobre
13eme édition des Pérégrinations poétiques dans les Montagnes du Jura 

28 septembre à 17H30 :
Prélude dans le cadre de la manifestation  Genève villes et champs
la frugalité joyeuse... une réalité ?
Pour en parler, plusieurs voix poétiques se feront écho dans les paysages sonores
du Parc naturel régional du Haut-Jura : 

celles de Erri de Luca dit par Nicolas Gény
Marie-Hélène Lafon, Thomas Vinau

  Laurence Vielle, Claude Guerre              
Yves Berger, Alexandre Loye, Thérèse   Houyoux dit par Jane Friederich
Frédéric Houdaer, Béatrice Brérot
Elisée Reclus
vu par Alexandre Chollier
               
qui rencontreront les sons  de Béatrice Graf, Cyril Darmedru, Guigou Chenevier , Emmanuel Gilot

retrouvez tout les détails de l' événement  sur le site www.sautefrontiere.fr

9/22/2014

Lève toi et tombe



Difficile à dire s'il bruine s'il pleut ou si les cendres froides et collantes de la nuit dégringolent sur nos lumières. En tout les cas le jour est là et il nous prend dans ses mains grises.


9/21/2014

Le matin effondré est le plus beau pays que j'ai pu rencontrer

 

Dans le jardin écrasé de nuit
une cabane en coussins
s'est affaissée sous le poids
de la rosée

Parution septembre - Revue métèque -


 Revue métèque n°1 vient de paraitre
Du style, de la gueule et du fond
Merci Jean François Dalle
Advienne que pourrave !
Ravie d'en être


9/20/2014

Il n'oublie pas il perd

Le vent souffle dehors, remue sa carcasse maigre, la froisse la déplie. Il avance encore et c'est comme un petit nid de gris qui marche avec ses souvenirs. Le monde a changé. La terre a changé. Le village a changé. La rivière a changé. Et la couleur du ciel. Et le goût des plaisirs. Il est seul même au milieu des autres comme dans une file chez le poissonnier, trop près des autres, trop loin des autres. Seul avec sa peinture, seul avec sa vieillesse, chaque jour il perd un peu plus. Il n'oublie rien, il perd. Tout avale les forces qu'il n'a déjà plus. Même l'amour de sa femme qui se transforme en peur, la peur de le perdre. Même la bonté qui pousse avec puissance dans le ventre de son fils et que le monde viendra bientôt piétiner sans vergogne assoiffé qu'il est de la farce du sang. Il n'oublie pas il perd. La vieillesse n'a rien simplifié, elle a simplement rajouté de la distance entre son coeur qui brûle et le monde qui dégringole. C'était pas mieux avant, mais ce sera pire après. Il marche et il pleure. Cajole la terre blessée. Partage avec son fils. Ce n'est pas de la paix qui se déploie dans son ventre. C'est de la colère. Je voudrais lui ramasser un long bouquet de mauvaises herbes pour lui montrer que tout est toujours possible. Que la terre est encore prête à nous jouer des tours. Que les bêtes se moquent de nous. Que l'amour et la colère sont des fleurs qui poussent dans l'enfance pourrie. Que les couleurs résistent dans nos douleurs. Que demain se cache dans le sexe des femmes. Que même si la mort a le dernier mot, c'est la vie qui garde le dernier sourire.

9/19/2014

Christophe - Les Paradis Perdus - Live Deezer Session


Réfugié

Je vous cache dans ma main, dans l'encre qui chahute ma petite brasse de mots. Je vous cache dans les empreintes digitales de ma chaleur, dans mes doigts serrés, mes poings serrés, mon bras tendu et les dessins plantés dans ma peau. Je vous cache là où l'air s'enroule en tourbillon pour courir dans mes veines quand je ferme les yeux. Je vous cache dans la minuscule galaxie du fond de ma poitrine, dans les noeuds creux de mon ventre, dans le petit radeau de peau douce du bout de mon index que je frotte contre le stylo en tâtonnant les mots qui nous rapprocherons. Je vous cache dans ma bouche close, bouteille d'oxygène du voyage. Je vous cache partout où mon regard débusque la tendresse, dans la raie de lumière à travers la vitre du train, la tiédeur des rayons sur le siège, le freluquet nuages là bas tout au fond du ciel trop grand, la bardée d'oies sauvages, la foule sur le quai, les orteils serrés, un carnet abimé, un enfant et son sucre, une chanson à la con. Je vous garde bien au chaud, je vous cache dedans puis je m'y réfugie.

9/18/2014

Tenir bon


Il avait accroché un tableau au mur de son bureau. Trois fenêtres et un tableau ça ira se dit-il, je tiendrai bon. Lorsqu'il avait froid, le tableau était la couvade rouge d'un feu de bois. Lorsqu'il avait chaud, il représentait la lumière qui traverse l'épaisseur des feuillages au coeur d'une forêt. Lorsqu'on parlait trop, c'était une grotte où il pouvait se réfugier. Quand il s'ennuyait, une plage noire de la Baltique à arpenter, ou le point de jonction de la lave en fusion avec la mer froide. Ainsi, il avait toujours une nuit et une aube à laquelle se raccrocher.

( à Jean-Marie Zazzi)

9/16/2014

La fête est finie - Le Feu follet







"- Tu as l'air d'un cadavre.
- Tu n'as pas un teint de jeune fille.
- Tu as les beaux yeux... Tu choisis tes relations. Tu fais dans les gens sains. Tu revois Dubourg, ce cafard de Dubourg.
- Poli, poli...
- Et ton Américaine de cauchemar?
- Benm
-New York ?
- Oui.
- Nos amis sont extraordinaires. Ils s'imaginent que le temps les change. Ils s'agitent bêtement. Ils font n'importe quoi. Des enfants, des affaires, des bouquins... Ou ils se tuent. Ou ils deviennent mystiques comme Dubourg.
- La fête est finie.
- Ils parlent de sincérité, les salauds ! Et ils se jettent dans leurs basses besognes.
- Et toi ?
- Moi?
- Abandonnée, ruinée... Entièrement ravagée, inaltérable... Je ne bouge pas. Je ne cherche pas à comprendre. Je ne crois plus qu'au sommeil.
- Tu as changé. Tu travailles.
- La peinture est ma seule faiblesse.
- La seule ?
- Et Carla ? Où est-elle ?
- Elle s'est tuée. L'année dernière, en voiture. Avec un imbécile.
- C'est absurde.
- Si tu veux, tu peux rester ici.
- Merci, je pars. Je suis venu te dire au revoir.
- Toi aussi ?"

- Le feu follet -

9/15/2014

Code couleur



Les résistances
des circuits imprimés
ont un code couleur
les musées également
les programmations informatiques
les mines crafts
et même les dentifrices
ont un code couleur
en fait nous n'en savons rien
mais tout a un code couleur
 le ciel la peine la mort les frites
les ailes de chouettes
les nuques des filles
même la nuit
surtout la nuit

Une noix - Charles Trenet (1969)

9/14/2014

Et vie danse

Chaque jour passé
est un jour perdu
c'est d'une banale évidence
et pourtant lorsqu'on y pense
nous pourrions encore y perdre
quelques jours de plus

La Part des nuages - Chronique - Le salon Littéraire


"Troisième roman de Thomas Vinau (après le très remarqué Ici ça va ), mais cinquième livre chez Alma (sans parler des recueils de poésie), cette part des nuages est tout aussi aérée que les précédentes fusées scintillantes que notre héraut des temps (dé)passés laisse exploser en plein ciel pour nous réveiller, pauvres lecteurs assommés par le consensus culturel qui régit cette morne plaine ici-bas, rentrée totalement cinglée aux plus de six cents romans, non mais vous vous rendez compte ? Tenez vous bien (tenez vous mieux, je vous prie !), on bat des records de production quand en même temps on nous bassine avec la crise, le pouvoir d’achat, le ceci et le cela qui manque, ces fameux trois sous pour faire un franc, pardon, un euro, alors six cent romans, non mais pour qui nous prend-on ?! Aussi bien le chroniqueur que le lecteur ? Des enfants de Panurge ? Moutons bêlants de stupide paresse (intellectuelle, entre autre chose) qui iront bailler leur ennui sur les feuilles noircies par la diarrhée nothombesque ou le nombrilisme angotien, que sais-je encore comme niaiseries quand, à-côté, mais pas loin du tout, juste là, tout près de vous, sur un coin de table d’un libraire kamikaze qui aura préféré un éditeur indépendant à une multinationale qui vend aussi des canons, pour déposer sur son étal des livres, des vrais, réalisés avec soin, et votre main, de suite, sentira la différence, cette couverture rainée, votre nez saisira au vol l’odeur de la colle, vos yeux s’illumineront de la police taquine, du logo animal et votre esprit se nourrira goulument d’un texte décalé, surprenant, enjoué, délirant, humaniste, candide et placébo : il a l’allure d’un médicament de l’âme mais c’est plus qu’un baume qui cautérise les bobos nerveux, les angoisses matutinales, les crises de désespoir, les yeux rouges et le ventre qui pique ; c’est un petit bijou, ouvrez-le, asseyez-vous dans un coin, oubliez les autres. Lisez.

Le grand paon de nuit reste sur son pied de chaise. Au ralenti. Comme Joseph sur la sienne. Au ralenti. Pas d’ouverture à l’horizon. Pas de respiration de secours. Attendre d’atteindre le printemps. Il faudrait entailler le printemps. Il faudrait entailler les nuages. Tailler une brèche dans le ciel. Une issue de secours. Un endroit par où filer en douce.

Joseph, 37 printemps, tente de ne pas chavirer quand la mère de l’enfant s’en va puis l’enfant à son tour. Grandes vacances en solitaire, que faire ? Farniente, bilan du temps passé, projection de ses rêves ou mieux encore, regarder autour de soi ? Les autres, ces fameux Autres dont d’infimes détails peuvent nous les rendre sympathiques, attachants… Il y a Robin, il y a Odile, il y a tout le monde, et chacun leur tour, un rôle leur sera attribué dans cette grande farandole de la vie…
Un roman à décapsuler pour libérer cette oxygène qui nous fait tant défaut : la complicité. Ce petit lien invisible qui se tisse dans un regard, un geste anodin, une seconde d’entente parfaite qui peut alors illuminer toute une journée. Trois fois rien pour autant de plaisir… pourquoi s’en priver ?"

François Xavier
 Le Salon Littéraire

Thomas Vinau, La part des nuages, Alma éditeur, septembre 2014, 15 p. – 16,00 €

Un grand merci à François Xavier pour cette charmante chronique !

9/13/2014

La vie entrebâillée

Au revoir docteur et merci
en deux temps trois mouvements
nous retournons dans le couloir
ta main dans la mienne
et la blouse blanche s'éloigne
Dans le bureau vide
à travers la porte entrebâillée
reste tout là bas sur l'écran
un haricot avec des mains
premier portrait d'enfant