3/05/2015

Dans ton creux

(Peter Beard, 1964)


 Imagine que tu danses
accorde toi cette danse
utilise la force
de ton adversaire
en particulier s'il est 
de ton côté
fait plier le jour
dans ton creux
poussière

3/04/2015

Hopper dans le caniveau

(Photo Philippe Groscaux)

Mi casa ...

Cette impression étrange de s'éveiller dans son poème comme le peintre dans son tableau. Y traîner les pieds sans trop savoir où aller. Ne pas chercher. Habiter. Squatter même.

3/03/2015

Peace and quiet

'All About Eve', Joseph Mankiewicz, 1950

Poème aux deux mains prises

Pour extraire le jus de la nuit, le petit jus d'aujourd'hui, j'avais du café, un feu allumé, le ciel détrempé, une demi pomme dans la demi bouche de mon mini-moi, un noeud de rêves de larmes et de long cheveux sombres, ma douce en fantôme qui traverse la pièce, un chauffage central, des galettes aux beurre, mon bébé au bras, les girofles de ses yeux là dans l'orange de l'horizon (qu'il ne voit pas) et voilà, manque plus qu'un poème, me suis dis, mais comment écrire avec les deux mains prises et les yeux en valise ? Laisse le courir devant et s'écrire sans toi.

2/28/2015

Publication Collective - Lendemain de fête - Publie.net - Février 2015


- Lendemains de fête, collectif, Publie.net
Projet collectif texte/image autour de la nouvelle « Qu'est-ce que tu vas faire de 390 photos d'arbres de Noël ? » de Richard Brautigan, avec Francois Bon, Mathieu Brosseau, Mitch Cullin, Jean-Marc Flahaut, Gaétane Laurent-Darbon, Arnaud Maïsetti, Pierre Ménard, Eric Pessan, Thomas B. Reverdy, Joachim Séné, Pascal Simon, Lucien Suel et Thomas Vinau).


Description

"Gaétane Laurent-Darbon a lancé l'année dernière une série photographique autour des sapins de Noël abandonnés dans la rue, Our 390 Christmas Trees , publiée sous forme d’album sur Facebook à laquelle une quarantaine de personnes ont participé en envoyant leurs clichés, série qui faisait référence à la nouvelle Qu’est ce que tu vas faire de 390 photos d’arbres de Noël ? écrite en 1964 par Richard Brautigan, dans son recueil Tokyo Montana Express . Nous avons décidé de lancer cette année un projet éditorial avec un collectif d'auteurs (François Bon, Mathieu Brosseau, Mitch Cullin, Jean-Marc Flahaut, Arnaud Maïsetti, Pierre Ménard, Eric Pessan, Thomas B. Reverdy, Joachim Séné, Pascal Simon, Lucien Suel, et Thomas Vinau) sous la forme d'un recueil de textes et de photographies, Lendemains de fête, diffusé sur Publie.net autour du texte et du thème de la nouvelle de Richard Brautigan. Un site, sur lequel de nombreux photographes ont envoyé leurs photographies de sapins trouvés dans la rue, accompagne ce projet : http://sapins.tumblr.com."

2/27/2015

Père Hugo

 (...)
Étant les ignorants, ils sont les incléments
Hélas combien de temps faudra t-il vous redire
À vous tous que c’est à vous de les conduire
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité
Que votre aveuglement produit leur cécité
D’une tutelle avare, on recueille les suites
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin,
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
De demander pour tous le pain et la lumière.

(...)
extrait de A ceux qu'on foule aux pieds; L'année Terrible; Victor Hugo,
réclamant en 1871 l'amnistie des condamnés de la Commune de Paris


Du vieux père Hugo, bien sur, je n’ai pas tout lu. On peut même dire que je n’ai pas lu grand chose. Ruy Blass, à l’école. Le Journal d’un Condamné et Claude Gueux, un peu plus tard. Ses poèmes surtout. Par ci par là, Les Contemplations, les poèmes à sa fille morte, L’année Terrible. Pour sa vie et son oeuvre, il y a les livres. Je ne sais pas, et je m’en passe, en quelle année il naquit, en quelle année est morte sa mère, s’il fut député ou maire, et combien de liaisons et combien de fausses couches. On retient des choses plus évanescentes, plus intimes, plus secondaires et plus tendres des auteurs qui nous touchent. On retient des choses approximatives, minuscules, lointaines. Sa barbe de grand père et sa stature de géant de terre qu’Ousmane Sow sut si bien façonner. Une certaine ressemblance avec Hemingway et, dans mon imaginaire d’enfant avec le Santiago du Vieil homme et la mer. Ses gravures et ses encres, que l’ont retrouve parfois en couverture de livres, les arbres décharnés, les villes grises, l’hiver. Sa figure de moderne, de socialiste, d’abolitionniste, de faux révolutionnaire. L’image d’une guillotine. L’admiration que lui portait Louise Michel (un homme public qui garde toute sa vie l’admiration de Louise Michel ne peut pas être foncièrement mauvais). Le prénom Hortense. Le mépris admiratif de Rimbaud à son égard. La cours des miracles. Et cette phrase, sublime, que je voudrais pouvoir me faire tatouer sur le coeur : J’ai l’obstination farouche d’être doux.



Ecrit pour Le Billet des Auteurs de Théâtre en 2009

2/26/2015

Pierre à aiguiser

(pour thierry)
image

- "Tout le monde veut sauver la planète mais personne veut descendre les poubelles" Jean Yanne

- "Désunis, nous courrons à la catastrophe. Unis, nous y parviendrons. " Cioran

- "On est moins sûr de l'âme que de l'intestin." J.P George

- "Il faut déchanter juste." Jean Rouselot

- "Adhérer ; un idéal de mollusque." George Hyvernaud

-"Lâchez deux pauvres bougres en guenilles sur un terrain vague au bout du vide; toujours l'aveugle, à tâtons, n'aura de cesse qu'il n'ait tué le borgne." Pierre Autin-Grenier

- "Ceux qui ne savent pas rester chez eux sont toujours des ennuyés et, par conséquent, des ennuyeux." Charles-Joseph de Ligne

- "J'ai perdu mon temps; la seule chose importante dans la vie, c'est le jardinage." Sigmund Freud

- "Notre vie est du vent tissé." Joubert

-"Gagner c'est bien, mais ce n'est pas drôle." Charles Monroe Schulz

- "Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire cuire un bon steack." Woody Allen

- "L'ennemi est bête : il croit que l'ennemi c'est nous, alors que l'ennemi c'est lui. " Pierre Desproges

2/25/2015

les poèmes du chien




à ce qu'on dit
on vient de retrouver
dans une flaque de gasoil
les poèmes du chien
de John Fante

2/24/2015

AAAAAAHHHHHH Décapage !!!!!!!!!

Illustration de couverture : Olivier Lerouge, www.studiocorpus.com


CHRONIQUES 
Le Journal littéraire 
VINCENT ALMENDROS
Quelques jours avec l’auteur de Un été (Éditions de Minuit, 2015)
Regards #1
ÉRIC CHEVILLARD
Une visite dans la maison natale de Hegel, à Stuttgart
Regards #2
SÉBASTIEN AYREAULT
Une plongée dans l’envers du décor des séries américaines
Regards #3
GUILLAUME DABAN
À la recherche de l’auteur mythique Christian Costa
Avec les participations de Christian Oster, Éric Holder et Dominique Noguez
L’Interview imaginaire
ÉMILE AJAR
Une conversation avec Émile Ajar qui n’a pas la langue dans sa poche
La Pause
ALBAN PERINET ET JEAN-BAPTISTE GENDARME 
La meilleure façon de faire lire un livre, c’est d’en parler
À vos idoles
FRANÇOIS-HENRI DÉSÉRABLE
Une lettre pour le Rimbaud des mathématiques : Évariste Galois
Postures (et impostures) de l’homme de lettres
JEAN-FRANÇOIS KIERZKOWSKI
Comment se tenir pour donner une bonne image de soi
Et moi je vous en pose des questions ?
PATRICK AUTRÉAUX
Tout savoir sur l’auteur en moins de soixante secondes

THÉMATIQUE
LA PETITE FABRIQUE DES TITRES
Dix auteurs reviennent sur la petite fabrique des titres et expliquent leur choix, les circonstances de leur trouvaille, ou leur inspiration…
Avec :
Anna Rozen
Cécile Coulon
Éric Faye
Éric Neuhoff
Jean-Philippe Blondel
Laurence Tardieu
Laurent Sagalovitsch
Louis-Henri de La Rochefoucault
Martin Page
Thomas Vinau
 
LA PANOPLIE LITTÉRAIRE
FRÉDÉRIC BEIGBEDER
Il pourrait être le Jean Cocteau de l’époque. Vibrionnant, touche-à-tout, doué par nature mais trop célèbre – et sans doute omniprésent – pour être pris au sérieux… Frédéric Beigbeder est-il vraiment réductible à un slogan ? Rencontre avec un auteur acrobate qui nous ouvre ses portes, ses archives, et parle de son métier d’écrivain.
CRÉATIONS
Des nouvelles illustrées et cent pour cent inédites.
DAVID BOSC
FRÉDÉRIC VERGER
CHRISTIAN GARCIN
 

2/23/2015

2/22/2015

Smirnof

The Rainbow Machine
Charles Proteus Steinmetz/1917
A much better resolution here : https://ello.co/ugdtg 
(The Rainbow Machine- Charles Proteus Steinmetz/1917- https://ello.co/ugdtg)


Sur le fossé bombé
fraîchement désherbé
au ras de l'horizon
par les engins de la dde
quelqu'un a laissé
posé là bien droit
sa bouteille vide
de vodka
de toute évidence
c'est un piège
pour enfermer le soleil
qui tous les matins passe par là

2/21/2015

La tête vers le bas

Dans le jardin esseulé d'une maison trop grande où un semi fantôme traîne encore ses jupons, toute la nuit, toute la pluie pèsent sur les épaules sombres des buissons. Au centre des pins trempés d'ombre la sculpture vermoulue d'un cygne en plâtre blanc laisse pendre ses ailes.

2/19/2015

Merci youpla

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On cause de mes livres par ci par là :

- Le Poing  (merci Hélène Dassavray)

- CCP- 29 (merci Alain Hellissen)

- Poésie Chronique Ta Malle ( merci Patrice Maltaverne)


“ Personne ne sait quand tombera le crépuscule (...)"



Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolue en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas.”
Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 1998.


2/18/2015

Merci Camus


Et ce jour là 
Sisyphe comprit
 à l'écoute du cri 
poussé par son rocher
qu'une fois heureux ils se
se reproduisaient


2/17/2015

Il s'agit juste de traverser



 Prends ma main
tu ne risques rien d'autre
que de finir avant d'avoir commencé
Il s'agit juste de traverser

2/16/2015

Avaler, déglutir, mâcher.





Après le lait maternelle, le nourrisson passe rapidement à la nourriture diversifiée, légumes et fruits écrasés, céréales, jambon et poisson mixés. Avaler, déglutir, mâcher. Ensuite viennent les dents. Puis la pâte noire des mots.

2/15/2015

La musique du monde

Chaque bruit était un sanglot. Aboiement de chien. Vrombissement de moteur. Cries de victoire d'un stade au loin. Respiration dans l'obscurité. Vol d'insectes. Battements d'ailes de pigeons. Bruissement des feuillages. Toutes les gammes du vent. Depuis cette nuit là, chaque bruit était un sanglot.

De l'essence et de l'existence



2/13/2015

De ma bouche à ta plaie

De ma bouche à ta plaie
il y a je dois bien l'accepter
des échardes que je ne saurai extraire
du mal en étoiles sous ta peau
 tes infections sont des trésors
tu apprendras c'est ça qui est beau
à transformer ton pu en or

2/12/2015

La moitié du Fourbi

"[...] où l’on se souvient de Pag, caresse l’art de l’ennui, s’interroge sur la jeune science qui étudie ce que personne ne lit ; où l’on poursuit dans la jungle Werner Herzog et ses petits écrits, où l’on retrouve Hélène Gaudy sur une plage d’Australie, Gilles Ortlieb dans les Petites-Rues de Paris ; où l’on cherche Walser dans la neige, Michaux dans une orange, Orlev dans son cœur d’enfant, Vinau dans ses minusculeries ; où l’on voyage chez Jengi et Ezengui, dans la vie illisible d’un petit homme gris ; où l’on croise des tombes rabotées, des poussins, des tridents ; où l’on textote un 11 septembre 2001 ; où Samuel Gallet s’époumone contre une certaine asphyxie [...]"


Je me régale à chaque page. Une aussi bonne revue c'est rare. Fier d'en être je suis !

Voilà - Nazim Hikmet