Tout est aplati sous la masse du soleil et l’air est martelé comme un métal travaillé par le ciel.
Nous sommes actuellement, mon stylo et moi, sous l’ombre d’une terrasse, dans une petite maison au sommet du Causse.
Je peux détailler en instantané une liste non exhaustive des éléments de ce décor d’une fin de juillet. Je peux voir d’un coup d’œil : un frelon dans les poutres, un citronier dans le jardin, une piscine pour enfant remplie d’insectes morts, un chat qui dort sous la table et une ligne aléatoire de fourmis qui s’agitent autour d’un reste de côtelette d’agneau.
Je peux remarquer facilement: les pieds d’herbe prés des pieds de tomates eux-même prés de mes propres pieds d’être humain, le réveil arrêté sur la poutre, un jeux de pétanque sans la sixième boule, une légère brise qui fait frémir les plantes.
Je peux imaginer sans difficulté : les champs de foin au sommet des vallons qui sont comme des crânes chauves plantés dans la terre, les arbres de la vallée dont je ne vois que les cimes puisque je suis au dessus, les pierres brûlées par le soleil qui sont tellement nombreuses qu’ici on en fait des champs.
Je peux sentir le carrelage frais qui soulage la plante de mes pieds piquée par un moustique, la respiration du sol qui halète calmement comme pendant une sieste, la lumière qui pique, une armée invisible de dards aiguisés par la chaleur, l’odeur du souffre et du sulfate qui est resté sur la vigne.
Mais le reste …