lundi 23 novembre 2009

le dedans et le dehors

J'écris quand le dedans et le dehors
se baisent ou se cognent

Gème

Et dans l'aube fumante
la rosée scintillante
sur une merde de chien

La grande queue de l'histoire


dimanche 22 novembre 2009

Un pas de côté (24)

Je suis du côté
des mauvaises barbes
des siestes crapuleuses
des pluies fines de l'inutile
des coquilles de noix

Un poème

Tom waits

22 novembre 2009

Un matin de rien
l'étoffe des gris
sur la gamme infinie
des pourritures

We want beer

La nuit rouge

Des secondes comme des gouttes rouges sur son front. La douleur dans ses mâchoires. La complainte perpétuelle des moteurs au loin. Le moindre bruit. La chaleur sèche de la nuit. Les minutes rouges du réveil qui lui clignotent dans le crane. Une nuit qui rampe. Sans repos. Une nuit de noeuds qui n'en finit pas de coincer. Il a vu l'aube pisseuse se pointer pas à pas. Ses dents lui font mal à force de grincer et puis il s'est mordu la langue. La pâleur électrique du jour n'a rien arrangé. Impossible de fermer l'oeil au moindre brin de lumière. Il se lève fracassé. En miettes. Avec la marque bistre d'un rêve ignoble sur le front. La trace grise d'une nuit blanche au bord des pupilles. Il se lève et c'est la colère et l'amertume qui le tiennent droit. Cette impression que quelque chose cloche. Putain de jour ! Café pétrole. Fenêtre froide. Il jette ses yeux au loin comme on crache dehors. Le matin est sordide avec à l'horizon ce truc étrange qui accroche son regard. Il fixe le peu d'attention qu'il lui reste sur cette plaie bizarre au fond de l'azur délavé. Il distingue un trou noir. Des canines. des molaires. le ciel est une bouche immense pleine de dents.

(Projet Autre chose)

vendredi 20 novembre 2009

“We should all be as happy as kings.”


Toni Frissell - Vermont, 1960

Les jours diaphanes

Essuyant la poussière
sur le dos des feuilles
de ses plantes de salon
il aimait imaginer le monde
comme les prémices
d'une merveilleuse
catastrophe

mercredi 18 novembre 2009

La métamorphose


Le problème dans la métamorphose
ce n'est pas que Gregor Samsa
se transforme en bousier
mais qu'il se demande
ainsi transformé
comment faire
pour aller
bosser

Citation pour un film à inventer

Eh mec,
arrête de chialer
tu mouilles ta clope
et tes larmes sentent la bière !

Un pas de côté (23)

Je suis du côté
de la pourriture sucrée des fruits
des radeaux
des potos
des copeaux
du pain sec pour les canards

Lune froide


freine tonton, on n'est pas pressés d'arriver !

Sur la grande route aux peupliers
La rouille du Massey Ferguson
et l'élégance anachronique
d'un paysou au bonnet rouge
qui tient derrière lui en respect
une longue file belliqueuse
de travailleurs pressés

mardi 17 novembre 2009

Blanc

Je suis pauvre des autres. Je suis vide. Je suis blanc. Je n’ai plus d’histoire. Il me manque trois doigts et une vie. Il me manque une langue. Le vieux taille un os. J’observe la minutie de ses gestes. De ses doigts. Je regarde l’angle et la courbe des entailles. La pointe de la lame. Les copeaux blancs qui forment comme un petit tas de souvenirs à ses pieds. Le gris de ce blanc sur l’autre blanc. La crasse de certains blancs. Peut être mes mains se souviennent-elles de quelque chose. Peut être mes pieds ou mon ventre. Ma langue ne sert à rien ici. S’il le fallait pour survivre, nous pourrions la manger.

(extrait de Blanc, projet en cours, titre provisoire)

Le plein de super


Un pas de côté (22)

Je suis du côté
des éviers qui fuient
des jours qui filent
des éperviers
des crayons
des couillons