7/16/2018

Des étoiles et des chiens - Le Matricule des Anges - Juillet Aout 2018


Immense Merci à Eric Bonnargent pour ce bel article dans le Matricule de l'été !

On en cause aussi par ci par là :


Lundi matin

Il pleut dans les gobelets de bière
abandonnés parmi les fleurs de pissenlit
qui s'ouvrent pour l'occasion
ciel ocre
maison sale
air frais
le maquillage a coulé sur les oreillers
un homme au loin siffle en travaillant
ça ne devrait pas se bousculer au portillon ce matin
Tout va bien


7/15/2018

Pas pire


"Les écrivains ne sont pas pires que les autres. Pas pires que les épiciers, les banquiers, les instituteurs primaires, les fripiers, les tripiers, les drapiers et les diplomates."
Georges Hyvernaud, Feuilles Volantes, Le Dilettante

7/13/2018

7/11/2018

Notes de Bois - La Boucherie Littéraire éditions


Des beaux carnets, un hamac, un été...
Yu know what i mean

Et j'écris ce poème affalé sur mon canapé

Le vent content par les feuillages dorés
Insectes accrochés
brindilles vaille que vaille 
mouches rebonds
dans l'air brûlant
chaque élément de vie
de ce tableau paisible
est une force
en lutte
chaque battement d'ailes
chaque pétale
chaque minuscule
rayonnement

même l'inertie

est une force

7/09/2018

L'été c'est la quarantaine d'une année.



 Je déglutis sans succès. J'essaie le café chaud, le sirop de grenadine glacé, la banane. Assis devant la rediffusion d'un vieux film avec Jean Rochefort. Avec imperméable dans les rues de Paris mouillées, lampadaires en velours verts, femmes aux longues chevelures châtain et lunettes cerclées d'écailles transparentes. Y'a touojurs du piano dans ce genre de film."On s'aime on s'aime pas, c'est atroce." Ou encore : "Tu es comme un coup de vent qui passe sur nous, tu laisses des rides." L'été c'est la quarantaine d'une année. La saison de la mélancolie. Dehors le vent porte l'haleine de ses brûlures. L’après midi s'étire dans les relents de la salade aux oignons frais et aux anchois de midi. Fromage à température ambiante. Je déglutie mais ça ne passe pas. Impossible à avaler. Ça reste là, au seuil de la gorge, à la frontière du palais et de la glotte. Là où la boule se serre.  Cette minuscule arête d'anchois plantée dans la viande. Ça s'appelle un souvenir.

7/08/2018

Augure

- J'ai rêvé que mon petit orteil gauche devenait énorme et se parsemait de dents. Et puis un liquide blanc mêlé de sang se mettait à en sortir...

- C'est bon signe, c'est bon signe !

Simon du fleuve


7/07/2018

Nouvelle en 3 lignes (Ternaire pépère) (6)

A sept heures moins le quart John arrive au paradis
à sept heures le paradis est rempli de mouches
à sept heures et quart il comprend qu'il est en enfer

7/06/2018

"L'élégance, la science, la violence !"

(Big Knife. Chippewa/Cree. Rocky Boy Reservation. Montana. 1901)

"O mon Bien ! O mon Beau ! Fanfare atroce où je ne trébuche point ! Chevalet féerique ! Hourra pour l'oeuvre inouïe et pour le corps merveilleux, pour la première fois ! Cela commença sous les rires des enfants, cela finira par eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines même quand, la fanfare tournant, nous serons rendus à l'ancienne inharmonie. O maintenant, nous si digne de ces tortures ! rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite à notre corps et à notre âme créés: cette promesse, cette démence ! L'élégance, la science, la violence ! On nous a promis d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal, de déporter les honnêtetés tyranniques, afin que nous amenions notre très pur amour. Cela commença par quelques dégoûts et cela finit, - ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette éternité, - cela finit par une débandade de parfums.
Rire des enfants, discrétion des esclaves, austérité des vierges, horreur des figures et des objets d'ici, sacrés soyez-vous par le souvenir de cette veille. Cela commençait par toute la rustrerie, voici que cela finit par des anges de flamme et de glace.
Petite veille d'ivresse, sainte ! quand ce ne serait que pour le masque dont tu as gratifié. Nous t'affirmons, méthode ! Nous n'oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. Nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours.
Voici le temps des Assassins."

Matinée d'ivresse, Arthur Rimbaud

7/02/2018

Comme dans un tableau

 Aube glace à l'abricot
les cauchemars déplient 
leur mâchoires endolories
dans des gestes d'oiseaux
il existe 
une ombre 
pour chaque chose
les araignées y cachent
des cathédrales tendres
et les hérissons 
des secrets
en forme de sentier
au fond de l'avenue jaune
du jour perdu
comme dans un tableau
 de Edward Hopper
un balayeur 
ramasse 
les mots