2/23/2017

Seulement voilà


 

Seulement voilà, il y a des cauchemars qu'aucun aspirateur n'aspire, la peau se décroche difficilement des os, on communique parce qu'on ne peut pas communier, parfois la pluie ne lave rien, la terre est un vestige, on pense mal le ventre vide et on pense mal le ventre plein, chaque victoire nous condamne à perdre, deux absences ne font pas une présence, il arrive que le malheur soit agréable et le bonheur désagréable, les enfants naissent dans le sang, l'espace contient le rien mais rien ne contient l'espace et la fin n'en finit pas de finir...

2/19/2017

Le poème du dimanche

Il y a le promeneur du dimanche
qui reste tout de même
un tout petit peu au dessus 
du siesteur du dimanche
qui dépassera toujours et malgré tout 
le peintre du dimanche 
une ou deux marches plus haut
que le petit branleur du dimanche
inexorablement vainqueur
sur le supporter du dimanche
un sérieux cran par dessus 
le laveur de voiture du dimanche
qui n'a aucun mal à dépasser 
d'une bonne tête l'écrivaillon
qui passe son dimanche à classer les autres
suivant leurs activités du dimanche
parce que la vie est une sacrée trainée
qui ne se laisse pas simplifier
une belle salope
et c'est tout à son honneur



2/18/2017

Il y a des monstres qui sont très bons - Parution Mars 2017- Le Castor Astral édition







J'en ferai une ratatouille pour des chats sauvages - Paul Valet



Ma poésie n'est pas la votre et votre poésie n'est pas la mienne. Ecrire, ce n'est pas écrire. Hurler, ce n'est pas hurler. Avec ma tête couchée sur une feuille innocente, et les doigts tremblant d'alcool fou-mineur, je demeure un mutin intégral, nourri de tous les fléaux. Art ancien, art moderne, art futur, j'en ferai une ratatouille pour des chats sauvages. _ Car je suis trop puissant  pour vos entreprises somptueuses. D'autres paroxysmes me nourrissent. Ils ne sont pas de votre cru. J'aime l'art tordu aux embryons de poèmes. Toute votre superbe y sombrera."

Paul Valet, Soleil d'insoumission, éditions Jean-michel Place poésie

2/17/2017

Liste de choses que l'auteur a préféré faire aujourd'hui plutôt que d'essayer d'écrire un truc valable

- Réparer le tournevis pour pouvoir réparer le rocking chair

- Plier les petites culottes propres

- Tailler une baguette de sorcier pour son Harry Potter de fils

- Ramasser les crottes du chien dans le jardin

- Se brosser abusivement la barbe

- Fixer le reflet du soleil sur le carrelage jusqu'à ce que son empreinte fluorescente dessine un vaisseau spatial sur la rétine

- Aller récupérer le crâne de cette charogne de chat près de la rivière

- Chercher sous tous les meubles le doudou perdu de son second magicien de fils

- Réfléchir à l'éventualité de résoudre la septième proposition grâce à la sixième

- Inonder la maison de shampoing anti-Poux

- Passer l'aspirateur partout (mais vraiment partout) ( même dans l'escalier de la cave ou dans le garage)

- Faire jouer longtemps le bout de sa langue avec la pulpe de mandarine coincée entre la prémolaire 25 et la prémolaire 26

- Retrouver des connaissances du lycée sur facebook

- Balayer le plafond

- Chercher un tuto pour ouvrir la porte bloquée d'un lave-linge avec de la ficelle à roti

- Regarder Columbo sur TMC

- Cette liste


2/16/2017

Pierre Rabhi sort de ce poème !

Retourner ses rêves
comme un bon vieux compost
ne rien désherber
tout vaut le coup
on verra bien ce qui germe

2/15/2017

Comming Soon - Il y a des monstres qui sont très bons - Le Castor Astral





































« La poésie peut raconter des histoires. La poésie peut être un film d’horreur, une blague, un cri sauvage, une nuit blanche d’adolescent, une question, un naufrage, un dialogue. La poésie a tous les droits tant qu’elle sait s’adresser à l’autre en restant sincère. Je voudrais qu’elle soit l’air frais que fait tourner la bête en dansant sur elle-même. Je voudrais qu’elle soit une fenêtre qui s’ouvre, pour s’échapper et se retrouver. Le sourire du monstre qui répond à notre silence. » Thomas Vinau

 Il y a des monstres qui sont très bons
Thomas Vinau
Le Castor Astral, éditeur
 Parution : 2 mars 2017
Genre : « Poésie »
Format : 14 x 20,5 / 128 p.
ISBN : 979-10-278-0104-6
PRIX TTC : 13 €

2/14/2017

J'ai vu Batman faire la manche à la St valentin

Il a fait sécher les bouts
de son coeur brisé
puis s'en est servi
comme d'une craie
pour dessiner 
des doigts d'honneur
et des chattes noires
sur les trottoirs mouillés

2/13/2017

Dans les bras de la forêt


Cerf cerf ouvre moi
ou le chagrin me tuera
le vent a touché la lune
les arbres se sont écartés
comme la mâchoire 
d'une mère tigre 
en rayures de nuit
et le chasseur
a pleuré

2/12/2017

Jacques Prévert


"Trente ans. Ecrit, dit-il, en mauvais français pour les mauvais français." 
Jacques prévert. Présentation de lui-même dans Bifur, 1931

2/10/2017

Gribouille

Petit matin de centre ville. Les habitués du café. Surcharge de crème et de maquillage. Dents abîmées. Teints goudronnés. Remugles des premières clopes mélangés aux parfums. Yeux en gribouille. Des peaux de vieux ciel et d'eau sale. Des corps tordus, penchés, voûtés. Des bouts de graisse ou d'os qui dépassent. Couleurs synthétiques des vêtements, criardes et délavées en même temps. Ils ne sont pas négligés, ni sales, juste usés, fatigués déjà, intoxiqués encore. Intoxiqués de misère. Ceux qui parlent trop fort. Ceux qui se taisent trop fort. Les regards qui cherchent l'autre. Les fanfaronnades apitoyantes. Est ce que ce machin blême qui gratte en tremblant ses tickets de jeu croit encore que sa vie peut changer ? Est ce que chaque matin, pour chacun d'eux, des choses sont encore possibles ? Ce que le temps fait à nos corps.  A nos vies. Ce que la misère inflige. Ce qui reste beau dans la laideur de ces sourires.

2/09/2017

2/06/2017

C'est des gouttes de lumière qui tombent dans la nuit.



La pluie joue du piano sur les murs rouges de Carpentras. C'est des gouttes de lumière qui tombent dans la nuit. Hier soir j'ai serré la main à quelques fantômes. Une fille m'a offert un livre avec des vrais morceaux d'amour dedans. Au repas on m'a demandé blanc ou rouge ? j'ai répondu blanc et rouge. Et puis j'ai croisé ce chien, tête noire, gueule blanche, queue en l'air, qui déambulait dans les rues vides comme le chef ivre d'un orchestre de souvenirs. Le lendemain, au détour d'une route du matin rincé par l'orage, cet oiseau blanc et fin posé sur le dos d'un mouton.

2/04/2017

Le bonheur - Raymond Carver


Fire was the way


“Mikey [the son of Bukowski’s friend Carl] was on the fire trip. He lit all our cigarettes. He wanted to light everything. He was engrossed with fire, fire was the way, fire was god.” From Charles Bukowski, Shakespeare Never Did This (Black Sparrow Press, 1995). Photo by Michael Montfort.

2/03/2017

Qui sent bon dans le noir

Je prends les cauchemars
du bébé
et ceux de l'enfant
et ceux du père
de la mère
et même du chien
pour faire un bouquet
pas exceptionnel non
mais tout de même
pas dégueulasse
posé là mal taillé
sur la table
qui sent bon
dans le noir
de la maison silencieuse

Rencontre - 03 février 2017 - Librairie de L'horloge - Carpentras


Rendez-vous le 03 Février 2017 à partir de 19H
à la librairie de L'Horloge à Carpentras 
pour causer (ou presque) des 76 clochards célestes





1/31/2017

Les noyaux d'olives

Il en faut du talent pour ne pas se rater, pour ne pas s'effacer et pour ne pas se perdre. Même tout près. Surtout tout près. Dans les sentiers merdeux des matins de semaine, des soirs qui vont trop vite des nuits qui sont trop courtes. Dans cette forêt même pas profonde, cette aventure sans âpreté, sans ours, sans indiens, au territoire cannibal du quotidien. Parfois les ruades nous sauvent. Des charmes d'enfant sauvage. D'autre fois nous piétinons les fleurs. Nous écrasons jusqu'à la boue. Jusqu'à la merde froide. C'est beau et c'est con comme vivre. Pourtant nous sommes bien un galion, et ce sont les noyaux d'olives qui brûlent le plus longtemps dans le feu. Pourtant nous sommes bien les conquérants de cette bataille inutile et sans faille à livrer contre  nous-même. Les dents solides de nos rires. La drôle de magie de nos corps qui se connaissent par coeur et continuent pourtant parfois de se créer et de se découvrir. Comme ce bon vieux jour. Comme un matin sur terre. Il nous reste cinq cent millions d'années. Et le peuple que nous inventons. Et l'histoire que nous construisons. Les notes nues de nos musiques. Il nous reste une île dans le ciel. Le grimoire de tous les pouvoirs.  Un grand incendie en entier. J'écris pour ne pas l'oublier.

( à Emilie, bien sûr)