Le ciel
est une terre
où nous creusons nos tombes
Amours ensevelis de bleu
ETC-ISTE
Mots/ textes/ poèmes/ miettes/ poussières/ brindilles/ vétilles/ et autres broutilles.
/ Tutu bleu / Miniatures Locomotives / La piste / Bric à brac Hopperien / Ici ça va / Les derniers seront les derniers / Chaque Matin / Nos cheveux blanchiront avec nos yeux / Les Murs / Un pas de côté / Du sucre sur la tête / Le noir dedans / Tenir tête à l'orage / Frida / Nuisibles / Fuyard debout / Little man / L'âne de Richard Brautigan / Trappeur / Hoppercity / Dormir dans les décombres / Les carnets du corbeau / Les chiens errants n'ont pas besoin de capuches / 8pA6 / Le Trou / Voyages Immobiles /
5/21/2013
5/20/2013
"Etre un artiste c'est tenir le coup" Martin Page
"(...)
Ce n'est qu'en tant qu'étrangers que nous pouvons comprendre quelque chose. Ecrire consiste à s'étrangiser.
(...)
La désobéissance est là ; projeter nos désir comme les huit bras d'une pieuvre.
(...)
On est artiste non pas grâce à un don mais à cause d'une incapacité.
(...)
Deleuze disait :" le système nous veut triste, il faut être joyeux pour lui résister".
(...)
Le
monde est magique et nos pouvoirs sont infinis. Il n'y a qu'une chose à
faire des violences, des jalousies, des dégueulasseries, de tous les
coups et des mensonges : les dévorer. C'est notre faim qui nous sauve."
Extrait
de Notre langue maternelle est un éblouissement, un article de Martin
Page dans la revue 303 n°123, Et à part ça vous faîtes quoi ?
5/19/2013
Alberto
(Henri Cartier-Bresson -Alberto Giacometti, Rue d’Alésia, Paris, 1961)
Alberto
porte sur les épaules
un gros bloc de nuit
il court courbé
sous la pluie
pour tenter d'assister
à la naissance
d'une goutte d'eau
Alberto
porte sur les épaules
un gros bloc de nuit
il court courbé
sous la pluie
pour tenter d'assister
à la naissance
d'une goutte d'eau
5/18/2013
Entre lécher et mordre
Ce monde
est un bonbon
au piment
au piment
et nos semblables
sont assez tordus
sont assez tordus
pour te vendre
en promotion
en promotion
la corde avec laquelle
ils essaieront
de te pendre
de te pendre
pourtant entre
lécher
et mordre
lécher
et mordre
le singe a appris
à faire
à faire
des bisous
crois-moi
petit salopard
petit salopard
je vais t'endurcir
la couenne
la couenne
avec tout mon amour
5/17/2013
Normalement c'est pas normal
Ce devrait être
comme
d'assister
à la naissance
d'une goutte d'eau
mais la plupart du temps
ça revient simplement
à se faire gâcher
la nuit
par un colibri
qui ronfle
comme
d'assister
à la naissance
d'une goutte d'eau
mais la plupart du temps
ça revient simplement
à se faire gâcher
la nuit
par un colibri
qui ronfle
5/16/2013
Ablutions
Je mets mes mains
dans les mots
m'en asperge le front
les yeux la peau
je frotte mon visage
savonne rabote décape
le poème mousse
le matin sent bon
son mensonge
parfumé tiendra
jusqu'à demain
chaque jour
est à vider
avec l'eau
du bain
dans les mots
m'en asperge le front
les yeux la peau
je frotte mon visage
savonne rabote décape
le poème mousse
le matin sent bon
son mensonge
parfumé tiendra
jusqu'à demain
chaque jour
est à vider
avec l'eau
du bain
5/15/2013
L A T E N I G H T L O N E L Y B L U E S
(songs for nursing a half-empty glass of whiskey and a broken heart in forgotten corners of cafes and seeing his/her silhouette in every shadow of the empty rain-soaked streets)
listen01 richard hawley - COLE’S CORNER | 02 tom waits - ALICE | 03 billie holiday - I GET ALONG WITHOUT YOU VERY WELL | 04 sonna - ONE MOST MEMORABLE | 05 rivulets - SHADOW OF A GHOST | 06 bohren & der club of gore - DESTROYING ANGELS | 07 trembling blue stars - KENSINGTON GARDENS | 08 nils frahm - OVER THERE, IT’S RAINING | 09 chet baker - ALMOST BLUE | 10 ed harcourt - LATE NIGHT PARTNER
download.
(trouvé là)
Des peintures de guerre avec les restes d'hier
(...)
Accroupi
dans l'herbe au bord du cercle noir et sale d'un ancien feu de jardin,
Joseph trempe ses deux doigts tendus dans la cendre. La matière,
blanche et grise, humide et froide, colle comme du pastel gras. A la
manière du dernier des mohicans face à son ultime matin, il dresse un
regard fier vers le lointain en traçant sur ses joues deux diagonales de
neige sale. Des peintures de guerre avec les restes d'hier. Voilà de
quoi se préparer pour la chasse. Et le fait que le gibier qu'il vise
soit un paquet de chamalow géants ne change rien à l'affaire. La tortue
lunaire et ses moustaches en chocolat seront son animal totem. Le grand
esprit des âges farouches pue de la bouche, sera son incantation
chamanique. Noé est à ses côtés, spirituellement parlant bien sur. Il
prend des notes sur un papier sale
dans la cabane afin de lui enseigner à son retour les rudiments d'un
bon chasseur guerrier. Pour ce qui est du lance-pierre, un bon Y, bien
échancré. Compte 15 centimètres pour le pieds et quinze pour les
branches, maximum, en tout les cas moitié-moitié, d'un bois solide, le
chêne ou le châtaignier. Des graviers ronds et une chambre à air
doublée. Pour un arc, privilégier un bois souple, le noisetier pour
commencer, mais il casse en séchant. L'If est un bon arbre aussi, par
contre il demande plus de travail.
Certaines lames de bambou font parfaitement l'affaire. Une corde pas
trop épaisse, ficelle tressée finement, chanvre ou lin, ou fil de pèche
pour les plus ambitieux. Quant aux flèches : osier, noisetier, saule,
bambou, peuplier. Bien droites c'est ça l'important. Une entaille d'un
côté, une
pointe de l'autre, pour les plumes et la tête de flèche, y'a pas non
plus marqué Yakari sur mon front, faudra se débrouiller. Ça va saigner.
(...)
(Extrait d'un roman en cours : Le Daron Perché)
5/14/2013
Décapage 47 et tout le toutim
Dans une semaine le nouveau Décapage sera en librairie. Racé, subtil, élégant, ventru, boisé, corsé, sérendipique et centripète, ce numéro 47, même accompagné d'une tartine de rillettes de tripes aux câpres saura ravir petits et grands. Béni soit Jah rastafari de permettre de tels miracles. Tout est là.
5/13/2013
Nous sommes des gens de peu, et nous sommes beaucoup ...
"Aucun mal à revendiquer, ou défendre si nécessaire, la relative pauvreté de mes poèmes. Nous sommes des gens de peu, et nous sommes beaucoup ; en face, il y a des gens de beaucoup, et ils sont peu. J'écris pour mes semblables mes frères, et tant pis si cela ne plait pas à l'élite ou à ceux de peu qui rêvent de beaucoup. Une vie étroite doit seulement donner une écriture juste ; pas de gêne aux entournures, pas de XXL non plus."
Notes de travail, Antoine Emaz,
(publié dans l'excellente revue 303 qui consacre son dernier numéro (123) aux écrivains au travail "Et à part ça vous faîtes quoi?", dossier mené de main de maître par Eric Pessan dans lequel se croisent, Michon, Pinçon, Emaz, Pessan, Gellé, Winkler, Page, etc, etc). Un aperçu du numéro là
Notes de travail, Antoine Emaz,
(publié dans l'excellente revue 303 qui consacre son dernier numéro (123) aux écrivains au travail "Et à part ça vous faîtes quoi?", dossier mené de main de maître par Eric Pessan dans lequel se croisent, Michon, Pinçon, Emaz, Pessan, Gellé, Winkler, Page, etc, etc). Un aperçu du numéro là
5/12/2013
Nécessité fait loi ou quelque chose comme ça
Il faut que je trouve
des poèmes
de Nabokov
Chaque jour nait
dans le creux
d'une main
et aujourd'hui
n'est pas
pire qu'hier
des saucisses
grillent
des enfants
meurent
et je dois bien
tenir la barre
jusqu'à ce soir
c'est la raison
pour laquelle
il faut
immédiatement
que je trouve
des poèmes
de Nabokov
des poèmes
de Nabokov
Chaque jour nait
dans le creux
d'une main
et aujourd'hui
n'est pas
pire qu'hier
des saucisses
grillent
des enfants
meurent
et je dois bien
tenir la barre
jusqu'à ce soir
c'est la raison
pour laquelle
il faut
immédiatement
que je trouve
des poèmes
de Nabokov
5/11/2013
Gaté
La nuit s'est endormie
dans la corbeille à fruits
et le jour en débâcle
dérape par éclats
sur les poires abîmés
les poèmes oubliés
les instants gaspillés
tous nos petits ravages
à l'haleine sucrée
doucettement
pourrie
dans la corbeille à fruits
et le jour en débâcle
dérape par éclats
sur les poires abîmés
les poèmes oubliés
les instants gaspillés
tous nos petits ravages
à l'haleine sucrée
doucettement
pourrie
5/10/2013
La mort qui danse
![]() |
| (c) Gaspard Vinau 2013 |
Lorsque la mort
était enfant
rien ne l'effrayait
autant
que la légèreté
d'une bulle de savon
elle redoutait
d'être enfermée
à l'intérieur
comme les odeurs
ou les couleurs
et de s'envoler
d'un coup de vent
elle se dit
les pensées
sont frivoles
alors que rien
n'est plus lourd
qu'un être vivant
elle se dit
à l'intérieur
de nos coeur
il y a un avion
à réaction
elle se dit
quand je serais
grande
je rendrai son poids
à la viande
5/08/2013
Egotrip
Je suis
un écririen
j'applique le principe
des cloaques communicants
j'accumule
les cuticules
du vent
un écririen
j'applique le principe
des cloaques communicants
j'accumule
les cuticules
du vent
5/07/2013
L'oiseau sans nom
La nuit me pique les yeux. Quand j’arrive chez moi, les apparences se sont endormies. Il ne reste que la grouillance invisible qui gigote dans les décombres du temps. La nuit est un chuchotement. elle lave mes oreilles des déchets bruyants du jour. Grands coups de jets d’eau froide et de savon sous le tuyau d’arrosage du jardin. Je ne dois pas faire de bruit. Je dois me nettoyer longtemps dans la nuit. Elle me lèche, langue râpeuse, comme une chatte qui nettoie ses petits. Je crois pouvoir dormir. Je crois y avoir droit après tout ce temps perdu à obéir aux hommes, mais non, bien sûr que non, car c’est le moment que choisi l’oiseau sans nom pour planter ses clous dans la nuit. Tous les autres oiseaux dorment depuis longtemps. Certains sont déjà morts d’avoir trop attendu. Certains ont renoncés à construire leurs nids, ils traînent sur les branches comme des enfants perdus. Mais notre oiseau sans nom plante ses cris comme on construit charpente pour étayer nos insomnies. C’en est un qui n’aime pas que les aiguilles tournent dans le sens des montres. C’en est un qui, s’il était un homme, boirait trop de whisky. Il me ressemble, cet oiseau sans nom, il est mon reflet dans les yeux vitreux de la nuit. Nous nous retrouvons tous les deux, au fond froid du silence, pour explorer l’obscurité par le bout nu de nos orteils. Je voudrais le garder derrière mes paupières pour faire des clins d’oeil aux passantes lorsque la vie recommencera. Je voudrais qu’il soit mon complice. Si je connaissais son nom de scène, je passerais un pacte avec lui, pour qu’il me lave les cheveux le soir en rentrant de l’usine, qu’il effraie les politiciens et les assiettes vides. Il pourrait se nourrir de toutes mes prétentions. Nous habiterions une fenêtre immobile et tranquille, une ère de repos pour nuages, à égale distance du dehors et du dedans. Je couperais ses planches, il planterait mes clous, nous construirions ensemble des silhouettes mélancoliques pour les chambres d’enfant. Nous les peindrions à son image. Pas besoin de connaître son nom. Son nom ne servirait à rien, mais ses yeux me serviraient de lampe de poche pour atteindre demain.
(un extrait du Journal de bord d'une installation précaire qui paraîtra retravaillé dans le prochain numéro de la revue Décapage)
5/06/2013
Fais gaffe, tu marches sur mes yeux !
Je connaissais un type
qui n'avait pas pris l'habitude
de s'intéresser aux choses
et à la richesse infinie
du monde autour de lui
il a mal fini
un jour on l'a retrouvé
complétement ratatiné
sous le chant encore frais
d'une grenouille
qui n'avait pas pris l'habitude
de s'intéresser aux choses
et à la richesse infinie
du monde autour de lui
il a mal fini
un jour on l'a retrouvé
complétement ratatiné
sous le chant encore frais
d'une grenouille
5/05/2013
Fish for sale
a fait peau (d'poisson) neuve
pour la peine l'horizon
a brûlé deux trois blaireaux
du klu klux klan
Allez'y voir !
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