7/26/2016

Le monde est un vinyle nous sommes un villebrequin

 

Ce qui ne tourne pas rond
et ceux qui tournent en rond
entre les deux
des oiseaux ivres
s'inventent chaque jour
de nouvelles cages

7/24/2016

Le paradis boueux



Je rentre d'un paradis boueux, fait de pluie et de poils, de chansons, de fougères et d'orties. Je garde le goût des nuits trop courtes au vin de rose et de sciure de bois imbibée de sourires qui ne roulent pas des épaules.  Nous avons les bras chargés de cadeaux, nous avons les bras chargés d'envie, de jeunesse et d'amis. Auourd'hui je retrouve le monde, mon bureau, les infos, les ordis. Nous sommes bien à la maison, les enfants se reposent, chacun s'est lavé deux fois. Le levreau est de retour dans la plaine, pas loin des voitures et à la portée des fusils. Dans cet espace qui lui ressemble moins il est chez lui. Dans cette contradiction peut-être est-il plus agile d'être plus fragile. Quoi qu'il en soit, il connait un nouveau passage, une sente secrête vers un refuge inédit où faire sa toilette de douceur. Alors il dit merci.
(à Anne et Didier)

Un poème avec Jack London - Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - 2010



( Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau, 2010, Alma éditeur et 10/18)


(Un beau dossier à retrouver dans le dernier numéro du Matricule des anges et une superbe réédition de L'appel de la forêt chez Finitude traduit par Jean-Pierre Martinet)

7/23/2016

la croisière s'amuse

 

(Ce blog va prendre son rythme de croisière pendant le mois qui vient les petits gars)

7/21/2016

Atteindre l'ombre grise

Atteindre l'ombre grise
des grands pins et des chênes liège
qui dessine sur la castine
sa dentelle fraîche
tenir le souffle
tenir le rythme
penser à dérouler le pied
penser à déceler l'oiseau
ou le serpent
ou la menthe sauvage
penser à continuer
et atteindre l'ombre grise
des grands pins et des chênes liège
qui dessine sur la castine
sa dentelle fraîche

ça vaut aussi
si tu ne cours pas

7/19/2016

Avec mes doigts

Je frotte le jour
avec mes doigts
me fraie un passage par là
je passe et repasse ma paume
sur la peau interdite
de ses montagnes
j'écarte tout doucement
le nid secret de la lumière
pour y entrer bientôt
tout entier
naïvement j'attends
de l'entendre me dire
qu'elle aime ça

7/18/2016

76 Clochards Célestes ou presque - Rock and Folk - Aout 2016


Merci Agnés Léglise (je te  kiffe) pour cette chouette chronique dans le Rock n Folk de l'été, à côté du Robert Wiatt édité par le Castor Astral en plus, que demander de mieux pour un lundi matin !!

 (clic dessus pour lire)


Merci également à Mélanie Leblanc pour sa bonne feuille dans la revue Terre à ciel
et à George Cathalo dans la revue Texture

7/16/2016

Bob Marley - Place of Peace



"So far away from where it’s happening
You think you found a place of peace
Just to find that it’s happening everywhere
It’s happening here there and everywhere
Please don’t touch that with the vision
Learn to respect every man religion…
Let I live a life I love to today…
Lift my spliff and take a draw
Someone say I’m breakin’ the law
They make everything to try and arrest you "

Comme la bête

On écrit mal avec ses idées. On écrit mieux avec des odeurs. Il faut écrire comme la bête que nous sommes, en mettant la cervelle au service de la truffe.

7/14/2016

Jack London - Le matricule des anges Juillet 2016


Invité par Martine Laval
(merci madame)
j'ai commis un texte
sur l'immense jack London
au milieu d'un floppée de bons auteurs
(dont l'ami Jérôme Lafargue et le grand Hubert Mingarelli)
dans le nouveau Matricule des anges

On peut manger les fleurs

Il y a cette sorte de film super 8 abimé que l'aube et le vent dans les feuillages projettent par les interstices du volet fermé. Il y a le cachalot dérouté qui nage dans mes synapses. Il y a cette mouche qui apprendra (sans le savoir ? va savoir) la magie au bébé. Il y a tous nos échecs qui s'ouvrent comme des fleurs. Nos peines en forme de lierre. Nos cries de liserons. On peut manger les fleurs. Et l'ombre et l'aube et les mouches et le vent. On peut les manger, ou les fumer, ou les gerber ou se bourrer la gueule avec ou se les mettre là où je pense (quand je dis là où je pense c'est toi qui te mets à y penser). Quoi qu'il en soit il vaut mieux essayer d'en faire quelque chose, de se les trophallaxier de quelque part plutot que de les laisser jaunir sur la terrasse dans la lumière farcie d'indifférence et les relents de jeux télévisés.

7/13/2016

76 Clochards célestes ou presque - La presse en parle (comme on dit)


« Ces textes d’hommage mêlent poésie du quotidien, souffle lyrique et humour. Un livre qui donne envie d’en savoir toujours plus sur ces artistes au destin souvent tragique. »
Le Figaro

« Nous venons de lire un superbe bouquin ; 76 clochards célestes ou presque de Thomas Vinau (Le Castor Astral). Magnifiques mini-portraits d’écrivains, poètes, musiciens, artistes qui auraient tous pu finir leurs jours dans un conteneur d’une autre rue Bruyas. Sous “le ricanement du monde“. Blaise Cendrars, Elisabeth Cotten, Jean-Paul Clébert, Charles Bukowski, Billie Holiday. Et même Michel Simon (le Boudu sauvé des eaux), pas très loin d’un certain… Diogène. À lire. »
Midi-Libre

« “Militant du minuscule“, le poète et écrivain Thomas Vinau rassemble dans 76 clochards célestes ou presque, une galerie de brefs portraits d’artistes qui lui ont troué le cœur. Des “blessés fidèles à leurs blessures“. Des “inconsolés qui consolent“. Des “vents-debouts dans la défaite“. Des gratte-papiers, mais aussi des sort-les-pinceaux et des pousse-la-chansonnette. Des très connus (Bukowski, Chet Baket, Jack London, Billie Holiday), des super-Nova (Gil-Scott Heron, Moondog, Alain Peters, Lee Scratch Perry), mais aussi et surtout des qui restent encore, pour la plupart d’entre vous, à rencontrer. »
Radio Nova

« Thomas Vinau, vous êtes certainement le seul auteur des éditions 10-18 sachant versifier et se servir d’une débroussailleuse. Mille mercis pour votre essai libérateur avec ces portraits d’écrivains en marge qui dégainent aussi bien la plume que le tire-bouchon, ne finissent jamais à l’Académie et n’obtiennent le Nobel que par accident. En généreux campagnol du Lubéron, vous nous laissez grande ouverte la porte de votre terrier de curiosités. Grâce à vous, nous prenons la clé des champs pour de formidables vagabondages en compagnie de John Muir, Diogène ou Blaise Cendrars. »

Le choix des libraires : Laurent Lebourg de la librairie CAJELICE à PERPIGNAN

« C’est un petit recueil délectable, qui pousse au vice : il donne envie de lire et de relire tous ces auteurs. Les connus, qu’on chérit dans un coin de son cœur (Norge, Cossery, Cendrars, Bukowski…) Et ces autres, inconnus, présentés de manière si oblique, si décalée. Thomas Vinau y va d’un clavier délicat pour dresser ces portraits d’écrivains en demi-teintes. Parfois en vers, souvent en prose, toujours avec style. Ils ont un pied, voire les deux, en dehors du droit chemin. Pour la plupart, sans doute, ils ne sont pas faciles à fréquenter dans la réalité. Mais par écrit, quel régal ! »
Ouest France

« Thomas Vinau, lui, vient de publier « 76 clochards célestes ou presque ». Il a piqué le titre à Kerouac, mais on ne lui en veut pas, tant ses portraits sont drôles, lyriques et toujours poétiques. Artistes et maudits, mal sapés, adulés, adorés, « fous », « toxicos », et « punks », parfois alcooliques et souvent désabusés, souvent drôles et parfois beaux, tels sont les clochards de Vinau. Bien sûr, il en manque, Baudelaire, Rimbaud ou Morrison n’y sont pas. Le poète a choisi ceux qu’il admire et qui l’inspire. Et voici qu’en deux ou trois mots seulement et quelques rimes bien choisies, Thomas Vinau nous offre un dernier verre en compagnie de ces abîmés magnifiques. » l'article en entier là
L’Obs

7/12/2016

Au cas où

Incapable
de me sentir capable
mais j'ai vu des bambous
traverser le goudron
alors au cas où
je tiens bon

7/11/2016

Le sentiment le plus proche des os - Varlam Chalamov


"(...) J’avais peu de chaleur. Peu de chair sur les os. Cette chair ne suffisait que pour la colère, l’ultime sentiment humain. Ce n’est pas l’indifférence, mais la colère qui demeure en dernier, elle est le sentiment le plus proche des os. (...) Une douleur persistante s’empara de mes muscles. Quels muscles pouvais-je bien avoir à l’époque, je l’ignore ! Mais la douleur était là et elle me mettait en rage, car elle m’empêchait de m’abstraire de mon corps. Et puis je vis surgir autre chose que la colère ou la rage. C’était l’indifférence, l’absence de peur. Je compris que tout m’était indifférent : être frappé ou pas, avoir ou non mon déjeuner, ma ration de pain  Cette indifférence, cette absence de peur jetèrent un pont fragile qui m’éloigna de la mort. La conscience qu’ici on n’allait pas me battre, car ici on ne me battait pas, cette prise de conscience engendra de nouvelles forces et de nouveaux sentiments. (...) Après l’indifférence vint la peur, une petite peur : la crainte d’être privé de cette vie salvatrice, de ce travail salvateur de bouilleur, du ciel haut et froid et de la douleur persistante de mes muscles épuisés. Je compris que j’avais peur de partir d’ici et de retourner aux gisements d’or. J’avais peur, et voilà tout. De ma vie, je n’avais lâché la proie pour l’ombre. Jour après jour, de la chair repoussait sur mes os. L’envie, tel est le sentiment qui me revint ensuite. Je me mis à envier mes camarades morts, ceux qui avaient péri en 1938. Je jalousai aussi mes voisins vivants en train de manger, de fumer. Mais je n’enviai jamais les gradés, ni le chef de travaux ni le chef de brigade : c’était un autre univers. (...) L’amour ne me revint pas. Ah, que l’amour est loin de l’envie, de la peur et de la colère ! Comme il n’est pas nécessaire à l’homme ! L’amour survient quand tous les sentiments humains sont déjà revenus. Il survient, il revient en dernier  d’ailleurs, revient-il vraiment ? Mais il n’y avait pas que l’indifférence, l’envie et la peur pour témoigner de mon retour à la vie. La pitié à l’égard des animaux me revint avant la pitié à l’égard de l’homme. (...)"

Varlam Chalamov. Extraits de Maxime, Récits de la Kolyma

7/10/2016

D'Angelo and The Vanguard - Sugah Daddy


Dans les vieilles ruelles

Dans les vieilles ruelles on entend en passant, les enfants qui hurlent, les chiens qui aboient et les chats qui s'en foutent. On n'est jamais certain de savoir si les pigeons sont morts ou vivants. On n'est jamais certain de savoir si nous ne sommes pas les pigeons. Dans les vieilles ruelles, les vieilles dames font sécher leurs vieilles jambes sur de vieilles chaises pliantes. Les volets entrouverts laissent filtrer à travers les grises moustiquaires des agonies bleutées. Lorsque les gitans chantent la pisse des ivrognes vient reflêter la lune. Le matin tout est propre, l'ombre est désinfectée. Au premières heures du jour, lorsque plus personne n'écoute, les fontaines commencent à pleurer.

7/09/2016

Les rayons idiots du jour nouveau

 
Ne m'en voulez pas les cocos mais j'aime l'acide des abricots et ramasser du bout de la langue les chants d'oiseaux dans mon café noir. J'aime quand les rayons idiots du jour nouveau fendent les feuillages et viennent faire éclater le sac de peur d'ennui et de colère qui a poussé la veille sur mon dos. Bien sur que les poèmes du matin ne sont pas ceux du soir, va demander à Pirotte qui lisait la mort dans ses os, mais j'aime me relever comme les cleps qui croient qu'aujourd'hui la mouche est à eux pendant que leurs dents claquent déjà dans le vide. J'ai des enfants à porter alors j'ai des demains à croire. J'ai des poux à nourrir et des sourires à boire. J'ai connu toutes les gueules de bois. Y'a assez de caca dans l'histoire et j'ai un nez de parfumeur pour sentir le malheur d'exister. Venez pas me parler de mensonge, il s'agit de choisir son heure et sa hauteur.

7/08/2016

Grimpe !

Le soleil se couche par terre
pour te faire la courte échelle
grimpe poussière !

7/05/2016

Rien de nouveau sous le caillot

Va leur dire
que le ciel
est né
dans la boue

Va leur dire
que puisque nous sommes
tous
irrémédiablement seuls
nous sommes
tous
ensemble

Va leur dire
qu'on peut se tenir la main
comme la lame