1/26/2020

?

 (Phil Donohue)


La vie pour toi
 c'est plutôt un escarpin 
dans une crotte de chien 
ou un colibri
dans un chausson de mami

1/25/2020

Flavien Berger - Dyade

Je suis une salle d'attente la nuit dans un aéroport désert


(bonaventure hotel, john portman, 1976 | downtown los angeles, california)


Je vais acheter un fusil
ou caresser une fourmi
j'hésite

je ne crois en rien
enfin je crois

je suis d'accord
enfin peut être

j'ai envie
plus ou moins

vous me saoulez
je vous aime

1/21/2020

"Nous sommes un énorme troupeau de formidables douleurs"



Parfois je pense que l'inaction me sauvera de la mort. Voir le temps passer, le regarder en face, de loin, devant. D'autres fois bien entendu je pense l'exacte contraire, faire pour ne pas disparaitre. Dans les deux cas, et même entre les deux, je vis sans trop comprendre comment ni trop savoir pourquoi. Ou bien disons que ma vie passe. En gestes et en mots, en actes et en poèmes, elle passe. Et voilà qu'une bonne moitié est derrière, il fait beau et froid, j'ai le nez qui coule et des ampoules aux pieds. Je suis bien content, ce matin, qu'il fasse beau et froid, d'avoir le nez qui coule et des ampoules aux pieds. Rien ne nous sauvera et rien ne durera, mais ce n'est pas grave. Tu étais belle quand tu es partie dans la nuit en te moquant de moi. Une rose couleur de peau s'ouvrait ce matin dans le givre de janvier. Ses hanches et ses pointes défiaient l'atrocité. Le café a bon goût jusque dans mon nez lorsque j'éternue.Une entorse au majeur m'interdit les  doigts d'honneur, je me sens tout nu. Je vais ranger la chambre et changer les draps des enfants, une belle fusée de Tintin dans l'espace étoilé. Ils ne méritent pas moins. Ce matin, en courant vers l'école, le plus grand s'est pris une gamelle de tous les diables. Il s'est relevé rouge et soufrant, debout, en contenant ses larmes devant les autres. Il était beau comme un homme, pas parce qu'il ne pleurait pas mais parce qu'il était plus grand que sa douleur. Il m'a ému aux larmes, et je suis bien heureux d'être capable de pleurer de fierté.  Je lis plus tard cet extrait du journal  d'Henri Aimé Gauthié, un poilu inconnu qui finira limonadier : "Par hasard en levant les yeux, j'aperçus une fillette jolie et mièvre un peu... A voir ses yeux émus et admiratifs, j'ai compris que sans doute nous étions beaux... et grands. Nous allions par là-bas, où l'on meurt, où l'on est défiguré, haché, déchiré... et nous y allons... au pas, au son des cuivres aigus... Nous portons dans nos cartouchières la mort. Nos fusils tuent. Nous sommes forts et doux peut être. Nous sommes une bête formidable qui pourrait broyer cette enfant, sans la voir, sans entendre ses cris et sa plainte. Son admiration est une vague d'effroi et de piété. Nous sommes un énorme troupeau de formidables douleurs... Nous sommes un rempart des joies de l'amour, du bonheur... Sans accepter cette tâche, nous mourrons pour elle... Peut être cette enfant ignorante, naïve, coquette, ne l'a-t-elle pas compris. Mais elle l'a senti..."

1/20/2020

Dessus ma tête



 (woman under blue tarp | los angeles, california, ig: phdonohue)



Dessus ma tête 
il y a un nid
un nid géant
et dans ce nid 
il y a un trou
un trou géant
et dans ce trou
le ciel qui bat

1/18/2020

Marcello Négro (le retour)


 Dans les questions 
que les chiens 
ne posent plus

Sur la peau frémissante
des flaques 
ayant bu tout le ciel

derrière le flou 
des âmes
qui ne refusent pas 
le vague

Par l'orbite furieuse
des crânes en fumée

dans la douleur de l'usure
et l'usure de la douleur

au bord des silences
toujours prêts
à danser

après la tempête
après le calme 
après

à la morgue des fleurs 
des abeilles
des guêpiers

sur la route déserte
aux milles barricades

dans le vide qui s'évente qui fait pffuit

jeté 
par la fenêtre
comme une poignée de faux  billets

au ventre humide
des volcans

lorsqu'un enfant ne sait plus 
où il est
lorsque la nuit ne sait plus
 qu'elle est la nuit
puisqu'on ne vit qu'une seul fois
alors qu'on meurt tout le temps

au fond du trou
il y a une scène
et sous la scène
il y a un trou

C'est là 
que Marcello négro
 se cache 

qu'il vient 
à notre rescousse

pour ne sauver

personne


1/16/2020

Jouer encore

Je trie je retape je rénove
je ponce je coupe je perce
je range j'emménage je décore
je nettoie je vide je jette
je coupe je casse je répare

je concentre mes gestes
mes intentions
mes goûts

de temps en temps
je me blesse
ça m'occupe

j'essaie de construire quelque chose
d'améliorer quelque chose
de le mettre en valeur
de lui trouver une place

il faudrait faire pareil
avec les mots
et les émotions

des gestes
à défaut de

perce un trou
pose un cadre
rebouche un trou

fouiller
chiner
refaire la déco
remplir

puis balancer à la poubelle
de grandes brassées
d'inutile

combattre
le vide
par le vide

parfois
par la fenêtre
je m'habille
d'une allure d'oiseau

de la couleur
d'une baie empoisonnée

je suis le rythme
du chien
du ciel
des enfants
des autres

je sors couper du bois
tailler une haie
une fleur
un arbre

ou bien je suis une route
marche en regardant le sol
mes pieds sur le trottoir
les mauvaises herbes

peut être que je vais me perdre
peut être que je finirai par voir quelque chose

qui sait

je ne sais plus
comment
habiter

mais qui sait

quelqu'un
un jour
a t il su comment habiter

si la question se pose
c'est qu'on est déjà du bon côté
de la hache

peut on savoir
ce qui nous manque
avant de le perdre

 il m'est déjà arrivé
de réparer

il m'est déjà arrivé
de créer

il m'est déjà arrivé
de sauver

il m'est déjà arrivé
d'aimer

 alors

devant moi mon fils joue
et je l'admire
il est plein
de ses gestes
de ses rêves
de ses rires
de l'histoire qu'il invente

il est entier
minuscule
à côté de la plaque
hors du monde
et sublime

il n'y a pas d'autre façon
 de vivre

que d'être entier
minuscule
à côté de la plaque
hors du monde
et sublime

c'est pourquoi j'écris ce poème
c'est pour jouer encore
même immobile
même en morceau
même à moitié
même grignoté
par l'absence
par la peur

même en n'étant
qu'une ombre

c'est pour jouer encore

à être entier

minuscule

à côté de la plaque

hors du monde

et sublime







1/15/2020

La beauté quelle enculade - Extrait de Fin de saison (à paraître en 2020...)


(...)
Un rayon, ou presque. Un minuscule rayon qui traverserait les nuances grises de la décomposition galactique, pourfendrait l'espace et le temps, le vide et le néant, la souillure et la destruction pour créer les couleurs. Et voilà qu'un arc en ciel s'invente ou qu'un jour se lève. L'aube putain, c'est incroyable. Ces milliers de vapeurs de nuances. Ces mailles d'éclats célestes. Ces mécaniques dansantes de nuages et de lumières. Combien de colories dans une aube ? Combien de chefs-d’œuvre dans une aile de papillons. Et à chaque fois ça marche. Chaque putain de jour ça marche. On lève la tête du bidet sans faire exprès et nous voila ébahi, ragaillardi, conquis et conquérant, combattant, consentant. Exister ? oui merci, tu rigoles, regarde moi ça comme c'est beau ! Le jour se lève, j'ai la dalle, c'est parti mon kiki. C'est bien conçu cette saloperie. La beauté, quelle imposture suprême, Nom de dieu, quelle dégueulasserie de merde. Faut vraiment être une putain de bestiole dégénérée pour se faire avoir à chaque fois par ce genre de carotte. Comme si un asticot en train de gigoter dans une charogne se disait Ho mais c'est magnifique ! C'est de toute beauté ! La mort aussi goupille ses sublimes paysages. Un champ de bataille givré au matin ça a de la gueule. La lumière qui traverse les cadavres figés par la glace c'est pas dégeu. Et je suis sûr que des aurores incandescentes se sont levées à un moment ou à un autre sur Auschwitz. La beauté quelle enculade. Et pourtant. Un rayon, ou presque. Un sourire. Un souvenir. Un tableau. Il reste deux pour cent de batterie. Le téléphone va s'éteindre. De toute façon il n'y a pas de réseau. Ce n'est pas de perdre la possibilité d'entrer en contact avec l'extérieur qui me trucide le coeur. C'est cette image en fond d'écran sur laquelle j'use mes dernières larmes. Leurs silhouettes à contre jour sur la plage, le clair obscur de leur peau, la mer en argent. Le soleil allait se coucher, nous étions les derniers et le sable était chaud. Je m'étais dis c'est beau, s'ils gardent la beauté de ce moment en eux toute leurs vies, alors ils seront sauvés pour toujours. C'est la seule chose qui peut nous sauver. Le rhum ça rend lyrique. Quelle enculade. Mais y'a rien à faire, même ici. Dans les remugles de la fin. C'est la seule chose qui m'empêche de me crever.
(...)

1/12/2020

Anthologie - Printemps des poètes- Janvier 2020


"Dédiée aux regrettés Michel Baglin, Marie-Claire Bancquart et Antoine Emaz disparus en 2019, cette anthologie rassemble plus de soixante-dix poètes francophones contemporains autour du thème du Courage.

Nous, avec le poème comme seul courage, se veut un témoin de l’éclectisme de la création poétique actuelle. Ici, aucun courant poétique ni aucune doctrine littéraire ne font la loi.
C’est la curiosité et la diversité qui l’emportent sur le dogme."

Les auteurs


José Acquelin, Adonis, Laurent Albarracin, Guy Allix, Michel Baglin, Marie-Claire Bancquart, Olivier Barbarant, Linda Maria Baros, Rim Battal, Tahar Ben Jelloun, Zéno Bianu, Daniel Biga, Ismaël Billy, Claudine Bohi, Isabelle Bonat-Luciani, Alexandre Bonnet-Terrile, Nicole Brossard, Tom Buron, Caliciuri dit Cali, Laure Cambau, Jean-Pierre Chambon, François de Cornière, Cécile Coulon, Fabienne Courtade, CharlÉlie Couture, Seyhmus Dagtekin, Jacques Darras, Séverine Daucourt, Michel Deguy, Patrice Delbourg, Saleh Diab, Kim Doré, Ariane Dreyfus, Sylvie Durbec, Antoine Émaz, Marie Étienne, Daniel Fano, Marc Feld, Michelle Finck, Jean Marc Flahaut, Brigitte Fontaine, Violaine Forest, Laurent Gaudé, Albane Gellé, Jean-Louis Giovannoni, Guy Goffette, Cécile Guivarch, François Heusbourg, Cécile A. Holdban, Charles Juliet, Natasha Kanapé Fontaine, Vénus Khoury-Ghata, Abdellatif Laâbi, Mélanie Leblanc, Yves Leclair, Yvon Le Men, Cédric Le Penven, Anne Lorho, Sophie G. Lucas, Philippe Mac Leod, Aksninia Mihaylova, Marie Modiano, Emmanuel Moses, Antoine Mouton, Carl Norac, Lydia Padellec, Serge Pey, Éric Poindron, Joseph Ponthus, Jean-François Poupart, Florentine Rey, Valérie Rouzeau, James Sacré, Florence Saint-Roch, Sapho, Éric Sarner, Chloé Savoie-Bernard, Jean-Pierre Siméon, Jean-Luc Steinmetz, Frédéric Jacques Temple, André Velter, Laurence Vielle, Thomas Vinau, Pierre Vinclair.

#Dimanche

On se lève 
fatigué
grand beau ciel
tiens toi droit
tiens toi
tiens
debout
dans les bobos

1/11/2020

#Samedi

Un petit garçon joue
à attraper les grains de poussière
qui galactisent dans la lumière


1/07/2020

1/02/2020

Fais gaffe ducon tu m'écrabouilles le peut être


Fais attention
porte de l'attention
garde de l'attention
et donne de l'attention
au feu
à la  plante
au givre
à la bête
au ciel
à l'orbe lent de la lune
à l'ombre de l'enfant debout
à tout ce que 
la disparition t'offrira
sur son plateau d'or et de cendre
fais attention
porte de l'attention
garde de l'attention
et donne de l'attention
aux feuilles 
à la peau
aux silences
au soleil 
au chat qui baille
pendant que la souris chuchote
à ce qui nait dans les décombres
aux éléphants sous tes semelles
aux mots
aux morts
aux peurs des vainqueurs
aux patates
aux orteils du possible
et aux fleurs du sommeil
fait attention à toi
aux escargots et aux licornes
aux muscles des papillons 
 aux chansons des akènes
aux gémissements des rois
 et au rire de la reine
à l'écume
et aux copeaux 
aux fantômes 
et aux fougères
à la beauté que tu mérites
à la peine

12/30/2019

Parfois - Atelier du Hanneton - Décembre 2019






Il est là tout beau tout chaud chez l'orfèvre Hanneton. Allez y les bras ouvert et les yeux fermés y en aura pas pour tout le monde !

La magie de Noël

Mes enfants croyez moi quand vous serez adultes
vous repenserez à ce dimanche de pluie sur l'autoroute
 à cette pause caca pour papa dans le Mac do désert
 à ces jouets cassés avant même d'être ouverts
 à cette promenade forcée dans la boue
 à cette longue visite d'un musée bondé
et à ce petit virus diarrhéique
avec la nostalgie émerveillée 
d'une Alice revenant du pays des merveilles 
alors fermez un peu vos gueules et avancez
vous nous remercierez plus tard

12/21/2019

Etonner la catastrophe

 
Étonner la catastrophe disait Hugo
quel meilleur titre donner
au roman du jour qui se lève

Considérons 
qu'un réverbère dans le brouillard
a réussit sa vie

La mort a des grands pieds c'est vrai
mais elle fait des petites pas

Un oiseau qui chante
est un oiseau qui ne chôme pas

Grève générale
et chocolat

12/19/2019

Parution - Parfois - Thomas Vinau - ATELIER DU HANNETON - Décembre 2019

  Le hanneton n'est ni une fourmi, ni une cigale. C'est un Hanneton . "Les adultes sont phyllophages (mangeurs de feuilles) et certaines espèces sont depuis longtemps connues pour des pullulations cycliques" (Wikipédia). Il est Typographe éditeur, chaleureux et furieusement sauvage. Autant vous dire que c'est un sacré plaisir de faire partie de sa bande. Tout est là

PARFOIS
par Thomas Vinau
Tirage : 250 exemplaires
Décembre 2019 - Prix : 18 € 

 (...)
 
Parfois
on y arrive parce qu'on n'a pas voulu essayer
et puis on n'y arrive plus en essayant
et puis on n'a plus envie d'essayer


Parfois
une agonie
et une naissance
se cachent
dans le même cri


Parfois
on voudrait dévorer
ce qui nous écrase
tellement on l'aime


Parfois
on néglige l'ombre
on sauve la proie
et lorsqu'on la libère
les deux repartent ensemble


(...)

Un café et au boulot (1)


 (Vagabondage, Cartier-Bresson)

Robert paye son café au vendeur de prêt à porter qui a bien compris que c'était la voix de Sophie Marceau dans le téléfilm hier soir. Jeannot toujours propre et bien habillé termine son premier rosé. Stylo et petit carnet à la main il attaque le boulot autrement dit les pages turfiste de la Provence. La dame au nœud bizarre dans les cheveux range son carnet à dessins. En face la vitrine de Noël de Chaussures Grelot ne fait pas l'effet escompté malgré ses chaussons imprimés Rabbi Jacob et le gendarme à St-Tropez. Dehors ça crache ça tousse. Chichon du matin pas de chagrin. Plus loin Ça boîte et ça mouche. Usé mais digne. Maquillé et propre. Courbé mais toujours là. Prêt pour le boulot. Il n'est pas neuf heures du matin. On nettoie la rue et on ouvre les vitrines. Ça sent la javel, la merde de pigeon et le parfum. Un rayon de soleil fait briller les dernières feuilles des platanes. Allez au boulot.

(19_12_2019)

12/17/2019

Questions - questions



Le vent fait encore gémir la nuit. Il veut lui arracher une réponse. Je me lève trop tôt à cause de la peur du chien. De toute façon il va falloir commencer quelque chose. Dans la maison endormie un père noël oublié clignote doucement. Vert. Rouge. Nuit. Son ventre luit. Où vont les oiseaux quand la terre se déchire ? Où vont les sourires quand on dort ? Tic tac tic tac, l'horloge est un piolet en diamant qui creuse le silence.  On est quel jour déjà ? qui souffrira aujourd'hui ? Le lapin chie sur le tapis. J'ai plus de sous et je m'en fout. Beurre doux ou beurre salé ? Retraite à points ou camp de réfugier ? Nous sommes des singes formidables. J'ai des épines dans les rides et chaque jours mes enfants les arrosent avec leurs rires. Café ou café ? Est ce que je remet ma vieille gueule d'hier ? Où est ce que j'ai encore foutu mes désirs ? Qui veut me donner de la vitamine D avec son cul ? La mort elle a rien compris à la vie. Si tu meurs la première mon amour c'est moi qui aurait perdu. Y aura t-il de la coke à noël ?  Grippe ou gastro ? Il reste de l'apropolis ? Les crottes de lapin on dirait une constellation puante. Je crois que j'ai pété mon téléphone. Vois-tu mon garçon, Le miel c'est du vomi d'abeille et le lait du jus de tété. Qui peut le plus peut le moins, ok mais qui peut le plus ? On en est au combien de Star Wars ? Une mouche en décembre ça existe ? Il se lève bientôt ce con de jour ?

12/14/2019

Kruder & Dorfmeister - The K&D sessions (Full album) HD

Des signes

La nuit dernière
j'ai rêvé que Stéphane Bern
récitait mes poèmes à la télé
cette nuit dans mon rêve
j'ai inventé une chanson
qui avait un beau succès
elle commençait par
"je suis crevé
comme un snowboardeur"
Il y a des signes
qui puent des pieds
Je crois que je vais arrêter
d'écrire des poèmes
et puis aussi
de rêver

12/12/2019

Salut copain

 

La nuit parfois
nous retrouvons nos morts
et puis en nous réveillant
nous reprenons doucement conscience
de l'espace et du temps
ce n'était qu'un rêve
le passé reste le passé
on est un peu triste
mais quand même
ça fait plaisir 
de les avoir 
un tout petit peu
retrouvé