2/18/2019

Donnant plus de blé qu'un meilleur avril

Elle a des principes dans la vie
comme de ne jamais
 finir son thé
ou que ce qui est en tas
est rangé
ou encore
que la nuit appartient
aux soupes en briques
et aux desserts
trop sucrés
elle a des principes dans la vie
magiques
et tordus
comme une fleur inconnue
au quotidien
c'est beau
mais c'est chiant
je ne sais pas
à quel moment
j'ai commencé
à changer doucement
de point de vue
par rapport à tout ça
avec le temps
je suis passé
de l'explorateur 
émerveillé
à la concierge
acariâtre
vieillir à deux
c'est un peu comme
de faire cramer
pour que ça repousse mieux
de la culture
sur brûlis
en somme
le risque étant
bien entendu
de finir tout seul
et bien calciné du sourcil


2/14/2019

Don quichotte devait aimer les kiwis


 (Pierre Autin-Grenier par Shahda)

La carriole est à l'abandon, les côtes toutes vermoulues par le rire du temps. Le chien a ses absences et puis les reins nous lancent à se lever sans force avant d'avoir faibli. Dans le jardin gelé le gros tas de branchages taillés de l'olivier fait comme un tas d'argent. Aucun enfant n'a peur, la viande est au frigo et j'aime croire qu'il reste de la salade de fruits. Pas de guerre au programme du jour on a rendez-vous chez le coiffeur. Dehors il y a ce trait d'avion parfait dans le bleu du ciel d'hiver et puis l'orange crème du soleil sur le crépis placide des maisons qui s'éveillent et puis l'herbe givrée qui joue comme un bijou au poignet d'une fille. Pas d'agonie pour le moment mais un nouveau tableau le long des vitres sales. Je viens de voir Pierre Autin-Grenier enfoncé jusqu'au nez dans une écharpe d'ambre traverser l'oubli pour me saluer du sourcil. Sa silhouette s'éloigne pendant que le trait d'avion dans le ciel se transforme en dentelle de fumée. Le matin encore nous épargne.

2/11/2019

A quoi bon ?

 

A traverser l'hiver à pieds
A garder la nuit contre la peau tiède de son ventre
A consoler les absents
A éteindre le jeu
A grands coups de pieds dans le cul
A regarder droit dans le vide
A réparer le feu
A prendre soin du jour ce bibelot d'enfance
A se souvenir d'après 
A gratter jusqu'au sang
A soigner en léchant
A consolider un sourire
A s'immiscer dans les ramages
A bricoler des caresses
A relever la bouche
A lâcher prise 
A tenir bon



2/08/2019

Parution : Un Pas de côté - Les Venterniers - Février 2019


Ho qu'il est beau, je le ramène du Nord avec la chaleur des sourires traversés. La nouvelle merveille cousue main des Venterniers qui rallume ce petit chant tordu et décalé d'hommages advanticés jadis parut chez les amis de la Pointe Sarène. Youpi. Merci. Olé !

  • Un pas de côté
  • Thomas Vinau
  • collection : "Stylicide"
  • genre : poèmes
  • date de parution : février 2019
  • nombre de pages : 32 pages
  • format : 12,5 x 10,5 cm
  • isbn : 979 10 92752 46 5
  • prix de vente : 14 euros
  • LES VENTERNIERS   

2/02/2019

Marseille / Ville Fantôme - Cédric Torne/ Thomas Vinau - Fireboox - Février 2019

 


Cédric Torne, Thomas Vinau

Fireboox

5,00€ 

Cédric Torne
Marseille
Thomas Vinau
Ville fantôme
 
Un poème en écho aux magnifiques dessins de Cedric Torne sur Marseille.
C'est dans la collection de Sophie Lucie Meier et Richard Meier.
Joie que cette 4 ieme collaboration avec Fireboox soit le 251 iem Livre-boîte d'allumette


Penser à son avenir

(Photo de Ivan TERESTCHENKO, New York dans les années 90 (merci Ivan)

2/01/2019

Balthazar - Fever (Official Video)

3615 Mots Perdus

(Buster Keaton in ‘Sidewalks of New York’, 1931, directed by Jules White)

Je suis le connard de service
si tu as besoin d'un type
capable de s'enfermer dans ses cris
autant que dans ses silences
fait moi signe
mais tout doucement s'il te plaît
tout doucement

1/30/2019

Il a neigé

(Bob Wallace - Fore and aft, 1937)

Il a neigé au Luberon
et chaque flocon avait la grâce
d'une espèce en voie d'extinction

1/29/2019

C'est comme une odeur noire



Chaque nuit 
quelque chose s'échappe de toi
par ton corps écrasé
ton âme éparpillée
au matin tu ne le retrouves pas
ailleurs que dans le fuyant reflet
de ton regard de bête
alors une fois de plus
dans ce territoire ordinaire
que tu connais par coeur
(par mal au coeur)
tu te cherches
un nouveau refuge

Jean Sébastien Bach et l'éléphant aveugle ...


1/28/2019

C'était pourtant perdu d'avance

Derrière la haie
où les ballons disparaissent
et les oiseaux se disputent
Derrière la buée
de la demi lune
 en demi bulle
le jour mue de givre
sa lumière d'épine
conasse qui taquine
d'aiguilles dards d'abeilles
Derrière la courbature
la sale courbure
la courbe lasse
du temps qui passe
Derrière les encore
et derrière les peut être
et derrière les trop târd
et derrière les tant pis
c'était pourtant perdu d'avance
outsider absolu
ultime lundi de janvier
avec un foie
 aussi fatigué 
que le compte en banque
d'un poète
Mais derrière
juste derrière
tapis là
malgré tout


Escales des lettres - Du 4 au 6 février 2019 - Arras / Lille/ Béthune




Du 4 au 6 février 2019 
3 villes 3 escales 3 moments de rencontre
auxquelles s'ajouteront 2 interventions en Centre de détention
Je vais donc aller goûter au Nord
je me couvrirais bien
et nous partagerons
je l'espère
des rires 
des livres
et du vin

ARRAS
au Vertigo 
lundi 4 février à 19h
(12, rue de la Taillerie)
entrée libre


LILLE
à La Chouette Librairie
mardi 5 février à 19h
(72, rue de l'Hôpital Militaire)
entrée libre

BÉTHUNE
au Nautilus
mercredi 6 février à 19h
(74, rue Ludovic Boutleux)
entrée libre

1/26/2019

#Alicealeseum

Il va falloir
il va falloir
il va vraiment falloir
que je me sorte
les doigts du cul
si je veux aller voir
de l'autre côté
du miroir

ou alors demain

en plus j'ai plus de batterie


1/24/2019

Les petites poches

J'écris avec le ventre plein. Dans des habits propres, pas loin d'un café chaud, je n'ai pas de leçon à donner. J'écris avec un toit sur la tête, des enfants à côté, une princesse tout prés, je n'ai pas de leçon à donner. J'écris assis devant un feu, devant un arbre ou une fenêtre, avec le soleil ou la pluie, je n'ai pas de leçon à donner. Le temps se pose sur mon épaule et les oiseaux sur ma terrasse. J'ai des souvenirs autour du cou et un demain à portée de mains, je n'ai pas de leçon à donner. Je n'écris pas pour donner de leçon. J'écris pour goûter. Et pour faire goûter. J'écris pour garder et pour regarder. J'écris pour ce matin de fin janvier dans lequel nous marchons ensemble jusqu'à l'école sous la lune froide comme un réverbère givré. Ce matin où vous avez dansé comme des clowns et des rois devant votre bol. Où je cueille, tel le bouquet de pivoine du jour, les élastiques tortillés de  cheveux disséminés dans chaque pièce. Ce matin où, arrivé devant sa classe le plus petit s'est affolé en se rendant compte que son pull n'avait pas de poche. Les petites poches dans lesquelles d'habitude il enfouit ses petites mains pour passer la barrière des autres enfants qui crient, des parents qui font la queue, de la maîtresse impressionnante, de la séparation. Ses petites poches au fond desquelles d'habitude il trouve sa stature, son allure, son courage. Au fond desquelles il écrase sa peur en retenant serré la chaleur de ceux qu'il quitte. J'écris pour ses petites poches et pour ce matin où, ne sachant plus quoi faire de ses mains, de ses os, de sa terreur, il devient imperceptiblement plus grand, imperceptiblement plus beau encore, tellement digne d'amour, en affrontant ce qui d'un seul coup lui manque.

Portico Quartett - Knee deep in the north sea (Cully Jazz Festival 2011)

1/23/2019

Allume un feu




Allume un feu. Allume un feu avec tes mains. Allume un feu avec tes doigts. Allume un feu avec ton souffle. Avec tes muscles. Avec tes blessures. Allume un feu. Allume un feu comme tu peux mais Allume un feu. Allume un feu avec ton ventre. Allume un feu avec tes yeux. Allume un feu avec tes nerfs et ta colère. Avec ta fatigue. Allume un feu avec ta paix. Avec ta joie. Avec ta peur. Avec ton sexe. Avec ta crasse et ta sueur Allume un feu. Allume un feu avec tes griffes. Avec tes doutes et tes questions. Avec ce que tu voudrais oublier et ce dont tu voudrais te souvenir Allume un feu. Recroqueville toi et Allume un feu. Assieds toi et Allume un feu. Reprends toi détache toi déploie toi et Allume un feu. Ne bouge plus et Allume un feu Danse et Allume un feu. Allume un feu avec le ciel avec la terre avec la cendre. Avec les étoiles et les montagnes. Avec la nuit. Avec la neige. Avec des fleurs. Avec l'aurore et le désert. Avec la foudre et le silence. Avec le temps. Allume un feu. Prends ce qu'il te reste. Prends ce qu'il te manque et Allume un feu. Avec tous les les morts du soir et tous les nouveaux nés du matin Allume un feu. Avec tes fantômes et tes rêves Allume un feu. Avec tes soins ton attention et ta douceur Allume un feu. Avec ta force ta brutalité ta bêtise Allume un feu. Avec un enfant et un vieillard Allume un feu. Avec un prédateur et avec une proie Allume un feu. Donne quelque chose perd quelque chose offre quelque chose construit quelque chose détruit quelque chose et Allume un feu. Dévore le et laisse toi dévorer par lui. Protège le et laisse toi protéger par lui. Traverse le et laisse toi traverser par lui. Recueille le et laisse toi recueillir par lui. Sauve le et laisse toi sauver par lui. Regarde le brûler. Son réconfort et sa violence. Regarde le s'éteindre.  Et allume en un autre.

1/22/2019

Habibi Funk // حبيبي فنك : Ahmed Malek - La Silence Des Cendres

Sagittarius A*

@ chaque galaxie
il y a un cadavre d'étoile
siphon immense
de l'inconnu
effondré
sous son propre poids
qui forme
comme un puits
attirant toutes
 les matières
et même
la lumière
un trou ogre
mère et mort
dont on ne peut voir
que l'ombre
qui n'est pas vide
mais plein
et d'une gravité
 telle
qui est
tellement plein
et lourd
qu'il ne peut
que se remplir
encore 
et encore
de tout ce 
qui l'entoure
jusqu'à courber
l'espace-temps
modifier le temps
écraser l'espace
percer un trou
dans sa toile
par où s'engouffre
avalé
sans fin
toutes les matières
de l'infini
même
la lumière
s'en approchant
à partir d'une certaine distance
inconnue
de non-retour
que l'on appelle
son horizon d'évènement
le nôtre
lourd comme 
4 millions
de soleils
égout galactique
père  tombeaux
vortex utérus
pont tunnel
super massif
impossible à voir
ni à approcher
ni à pénétrer
a pour nom
Sagittarius A*

1/21/2019

L'éclipse de lune



Tu venais de fermer la porte et de monter dans  la voiture. Il n'était pas encore 7h du matin. 6 h45 peut être.  Derrière mes yeux engourdis flottaient encore ta silhouette, ta chevelure, ton odeur et ce jean qui te va Oulalalala tellement bien. La nuit était épaisse comme un coulis de mûre. Tu m'as rappelé pour me dire, "Il y a l'éclipse de lune dehors c'est trop beau. Va voir au dessus du magasin de pizza." Il caillait sévère. Suis allé voir dans la buée de mes chaussons et les chaussons de ma buée. Je l'ai vu. Elle était belle. Pleine et voilée. Sombre et glacée. Belle comme ton cul. On l'a aperçue ensemble, au téléphone, de loin. Toi dans les bouchons, moi le nez bouché. Tu m'as dit je suis contente j'ai vu l'éclipse. Moi aussi j'étais content. Mais à vrai dire je m'en fout un peu de l'éclipse. Je veux dire, j'aurais pu vivre sans. Alors que ta silhouette et le reste, Oulala non.