9/02/2014

La part des nuages - Un livre un jour


Immense plaisir d'être invité par Olivier barrot et sa délicieuse équipe de Un livre un jour. Il présente avec délicatesse et élégance La part des nuages qui vient de paraître chez Alma éditeur
Rendez-vous le 02 septembre à 17h20 sur France 3 !

8/31/2014

Blue print



De ce qu'il y a de plus 
que le bleu du ciel
dans le bleu du ciel

Le bleu qui plonge dans le bleu
qui vibre qui s'étale qui fonce

Le bleu qui porte la terre
à bout de bras
qui nous tire les cheveux

Le bleu qui nous tient la tête hors de l'eau
qui nous tient les yeux hors de la tête

Le bleu tête chercheuse
                    foreuse

épine dorsale
qui soude
nos dégringolades

Le bleu qui pousse 
au fond du trou

L'horizon de la flaque

Notre consistance
de ciel

8/29/2014

La Part des Nuages - Note de Lecture par ROGER LAHU -

On dirait que ça serait un roman. Parce que c’est écrit sur la couverture. Mais pas un roman façon gros bouquin à la Balzac ou Flaubert ou Proust. Plutôt un roman façon Brautigan, qui n’a jamais vraiment écrit de roman  en fait. On devrait dire , ça serait beaucoup mieux : « une histoire ». Alors c’est l’histoire d’un homme de 37 ans.  Il a passé de 4 ans l’age des crucifictions  et de 7 celui des rockeurs fauchés dans la fleur de l’âge.  Il se sent vieux. Il ne voudrait pas vieillir. Il résiste mal. Il se laisse aller. Il laisse aller. Sa femme dont il a divorcé. Son boulot merdique. L’entretien même sommaire de la maison. Ca lui pèse tout ça , ça le crucifie : plein de petits clous dans les mains et dans le cœur. Il pourrait bien se laisser mourir, on le sent, il pourrait se donner la mort, comme un rockeur de 27 ans. Se laisser couler.  Fin de l’histoire « this is the end , my beautiful end …. ». Mais il peut pas. A cause de Noé. Noé son chtiot gamin. Un peu aussi à cause d’Odile. Odile, une très vieille amie. Odile la tortue. L’enfant Noé c’est son arche dans le déluge. La fameuse arche d’ailleurs savez vous que ça n’était pas un  bateau, mais une sorte de très grosse boite. Un grand coffre-cabane en quelque sorte. Joseph  - c’est son nom à l’homme de 37 ans, à l’homme las -  il s’en est construit une de cabane, dans son jardin, dans un arbre. Il s’y réfugie. S’y terre comme un animal traqué. Avec des BD de son enfance : Rahan le superhéros préhistorique. Joseph (rappelez vous : c’est aussi, dans une autre histoire, une espèce de roman là encore,  le nom du père du crucifié à 33 ans) de sa cabane il regarde le monde s’agiter dans ses alentours et il pense : «ça ne me concerne pas ». il se rendort. Ou il fume des cigares et picole un peu.  Ou il regarde les nuages , « les merveilleux nuages »  qu’il aime beaucoup. Comme dans le poème de Baudelaire il se sent « étranger » au monde. Il ne parle plus la langue commune. Ne sait plus. N’a plus envie. Parfois il sort. Le monde à ses alentours alors le blesse, c’est tout en angles, en trucs pointus le monde. Il se cogne dedans. Ca n’apaise pas toutes les petites blessures de tous les petits clous qu’il a de planter partout, dans les mains, dans le cœur.  Mais une fois, en sortant, il fait une rencontre : un clodo  ex charpentier (Joseph aussi était charpentier, pas l’homme plein de petits clous, le père du crucifié à 33 ans).  Il s’appelle Robinson « chouette encore un naufrage » pense Joseph.  Avec Robinson, en pleine nuit il va grimper au sommet d’une église et regarder le monde de tout en haut. Presque à hauteur des nuages. Ca va le requinquer. De naufragé il était devenu gabier de grande hune : ça lui a fait souffler un air vivifiant dans la tête. On dirait qu’à la fin de l’histoire Joseph il irait mieux. Oh rien de spectaculaire façon happy end en technicolor avec violons et gros bisou baveux. Mais oui Joseph il ira mieux, il verra que « dehors est immense »  (moins coincé sans doute dans « l’espace du dedans », sorti de lui-même, décloué de ses croix) et « dans la vitre son reflet rit » .


8/28/2014

Là plupart du temps on le laisse là haut

Ils ne sont pas si nombreux les moments où l'on regarde vraiment le ciel. Les yeux dans les yeux, le blanc dans le blanc et le bleu dans le bleu. Lorsqu'on attend, longtemps, on va voir là haut, tout au fond, le grand rien nous faire des clins d'oeil. Lorsqu'on s'ennuie. Lorsqu'on fume, le corps lessivé par le jour, du goudron pour retourner vers les nuages. Lorsqu'on est très triste ou très en colère, qu'on maudit quelqu'un ou qu'on n'a justement plus personne à maudire. Le matin parfois, après avoir claqué les volets en grand, avec cette espèce de force enfantine, prêt à piétiner le désastre. Lorsqu'on est perdu, épuisé, au bout de la marche. Dans la ronde ivre de la fête. Lorsqu'on est loin du but. Lorsqu'on prie. Lorsqu'on pleure. Aux prémices de l'orage. A la quête du désastre. On sait ce que fait le chien quand il fixe l'horizon. Les oiseaux n'ont pas le temps, ils nagent déjà dedans. Les singes essaient parfois de le remplir de cris. Là plupart du temps on le laisse là haut, au dessus de nos épis, comme des fourmis qui se foutent du crépuscule.

8/26/2014

Nino Ferrer - L'Arche de Noé


La part des nuages Par Philippe Chauché




" Fantaisie de la littérature, apparition (ϕανταὓία) de l’art, ainsi naissent les romans et les poèmes de Thomas Vinau. Ecrivain du réel pris sous les éclats éblouissants de l’imaginaire, comme ces petites pièces que l’on fait tourner dans sa main, et qui une fois lancées à bonne hauteur, retombent et font jaillir en touchant le sol, des dizaines d’éclats romanesques, des aventures microscopiques. La part des nuages est l’apparition de Joseph et Noé, le père et le fils. Le détachement et la fuite dans  les branches comme une fantaisie que le narrateur prend à la lettre : voici un cerisier, j’en fais ma cabane, une arche, comme Noé ses châteaux de sable. Fantaisie de la fiction, apparition d’une tortue vagabonde, d’une flutiste appliquée, d’un clochard qui chatouille de son rire les orteils du céleste, Altocumulus de tristesse, voyage au bout de la nuit nuageuse accompagné d’écrivains boussoles. " La part des nuages - Thomas Vinau - Alma Editeur 

8/25/2014

Là où le chemin renonce


Là où le chemin renonce définitivement
où les arbres sont des pierres
où le ciel n'est plus rien
où la terre et la lune
ont finit de brûler
quelques perdants 
s'arrêtent
s'assoient
se taisent 
accueillent le désastre

8/23/2014

Plongé dans la nuit - Franf Kafka

"Plongé dans la nuit. Comme on penche parfois la
tête pour réfléchir, être entièrement plongé dans
la nuit. Tout autour, les hommes dorment. C’est
une petite comédie, l’illusion innocente de dormir
dans des maisons, étendus dans des lits en dur
sous des toits en dur, ou bien blottis sur des
matelas, sous des draps, sous des plafonds. En
vérité ils se sont tous retrouvés, comme jadis et
puis plus tard à nouveau, dans une région
désertique, un campement à l’air libre, un nombre
incalculable d’hommes, une armée, un peuple,
sous le ciel froid sur la terre froide, jetés là où on
avait été jadis debout, le front appuyé sur le bras,
le visage tourné vers le sol, respirant calmement.
Et tu veilles, tu es l’un des veilleurs, trouves le
suivant en agitant le bout de bois qui brûle dans le
feu près de toi. Pourquoi veilles-tu ? Il est dit
qu’un doit veiller. Qu’un doit être là"



Franz Kafka , Je combat ( 24 histoires fantastiques)
traduction et mise en ligne de Laurent Margantin
sur Oeuvres Ouvertes

8/22/2014

La question rouge

Le moment où
l'ultime peau de l'océan
se fait déchirer 
par la gueule ouverte
du requin qui surgit
Veux-tu habiter 
cet instant
avec moi
?

8/21/2014

Aujourd'hui en librairie : La part des nuages chez Alma - Ici ça va chez 10/18







 En ce joyeux 21 Aout 2014 parait mon nouveau livre La part des nuages chez Alma éditeur. Que Jean-Maurice de Montremy, Catherine Argand et leur équipe sachent qu'ils ont acquis pour l'occasion réserve illimitée de câlins à l'ours mal léché.

Double fierté et double léchouille puisque reparait en poche le même jour mon second roman Ici ça va chez 10/18, la maison o combien bénie qui m'a permis de découvrir dans ma cafouilleuse adolescence aussi bien Richard Brautigan, que Jim Harisson ou George bataille. Qu'ils en soient assurés de ma lippe éternelle.


Voilà pour les mercis. Je dépose à présent dans les mains de vos yeux mes petits mots mal peignés. J'espère qu'ils vous plairont. Amicalement. Thomas Vinau

8/20/2014

Ville fantôme


Le vent donne des coups de pieds
dans les tickets de caisse
qui voltigent comme buissons
d'Amarante blanche
parmi nos déserts fluorescents

8/19/2014

Derme



La peau
que tu laisses derrière toi
accrochée aux ronces 
aux pierres blanches
à l'écorce des branches
Ta peau diaphane
déchirée
trop étroite pour atteindre demain
Ta peau noire
légèrement toxique
Mue 
de mots

8/18/2014

NOTES POUR UN « Petit Traité du Trou » - par ROGER LAHU -1-

"(Pour thoams)

Quelle patience il faut pour tomber dans le mot « trou » !  Peu l’ont eu. Michaux, Kafka, qui d’autres ?

Aucun trou ne  ressemble à un autre. Tous unique.  Perles rares.

Chas d’une aiguille ou cratère géant de Sibérie : trou. Un trou , même le plus humble, est parfaitement trou. Que trou. Les montagnes sont beaucoup trop inattentives pour réussir  cet exploit.

Vertige du trou. Hypnose du trou. Appel du trou. Y résister ? e pericoloso spoghersi ?

Trou béant sans fond : l’enfance dont on dit se souvenir.

Donnez moi un trou je remplirai le monde.

Pour comprendre ce que te dit le trou il faut que tu te penches. Que tu ploies. Un homme raide n’a pas accès à la sagesse du trou.

A l’origine était le Trou. En sortit une voix qui dit : « maintenant essayez  donc de me remplir ! bon courage ! ». Et elle se tut. A jamais.

lundi 11 août 2014

(à suivre ?)"

S'arrêter


"L'enfer, c'est de ne plus pouvoir s'arrêter." Georges Perros - Papiers collés 3

8/17/2014

Haïku à la princesse qui rote (80)

bright-melophobia:

ryedragon:

inritum:

reblog and make a wish!this was removed from tumbrl due to “violating one or more of Tumblr’s Community Guidelines”, but since my wish came true the first time, I’m putting it back. :)

OH MY FUCKING GOD, IT’S BACK ON MY DASH.
THIS SHIT WORKS OKAY, I AM DEAD SERIOUS.
The last time I saw this on my dash, I didn’t think it would happen, so jokingly I wished I could go to a fun. concert.
AND GUESS WHAT, I WENT TO A FUCKING FUN. CONCERT.
THIS SHIT WORKS, TRY IT.

Je n'écris pas vraiment de haïkus
tu n'es pas vraiment une princesse qui rote
ta sueur n'est pas vraiment un sérum de vérité
mais les lions n'ont pas peur de la neige

8/16/2014

En bout de course

C'est probablement à cause
du réchauffement climatique
que des ours polaires traversent 
de plus en plus fréquemment
la mer qui sépare leur Groenland
des côtes Suédoises
Les hommes affolés 
voyant débarquer 
plusieurs ours blanc affamés
près de leurs maisons
sont obligés de les abattre
Certains Ursidés
usés hirsutes salis
effrayés amaigris
traqués déboussolés
 en bout de course
finissent par dissimuler
leurs regards désespérés
dans nos visages


8/14/2014

Tu es la dernière feuille du dernier arbre



Échouer là 
où le temps 
nous charrie

Tous les vaisseaux spatiaux
finissent en feuilles mortes

Un enfant sait arracher
les ailes d'une galaxie

Le vent te souffle jusqu'ici

Aimes-tu la nuit ?


8/13/2014

L'art suprême

 

"L'art suprême, ce qui manque à tant de petits maîtres, c'est de savoir donner sa langue au chat."
Christian Bobin


8/12/2014

Estivalisme et terrorisme

  1. Ta peau à la croque-sel 
  2. L'horizon on s'en moque 
  3. La nuit couche avec le jour tous les jours
  4. Pieds nus dans les caillasses
  5. Ton cul dans les glaçons
  6. Mécréantez mécréantons
  7. Armistice collatérale du melon au porto
  8. Les guêpes n'ont jamais eu de syndicat
  9. Demande à la lumière dans la poussière
  10. Kafka en claquettes

8/11/2014

Les trous

 " Il y a mille manière de cacher les trous. Une seule de ne pas les cacher : la poésie "
Georges Perros, Pour ainsi dire, Finitude




8/10/2014

L'ultime incipit

 

Il la tenait
sa magnifique 
première phrase
l'ultime incipit 
Camus et kafka
pouvaient aller
se recoucher
tout retournés
dans leurs cercueils
son futur roman
commencerait ainsi :
Allez tous vous faire enculer !

Mais fallait-il vraiment le continuer ?

8/09/2014

La part des nuages - extrait


(Source: weissesrauschen)

  "Joseph se demande en pointant son télescope vers le ciel noir comment s’appelle la dernière étoile à briller dans le ciel, celle qui arrive toujours trop tard. "  Thomas Vinau - La part des nuages - Alma Editeur - parution le 21 aout 2014