5/25/2016

Remise du Prix Littéraire Paca des Lycéens et apprentits Jeudi à Marseille





































Remise du Prix Littéraire Paca des Lycéens et apprentits demain à Marseille, Programme joyeux et chargé, heureux de retrouver tout le monde.

5/23/2016

Des crocs et des pétales

 Ton ventre gargouille de lumière. Les poubelles scintillent et le ciel résonne. Un homme tout seul, tout maigre, marche caché derrière sa moustache. Un autre se gargarise en entier dans sa gorge comme un pigeon gonflé. Pépé farine le boulanger courbé a du blé dans les sourcils. Quelqu'un a laissé trainer son parfum dans les rues vides. Comme elle semble loin loin celle là cachée derrière sa vitrine dans la lumière jaune des conventions obsèques. Mémé crème ouvre les volets, paire de claques sur la joue du jour. Un gros bras dans son tractopelle s'attaque tout seul à une rivière. Les poussettes en roulettes sur le goudron mouillé.  Des chiens ont faim et les pivoines sont ouvertes. Demain papa je mets mon short et ma nouvelle cicatrice. La nuit ce souvenir de pluie. Mes yeux dans l'aube qui se sont relevés par ta tresse mouillée. Des crocs et des pétales en tourbillons de vent. A ce soir mes amours, bonne journée.
http://66.media.tumblr.com/97d9816902b333c54c02535d48d9920d/tumblr_o76cddw2311r2sokso6_250.gif

5/22/2016

Poème en forme de spam









5/21/2016

Marché de la poésie de St-Sulpice les 10 11 12 Juin 2016

 

Je vais donc pointer ma fraise pour la première fois 
au Marché de la Poésie de St Sulpice à Paris 
entre le 10 et le 12 Juin 2016 

Pour ce qui est des rendez-vous fixés on pourra normalement se retrouver :

- Vendredi 10 Juin 2016  : de 17 à 19 h sur le stand  703 des éditions Les Venterniers / et des éditions La Nuit Myrtide

 - Samedi 11 Juin 2016 : de 16h à 17 h sur le stand des éditions du Castor Astral

- puis à 17 H sur le Stand 703 des éditions Les Venterniers pour la remise toute symbolique du Prix Ribot

- Dimanche 12 Juin  2016 :  De 14h à 15h sur le stand 209/515 des éditions Les Carnets du dessert de lune

- puis de 15h à 16h sur le stand des éditions du Castor Astral

- Au cours du week end un petit tour d'amour est également prévu sur le stand 109 des éditions du Petit Flou 

et si j'ai oublié certains de mes éditeurs présent qu'ils se manifestent

au plaisir

Cette nuit encore il ne s'est rien passé - bientot aux Editions du Petit Flou


De belles choses
d'encre et de plomb
se préparent aux éditions
du Petit Flou.
Merci Fabrice Feuilloley

5/20/2016

La fébrilité qui nous sauve

 Richard Balzer
A small sampling of the animated GIFs based on zoetropes and phenakistiscopes created by Richard Balzer that you will find on this tumblr and website.
As described in his website:
Nearly five hundred years ago European collectors...

Sans ce minuscule grincement
légèrement trop aiguë
à la limite du cri
lâché entre deux rayons
par un oisillon inquiet
la paix tiède de l'herbe
avait tout pour ressembler
à une bonne vieille sépulture

kingston jamaica, 1972


5/19/2016

"La compréhension de soi est une interprétation"

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« La compréhension de soi est une interprétation ; l’interprétation de soi, à son tour, trouve dans le récit, parmi d’autres signes et symboles, une médiation privilégiée ; cette dernière emprunte à l’histoire autant qu’à la fiction, faisant de l’histoire d’une vie une histoire fictive, ou, si l’on préfère, une fiction historique, entrecroisant le style historiographique des biographies au style romanesque des autobiographies imaginaires » (Paul Ricœur, Temps et Récit III 1990, p 138)









5/18/2016

Laisse faire les fleurs

 (By the Window   -   Jorde Lars  1891)


Pendant que minutieusement
nous nous entre-dévorons
 les jardins ne sont plus taillés
les lumières s'ensauvagent
la terre dévie de son axe 
les proies avec les pierres
inventent pudiquement
notre disparition 


( à Guillevic)

5/16/2016

" C'est un pont croulant, délabré" - Marco Lodoli

"(...) C'est ce que j'aime dans l'art, sa position entre le contingent et l'absolu. C'est un pont croulant, délabré. Au dessous il y a l'abîme, au dessus courent les nuages. Ce pont est la maison des artistes".

" Tous les hommes vivent dans la marge. Celui qui croit être au centre de l'histoire, de la vie, du monde est un imbécile. Nous devons tous mourir, par conséquent nous sommes tous miséreux. J'ai connu beaucoup de gens, ils m'ont tous semblés en danger. j'écris aussi pour me rassurer, jeme raconte des histoires qui m'aident à mieux respirer. "

Des passages de L'entretien avec Marco Lodoli. dans le dernier Matricule des anges.
Auteur italien dont je vais m'empresser de me frotter aux mots
publiés chez Pol et bien sur chez La fosse aux Ours.

La guerre de toi n'aura pas lieu


Comme Sophia 
et Marcello
finir comblé
dans les décombres

5/14/2016

L'ardoise - Remerciement - 76 clochards célestes ou presque

Les livres, les musiques, les chansons, les peintures, les dessins, les photos sont des portes qui ouvrent sur des portes qui ouvrent sur des portes, etc, Des fois on se retrouve derrière, un peu comme dans une bd de Marc Antoine Mathieu. J'ai écris les 76 clochards célestes ou presque pour régler cette ardoise comme dirait Djian des fils qui me tiennent debout. En plus des portraits d'amour de 76 de mes doudous tristes, Vous  trouverez à la fin deux pages de remerciements, parce que celui qui croit qu'il s'est fait tout seul est un con. Je les reproduis ci-dessous :



5/13/2016

Parution - 76 Clochards Célestes ou presque - Le Castor Astral - Mai 2016



" Le clochard céleste ne dort pas sous la cloche du ciel, il dort dans le ciel, directement. Il dort, mange, boit, chie du ciel, mais il sent toujours la bête, ce mélange d'étoile et de boue. Ces textes constituent une galerie de sales types, de déglingués et d'allumés, de borderline et bords de routes, à qui je ne confierais pas mes enfants mais qui ont plus d'une fois recueilli mon cœur malade derrière les ongles noirs de leurs mots, de leurs musiques, de leurs arts. Des hommes qui, en tombant, ont fait du bien aux autres. Des femmes qui ont sculptés, dans les sucs abjects de l'humanité, les doudous de nos petites nuits tristes. Ils n'ont pas renoncé. Ils n'ont la plupart du temps pas eu trop de chance non plus. Ils ont bringuebalés, sublimes et admirables, crevards dégénérés jusqu'à nos yeux blessés. Ils étaient peut être malades mais c'est eux qui nous ont soignés de beauté, la vraie, la pure, celle qui ne renonce à aucune réalité. " T.Vinau


Préface d’Éric Poindron. Dessin de couverture : François Matton.

Le projet est né de l’écriture d’une rubrique publiée sur le site Vents-contraires.net du Théâtre du Rond-Point.

"Une galerie de portraits d’artistes décalés, à la vie et au destin hors du commun. Ces textes d’hommage mêlent poésie du quotidien, souffle lyrique et humour. Un livre qui donne envie d’en savoir toujours plus sur ces artistes au destin souvent tragique."

Richard Brautigan - Arthur Cravan - Moondog - Walt Whitman - Robert-Louis Stevenson - Albert Cossery - Jean-Paul Clébert - Blaise Cendrars - Dan Fante - Roger Gilbert-Lecomte - Charles Bukowski - Skip James - Diogène de Sinope - Lester Young - Daniel Darc - Nicolas Bouvier - Chet Baker - Jehan Rictus - Billie Holiday - Syd Barrett - Norge - Neal Cassady - Jack London - Helno - Robert Wyatt - ...

Le Podcast du NOVABOOKBOX qui lui est consacré (Merci Richard Gaitet) : à réécouter là

Eden Ahbez, un de mes Clochards Célestes


5/11/2016

Au firmament des traîne-savates - 76 Clochards Célestes ou presque - Nova Book Box

Au firmament des traîne-savates

76 clochards célestes célébrés par Thomas Vinau, avec Moondog, Jules Renard ou Gonjasufi.

Au firmament des traîne-savates

"MERCREDI 11 MAI - de 21h30 @ minuit sur Radio Nova
« Militant du minuscule », le poète et écrivain français Thomas Vinau rassemble dans 76 clochards célestes ou presque, en librairies dès demain, une galerie de brefs portraits d'artistes qui lui ont troué le coeur. Des « blessés fidèles à leurs blessures ». Des « inconsolés qui consolent ». Des « vents-debouts dans la défaite ». Des gratte-papiers, mais aussi des sort-les-pinceaux et des pousse-la-chansonnette. Des très connus (Bukowski, Chet Baker, Jack London, Billie Holiday), des super-Nova (Gil-Scott Heron, Moondog, Alain Peters, Lee Scratch Perry), mais aussi et surtout des qui restent encore, pour la plupart d'entre vous, à rencontrer. Gonjasufi. Robert Walser. Karen Dalton. Aguigui Mouna. « Des hommes qui, en tombant, ont fait du bien aux autres. Des femmes qui ont sculpté, dans les sucs abjects de l'humanité, les doudous de nos petites nuits tristes. Ils n'ont pas renoncé. Ils n'ont la plupart du temps pas eu trop de chance non plus. » Du nectar de scoumoune et d'ongles noirs, de quoi concocter un menu sept étoiles pour l'épiphanie vocale de ce soir.
« Ne vous rabrouez point, je ne suis pas un courtisan, je suis un fantassin électrique, un collectionneur de poussière, un arrière-goût, un pousse-mégot, une impression », écrit Vinau dans une lettre adressée à l'un de ses « sauveurs », Pierre Autin-Grenier, qui racontait des histoires de « chiens mourants, de fantômes encordés, de diamants dans les flaques des rues ». Au firmament des traine-savates, allons nous éclairer.
21H40 Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque (« Aguigui Mouna »).
22h00 Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque (« Jules Renard »).
22H15 Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque (« Pierre Autin-Grenier »).
22H40 Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque (« Karen Dalton »).
23H00  Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque (« Robert Walser »).
23H20Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque (« Mark Linkous »).
23H40 Thomas Vinau, 76 clochards célestes ou presque (« Gonjasufi »).
Lectures habillées par Alexandre Girard." 

Ce soir Richard Gaitet me met à l'honneur de sa Book Box sur Radio Nova. Gracié millé !

5/09/2016

Heureux comme des pierres



Sur Neptune  
le printemps dure
quarante-et-un ans
 Nous pourrions vivre là bas
heureux comme des pierres 
entre vent solaire
et tempêtes de diamants
Une fois nos questions 
bien trempées
dans les mers en mercure 
Une fois nos coeurs criblés
de météores perdues
tout serait prêt pour y dormir
 les uns contres les autres
pour des hivers 
de quarante-et-un ans


5/07/2016

Tout va bien



Tout va bien
le vent souffle
vous êtes partis
à pieds au marché
le bébé dort
le matin grimpe 
le jour tient
il ne se passe rien 
Tout va bien 
j'écosse des 
petits pois frais
parfois le vent 
soulève la nappe
un papillon 
dans le lila
et voilà


5/06/2016

Biberon en fonte

 

Je te porte
du bout des bras
je m'accomplis
humain tout entier 
dans l'amour 
et la tendinite


5/03/2016

à deux doigts

Ma douceur ma princesse
ma petite fleur de pivoine
c'est vrai que sur ce coup
on a vraiment eu chaud aux fesses
un peu plus et nous étions bon
pour violer toute cette innocence
et bousiller toute cette beauté
Imagine ! c'est comme ça
que le bordel a commençé
guillerets comme pas deux
après un week-end d'amitié
et de rosé bien frais
nous vaquons au vide-grenier
du club rugby sous le soleil
d'un samedi d'Avril
et voilà qu'un trésor maudit
me tombe tout chaud dans la poigne
pour deux euros modiques
Oh que oui qu'elle est vieille
me dit la vieille qui me tend
la tocante en question
et voilà l'affaire scellée
à deux doigts je te le dis
un soleil en ivoire
et des chiffres en argent
bracelet usé en cuir
bordel quand j'y pense
on aurait pu si vite
gâcher la tendre poésie
de notre vie  au smic
dans des croisières marbrées
et des piscines d'alcool blanc
on a eu chaud aux fesses
Montre en plastique
made in china
(qui m'apprend au passage
que Genuine leather
n'est pas une marque de luxe
et veut dire cuir véritable)

heureusement que j'étais là !





5/02/2016

Infirmerie

 



C'est si grand un matin
tellement petit un lundi
qui se déploie comme une armée
regardez bien et vous trouverez
assis tout au bord du jour 
les estropiés de la nuit
enfant récalcitrant
lézard frigorifié
chat affamé
pigeon blessé
et quelques gueules rougeottes
abîmées et tremblantes
la peau de leurs visages tendus
vers les petites mains d'infirmière
du soleil

4/29/2016

L'enfant et la rivière

 Envie d'être l'enfant
la rivière et la barque
le feu
la nuit 
et les bohémiens
Envie d'être 
la fuite
la berge
la gorge 
rebondissante
de la première grenouille
sous la dernière lune

"Je m'enveloppai d'une couverture et je me couchai au fond du bateau. Dès lors, j'attendais mon destin. Je savais bien que c'était là ma dernière nuit de sommeil dans le monde des eaux dormantes. Aussi, je voulais la dormir comme j'avais dormi les autres, allongé sur le dos, dans le fond de ma barque, respirant à travers les planches l'odeur nocturne de l'eau douce, d'où je tirais, malgré la menace des songes, tant de paix, tant de repos." Henri Bosco L'enfant et la rivère

4/28/2016

Photo de famille

 (via wildfellhallpattern)

Le lendemain
les poils de chiens
les maux de crâne
le chocolat
l'herbe mouillée
les jouets cassés
en forme
de souvenirs

T. Vinau


4/26/2016

à contre courant

Le sillon argenté
de six canards 
à la queu leu leu
dans le courant merdeux 
me donne suffisamment 
d'élan
pour me cogner 
contre le vent

4/25/2016

Et quelquefois j'ai comme une grande idée - Ken Kesey - MonsieurToussaintLouverture





J'ai l'impression que j'ai un des plus grands livres du monde entre les mains !!!


le début :
"Dévalant le versant ouest de la chaîne côtière de l’Oregon... viens voir les cascades hystériques des affluents qui se mêlent aux eaux de la Wakonda Auga. Les premiers ruisselets -caracolent comme d’épais courants d’air parmi la petite oseille et le trèfle, les fougères et les orties, bifurquent, se scindent... forment des bras. Puis, à travers les busseroles et les ronces élégantes, les myrtilles et les mûres, les bras cascadent pour fusionner en ruisseaux, en torrents. Enfin, au pied des collines, émergeant entre les mélèzes laricins et les pins à sucre, les acacias et les épicéas – et puis la mosaïque vert et bleu des sapins de Douglas –, la rivière en personne franchit d’un bond cent cin¬quante mètres... et là, regarde: voici qu’elle prend ses aises à travers champs.
Vue de la grand-route en surplomb du rideau d’arbres, elle est d’abord métallique comme un arc-en-ciel d’aluminium, un long copeau d’alliage lunaire. De plus près, elle se fait organique, vaste sourire liquide aux gencives hérissées de pilotis brisés et pourrissants, l’écume aux lèvres. D’encore plus près, elle s’aplanit pour devenir fleuve, aussi plate qu’une rue, grise comme du ciment et tout entière faite de pluie. Aussi plate qu’une rue tout entière faite de pluie, même au plus fort de la saison des crues, en raison d’un chenal si profond et d’un lit si érodé: nul bas-fond pour créer des rapides refluant à contre-courant, nul rocher pour agacer sa surface... rien qui indique le mouvement sinon les grumeaux d’écume jaunâtre tourbillonnant au vent dans leur dérive vers la mer, et les troncs dressés de bosquets noyés que le flot noir et silencieux fait ployer, tendus et tremblants.
Une rivière lisse, d’apparence calme, qui dissimule le cruel biseau de son courant sous une surface lisse... apparemment calme.
La grand-route longe sa rive nord, et les corniches, sa rive sud. Aucun pont ne l’enjambe sur ses quinze premiers kilomètres.
Et pourtant, là-bas, côté sud, une vieille bicoque à un étage repose sur une structure bigarrée de métal enchevêtré, de bois, de terre et de sacs de sable, tel un échassier emplumé de bardeaux, fièrement assis dans l’enchevêtrement de son nid. Regarde...
La pluie passe en nappes devant les fenêtres. Elle se mêle à la fumée vaporeuse qui monte d’une cheminée de pierre moussue vers un ciel en pente. Le ciel ruisselle de gris, et la fumée, de jaune mouillé. Derrière la maison, là-haut à l’orée broussailleuse de la montagne, ces couleurs se fondent dans la masse venteuse si bien que le coteau lui-même dégouline d’un vert boueux.
Sur la rive nue entre le jardin et le bord bourdonnant de la Wakonda, une meute de chiens piétine sans répit, gémissant d’une frustration froide et brutale, couinant et aboyant après un objet qui pendouille hors d’atteinte, qui s’entortille et se détortille au-dessus de l’eau, se balance, roide, au bout d’une ligne nouée à l’extrémité d’une grande perche en bois de sapin qui dépasse d’une fenêtre à l’étage de la maison.
S’entortillant puis, après un temps d’arrêt, se détortillant dans les bourrasques de pluie, à deux ou trois mètres au-dessus du flot rapide, un bras humain, attaché par le poignet (rien que le bras, regarde bien) et déchiqueté à hauteur d’épaule, exécute des pirouettes compliquées, comme mû par une danseuse invisible devant un public fasciné (rien que le bras, qui tourne, là, au-dessus de l’eau)... spectacle à l’intention des chiens sur la rive, de cette satanée pluie, de la fumée, de la maison, des arbres et de la foule qui crie, excédée, depuis l’autre côté de la rivière: «Stammmper! Va pourrir en enfer, Hank Stammmmmper!»
Et à l’intention de tous ceux qui auraient envie de regarder."