2/20/2020

Rencontres/lectures - 5, 6, 7 Mars 2020 - Lille


Joie de retrouver bientôt le Nord, pour trois jours de rencontres sous l'égide des deux Saint François de la poésie, François-Xavier Farine et François de Cornière ...

2/16/2020

De quelle couleur sont les souvenirs ?


Le vent agite la banderole  
Joyeux Anniversaire 
oubliée dans la grisaille 
voilà un bon moment
 qu'il n'y a plus personne
les couleurs 
qui s'effacent dans le silence
 remuent tout doucement
et ça fait comme
 des souvenirs 
de cris d'enfants

Une bonne semelle et une bonne vue

Thomasvinau

Tu cherches un trèfle à quatre feuilles et voila que tu marches sur une crotte de chien. La réciproque arrive mais c'est plus rare, tu cherches une crotte de chien et voila que tu marches sur un trèfle à quatre feuilles. l'essentiel bien sur dans les deux cas est de s'en rendre compte.

Je sais le goût de vivre

_ As-tu déjà sauté en parachute ?

_ Non. Mais j'ai croisé la mort et je connais l'amour.

_ Vu la Muraille de Chine, le grand Canyon, le Taj Mahal ?

_ Non. Mais j'ai croisé la mort et je connais l'amour.

_ Savouré la came et les putains, la vie de pirate, la vie de marin ?

_ Non. Mais j'ai croisé la mort et je connais l'amour.


_ La gloire et la fortune, la guerre et la victoire ?


_ Non. Mais j'ai croisé la mort et je connais l'amour.


_ Caressé un dauphin, fait danser un serpent ou terrassé un lion ?


_ Non. Mais j'ai croisé la mort et je connais l'amour.


_ Aurore boréale, banquise, volcan ?


_ Non. Mais j'ai croisé la mort et je connais l'amour.


_ Des pouvoirs d'empereur, des servitudes d'esclave ? 


_ Non. Mais j'ai croisé la mort et je connais l'amour.


2/12/2020

Recommencer à jouer


Sans force et sans courage
je regarde la lune s'effacer doucement
le jour n'a rien prévu pour nous je crois
j'étale des couleurs parmi les sentiments
au cas où je m'y trouverais je jette un œil derrière les portes closes
le temps est un quignon et nous sommes des lapins 
aux dents qui poussent
qui poussent  qui poussent
les enfants toussent ils jouent avec des tigres 
doux comme la peau de leurs joues
on dirait des adultes avec leurs questions
qui ne servent à rien 
la lune non plus ne sert à rien
et la douleur à quelque chose
alors autant rester du côté 
de ce qui ne sert à rien
là bas les camions dansent
et après c'est bien pire
les violettes transpercent la terre gelée
les araignées tissent des rayons entre les arbres
hier personne n'a sauvé le monde
enfin je suppose
j'ai lu des milliers de vers 
ils ont disparu de ma mémoire
et sont restés dans mes entrailles
comme un souvenir de printemps 
qui grouille délicatement
ça y est la lune aussi a disparu
le vent est froid les hommes pressés
on peut recommencer à perdre
on peut recommencer à jouer
avec les couleurs et les tigres
la peur et les portes closes
les cymbalaires et les camions 
et les souvenirs de printemps
qui grouillent délicatement



2/08/2020

Sa part de nuages

- Une tête de popotam (avec une grosse corne)

- Un navire de pirate sans pirate

- Un dragon dessiné par les hommes de Cro-Magnon

- Les animaux de Power Rangers (des dinosaures quoi)

- Pikatchu sur un lion qui mord le soleil

- Un hélicoptère 

- Un lézard sur son trône en mousse

Jojo, 5 ans voit ça dans les nuages ce jour à 15H28

Je crois que l'univers a un ongle incarné

 

Les oiseaux mangent comme des cochons
est-ce à dire que parfois
les cochons mangent comme des oiseaux

On me dit que j'ai du cristal
dans la glande pinéal

Pendant ce temps
le vert plat 
envahi
le monde

Il n'est que 8h28 
et la vie est un vaste champ de mine
rempli de fraises flagadas

2/06/2020

Et les "joyeux" y suspendaient leurs musettes

Aucune description de photo disponible. 
(Paroles de Poilus, Librio coédité par radio-France)


Chaque matin je lis une lettre de poilu
 et puis je renonce à essayer d'écrire
 et puis j'écris

2/05/2020

Memento mori


 

L'air brille
comme une fleur d'amandier
sur le dos des mots
éparpillés par le vent
une nuée de carreaux d'arbalète
vient picorer 
toutes ces miettes 
ensoleillées
combien de morts
dansent joyeux
à cet instant
dans le vide
plein de vie

1/31/2020

Quand je serai grand je serai un ours en hybernation


Je m’empatte
je m'endors
j'me boulotte les réserves
j'me ramollis gentiment
non seulement je glande rien
mais en plus je le fais tout doucement
et là dessus parfois j'pousse un petit grognement

On est pas loin de la perfection

1/29/2020

D'Angelo - Unshaken (Official Audio)

Alaska toussa toussa


On va manquer de bois 
et l'hiver n'est pas prêt d'être fini
on a des photos sur le frigo
et des souris dans le placard
on a des virus plein les doigts
et des livres plein les étagères
on a tous ces souvenirs qui ne servent à rien
toutes ces envies qu'on n'a mis qu'une fois
on a un sac de survie plein à ras bord
de couteaux qui ne coupent pas
de haches qui ne hachent rien
de bouts de cordes coupés
de bouts de métal doré
on a des poix chiches 
et des poix pas chiches
des poux et des plaies
tout mignonnets
un fantôme
qui a un peu trop soif
des chardons en bouquet
deux machines à écrire
qui n'écrivent plus rien
des épis
des cauchemars
des lits sales et douillets
et des cynorhodons givrés
on est pas trop mal loti
ça tiendra surement
sans chasser l'orignal
ou dépecer l'ours
ou couper la forêt
mais impossible 
de savoir vraiment
quand l'hiver finira

1/26/2020

?

 (Phil Donohue)


La vie pour toi
 c'est plutôt un escarpin 
dans une crotte de chien 
ou un colibri
dans un chausson de mami

1/25/2020

Flavien Berger - Dyade

Je suis une salle d'attente la nuit dans un aéroport désert


(bonaventure hotel, john portman, 1976 | downtown los angeles, california)


Je vais acheter un fusil
ou caresser une fourmi
j'hésite

je ne crois en rien
enfin je crois

je suis d'accord
enfin peut être

j'ai envie
plus ou moins

vous me saoulez
je vous aime

1/21/2020

"Nous sommes un énorme troupeau de formidables douleurs"



Parfois je pense que l'inaction me sauvera de la mort. Voir le temps passer, le regarder en face, de loin, devant. D'autres fois bien entendu je pense l'exacte contraire, faire pour ne pas disparaitre. Dans les deux cas, et même entre les deux, je vis sans trop comprendre comment ni trop savoir pourquoi. Ou bien disons que ma vie passe. En gestes et en mots, en actes et en poèmes, elle passe. Et voilà qu'une bonne moitié est derrière, il fait beau et froid, j'ai le nez qui coule et des ampoules aux pieds. Je suis bien content, ce matin, qu'il fasse beau et froid, d'avoir le nez qui coule et des ampoules aux pieds. Rien ne nous sauvera et rien ne durera, mais ce n'est pas grave. Tu étais belle quand tu es partie dans la nuit en te moquant de moi. Une rose couleur de peau s'ouvrait ce matin dans le givre de janvier. Ses hanches et ses pointes défiaient l'atrocité. Le café a bon goût jusque dans mon nez lorsque j'éternue.Une entorse au majeur m'interdit les  doigts d'honneur, je me sens tout nu. Je vais ranger la chambre et changer les draps des enfants, une belle fusée de Tintin dans l'espace étoilé. Ils ne méritent pas moins. Ce matin, en courant vers l'école, le plus grand s'est pris une gamelle de tous les diables. Il s'est relevé rouge et soufrant, debout, en contenant ses larmes devant les autres. Il était beau comme un homme, pas parce qu'il ne pleurait pas mais parce qu'il était plus grand que sa douleur. Il m'a ému aux larmes, et je suis bien heureux d'être capable de pleurer de fierté.  Je lis plus tard cet extrait du journal  d'Henri Aimé Gauthié, un poilu inconnu qui finira limonadier : "Par hasard en levant les yeux, j'aperçus une fillette jolie et mièvre un peu... A voir ses yeux émus et admiratifs, j'ai compris que sans doute nous étions beaux... et grands. Nous allions par là-bas, où l'on meurt, où l'on est défiguré, haché, déchiré... et nous y allons... au pas, au son des cuivres aigus... Nous portons dans nos cartouchières la mort. Nos fusils tuent. Nous sommes forts et doux peut être. Nous sommes une bête formidable qui pourrait broyer cette enfant, sans la voir, sans entendre ses cris et sa plainte. Son admiration est une vague d'effroi et de piété. Nous sommes un énorme troupeau de formidables douleurs... Nous sommes un rempart des joies de l'amour, du bonheur... Sans accepter cette tâche, nous mourrons pour elle... Peut être cette enfant ignorante, naïve, coquette, ne l'a-t-elle pas compris. Mais elle l'a senti..."

1/20/2020

Dessus ma tête



 (woman under blue tarp | los angeles, california, ig: phdonohue)



Dessus ma tête 
il y a un nid
un nid géant
et dans ce nid 
il y a un trou
un trou géant
et dans ce trou
le ciel qui bat

1/18/2020

Marcello Négro (le retour)


 Dans les questions 
que les chiens 
ne posent plus

Sur la peau frémissante
des flaques 
ayant bu tout le ciel

derrière le flou 
des âmes
qui ne refusent pas 
le vague

Par l'orbite furieuse
des crânes en fumée

dans la douleur de l'usure
et l'usure de la douleur

au bord des silences
toujours prêts
à danser

après la tempête
après le calme 
après

à la morgue des fleurs 
des abeilles
des guêpiers

sur la route déserte
aux milles barricades

dans le vide qui s'évente qui fait pffuit

jeté 
par la fenêtre
comme une poignée de faux  billets

au ventre humide
des volcans

lorsqu'un enfant ne sait plus 
où il est
lorsque la nuit ne sait plus
 qu'elle est la nuit
puisqu'on ne vit qu'une seul fois
alors qu'on meurt tout le temps

au fond du trou
il y a une scène
et sous la scène
il y a un trou

C'est là 
que Marcello négro
 se cache 

qu'il vient 
à notre rescousse

pour ne sauver

personne


1/16/2020

Jouer encore

Je trie je retape je rénove
je ponce je coupe je perce
je range j'emménage je décore
je nettoie je vide je jette
je coupe je casse je répare

je concentre mes gestes
mes intentions
mes goûts

de temps en temps
je me blesse
ça m'occupe

j'essaie de construire quelque chose
d'améliorer quelque chose
de le mettre en valeur
de lui trouver une place

il faudrait faire pareil
avec les mots
et les émotions

des gestes
à défaut de

perce un trou
pose un cadre
rebouche un trou

fouiller
chiner
refaire la déco
remplir

puis balancer à la poubelle
de grandes brassées
d'inutile

combattre
le vide
par le vide

parfois
par la fenêtre
je m'habille
d'une allure d'oiseau

de la couleur
d'une baie empoisonnée

je suis le rythme
du chien
du ciel
des enfants
des autres

je sors couper du bois
tailler une haie
une fleur
un arbre

ou bien je suis une route
marche en regardant le sol
mes pieds sur le trottoir
les mauvaises herbes

peut être que je vais me perdre
peut être que je finirai par voir quelque chose

qui sait

je ne sais plus
comment
habiter

mais qui sait

quelqu'un
un jour
a t il su comment habiter

si la question se pose
c'est qu'on est déjà du bon côté
de la hache

peut on savoir
ce qui nous manque
avant de le perdre

 il m'est déjà arrivé
de réparer

il m'est déjà arrivé
de créer

il m'est déjà arrivé
de sauver

il m'est déjà arrivé
d'aimer

 alors

devant moi mon fils joue
et je l'admire
il est plein
de ses gestes
de ses rêves
de ses rires
de l'histoire qu'il invente

il est entier
minuscule
à côté de la plaque
hors du monde
et sublime

il n'y a pas d'autre façon
 de vivre

que d'être entier
minuscule
à côté de la plaque
hors du monde
et sublime

c'est pourquoi j'écris ce poème
c'est pour jouer encore
même immobile
même en morceau
même à moitié
même grignoté
par l'absence
par la peur

même en n'étant
qu'une ombre

c'est pour jouer encore

à être entier

minuscule

à côté de la plaque

hors du monde

et sublime







1/15/2020

La beauté quelle enculade - Extrait de Fin de saison (à paraître en 2020...)


(...)
Un rayon, ou presque. Un minuscule rayon qui traverserait les nuances grises de la décomposition galactique, pourfendrait l'espace et le temps, le vide et le néant, la souillure et la destruction pour créer les couleurs. Et voilà qu'un arc en ciel s'invente ou qu'un jour se lève. L'aube putain, c'est incroyable. Ces milliers de vapeurs de nuances. Ces mailles d'éclats célestes. Ces mécaniques dansantes de nuages et de lumières. Combien de colories dans une aube ? Combien de chefs-d’œuvre dans une aile de papillons. Et à chaque fois ça marche. Chaque putain de jour ça marche. On lève la tête du bidet sans faire exprès et nous voila ébahi, ragaillardi, conquis et conquérant, combattant, consentant. Exister ? oui merci, tu rigoles, regarde moi ça comme c'est beau ! Le jour se lève, j'ai la dalle, c'est parti mon kiki. C'est bien conçu cette saloperie. La beauté, quelle imposture suprême, Nom de dieu, quelle dégueulasserie de merde. Faut vraiment être une putain de bestiole dégénérée pour se faire avoir à chaque fois par ce genre de carotte. Comme si un asticot en train de gigoter dans une charogne se disait Ho mais c'est magnifique ! C'est de toute beauté ! La mort aussi goupille ses sublimes paysages. Un champ de bataille givré au matin ça a de la gueule. La lumière qui traverse les cadavres figés par la glace c'est pas dégeu. Et je suis sûr que des aurores incandescentes se sont levées à un moment ou à un autre sur Auschwitz. La beauté quelle enculade. Et pourtant. Un rayon, ou presque. Un sourire. Un souvenir. Un tableau. Il reste deux pour cent de batterie. Le téléphone va s'éteindre. De toute façon il n'y a pas de réseau. Ce n'est pas de perdre la possibilité d'entrer en contact avec l'extérieur qui me trucide le coeur. C'est cette image en fond d'écran sur laquelle j'use mes dernières larmes. Leurs silhouettes à contre jour sur la plage, le clair obscur de leur peau, la mer en argent. Le soleil allait se coucher, nous étions les derniers et le sable était chaud. Je m'étais dis c'est beau, s'ils gardent la beauté de ce moment en eux toute leurs vies, alors ils seront sauvés pour toujours. C'est la seule chose qui peut nous sauver. Le rhum ça rend lyrique. Quelle enculade. Mais y'a rien à faire, même ici. Dans les remugles de la fin. C'est la seule chose qui m'empêche de me crever.
(...)

1/12/2020

Anthologie - Printemps des poètes- Janvier 2020


"Dédiée aux regrettés Michel Baglin, Marie-Claire Bancquart et Antoine Emaz disparus en 2019, cette anthologie rassemble plus de soixante-dix poètes francophones contemporains autour du thème du Courage.

Nous, avec le poème comme seul courage, se veut un témoin de l’éclectisme de la création poétique actuelle. Ici, aucun courant poétique ni aucune doctrine littéraire ne font la loi.
C’est la curiosité et la diversité qui l’emportent sur le dogme."

Les auteurs


José Acquelin, Adonis, Laurent Albarracin, Guy Allix, Michel Baglin, Marie-Claire Bancquart, Olivier Barbarant, Linda Maria Baros, Rim Battal, Tahar Ben Jelloun, Zéno Bianu, Daniel Biga, Ismaël Billy, Claudine Bohi, Isabelle Bonat-Luciani, Alexandre Bonnet-Terrile, Nicole Brossard, Tom Buron, Caliciuri dit Cali, Laure Cambau, Jean-Pierre Chambon, François de Cornière, Cécile Coulon, Fabienne Courtade, CharlÉlie Couture, Seyhmus Dagtekin, Jacques Darras, Séverine Daucourt, Michel Deguy, Patrice Delbourg, Saleh Diab, Kim Doré, Ariane Dreyfus, Sylvie Durbec, Antoine Émaz, Marie Étienne, Daniel Fano, Marc Feld, Michelle Finck, Jean Marc Flahaut, Brigitte Fontaine, Violaine Forest, Laurent Gaudé, Albane Gellé, Jean-Louis Giovannoni, Guy Goffette, Cécile Guivarch, François Heusbourg, Cécile A. Holdban, Charles Juliet, Natasha Kanapé Fontaine, Vénus Khoury-Ghata, Abdellatif Laâbi, Mélanie Leblanc, Yves Leclair, Yvon Le Men, Cédric Le Penven, Anne Lorho, Sophie G. Lucas, Philippe Mac Leod, Aksninia Mihaylova, Marie Modiano, Emmanuel Moses, Antoine Mouton, Carl Norac, Lydia Padellec, Serge Pey, Éric Poindron, Joseph Ponthus, Jean-François Poupart, Florentine Rey, Valérie Rouzeau, James Sacré, Florence Saint-Roch, Sapho, Éric Sarner, Chloé Savoie-Bernard, Jean-Pierre Siméon, Jean-Luc Steinmetz, Frédéric Jacques Temple, André Velter, Laurence Vielle, Thomas Vinau, Pierre Vinclair.

#Dimanche

On se lève 
fatigué
grand beau ciel
tiens toi droit
tiens toi
tiens
debout
dans les bobos