4/19/2014

J'ai failli tomber dans le mot

Enfant, j'ai failli tomber dans le puits. Une fois grand, j'ai failli tomber dans le mot "éternité", et aussi dans pas mal d'autres mots : « amour », « espérance », « patrie », « Dieu ». A chaque mot franchi, j'avais l'impression d'échapper à un danger et d'avancer d'un pas. Mais non. Je changeais seulement de mot et c'est cela que j'appelais délivrance.
  • Alexis Zorba (1946), Níkos Kazantzákis (trad. Yvonne Gauthier), éd. Plon, 1954, p. 196






La Durance

Ses pastels souillés
grand bouillon sale
de craies d'écoliers

4/16/2014

J'ai pas envie d'écrire
sûrement pas de travailler
encore moins de sourire
seulement rester là
de loin de très loin
comme derrière une vitre
à voir les chiens passer
dans la lumière sale

Mama Béa Tékielski Les pissenlits


4/15/2014

De ne pas oublier

« De ne pas oublier que la première apparition publique d'un drapeau noir date de 1883 et qu'elle ne doit rien au pavillon corsaire, ni à quelque symbole satanique ou rituel de deuil, mais à l'obscur jupon brandi au bout d'un manche à balai par Louise Michel lors d'une marche de chômeurs, ce haillon de hasard étant censé contourner l'interdiction faite depuis l'insurrection communarde d'agiter le moindre chiffon rouge. »
extrait du très bon livre Souviens moi d'Yves Pagès

(pour Pierre)

(Woman with Flag (Mexico City) by Tina Modotti, 1928)

Ne me secouez pas

ça englue ça angoisse ça colle à la peau des rêves ça part pas ça revient ça te rattrape ça t'infuse ça se propage ça te saccage ça te colore sans couleur ça t'imbibe ça te fatigue ça te suce ça t'efface ça te carnage ça te froisse ça te poisse ça te dégoutte ça t'envahis ça te ravage ça te piétine ça ricane ça remugle ça coupe les jambes ça étouffe ça énerve ça te rempli de merdes ça te rempli de nerfs ça te remplie de larmes ne me secouez pas je pense à P.A.G


4/14/2014

Fleur de pissenlit (Teaser)

Il s'agit de se trouver un refuge où décrotter ses yeux et réanimer ses rêves. Construire un radeau de fortune pour gribouiller l'orage et attendre le déluge. Il s'agit de traverser la nuit avec l'obstination placide d'une tortue qui cherche sa première fleur de pissenlit. C'est un voyage long et périlleux parfois, aussi laborieux qu'insignifiant, d'atteindre sa première fleur de pissenlit.

Lettre poème de Claude Billon à propos de ma Lettre à Jules Mougin dans Décapage n°49

























Un grand merci, Claude, pour ce bonheur partagé !

4/13/2014

C'est le printemps


 

 
The Fountain (2006)

La taille des membranes (3)




Peut être que Richard Brautigan
ne pouvait jamais réellement
fermer les yeux





Même en buvant des litres
de mauvais whisky





Même en transformant son ranch
en cercueil



Même en tirant
sur la lune
 


Ceci explique cela



 Je n'ose imaginer
l'épaisseur
de son coeur.

 

(Ce poème hommage à Richard Brautigan fait partie d'un joli petit livre collectif de 2010 chez Gros Textes. Banlieue de Babylone. )

4/12/2014

Aujourd'hui je pleure


Pierre Autin-Grenier


Pierre lit un de ses textes pour Le Matricule des Ages : 

Ma lettre ouverte adressée en 2009 :  
http://www.ventscontraires.net/article.cfm/11148_lettre_ouverte_a_pierre_autin-grenier.html

Le soleil me casse les yeux
Les oiseaux me cassent les oreilles
je crache mes larmes et je m'accroche au rire de mon fils pour atteindre Pierre

Manger les pensés comme des fleurs

L'appétit 
plutôt que 
la pétoche

Exposition - Rencontre - Signature - La Bête - S. Lobato/ T. Vinau - Le Réalgar - Le 12 Avril

La Galerie le Réalgar vous informe de l'exposition :
La Bête


Peintures et dessins de Sylvie Lobato

Du 5 Avril au 16 Mai 2014
Vernissage le 12 Avril à partir de 18h

A l'occasion du vernissage, Thomas Vinau dédicacera :
"La Bête",
nouvelle éditée aux Éditions le Réalgar

La Galerie est ouverte le mercredi, jeudi et vendredi de 14h00 19h00 et le samedi de 14h00 18h00 et sur RDV

Adresse: 23 rue Blanqui, 42000 Saint Étienne, www.lerealgar.com
Éditions:  www.lerealgar-editions.fr
Contact: Daniel Damart  0687602234, lerealgar@gmail.com

4/11/2014

La taille des membranes (2)

(...)



Du coup
il ne pouvait jamais complètement
fermer les yeux



N'importe qui
même le dernier des salopards
sait à quel point c'est nécessaire
de pouvoir parfois fermer les yeux


Le monde est surchargé de couleurs
de poussière
d'éclairs






Le monde a besoin de se reposer
le monde a besoin de paupières
épaisses comme des crêpes au beurre





Le monde a besoin de grosses paupières
et de larmes bien chaudes
pour se nettoyer les yeux

 (...)


(Ce poème hommage à Richard Brautigan fait partie d'un joli petit livre collectif de 2010 chez Gros Textes. Banlieue de Babylone. )

On dit d'un fleuve...


"On dit d’un fleuve emportant tout sur son passage qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent." Bertolt Brecht

4/10/2014

La Taille des Membranes (1)



Ce n'est pas une question de taille
ni de longueur de cheveux
ni de forme de moustache


Peut être
qu'un certain nombre de destins
dépend de l'épaisseur
des paupières


Il existe à coup sur
autant de variétés de paupières
que de cailloux au fond des rivières


Certaines paupières
sont très fines
tellement fines
qu'il y passe toujours
un peu de lumière


Richard Brautigan
devait avoir des paupières
particulièrement fines

(...)

(Ce poème hommage à Richard Brautigan fait partie d'un joli petit livre collectif de 2010 chez Gros Textes. Banlieue de Babylone. )

Récalcitrant


4/09/2014

Richard Brautigan Interview/Reading 1983



Sublime découverte grâce à l'ami Olivier Dalmon et son Ombilic des neiges. des bisous dans ses frisous. On peut ici entendre Richard Brautigan lire et surtout parler de ses livres. Regardez ses yeux quand il parle. Demain je vous expliquerai ma théorie sur les paupières ...

Haiku à la princesse qui rote (70)


(Vladimir Fokanov) 

Je suis la planète 
de viande que tu portes 
sur tes épaules

4/08/2014

Bientôt la nuit ouvrira ses grands bras



















Le monde est lourd et le corps pue
l'âme s'en va par les poumons
c'est l'haleine de nos rêves étroits
une respiration parfaitement
insignifiante
Un vers de terre a t-il conscience
de sa propre viande ?
Bébert se vautre
dans le molletonné de la chaleur
d'une fin de journée
Au dessus les oiseaux
font des sauts de danseuses
et les danseuses
des pas d'oiseaux
Bientôt la nuit
ouvrira ses grands bras
pleins de dents
et nous y tomberons

Deux ou trois phrases courtes

 (Gaston de Le Touche, Esprits Nocturnes, 1897)

 "- Qu'est-ce que tu prépares ? 

 - Deux ou trois phrases courtes, et de longues rêveries. "

Jules Renard, Journal

4/07/2014

Et puis quoi

Je ne sais pas trop quoi penser
de cette pensée qui ne vient pas
de ce souffle qui ne respire pas
de ce ciel qui ne se lève pas

Est-ce nous qui refusons le jour
ou est-ce que le jour nous refuse

Un peu des deux
Et puis quoi

Ce soir dans la mare
les grenouilles se foutront de tout ça