4/21/2015

Chaque jour à nettoyer

Les brosses à dents pour les bouches
les balayeurs pour les rues
les savons pour les peaux
les abeilles pour le cul des glycines 
les éboueurs pour les poubelles
et les martinets pour le ciel

LOVE FOR CHET - Stéphane Belmondo


4/18/2015

Les pensées de Tony (11)


La poésie a quelque chose à voir
avec le gras bouchon
de déchets alimentaires
accumulé dans le siphon
qui résiste résiste
puis fini par céder
(car tout cède)
aux flux centrifuges
des grandes eaux
du temps


4/17/2015

Comment plier un poème


 Pour ce qui est de se coltiner
à la réalité
 il vaut parfois mieux 
plier calmement le linge
plutôt que de s'évertuer
à tenter d'écrire 
quelque chose de valable


4/16/2015

4/15/2015

L'abeille en grève

Certaines fleurs
ne finissent jamais
de fleurir
*
L'abeille en grève
couchée sur ses sacs de pollens
*
Le matin
nous repérons autour des flaques
les traces de patte du printemps
*
À peine plus
que trois fois rien
c'est tellement trop
*
les oiseaux ne dorment pas dans leurs nids
*
Une murge
à la rosée

Limbes


4/13/2015

Bilie



































Billie Holiday est une alpiniste qui escalade la nuit à la main. Billie Holiday est une spéléologue qui explore les boyaux de notre solitude. Billie Holiday est une infirmière qui nous console de ne pas pouvoir nous guérir.  Billie holiday est un boxeur. Un missionnaire. Un compagnon de guerre. Billie Holiday c'est le bruit que fait le poing d'un  homme sur la peau d'une femme. C'est le bruit de la cuillère qui boue. C'est le bruit que fait le vent dans les cheveux d'un cadavre. Le fruit étrange. L'orange amère. La fatigue dans un hôtel de passe. Le pourboire. Le soleil éreinté. Le dernier chant du dernier oiseau du dernier jour du monde.

Amazon indian warriors

http://www.powerfulprimates.com/15221/photo-report-amazon-indian-warriors-beat-and-strip-illegal-loggers-in-battle-for-jungles-future/

Au matin nos yeux pleurent


La nuit
fait chanter
nos épines

4/12/2015

Craché là

Craché là
chacun tente
de saisir
la sublime
et infâme
confusion
de vivre
avec
le peu qu'il a
de mots
un peu comme
ce chiot
qui s'évertue
à mordre
le ciel
dans les reflets
d'une flaque d'eau

Craché là
sur la couche souillée
de la nuit
un noyau carapace
de sourire
quelque chose
est prêt
à naitre
du néant

Glavio
intergalactique
d'insecte
craché là
diamant de sang

Tu alignes les jours
en bâton d'allumettes
comme si une route était une route
comme si un arbre était un arbre
comme si une vie était une vie
et que chaque chose avait une place
et que chaque place avait un sens

Tu mets des boîtes
dans des boîtes
dans des boîtes
et pendant ce temps là
ta viande brûle
dans une délicate
bacchanale
de pourriture
et de chants d'oiseaux

Craché là
tu souffles
ta propre flamme
en sécrétant le jus puant
insignifiant
de la beauté

Tu tailles ta maison
dans un bout de charbon
tu te blotties
contre une idée
tu éjacules
dans toutes les tiédeurs
qui apaisent tes peurs
tu te charpentes
un escalier
dans la grande histoire
des larmes

Craché là
tu te colles
au cul
de celui qui te précède
tu rentres
dans la file
qui suis la direction
que personne ne connait

tu te caches
dans la file d'attente
tu supplie la pluie et le ciel
tu t'agenouilles devant tout ce que tu crains
écrases
tout ce qui te dépasse

Etincelle
tes parents
sont deux cailloux
qui se cognent

craché là
tu constitues
une famille
une horde
une troupe
une nation
de chacune
de tes erreurs

Tu pars à la conquête
du vide
tu amasses
des petits tas
de feuilles
sur la plaie

tu brûle
dans la projection
de ta disparition
et la terre est une bille d'argile
sur le dos d'une tortue
et la terre est une plume
qui tombe de la queue
d'un dragon qui s'enfuit
et la terre est  une braise
sur la langue d'un enfant
et tu ne sais jamais
de quelle coté la lame
s'enfonce le mieux dans la lumière
pour trancher la douleur

ton ventre t'apprends
qu'il ya quelque part
une peau qui sent
comme une réponse

et tu es prêts à dépecer
toutes les planètes
pour te sentir moins seul
moins perdu
moins craché là
et tu veux croire tous les mensonges
toutes les promesses
que les abeilles font aux fleurs
que les limaces font aux salades
que les monstres se font entre eux
entre nous

un rat qui se régale
du corps transparent
d'un foetus de moineaux
a t il faim d'amour ?

craché là
tu tisses des couvertures
avec tes entrailles
parce que le néant
redoute la douceur
et que dans un seul point de contact
entre deux mains
la mort meurt




4/09/2015

Le jour est grand comme un souvenir

elle se promène elle se promène
la petite vieille qui ne bouge plus
sur le banc qui longe la rue
elle se promène elle se promène
dans le froissé de sa mémoire
une vapeur d'artichaut cuit
traverse la fenêtre
et vient claquer la bise 
à l'ombre du vieux mur
il arrivera à midi
pour déplier sa voix
sur les carreaux de nappe
et sa main sur le blanc
à l'intérieur des cuisses
en lui disant des noms de fleurs
elle se promène elle se promène
la petite vieille qui ne bouge plus
sur le chemin de ses douleurs
le jour est grand comme un souvenir
et le soleil va se planquer
au fond de la cuisine vide

Le jardin extraordinaire


4/08/2015

Le vin et la poésie - Clos troteligotte 2014 - Juste après la pluie


Les amis du Clos Troteligotte m'ont fait bien plaisir en associant certains de mes poèmes extraits de Juste après la pluie (Alma éditeur) à leurs délicieuses cuvées 2014.

Vins biologiques, ou sans souffre, cuvées AOP de Cahors,  rouge, blanc, rosé et même des jus sans alcool, autant vous dire que ces petits gars là visent le beau et le bon.C'est un plaisir de faire copuler mes poèmes avec ces bouteilles, allez voir sur leur site et commandez vous ne le regretterez pas.


Et spéciale dédicace à Jean Claude Pirotte et Roger Lahu pour qui le vin et la poésie chantent la même chanson de nuit ...



4/07/2015

La nuit tire un trait noir


On éteint les lumières
et on va se coucher 
en souhaitant bêtement
que demain soit peut-être
un petit peu moins lourd 
des peines d'aujourd'hui

4/05/2015

Le soyeux parfum

Le vent courbe 
les branches
mâche les fleurs
arrache 
les pétales
Repu 
Je m'éparpille 
par le nez
dans le soyeux parfum
du massacre

4/04/2015

Pierre


"Et pourtant : jamais sais-tu, personne de ceux que j'ai aimés n'est mort."
 Pierre Autin-Grenier, Jours anciens

Les beaux jours de la petite édition - 04/05 Avril - Cadenet



J'en serai Dimanche après-midi. Le week end est chargé jusqu'à la gueule. Y'a toute la famille. Régalez vous !