11/29/2021

AlternaLivres - 11/12 Décembre 2021

 


Rendez-vous samedi 11 décembre à AlternaLivres avec Magyd Cherfi, Guillaume Siaudeau, Claude Dussert, Agathe Ruga, Isabelle Boissard, Arnaud Dudek et tutti quanti

11/27/2021

Les poètes disent n'importe quoi

Les poètes disent n'importe quoi. Les feuilles mortes ne se ramassent pas à la pelle. Ce serait comme de manger de la soupe avec une fourchette. Il vaut mieux les rassembler avec un ramasse-feuille ou un râteau. Les souffler ou les balayer. En faire des tas. Ensuite on y plonge les bras. Les mains. On s'y noircit les ongles. On s'y salit la peau. On s'en parfume. On s'y rince. On y saute. on y plonge. Les souvenirs et les regrets aussi.

11/26/2021

River Man

 

Betty came by on her way
Said she had a word to say
About things today
And fallen leaves.

Said she hadn't heard the news
Hadn't had the time to choose
A way to lose
But she believes.

Going to see the river man
Going to tell him all I can
About the plan
For lilac time.

If he tells me all he knows
About the way his river flows
And all night shows
In summertime.

Betty said she prayed today
For the sky to blow away
Or maybe stay
She wasn't sure.

For when she thought of summer rain
Calling for her mind again
She lost the pain
And stayed for more.

Going to see the river man
Going to tell him all I can
About the ban
On feeling free.

If he tells me all he knows
About the way his river flows
I don't suppose
It's meant for me.

Oh, how they come and go
Oh, how they come and go.

je vous regarde partir

Immobile une seconde
rincé de brume et de clarté
je vous regarde partir
je vous regarde grandir
abasourdi
presque secoué
éperdument émerveillé
jamais compris ce qui m'arrivait
comment étais-je parvenu
à me faire aimer par cette femme
à faire des enfants avec elle
à construire quelque chose
à l'écrire dans des livres
jamais compris
 abasourdie
secoué
éperdument émerveillé


11/24/2021

La putain d'aurore


 

Ce ne sont que des frémissements de charme
une lune esseulée 
au vent debout
du petit labour de la lumière
ça ne vaut pas mieux ni miel
que l'or des morts
c'est quoi ces conneries
Voilà que ça recommence
sourire de bête
dans nos peines crues
la putain d'aurore

11/22/2021

Par la vitre du train

 

Je vais me taire un peu
Et regarder le monde
Par la vitre du train
Fermer les yeux
Et les rouvrir
Bouche à bouche du réel
Au loin une grue
tourne lentement dans le brouillard
Sur le quai
Un pigeon boite
Une fille souffle dans ses mains
j'ai trop parlé j'ai trop fumé et j'ai trop bu
J'ai rigolé j'ai paradé j'ai partagé
ça fait du bien
Maintenant j'ai besoin de rentrer chez moi
D'embrasser les miens
De peler des patates et d'allumer un feu
De fermer ma gueule
de plier le linge couper le bois et passer l'aspirateur
De retrouver la vie
Ne plus faire l'écrivain
Pour avoir avoir à nouveau
Quelque chose à écrire

Peter Doherty & Frédéric Lo - The Fantasy Life Of Poetry & Crime Officia...

Aux pieds de la montagne

 

Je n'ai pas d'avis
sur la pandémie
Sur les élections
L'état du pays
Les voitures défilent
aux pieds de la montagne
On dirait bien
que le jour se lève
Que c'est l'heure
d'essayer encore
La fumée de l'usine
monte jusqu'aux nuages
Deux ou trois lycéens
Sont sur le chemin de l'école
Leurs rires leurs souffles leurs mots
Tombent dans la poussière de la route
Ou se transforment
en buée d'or
Je m'apprête à aller leur parler en classe
De littérature et de poésie
Là dessus non plus je n'ai pas d'avis
Je sais juste que les voitures défilent aux pieds de la montagne
Que ce monde est totalement dénué de justice
Que le temps
est un étrange trésor
Et que les rires les souffles les mots
tombent dans la poussière
Ou se transforment
en buée d'or

11/18/2021

Festival Livre à Vous - Rencontres - du 18 au 21 Novembre


C'est parti pour quatre jours de Livre à Vous à Voiron.

Vendredi 

Rencontre de 4 classes de collégiens et lycéens du pays Voironnais

Samedi 

Tabler Ronde poétique avec Laurine Roux à 10H

et Rencontre à la libraire Colibri à 15H30

Dimanche 

dédicaces sur le Salon de 10 H à 18H 

Plein de super auteurs et illustrateurs, de charmants animateurs et bénévoles et une orgie de chocolat et de Chartreuse

bien le youpi à vous

Tous les détails sont là

11/17/2021

François Villon - "Je congnois tout fors que moy mesmes"


 

Je m'armure

(A gas lamplighter tends to a vestige of a bygone era, 1947, Chicago)
 
 
Je m'éveille 
 nu 
dans le noir
temps figé 
puis réflexe 
de protection
vite je m'habille 
nécessitées
pensées 
choses à acheter
 à croire
 à faire
je cherche des mots 
objets 
gestes
par lesquelles recouvrir 
ma peau fragile 
mordue de froid 
de peur 
et d'espérance
je m'armure
par les yeux et le nez
par les mains
par la bouche
par le coeur
jusqu'à m'éveiller à nouveau
nu
dans le noir


11/16/2021

11/14/2021

Halo de lampe

Halo de lampe
halo de l'âtre
halo de l'autre
cuivre doré
sous la grande nuit qui bruit

Le palais

Ocre. Chaussette haute. Mot court. Pourpre. Tas. Feuille. Cendre.  Boue. Poule mouillée. Frisson. Carmin. Pensée floue. Brouillardeuse. Doré. Douleur temporelle. Lourdeur. Bistre. Grand vent. Cannelle. Fumée. Col. Petite gorgée brulante. Hérisson qui tremble. Fossé. Argenté. Feu. Poil. Braise. Outremer. Givre. Crème. Tronc qui fume. Glapissement. Marron. Peu de point de vue. Nuée. Vert d'eau. Peu de rêve. Akène. Peu d'idée. Odeur. Doigt écorché. Feu. Escargot. Olive très noire. Mousse. Chaudron. Oiseau dodu. Vert profond. Plume mouillée. Branche nue. Orange limace. Carcasse. Feulement. Gravier dans le ciel. Bouillon. Flot. Rémige. Paille. Suie. Sang. Chocolat épais. Caquètement.  Epine. Murmure. Pluie. Piège. Roucoulement. Corole. Bronze. Caramel. Gerçure. Héron. Crampe. Baie. Tanin. Nuit.

11/10/2021

Billie et Mister

(Portrait of Billie Holiday and her dog Mister by William P. Gottlieb at the Downbeat in New York - February 1947, Colorized photo from the "Billie Holiday Documentary" by James Erskin

 Je suis Billie
Je suis Mister
je suis les fleurs blanches
 la robe noire
et le mur gris
je suis la pelle
qui creuse la peur
les clous aux collier
le brouillard des vitres
le menton levé
Je suis Billie
Je suis Mister 
fierté debout
beauté abimée 
droit dans les yeux
bouche entrouverte
je sais sourire 
je sais pleurer 
je sais me battre
je sais aimer
je sais la nuit


11/04/2021

Sous l'astre qui brûle


 Sous l'astre qui brûle
un chien ronfle
aujourd'hui je vais
nourrir les oiseaux
et détruire mes manuscrits
deux façons finalement
de survivre

10/31/2021

JACQUES BREL - Seul (TV LIVE) Eng Subs)

Je vais marcher dans les grands nuages gris

 Je vais marcher dans les grands nuages gris. Là où le vent fait courir la poussière. Je vais réfléchir à ce que j'aurais pu faire. Je vais réfléchir à ce que j'aurais dû dire. Je vais regarder dans les poubelles, dans les fossés et puis par terre. Jusqu'à ce que je ne réfléchisse plus à rien. Jusqu'à simplement fureter comme un chien libre dans la lumière sale de l'automne. Alors je pourrai rentrer.

10/30/2021

Le bel aujourd'hui

 

Le bel aujourd'hui
le grand aujourd'hui
recroquevillé
blotti riquiqui
au creux de la nuit
se fait oublier
le temps que la chouette passe
il se cache
dans la paille souillée
entre les pages des livres
à l'intérieur des tableaux
de Ronan Barrot
peut être aussi
dans les plies tièdes et doux
de ta peau
mais ça ne changera rien
il faut du sang
de l'eau glacée
et du matin
il faut accepter d'essayer
et de tremper sa petite peine
dans le ciel déployé

10/25/2021

Quelques nouvelles des oiseaux

 


Je n'ai rien
de bien intéressant
à écrire
aucune vérité
indispensable
ha oui peut être
vous donner
quelques nouvelles
des oiseaux
un nuage de perroquets verts
s'est arrêter
dans les platanes
une poule a été
décapitée dans la nuit
quant aux mésanges
une seule
toujours la même je crois
mange la tête à l'envers
et j'ai vu hier en courant
une mouette
faire sa pause amicale
sur la croupe
d'un cheval de trait

10/19/2021

Deux ou trois histoires d'amour

 En 1972 
pendant que Jean Yanne tourne
 Nous ne vieillirons pas ensemble
sa femme est en train de mourir 
d'un cancer du poumon
donc la journée 
il se fait larguer par Marlène Jobert
et le soir 
il veille son épouse à l'agonie 
Pialat n'est pas mécontent
dans ses yeux de gros chien
toute cette douleur
ça fait tellement d'amour


La dernière lettre de Pavese

 

Ma chère Pierina,                                                                           Bocca di Magra, août 1950
J’ai fini par te causer cette peine, ou cet ennui, mais je crois que je ne pouvais pas faire autrement. Le motif immédiat est le malaise de cette poursuite où, ne dansant pas et ne conduisant pas, je suis toujours perdant, mais il y a une raison plus vraie. Je suis, comme on dit, au bout du rouleau. Pierina, je voudrais être ton frère — avant tout parce qu’ainsi il y aurait entre nous un lien qui ne serait pas futile, et ensuite pour que tu puisses m’écouter et me croire avec confiance. Si je suis tombé amoureux de toi, ce n’est pas seulement parce que, comme on dit, je te désirais, mais parce que tu es de la même trempe que moi, et que tu te meus et parles comme, tel un homme, je le ferais si, au lieu d’apprendre à écrire, j’avais eu le temps d’apprendre à vivre. D’ailleurs, il y a la même élégance et la même assurance dans ce que j’ai écrit et dans ta façon de vivre quotidienne. Je sais donc à qui je parle.
Mais toi, si sèche que tu sois devenue et presque cynique, tu n’es pourtant pas au bout du rouleau comme moi. Tu es jeune, incroyablement jeune, tu es ce que j’étais à vingt-huit ans quand, décidé à me suicider pour je ne sais quelle déception, je ne l’ai pas fait — j’étais curieux du lendemain, curieux de moi-même — la vie m’avait paru horrible mais je me trouvais encore intéressant moi-même. Maintenant c’est le contraire : je sais que la vie est merveilleuse mais que j’en suis exclu, uniquement par ma volonté, et que c’est là une tragédie futile, comme d’avoir le diabète ou le cancer des fumeurs.
Puis-je te dire, mon amour, que je ne me suis jamais réveillé avec une femme à moi à mes côtés, que je n’ai jamais été pris au sérieux quand j’aimais et que j’ignore le regard reconnaissant qu’une femme adresse à un homme ? Et rappelle-toi que, par mon travail, j’ai eu les nerfs toujours tendus et la fantaisie prompte et précise, et le goût des confidences des autres. Et que je suis au monde depuis quarante-deux ans ? On ne peut brûler la chandelle par les deux bouts — pour ma part je l’ai brûlée entièrement à un seul bout et les livres que j’ai écrits en sont la cendre. Je te dis tout cela non pas pour, t’apitoyer — je sais ce que vaut la compassion dans de pareils cas — mais par clarté, pour que tu ne croies pas que c’était par sport ou pour me rendre intéressant que je boudais parfois. Je suis désormais au-delà de tout calcul. L’amour est une grâce de Dieu — l’astuce ne sert à rien. Quant à moi, j’éprouve de l’amour pour toi, Pierina, une flambée d’amour. Appelons-la la dernière lueur de la chandelle.
Pav.

10/17/2021

La rambarde


 

 Les goûts les rues les nuits
les couleurs les visages
nos émotions nos paysages
j'ai pratiquement tout oublié
peut être est-ce ce qui me sauve
peut être ce qui me condamne
parfois un souvenir surgit
se pose sur la rambarde 
et se toilette les plumes
comme un oiseau banal
je l'admire émerveillé
pendant quelques secondes
puis il disparait à nouveau
alors je regarde le vide
par dessus la rambarde



10/15/2021

Tous les oiseaux ont faim

Un halo de lampe
caresse le grand ventre rond de la nuit
dans la fourrure de la bête
faite d'ombre et de silence
tout doucement l'horloge danse
parmi les choses éparpillées
on pourrait croire encore
qu'il suffit de se cacher
au fond du lit
pour que le temps
quelques instants
ne nous trouve pas
et puis soudain
tous les oiseaux ont faim
le jour se lève et il te dit
je n'ai rien
prends tout

10/12/2021

The Beatles - Don't Let Me Down

Imagine tous les ogres

 


Tu passes trop de temps
à t'écouter
imagine tous les ogres
que tu pourrais dessiner
sur la buée des vitres 
imagine le sourire
des fruits empoisonnés
Les pins paraissent immenses
et la lune minuscule
essaie de vivre
comme une vigne
entre les lignes
entre les ruines