dimanche 31 janvier 2010

Elliott Smith


Un numéro de chambre



Les volets claquent
la fenêtre donne sur l'avenue
dehors les klaxons
il se vide l'esprit
dans le lavabo
il se lave les mains
les yeux
le nez
la bouche
la buée sur le miroir
lui donne une drôle de sensation
un reflet qui dégringole
un numéro de chambre
une façon d'être un lambeau de ciel
entre quatre murs de moquette

samedi 30 janvier 2010

Boyz of skandalz



Je rejoins la clique des déglingos lettrés, des sales gosses de l'art et des pousse-mégots...
(cliquez sur le cabot pour que ça saigne)


virginia del rio

La crue

Des langues pleines de méandres. Des fleuves qui ruminent boueux de carcasses et de grèves. Des plaines en chantier de bourrasques et de terres. Des coins d'ombre gelés. Des arbres qui renoncent. Des bords de route sans route. Des ciels qui ne mènent nulle part. Des tertres et des impasses. Des voies ferrées rouillées. Des passages à niveaux. Des dédales de briques. Des acqueducs sauvages. Des collines qui s'effondrent. Des murailles de cendre. Des horizons en miettes. Des volcans qui reculent. La crue des paysages qui coulent de ses yeux.

vendredi 29 janvier 2010

La mort de J.D Salinger


Deux minutes
avant d'apprendre
la mort de
J.D Salinger
J'ai lu cette info
qui racontait comment
des marins ont trouvé
au milieu de la mer Baltique
un chien sur un iceberg
Il m'est doux d'imaginer
que ceci ait un rapport
avec cela

Un peu d’amour merde !

Crache-moi un peu de ton soleil
Marque ma peau de traces d’ailes
Goûte mon goût de profondeur
Lèche ma nuit au bord des yeux
Écoute mes gouttes de sueur
Bouffe mon souffle
Colle ta tendresse
contre la mienne
Et bois-moi
S’il te plaît
bois-moi

kestudi ?


jeudi 28 janvier 2010

mardi 26 janvier 2010

Parution : LA HORDE






vient de paraître

vous pouvez le commander

et en profiter pour visiter le magnifique catalogue de cet éditeur quasi mythique

Persiste

Il faut t'accrocher petit
il faut tenir debout
regarder la vie dans les yeux
et bailler

Nous construirons des paysages à coups de dents


bison skull pile, circa 1870

36 000 chiens sans maître

Le ciel comme une viande et 36 000 chiens sans maître qui en déchirent le ventre. La tête oblique. L’œil de travers. L’aube en ligne de mire. Je me dresse et je marche vers la meute assoiffée du petit jour. Les balles en plomb de ma cervelle. L’odeur de la chasse boueuse. L’odeur des heures qui s’arrachent dans le gras moue de la douleur. La grande épopée minable de ses débrousailles. Et dans le sumac de la nuit qui saigne, 36 000 chiens sans maître qui hurlent à la mort. Demain est une bête qui gémit le brouillard. Mon âme carnivore à grands coups de couteaux. J’avance avec des lames. J’avance avec des larmes. Le sang dans la lumière qui trace ses sentiers. Le ciel comme une viande. 36 000 chiens sans maître qui en déchirent le ventre.

Parle à mon cul


lundi 25 janvier 2010

C'est bon

(Berroyer dans Calvaires)

Je me
frotte
contre le
mauvais
bord du ciel
et c'est bon
comme le bruissement
des verts blancs dans la vermine


dimanche 24 janvier 2010

Parution: Revue numériques Janvier 2010

entre:
Angoisse
(à la barre Konstruckt)
Le Pod
( à la barre Roger beardy Lahu)
et Cho's
(mené de main de maitre par henry Chiparlart)

Je crois que j'ai trouvé
ma sainte trinité
des revues numériques
si si ...

jeudi 21 janvier 2010

Chien errant (17)


West Helena, Arkansas

le point le plus loin

C'est comme
quand tu apprends
à conduire
Tu dois fixer
le point le plus loin
de la route
Tu ne dois pas regarder
là où tu es mais
là où tu veux aller

mercredi 20 janvier 2010

La route est pure


“La route est pure. La route rattache l’homme des villes aux grandes forces de la nature”

Jack Kerouac

Quelque chose


Il y a quelque chose en lui
d'un enfant mort
qui se battrait
avec un vieux chat

Quelque chose de poussière et de cendre
de murmure et d'oubli

Il y a quelque chose en lui
qui chante
comme un indien qui s'en va

Quelque chose
de la bête qui fuit
de l'ironie du ciel
d'une petite brûlure

Quelque chose
D'un méandre qui gonfle
d'un complot qui s'ourdit
d'une tempête perdue
dans les yeux d'une fille

Quelque chose de tendre
qui crie


Chien errant (18)


(via cosmic dust)

Las Ondas Marteles

mardi 19 janvier 2010

Dialogue d'un film qui n'existe pas (3)

- Tu viens te coucher ?
- Non, je vais rester un peu.
- Faire quoi ?
- Rien. Juste rester un peu.
- Seul, dehors, en plein hiver et au milieu de la nuit ?!
- Ouaip. Je vais rester encore un peu avec elle.
- Qui elle ?
- Bin la nuit. Faut bien que quelqu'un reste avec elle
...

Autre chose


© Geert Goiris, Albino, 2003 Courtesy de l'artiste.

Encore un peu

Encore un peu
à rester là
seul dans la nuit
et dans le froid
à pisser droit
à voir le ciel
tringlé d'étoiles
à grelotter
à se redresser
à repenser
à tous ces riens
qui font la joie
d'être homme seul
qui pisse droit
dans toute cette nuit
et tout ce froid

lundi 18 janvier 2010

sous les bras

De petites peines
en gloires merdeuses
il se trimballe
avec ses rêves sous les bras

Chien errant (16)


yusufsevin

BITUME BITUME écrit sec et beau. Poussière et eau glacée. Goudron et fioul. Il laisse un mot, toujours, pour les chiens au bord des routes...

dimanche 17 janvier 2010

Chihiro

Sur la trogne

Ici, maintenant
à t'attendre
toute la nuit
me dégringole
sur la trogne

Simple et funcky

Le concert

Ils ont sorti les longues planches de mélèze de la scierie et les ont posés sur des rondins derrière la boutique. Des enfants montent sur la potence pour assister au spectacle. Les planches sont encore humides et tièdes de la coupe. Lui se nettoie le visage avec son mouchoir. Se passe un coup d'eau sur la figure. Réajuste son faux col et son gilet. Il accroche une plume d'aigle à son chapeau. Les vautours se sont installés en cercle sur la barrière de l'enclos. Les villageois arrivent par petits groupes en se peignant la barbe. Trois ours et un coyote se joignent placidement à la file des spectateurs. Une petite fille rousse à qui il ne reste plus qu'une dent, tente de croquer dans une pomme d'amour. Deux prisonniers observent cet étrange spectacle à travers leurs barreaux. Les puces s'installent sur les gradins des sourcils des chiens. Deux ânes et un porc ferment la marche. ils s'installent tous sur les bancs de fortune. Toussotent. Crachotent. S'impatientent. Une femme se met à sifflet comme un cow-boy en l'apercevant qui arrive. C'est le croque mort. Banjo à la main, il attaque d'une voix de baryton enfumé une histoire de mère morte et de chien.

(projet Autre chose)
(Inspiré par Ton pire cheval de Sing Sing)

Easy easy


samedi 16 janvier 2010

Une flaque immense

La pluie va tomber. la pluie devrait tomber. S'abattre. Abattre. Comme une légion. Avec un ciel comme ça. Lourd. Sale. La pluie aurait dû tomber depuis longtemps. Sur une terre comme ça. Viciée. Toxique. Des trombes d'eau devraient déferler. Rincer le monde. Le délaver. La pluie devrait tomber. Il est seul . Dehors. A découvert. Les bras écartés. Il pense de toutes ses forces, la pluie devrait s'abattre. Abattre. Mais rien ne tombe. Le ciel est plein. Mais pas une fuite. Il fait trop froid. il y a comme une couche de glace qui isole le ciel de la terre. Comme le gel d'une flaque immense. Il est seul. La terre est un bloc fendu. L'herbe est en argent, rigide, cassant. La pluie complote. L'eau patiente. Il enrage que rien ne tombe. Que rien ne bouleverse. Que rien ne ravine. Il enrage dans le silence blanc. Lorsqu'il ouvre la bouche, la buée tombe et éclate sur le sol comme une meringue trop sèche. L'air est de plus en plus épais. Poisseux. Un oiseau est figé dans le ciel. Trois glaçons glisse de son bec et éclatent à ses pieds. Trois trilles prisent dans la glace.

(Projet Autre Chose)

The Notwist


On the corner


vendredi 15 janvier 2010

Parution : Textes et Pretexes n°58

T & P Nº 58.

la version "papier" du sommaire.
Format 20x25 cm - 154 pages.avec 16 illustrations couleur pleine page.Dos carré collé.

avecAldo Luis Novelli - Benoit Pivert - Bernard Deglet - Carmen Váscones - Cécilia Ambu - Céline Commergnat - Christiane Prioult - Daniel de Culla - Daniel Villermet - Elkotfi Abd Elkabir - Éric Bertomeu - Fednel Alexandre - Fernando Ruiz Granados - Francis Denis - Francisco Azuela - Françoise Huppertz - Ghislaine Valadou - Gilbert Bourson - Jacques Laborde - Jalel El Gharbi - Jean-Michel Bollinger - Jean-Michel Guyot - Jean-Paul Gavard-Perret - Jesús Jiménez Reinaldo - Jesus Quintanilla Osorio - Josaphat-Robert Large - José Emilio Pacheco - Kacem Loubay - Liliana Celiz - Malick N’Diaye - Pablo Poblete - Parviz Abolgassemi - Pascal Leray - Patricia Scholtes - Patrick Aspe - Paul Ekoumbamaka - Pradip Chouduri - Rolande Scharf - Rolando Revagliatti - Saint John Kauss - Serge Meitinger - Stéphane Prat - Thomas Vinau - Ulises Varsovia - Victor Montoya.
Prix : 15 euros.Port inclus en France métropolitaine.Ailleurs, nous consulter.Joindre chèque à la commande :
Le chasseur abstrait
Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères

Chien errant (15)


Inner Mongolia, (from Yanming)

Revue L'angoisse


L'ANGOISSE CA SENT BON


SOMMAIRE DU NUMERO UN :
5 poèmes de thomas vinau
10 poèmes de morphée
necropolis de soomiz
bobby sentait l'pipi d'andy vérol
la maison des morts de christophe siébert/konsstrukt
une chance sur six de christophe siébert/konsstrukt
des vidéos et des musiques de :
the other colors (laurent chambert)
tobagas
vincent vuong
des dessins, photos, peintures, etc. de :
cindy cénobyte
daslook
olivier lelong
benjamin monti
jean-marc renault
thomas vinau
cliquez ici pour télécharger la revue ; en cas de souci, écrire à konsstrukt@hotmail.com

jeudi 14 janvier 2010

Chiens errants (14)

Thaïlande, (photos ici)

“I’m here, I said, with the romantic dogs and here I’m going to stay.”
Roberto Bolaño, The Romantic Dogs

Conciliable

Des routes vierges
qui se faufilent
dans les gris

Des petits matins
simples

Des pluies
clémentes

Des envies
de pardon

Des espoirs
conciliables

au bord


mercredi 13 janvier 2010

Le cirque

Le cirque est parti
il reste dans le terrain vague
des traces de pas et de pneus
de la boue et de la paille
jonchés de ci de là
de fumiers exotiques

mardi 12 janvier 2010


La neige

Moins 17 ° cette nuit. Il doit forcer sur la poignée. Les gonds de la porte d'entrée sont gelés. Il sort et c'est solide. Le froid et la douleur. C'est solide et c'est rose comme la chaire d'une plaie. Il crache. Il fume. Mais ça n'a pas le même goût. Les papilles gustatives sont modifiées par la température. Tous les sens sont modifiés à part peut être les yeux qui sont déjà glacés. Il s'approche de la voiture. S'apprête à gratter, à déblayer la neige qui obstrue la machine. La neige recommence à tomber. Il arrache un peu de la peau de sa main gauche lorsqu'il ouvre la portière d'un geste trop brusque. Ses lèvres sèches le brûlent alors il est obligé de les mouiller d'un coup de langue qui redouble l'intensité de la brûlure. Ses doigts engourdis ont du mal à attraper le grattoir. Il s'énerve. Se redresse enfin et attaque le pare-brise. Vent et neige redoublent. A cet instant il déteste, un point c'est tout. Racler la glace lui procure malgré tout une certaine satisfaction, un léger plaisir physique, une forme de victoire. Le pouvoir de l'outil. La transparence propre de la vitre sous le blanc qui s'accroche. Mais la glace s'accumule au bord des essuie-glace. Et plus sa main monte et descend plus la vitre est brouillée, souillée. Le blanc devient gris sale. Ses doigts sont noirs. La neige qui tombe sur la peau de son visage et sur ses cheveux n'a pas cette consistance de petites lèvres glacées qu'il connaît si bien. Il passe son autre main sur son front. La matière est collante, visqueuse, dégueulasse. Ne sachant plus quoi faire, il goûte. C'est de la cendre. Le ciel est en train de brûler.

(Projet Autre Chose)

dimanche 10 janvier 2010

Apprendre quelque chose
de la régression acérée
des stalactites

Fennec for ever


l'insatiable soif de justice

Pour un juste retour des choses
et après avoir consacré la première moitié de sa vie
à se demander pourquoi les gens ne l'aimaient pas
il décida de consacrer la seconde
à leur donner raison

samedi 9 janvier 2010

Juan Rozoff

Petit bilan (2)

Je me floconne
Je me ratatine
Je m'hirsute
Je me sauvageonne

Je me dorontise
je me branchemorte
Je me charantaise



(1)

Mordre la neige

Il veut apprendre à mordre la neige
déchirer l'aube
couper demain avec les dents
Il veut connaître le goût du sang
qui coule des cuisses de la nuit

jeudi 7 janvier 2010

Dernier Tango


Mémé Copine

Les bêtes trop seules font le dos rond sous les premiers rayons. Le paysage reste stoïque. Glacé. Bitume et flaque gueulent le même gris. Mémé Copine se gare au bord d'une petite route, sous un arbre, à l'embouchure de la nationale. C'est sa place attitrée depuis toujours. A l'arrière de son van, la cafetière gargouille. Elle prépare le matelas, allume une bougie parfumée, monte le son de l'autoradio. Elle chantonne en enfilant ses bas. Se brosse les dents. De la buée sort de sa bouche. Personne à l'horizon. Elle hésite entre une cigarette et un cigarillos. Garde le cigarillos pour le soir. S'enfile une gorgée de ricklès. Peut être plus tard, un camionneur ou un paysan. Et puis on est jeudi y'aura sûrement Monsieur Aspic, son petit retraité comme elle l'appelle. C'est trente euros la joie avec Mémé Copine. Elle attend là, toute seule, au bord des champs glacés. Elle pense que son fils doit être au Japon maintenant. Que c'est les soldes. Que Joe Dassin avait quelque chose de spécial. Qu'elle n'a plus de sucrette. Elle attend là, toute seule, au bord des champs glacés. C'est trente euros la joie avec Mémé Copine.

mercredi 6 janvier 2010

“Beautiful Blueberries.”


Christopher McCandless
was an American wanderer who adopted the name Alexander Supertramp and hiked into the Alaskan wilderness with little food and equipment, hoping to live a period of solitude. Almost four months later, he died of starvation near Denali National Park and Preserve. Inspired by the details of McCandless’s story, author Jon Krakauer wrote a book about his adventures, published in 1996, entitled Into the Wild. In 2007, Sean Penn directed a film of the same title, with Emile Hirsch portraying McCandless.

On August 12, McCandless wrote what are assumed to be his final words in his journal: “Beautiful Blueberries.”



samedi 2 janvier 2010

à deux


photo Anna Wolf

à deux
dans leurs nuits de lambeaux
ils fomentaient des plaines
chargées de perspectives
sous les étoiles
trop grandes

Tu connais pas ta force...

Parution : Janvier

Il se passe des trucs chouettes sur ternet en janvier :
D'abord pour le moins chouette, fin du blog collectif Tempête dans un encrier, chacun retournant à ses petites affaires ...
Ensuite pour le chouette, quatre revues pas bégueules en libre service:



- Le Zaporogue N°7

Jerry Wilson Diala Gemayel Marco Carbocci Cynthia Hogue Catherine de Barra Paul Stubbs Pierre Cherruau Juan-Carlos Cruz Suáres Vinicius Mario de Carvalho Koji Tajika Stéphane Prat Thomas Vinau Christophe Lichtenauer Serge Muscat Alain Descarmes Anne-Olivia Belzidsky Sabine Wyckaert Sofiul Azam Abdullah Khan Gil Duc Jacques Sicard Gary Cummiskey Emmanuel Bourdaud Philippe Laurent Krystin Vesterälen Marie Simon Myriam Gallot Simon Frost Ole Wesenberg D. James Eldon Jørn Erslev Andersen Claro Lionel Osztean Diniz Galhos Olga Zeri Robert Freeman Wexler Anne-Sylvie Salzman
Téléchargement gratuit - ou commande de l'ouvrage papier.


Et puis, notre ami le vieux sage colibri à poils long, Hozan Kebo, lance un nouveau projet ;

le POD (Pain & Œuf Durs )1 (à volonté, sans forfait ni abonnement)
POEZINE Numéro 2 / décembre 2009
on peut apporter sa mayonnaise et son vin pour « aller avec »
contact : rorolah@gmail. com


- Enfin à partir du 15 Janvier devrait naître une nouvelle revue qui crache,
L'Angoisse

dirigée par Konsstrukt notre ami psychopathe de service... ça va chier !

Sisyphe

Redresse carcasse
Tire la nuque, craque vertèbres
Écarte bien tes billes noires
Peigne l’épis de ta cervelle
Écarte rêves, écarte peine, écarte flemme
Redresse carcasse
Les bras aux ciel, les pieds sur terre
Reconnaît l’odeur de la boue
Reconnaît l’endroit de l’envers
Et ce qui devient le fossé
Reconnaît l’erreur d’hier
Redresse carcasse
Reprend la lumière et le vent
Et recommence d’essayer
Recommence

Year of the bear