mercredi 30 juin 2010
Le verre à moitié vide
Carnet ouvert
et verre à moitié vide
j'attends la fulgurance
qui m'aidera à trouver
les bons mots
sur ce qui est perdu
et ce qu'il reste encore
Mais les idées s'éventent
et la bière tiédie
alors je la termine
sans toucher au carnet
et verre à moitié vide
j'attends la fulgurance
qui m'aidera à trouver
les bons mots
sur ce qui est perdu
et ce qu'il reste encore
Mais les idées s'éventent
et la bière tiédie
alors je la termine
sans toucher au carnet
mardi 29 juin 2010
Nuisibles. Parution. Matchboox
Une nouvelle boîte d'allumette arrive dans la collection Matchboox de Voix Editions
Fruit d'une belle collaboration avec l'illustratrice Magalis Planés autour de mon poème Nuisibles.
à commander là
lundi 28 juin 2010
Se frotter dans l'enclos
Joel Roussiez parle de l'écriture sur France Culturel
C'est passionnant ! Joel Roussiez est édité chez La Rumeur Libre.
Je découvre du même coup l'émission de Alain Veinstein Du jour au lendemain, à fouiller ...
Ma vie en miettes
Ma vie en miettes est à bonne table aujourd'hui, dans les Itinéraires de Délestage de Claude Vercey et de la revue Décharge. Un grand merci !
dimanche 27 juin 2010
Son trouble
« Un écrivain est un homme qui sait garder le contact, qui reste joint à son trouble, à sa région vicieuse jamais apaisée. Elle le porte. » Passages. Henri Michaux.
samedi 26 juin 2010
Une histoire de technique
Je marche pieds nus
l'herbe est recouverte
du sucre blanc
qui tombe des acacias
S'agglutinent sous mes orteils
poussières cailloux
miettes et brindilles
et autres saloperies minuscules
que finit toujours par devenir
ce qui devient
Mes panards à chaque mouvement
les ramassent et les tassent
jusqu'à en faire
une semelle bien noire
de temps
C'est donc
démonstration logique
la même technique
qui permet de se salir les pieds
ou d'écrire un poème
l'herbe est recouverte
du sucre blanc
qui tombe des acacias
S'agglutinent sous mes orteils
poussières cailloux
miettes et brindilles
et autres saloperies minuscules
que finit toujours par devenir
ce qui devient
Mes panards à chaque mouvement
les ramassent et les tassent
jusqu'à en faire
une semelle bien noire
de temps
C'est donc
démonstration logique
la même technique
qui permet de se salir les pieds
ou d'écrire un poème
vendredi 25 juin 2010
jeudi 24 juin 2010
Ma participation à l'effort nationale
Aujourd'hui Chez le toujours bien achalendé Monsieur Toussaint Louverture ma participation à l'effort national, 10 propositions pour réformer le football français
le cadeau
C'est un jour comme un autre. L'été serre le couvercle. Elle s'assoie sur son lit et pose les pieds par terre. Elle atterrie comme ça, par les pieds. Ses orteils sont des racines qui captent la fraicheur du carrelage. Elle reste là longtemps. Les cheveux en bataille. Souffle. Soupire. S'étire. Ses yeux s'absentent pendant quelques minutes dans les entailles de la lumière qui perce à travers les volets. La maison est encore sombre et froide. Elle sent la fumée de cheminée, le bois et la confiture tiède. Elle sent les vacances estivales. Elle sent l'ennuie. Elle entend ses parents qui s'activent dans la cuisine. Ils préparent le repas de son anniversaire. Elle a seize ans aujourd'hui. Elle s'en fout. Tous ses amis sont loin. Et Daniel qui est à Londres ne l'a même pas appelée. Il doit bien s'amuser. Elle a envie de pleurer. Elle ouvre la porte, bouscule son petit frère dans le couloir qui va raller dans les jupes de sa mère. Elle prend un bol dans le placard. Ses parents la saluent sans réponse. Elle se sert un thé brûlant, s'assoie à la table de la cuisine. C'est là qu'elle remarque le paquet. Rectangle, de la taille de quatre grosses boîtes à chaussures. Nœud violet autour. Elle ne voudrait pas être contente. Se dit qu'elle sera surement déçue, qu'ils sont encore à côté de la plaque. Malgré tout elle a envie de l'ouvrir. Le prend sur ses genoux. Arrache le papier argenté. Ça ronronne comme un petit moteur sur ses cuisses. Elle ouvre et reste bouche bée. Sa mère sourit. Son père lâche un, alors ça te plait ? Elle ne dit mot, remue la tête pour signifier sa joie étonnée. Des éclairs brillent dans ses yeux. Dans la caisse en bois, un petit bébé orage qui commence à tonner.
(projet Autre Chose)
(projet Autre Chose)
mercredi 23 juin 2010
Sens
Le matin
Il compte le nombre d'araignées
qui le séparent des étoiles
Il cloue
des rayons de lumière
dans ses yeux
Il tend
la toile du ciel
et écrit
LES MOTS ONT UN SENS
Il compte le nombre d'araignées
qui le séparent des étoiles
Il cloue
des rayons de lumière
dans ses yeux
Il tend
la toile du ciel
et écrit
LES MOTS ONT UN SENS
mardi 22 juin 2010
dimanche 20 juin 2010
vendredi 18 juin 2010
Bras cassés
Votre serviteur entre officiellement dans la famille des bras cassés chroniqueurs de Vents Contraires
et inaugure l'affaire avec un second portrait de clochard Céleste, Joe Gould ...
et inaugure l'affaire avec un second portrait de clochard Céleste, Joe Gould ...
jeudi 17 juin 2010
Angel Heart
une odeur de marécage
Question
- Si la terre est dans la galaxie
et que cette galaxie est dans l'univers,
dans quoi est l'univers ?
et que cette galaxie est dans l'univers,
dans quoi est l'univers ?
Espèce disparue
Au détour d'un minuscule sentier pavé qui traverse le village, la joie de tomber sur un véritable spécimen d'une de ces espèces que l'on croyait depuis longtemps disparue. Son pelage de petite dentelle rose, sa gueule qui s'excuse d'être là, ses petits pas, ses petits gestes appliqués. Sans trop y croire de plaisir je me formule : C'est une vraie, une bigote !
mercredi 16 juin 2010
Le goût du pain
Ah les joies du racisme ordinaire du monsieur chauve-chemise-sent-bon à la boulangerie du coin. Et la municipale qui lui fout un pv et qui ne verbalise jamais les gitans. Et blablabli et blablabla. Et moi la tête dans le séant des petits matins frais qui prend sur moi de ne pas verbaliser justement, et de ravaler mon petit glaviot de dégoût pour rentrer un peu plus sale et un peu plus nauséeux à la casba, baguette sous le bras. Et sa chaîne en or. Et sa bêtise. Et ma lâcheté de refuser de m'engluer dans la crasse collante de ses idées basses. Et le pain, quignon boulotté sur la route, qui n'a pas le même goût.
mardi 15 juin 2010
lundi 14 juin 2010
Enfant du siècle
Dostoïevski par Vallotton, 1895, Musée des Beaux Arts de Besançon
"Je suis un enfant du siècle, enfant de l'incroyance et du doute."
Lettre, F. M. Dostoïevski
dimanche 13 juin 2010
Les lendemains de cuite
Les lendemains de cuite, quand la maison est vide et qu'une mouche bourdonne. On regarde derrière la vitre la crasse qui se pose sur le dos rond des choses. Et le vent qui remue les feuilles molles du tilleul. Et les lignes de fourmis qui enchaînent les trois huit. Et l'ombre qui capitule. Et le ciel qui s'agite. On reste tout au bord, les deux jambes qui pendent dans le rien tiède du jour. On boulote une fraise. Et on tourne une page. Et on ne pense à rien. Et on ferme les yeux en souhaitant que le temps ne passe pas trop vite.
samedi 12 juin 2010
vendredi 11 juin 2010
Pétition
Les gens sont choqués pour des trucs vraiment bizarres. Martin Page en parle avec la douce ironie nécessaire Là. Et puis les gens se mettent à signer des pétitions pour des trucs bizarres. Du coup ils nous obligent à signer des pétitions contre leurs pétitions pour des trucs bizarres. François Bon relaie le message là ... Moi pour ce qui est des pétitions j'en cause toujours avant avec Anthelme Bonnard. Je persiste et ne signe pas.
Ninioq
En ce moment je lis Le jour avant le lendemain de Jorn Riel. J'ai entamé plusieurs livres, Travaux et puis La logique du massacre et puis la Conversation avec le taupier de Trassard, mais c'est le livre de Riel qui s'est imposé par lui même. On ne m'enlevera pas de l'idée que ce sont les livres qui vous choisissent et non l'inverse. Toujours est-il que nous sommes en juin, que mes doigts sentent la terre, que je bois un jus de tomate frais et que je me réveille avec cette histoire de Ninioq et de Manik, une grand mère et un petit fils Inuits. Elle survie sur une île du Groenland avec l'enfant, au bord de l'hiver, elle se souvient, elle rêve, elle mâche des capelans séchés et des oeufs de mouette. Ils chassent le phoque. Se régalent de son foie. Rien de trés original, sûrement, mais Ninioq est là, bien présente, entre les mots. On fait un bout de chemin avec elle, un vrai chemin. Et on ne l'oublie pas. On n'oublie pas le sourire du vieil édenté qui têtait à son sein lorsqu'elle était jeune et avait trop de lait. On n'oublie pas les angoisses de celle qui sent son monde disparaître lentement. Ni les légendes de son peuple. Ni la façon dont elle raconte comment un jour elle a dû goûter un peu de chair humaine. Je lis torse nu. Il fait chaud. Elle a froid. Elle a déjà disparue. On reste ensemble. Avant le lendemain.
jeudi 10 juin 2010
Ici ça va
(...)
C’est fait. Les papiers ont été signés ce matin chez le notaire. L’ancien propriétaire nous a dit que si nous avions besoin d’aide ou de matériel, il serait là pour filer un coup de main. La première fois je ne m’en suis pas rendu compte mais je crois qu’il m’a connu enfant. Ça doit lui faire drôle de me retrouver là. Il m’a dit que mon père était un brave homme. Qui avait travaillé dur. Je lui ai dit que je n’en doutais pas. Il m’a dit qu’il était heureux de me rendre ses clefs. Et que ça devait être un sacré quelque chose de se retrouver ici si longtemps après, avec tous ces souvenirs. E. ne disait rien, elle me regardait avec bienveillance. Et son calme me donnait des forces. J’ai répondu que oui, c’était bizarre. J’ai gardé pour moi qu’il ne me restait plus aucun souvenir.
(...)
(Extrait de Ici ça va, en cours d'écriture)
mercredi 9 juin 2010
mardi 8 juin 2010
Un certain temps d'adaptation
Finalement, il m'aura fallu quelques années pour me sentir véritablement chez moi ici. Il faut toujours un certain temps d'adaptation et l'espace s'apprivoise plus difficilement que les renards affamés, mais avec la bienveillance des jours qui passent et la lumière qui fonctionne comme une pierre ponce adoucissante, on se réveille un matin et c'est comme si la réalité nous ouvrait poliment la porte. Même le voisinage finit par être agréable. Certes, il m'aura fallu trente deux années bien pleines mais au final je ne regrette nullement d'avoir atterri un beau matin à l'intérieur de moi.
Ce qu'il faut de constance
Ce qu'il faut de constance
à l'astre rumathisant
pour soulever sa carcasse
au dessus des collines
et hurler sa lumière
de recommencement
à l'astre rumathisant
pour soulever sa carcasse
au dessus des collines
et hurler sa lumière
de recommencement
dimanche 6 juin 2010
Anthelme Bonnard
" Ce qui est fascinant, je me dis, c'est tout ce qui se passe alentour quand précisément il ne se passe rien". Pierre Autin-Grenier : C'est tous les jours comme ça. Finitude éd.
samedi 5 juin 2010
vendredi 4 juin 2010
Il y a quelque chose à retrouver
Il y a quelque chose à retrouver
quelque chose de la première égratignure
quelque chose de l'eau qui déborde quand on boit au goulot
quelque chose du doigt d'honneur
des derniers mètres en apnée pour traverser la piscine
des cigarettes en douce
de la plante des pieds contre le tronc de l'arbre
des mûres brûlantes
du bâton qui fouille dans la charogne
des mains qui se frôlent
de l'escalier trop sombre
de la piqure d'abeille
une force de joie
dans la peur de vivre
quelque chose de la première égratignure
quelque chose de l'eau qui déborde quand on boit au goulot
quelque chose du doigt d'honneur
des derniers mètres en apnée pour traverser la piscine
des cigarettes en douce
de la plante des pieds contre le tronc de l'arbre
des mûres brûlantes
du bâton qui fouille dans la charogne
des mains qui se frôlent
de l'escalier trop sombre
de la piqure d'abeille
une force de joie
dans la peur de vivre
journal de bord d'une précaire installation
L'intégralité de mon texte Journal de bord d'une précaire installation est disponible aujourd'hui, dans la rubrique Littérature et Folie de la Revue des Ressources
Ci dessous le début :
Les jours ne sont pas beaux en ce moment. Ils ressemblent à des crépuscules tièdes et constants. Je suis parti sans baluchon, avec ma veste et deux crayons. Je ne pouvais plus rester dans cet horrible endroit, j’ai suffisamment patienté dans cette énorme salle d’attente qui sent l’oignon et la javel. Il y faisait d’ailleurs de plus en plus sombre et je m’ennuyais à mourir. J’ai déjà essayé de partir en règle. Plusieurs demandes d’asiles ont été effectuées. J’en ai encore la marque des tampons dans les arcanes de mon cerveau. Aucune n’a abouti. Le consulat des taupes n’a jamais répondu. Celui des étoiles me méprise. Quant à l’ambassade des libellules autonomes, ils me prennent pour un dangereux gobeur d’enfant.(...)
(Tableau de René Magritte, Le modèle rouge)
Ci dessous le début :
Les jours ne sont pas beaux en ce moment. Ils ressemblent à des crépuscules tièdes et constants. Je suis parti sans baluchon, avec ma veste et deux crayons. Je ne pouvais plus rester dans cet horrible endroit, j’ai suffisamment patienté dans cette énorme salle d’attente qui sent l’oignon et la javel. Il y faisait d’ailleurs de plus en plus sombre et je m’ennuyais à mourir. J’ai déjà essayé de partir en règle. Plusieurs demandes d’asiles ont été effectuées. J’en ai encore la marque des tampons dans les arcanes de mon cerveau. Aucune n’a abouti. Le consulat des taupes n’a jamais répondu. Celui des étoiles me méprise. Quant à l’ambassade des libellules autonomes, ils me prennent pour un dangereux gobeur d’enfant.(...)
(Tableau de René Magritte, Le modèle rouge)
jeudi 3 juin 2010
mercredi 2 juin 2010
mardi 1 juin 2010
L'éléphant
Tu es
l'éléphant ivre
qui mange des fleurs
à l'intérieur de mon coeur
J'ai la solidité
des parfums de pivoine
lorsque tu me piétines
Welcome
Un petit nouveau fort bienvenu
Prolétariat -publication
Parle de choses et d'autres,
produit et distribue des livres,
des disques, des actions,
avec les moyens adaptés.
Prolétariat -publication
produit et distribue des livres,
des disques, des actions,
avec les moyens adaptés.
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