samedi 31 juillet 2010

Ne rien mentir

Aujourd'hui,
ne rien écrire
ne rien tenter
lire Thierry Metz
ne rien mentir
revenir d'où l'on vient
garder la tête vers le bas

vendredi 30 juillet 2010

Passeports
















Poussières poils gouttes brindilles
cristaux cailloux ficelles épines
plumes pétales fleurs coquilles
miettes graines terre pistils

les passeports du minuscule

Sunshine

Pandore

La nuit l’homme a le temps derrière son dos. Il porte, comme un bossu porte sa bosse, une petite boite de Pandore clouée en haut de la colonne prête à grignoter son cerveau. Quand l’obscurité a les mains douces, d’une caresse elle ferme la boîte. Mais quand elle reste immobile à ricaner devant le couvercle, elle a les mains moites.

jeudi 29 juillet 2010

God Damn little man !


















Sur Remue.net, Jacques Josse vient d'écrire une magnifique chronique qui me laisse pantelant de fierté. Qu'il en soit béni par tous les coyotes de la galaxie !

Voyage voyage

E.T
est parti
boire des jus de coco
à Hawaïï
Ici il n'avait droit
qu'à une place de goudron
sous le pont de l'autoroute
entre la station d'épuration
et la nouvelle déchèterie


mercredi 28 juillet 2010

Des ronds dans l'eau du ciel

Serviettes pendues aux fenêtres, on fait des ronds dans l'eau du ciel. La vie avance à une vitesse totalement effrayante. Il faut la regarder passer là haut. Voir sa silhouette qui nous sème, à tire d'ailes. On lui laisse prendre un peu d'avance. On fait confiance. On la boit à la bouteille sans s'essuyer le coin des lèvres. On fait des ronds dans l'eau du ciel. On fait ce qu'on peux. Croque dans la pulpe d'un nuage. S'évade d'un soupir. Rêve. Et même si le pigeon est cagneux, la route est belle.

Lady in satin

mardi 27 juillet 2010

Tartes aux prunes

Manger 
des tartes aux prunes
sur la lune 
avec toi

En travers de la gorge

Pardonne-moi ma belle
mes humeurs de vieux chat
J'ai le monde
en travers de la gorge
de l'égo à revendre
et mon impotence
à mettre une seconde devant l'autre
est plus que patente
Je suis un schtroumf grognon
 qui découvre la vie
dans un monopoly géant
Pourtant je veux bien jouer
ce jeu aux dés pipés
Tant que je le jouerai
avec toi

lundi 26 juillet 2010

Lorsque le ciel reste indécis

L'été hésite
Une fleur qui ne veut pas mourir
imagine la pluie
Déjà les matins ont l'odeur de l'automne
quand les mouches rêvent
de la pourriture des fruits
Le temps essaie ses robes
dans la tige des plantes
bientôt il sera nu
Corps conciliants des arbres
Nudité de l'épine, de la peau, de la graine
Frisson plat de la pierre
L'automne est le festin de la terre
L'hiver sa digestion
sieste froide de silence
Le printemps un éveil
L'été une friction
Les saisons ne sont belles que dans leur succession
lorsque le ciel reste indécis

dimanche 25 juillet 2010

vendredi 23 juillet 2010

Tenir tête à l'orage



















« Oui, il faut tenir tête à l'orage, celui de la vie! L'écriture nerveuse de Thomas Vinau qui sans cesse monte à l'assaut du monde, nous aide dans ce combat. » Progreso Marin

Je prends mes forces là où elles sont.
Dans l’amour, la lumière, les livres.
Chaque matin deux gouttes de rosée
pour nettoyer mes yeux.
Chaque soir ses rêves dans ma main
pour me chauffer la peau.
Chaque jour je taille un bout de temps.
Petits copeaux de moi qui tombent
au bord de l’encre.

Tenir tête à l’orage de Thomas VINAU
75 pages, 12 €
ISBN 978-2-911241-80-2

Vient de paraître aux EDITIONS N&B :





21 rue du Venasque 31170 Tournefeuille
netbeditions@orange.fr

soleils distribution

Dure la reprise !

Ce matin je me suis relevé en agrippant un cri d’oiseau.
J’ai mis mon sourire du lundi, mon plus beau mensonge, et je suis
parti.
J’ai traversé le cadran solaire en jouant à n’être pas moi, en me
dissimulant derrière les autres.
A la cantine, à midi, j’ai mangé du mépris.
La journée c’est bien passée, une langue discrète dans l’anus.
En rentrant, le soir m’a marché sur la tête. Je n’étais plus qu’une
demi-cicatrice.
J’ai mangé un peu de merde bleue et je suis allé disparaître.

jeudi 22 juillet 2010

Quelques aberrations technologiques

- Des oeufs durs en tube
- Des mines antipersonnel en forme de ballon pour attirer les enfants
- Des canettes orifices sexuels
- Des pastèques carrées
- Des boules de pétanque molles
- Des strings goût bonbons
- Des carpettes en fausse fourrure tigrée pour sièges et tapis de voiture
- Des écarte-orteils
- Des cochons phosphorescents
- Des émetteurs d’ions négatifs harmoniseurs d’espace avec kit de branchement à l’allume-cigare
- Des vêtements pour chiens
- L’Évangile en Lego
- La machine à envoyer votre nom dans l’espace
- La bêche à se raser les poils du dos

CCP 19























(cliquez dessus pour lire)
Merci à Nicolas Tardy pour cette étude approfondie de mes miettes, parue dans les Cahier Critique De Poésie n°19 du CIPM

Les restes du monde

Le message

Hier soir, le vent souffla dans les grands arbres. Toute une rumeur frémissante vint envahir la nuit. La jupe courte du peuplier se souleva dans l'obscurité. Le vieux tilleul gonfla le torse. Les pins ricanèrent. Les acacias titubèrent. Les laurier propagèrent la rumeur jusqu'à la route. Les arbres se passaient le message du vent comme des chiens hurlant d'une lune à l'autre. Immobiles, les rongeurs et les insectes écoutaient. Les humains, comme à leurs habitudes, n'entendirent rien.

mercredi 21 juillet 2010

Muchas patatas


















Du nouveau
- chez les patates
- et chez les récolteurs de patates

Les gens


















"C'est pas que j'aime pas les gens mais disons que je me sens mieux quand ils ne sont pas là..."
Henry Chinaski, Barfly.

Bilan d'incompétence

Dis moi ? Tu fais quoi ? Tu vis quoi ? Tu te lèves chaque matin ? Pour faire quoi ? Tu inventes quoi ? Tu crées quoi ? Tu donnes quoi ? Tu partages quoi ? Tu affrontes quoi ? Tu expérimentes quoi ? Tu veilles à quoi ? Tu protèges quoi, qui ? Tu construis quoi ? Tu essaies quoi ? Tu rates quoi ? Tu persévères à quoi ? Tu recommences combien de fois ? Tu vas jusqu'au bout combien de fois ? Tu as quoi à m'apprendre ? Tu te bas ? Tu rêves ? Tu fais quoi de ce que tu as dans les bras ? Dans la tête ? Dans le ventre ? Tu fais quoi de ta vie ? Du temps qui passe ? De ta solitude ? De ta condition ?

mardi 20 juillet 2010

Nous

Dire la glace sur ta joue. Nos discussions et nos partages. Mes colères ridicules. Nos petits riens. Nos pieds sales. Tes danses sauvages. Dire le vent dans les arbres. Et les jets d'eau. Et les moineaux qui s'y baignent. Et la lumière sur les pierres de la terrasse.  Dire les jouets qui ruminent à l'ombre. Le Polux à roulettes. Le ballon Spiderman. Le Tigrou dans la poussière. Dire les araignées. Les plantes grasses qui tombent. Nos orteils dans les mauvaises herbes. La piqure de moustique qui trône entre tes seins. Puisque Avoir c'est Perdre et que le temps est un menteur, je note les éclats de rires, les tomates cerises, les gouttes de sueurs. Nous n'avons pas peur de la peur. Nous bricolons à petits pas. Nous sommes fourmis dans le broyeur et peu importe où va l'égout. Sur notre bouchon de fortune, nous savons ce que veut dire nous. Nous plaignons ceux qui ne savent pas.

lundi 19 juillet 2010

Inventer un nom

Inventer un nom
Fonder un culte
Concevoir une science
J'hésite
Un univers
et quelques millénaires
suffiront ils
à dire l'étrange lumière
de ce soir de juillet
où j'ai volé l'image
à travers la porte
de ta douceur
qui se déshabillait

L'atelier de Lucian Freud




















Admirer, 2004 - Admiratrice nue, 2004-2005 - Photographie - 59 x 76 cm � David Dawson, courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert, Londres

Sur le mur
de l'atelier de Lucian freud
dorment
les mille morceaux de chair
de ses tableaux

Géopolitique et pragmatisme

Notre bêtise ne rend pas les abrutis moins cons ...

dimanche 18 juillet 2010

vendredi 16 juillet 2010

Les petites joies

Calé
sur une chaise longue
dans le jardin bleu
de la nuit
Je me sens bien

assis dans l'ombre
à yeuter les étoiles
à penser aux gens que j'aime
en tirant sur ma clope
Je cuve
les petites joies
de ma vie

jeudi 15 juillet 2010

Deux bêtes sauvages



















Quand elle se lève de la sieste
deux chiens se battent dans ses yeux
deux bêtes sauvages
et c'est beau comme un ciel plein d'urine et de sang

Le mot du jour

MITHRIDATISATION

La Famille Johnson *



















Jambe-de-bois et bras-cassés
Traîne-savates et Pousse-mégot
Suzy-la-mule et Charlie-piano
Saligaut et Fumeur-d'opium
Traficoteurs Yeggs et Poivros
le Chinois et Pipe-en-fer-blancs
le Boulotier et la reine Salt Chunk Marie
La famille Johnson mec, au grand complet sur le pavé!





















*: la Famille Johnson était le nom de la grande confrérie
des yeggs, hobos, vagabonds et autres camelotiers qui parcouraient la grande Amérique à pieds au début du siècle dernier

mardi 13 juillet 2010

L'amour traverse la rue















Richard et Ianthe Brautigan sur le chemin de..., en 1970


Le matin
dans l'indifférence
générale
l'amour traverse la rue
Passe devant le pressing
la boulangerie
le parc
l'école
Hésite entre trottoir sec
ou trottoir mouillé
Jette un oeil aux affiches déchirées
et au vieux chat qui traîne
derrière les poubelles
Lève la tête et dit Tiens regarde,
un mouton broute dans le ciel

Deux villes sur un banc

Toute une population vit à l'intérieur de nous. Une ville de choses, d'idées, de sentiments, qui se croisent et circulent comme dans un centre commercial. Nous sommes de grands bâtiments usés. des odeurs et des souvenirs, des principes et des théories se croisent le matin dans l'escalier de service. Nous sommes de grands bâtiments trop clôts. Nous aimons la tièdeur confortable de nos pièces fermées. Certains s'ammênagent de délicieux cercueils moltonnés. Certains se laissent délabrer. Certains sifflent en retapant le plancher. Je souhaiterais sincérement, de toute ma tendresse, que chacun d'entre nous ouvre les fenêtres de ce grand bâtiment. Qu'il laisse entrer l'air, l'eau de pluie, les pigeons sur le parapet. Qu'il laisse entrer les cris d'enfants qui viennent des autres bâtiments. Qu'il s'attardent sur le balcon. Qu'il regarde un peu de l'autre côté de la rue, sans juger, les passants, les sourires, les plantes du jardin d'à côté. Ce serait comme deux villes qui viendraient s'asseoir sur un banc, à l'ombre d'un tilleul, pour palabrer en déboutonnant le premier bouton de chemise. Ce serait si beau, au delà de la rencontre, que nos solitudes et nos certitudes commencent enfin à s'écouter.

lundi 12 juillet 2010

Le courage
















Comme c'est naif
de croire que c'est naif
d'être gentil

Loin de nous

Je m’ennuie à mourir
Loin de nous
Le soleil humiliant
Les sourires aliénés
Non vraiment
Il n’y a que l’idée
De sentir sous tes bras
Qui me tienne
Debout
Ici le temps avance. Enfin je suppose. Je ne l'ai jamais vu, mais il reste la trace de ses semelles cloutées sur mon dos.

Brumisateur visuel

dimanche 11 juillet 2010

Coup de torchon

 Par la fenêtre ouverte
je sirote la mousse verte
des platanes
Les miaulements de chat
qui se battent
pour une tête
de poisson
Un bon coup de torchon  
Et c'est reparti
Elle ronronne
comme une vieille friteuse
ma ville

à travers le trou

Aujourd'hui, je voudrais qu'on voit le ciel à travers mes yeux, comme ces ruines de maison sans toit où l'on voit le bleu à travers le trou de la fenêtre.

samedi 10 juillet 2010

Inévitablement

Une poussière, à contre-courant
du cours violent d’une rivière
Une goutte lourde dans le vent
Une punaise dans un iceberg
Une cacaouète dans un volcan
Un ami dans un cimetière
Une miette qui sous le poids du temps
se transforme doucement en pierre
Un moineau qui dévore un lion
Un enfant qui va faire la guerre
Un homme qui, vu du ciel
s’évertue à faire ce qu’il peut
pour construire ce qu’il perd
Inévitablement.

vendredi 9 juillet 2010

Laisse tomber

Une lumière blanche, très blanche, trop blanche.
Les paupières qui grésillent sous le métal brûlant du ciel.
Les soupirs de midi et, aplati sous la table, mon chien las
dont le regard semble crier : Laisse tomber, te fatigue pas... aujourd’hui se renonce...ou se rêve.

Une issue

Une plume dans les nuages

Tu écris
comme une pie
qui part à l'assault du ciel
en hurlant, C'est à moi, C'est à moi !

jeudi 8 juillet 2010

Microbe n°60














Microbe numéro 60 vient de paraître. 
Dirigé cette fois par Marc Bonetto.
Du beau monde. Comme d'habitude.
Microbe est à la revue ce que l'aphorisme est au bavardage.
Tous les renseignements chez le boss Chimay Bleue

Arlt




















Je vous conseille de vous pencher sur le nouvelle album de Arlt.
Un peu comme si Moondog et Karen Dalton se retrouvaient
pour faire un folk dans le désert éthiopien de Mulatu Astatké...
Sing Sing et Eloise Decazes en parlent ici ou

mercredi 7 juillet 2010

Un homme et une poule

Nous achèterons
deux ou trois poules
juste pour profiter
de leurs dissonances
et de leurs allures ridicules
Arrive un certain age
Ou un homme un vrai
lorsqu'il rentre le soir
après une sale journée
a besoin de deux ou trois poules
pour se rassurer d'exister

Monde à vendre

mardi 6 juillet 2010


















TU TE COMPORTES COMME UNE MERDE SUR UN SOCLE
(Lettre de Truffaut à Godard)

Hypothèse

Lever le pied
revient souvent
à relever la tête

dimanche 4 juillet 2010

Jules Mougin

"Ce qu'on va lire, je l'ai souvent écrit pour mon plaisir. J'ai noté les tressautements de mon coeur. Il est des jours où on le sent davantage. j'ai tendu l'oreille. Je me suis servi de mes yeux. Donc, ici, dans ces écrits, rien de difficile. C'est tout simple. Ma joie est simple."
Jules Mougin, Mal de coeur, éditions Robert Morel.

Un portrait du poète facteur (et non tracteur) sur Vents Contraires

Elle se lève

Dans le silence
d'une nouvelle lumière
quelque chose bourdonne

Du ciel
3000 abeilles
viennent butiner la couleur
qui coule au bord de ses paupières

Un jour nouveau

jeudi 1 juillet 2010

Fils d'immigrés

Il lâche un glaviot lent sur le bitume brûlant bien pile entre ses jambes qui ballotent au soleil. Il reste là, cul sur la chaise pliante, à l'ombre du panneaux d'affichage municipal qui clignote en rouge Del, les festivités de l'été. Rien à faire et puis quoi ? Retour à  pôle emploi. Dans le casque, une histoire de vieille valise et de fils d'immigrés. Il lève la tête. De l'autre côté de la grande place du village, les vieux harkis palabrent sur le banc de béton. Trente mètres les séparent. trente ans d'intégration.

Déclaration

T'es belle quand tu claques les portes !















Ma douce à pôle emploi ...

L'évasion

Le jour le village était calme
mais dés la brune tombante
légions entières de ragondins
et de fleurs de courgette
complotaient leurs évasion
vers l'océan