jeudi 30 septembre 2010

Let's ride, baby !

On voit ta tirelire

On voit ta tirelire ! C'est comme ça que les mamans disent lorsque l'enfant qui se baisse laisse dépasser la raie des fesses. Cette expression m'a réconciliée avec ce ridicule objet qui sert à apprendre aux minos à garder leurs centimes plutôt que de les donner aux clodos. On voit ta tirelire ! C'est tout de même mieux qu'un cochon avec une fente dans le ventre. Maintenant, quand je marche dans la rue, je regarde les tirelires des filles. Et le monde devient une mine d'or, délimitée par la ligne fine, d'une culotte à pois rouges.

mercredi 29 septembre 2010

Arthur Penn

Rester couché























Rester couché. Réviser ses classiques. Son latin. Draconien par exemple ( d'une rigueur excessive dit le dico) qui vient de Dracon, ce législateur grec qui en 621 avant jésus christ interdit l'oisiveté sous peine de mort. C'est bon d'apprendre. On apprends toujours mieux en restant couché.

Free hugs

En se tenant le dos

Les escargots rampent dans la cendre froide. Ah non, je me trompe, c'est le jour qui se lève. C'est le ciel qui éventre la nuit. C'est l'eau qui fait briller les plumes. La terre couleur argent. Je pisse droit dans la brume. Donne moi des matins gouttes à gouttes. Des matins petits bois. Des pluies qui ne tombent pas justes. Des ciels sans envergure. L'automne ne pérore pas. Il sait le temps qui passe. Les aurores qui se lève en se tenant le dos.

Nous sommes des fleurs mais il y a la mer

lundi 27 septembre 2010

Versailles

J'éteins les dernières lumières
la nuit s'allume
je rejoins le lit à tâton
m'assois sans faire de bruit
elle dort déjà
elle respire
comme un ange fatigué
un ange qui a trop donné
je me glisse sous les draps
il s'agit de frôler sa chaleur
sans risquer de la réveiller
on ne réveille pas
un ange fatigué

Toutes sortes de bonnes raisons

Il y a
toutes sortes de bonnes raisons
pour se désagréger
et disparaître

dimanche 26 septembre 2010

Fuck the clock























aujourd'hui j'ai trente deux ans.

Complices

Nous sommes les complices
d'une grande et belle évasion
Il y a celui qui aime
celui qui lit
celui qui écrit
celui qui rêve
celui qui refuse
celui qui plante
celui qui marche
celui qui joue
celui qui nie
celui qui apprend
celui qui doute
celui qui se moque
celui qui se saoule
celui qui dit non
nous sommes tous les complices
d'une grande et belle évasion
nous creusons des tunnels
nous tressons des cordages
nous prenons des notes
nous rusons Nous savons
que les détours sont nécessaires
qu'il faut esquiver l'ordre des choses
qu'au bout il y a dehors
demain
dedans

Apprendre la vie

samedi 25 septembre 2010

Le chien du corbillard

Le chien. Le pauvre chien. Qui suivait le corbillard. À l'enterrement de Mozart. Le chien. Le pauvre chien. La légende ne dit pas s'il avait faim ou froid. Peut être était-il galeux. Peut être comptait-il manger le cadavre. La légende ne dit pas, s'il versa une larme ou se coucha penaud sur la terre retournée. La légende ne dit pas si un homme était là lorsqu'il creva sur le pavé.


Gravure française, circa 1800 : « le convoi du pauvre », identifié par Beethoven comme étant « l’enterrement de Mozart » (DR.)

vendredi 24 septembre 2010

Dans le cirque

                            IX

Le lion du midi voit venir l'ours polaire.
L'ours court droit au lion, grince, et plein de colère,
L'attaque plus grondant que l'autan nubien.
Et le lion lui dit : Imbécile ! c'est bien.
Nous sommes dans le cirque, et tu me fais la guerre.
Pourquoi ? Vois-tu là-bas cet homme au front vulgaire ?
C'est un nommé Néron, empereur des Romains.
Tu combats pour lui. Saigne, il rit, il bat des mains.
Nous ne nous gênions pas dans la grande nature,
Frère, et le ciel sur nous fait la même ouverture,
Et tu ne vois pas moins d'astres que je n'en vois.
Que nous veut donc ce maître assis sur un pavois ?
Il est content ; et nous, nous mourons par son ordre ;
Et c'est à lui de rire et c'est à nous de mordre.
Il nous fait massacrer l'un par l'autre ; et, pendant,
Frère, que mon coup d'ongle attend ton coup de dent,
Il est là sur son trône et nous regarde faire.
Nos tourments sont ses jeux ; il est d'une autre sphère.
Frère, quand nous versons à ruisseaux notre sang,
Il appelle cela de la pourpre. Innocent,
Niais, viens m'attaquer. Soit. Mes griffes sont prêtes ;
Mais je pense et je dis que nous sommes des bêtes
De nous entretuer avec tant de fureur,
Et que nous ferions mieux de manger l'empereur.
Dans le cirque, L'année terrible, Victor Hugo

Le vieux dégeulasse



















Il y a de la tendresse
dans les yeux
des vieux dégeulasses

Conseil technique

Il faut se mettre debout
et cracher par terre
 puis pour changer
de point de vue
de point de mire
se coucher sur le carrelage sale
et regarder ce qui bouche
le ciel

La grande baronne Dada Elsa von Freytag-Loringhoven

Des vestiges

Des vestiges
Des fragments
Des humains

Dans son regard absent et son iris absinthe

Du neuf chez Gros textes

Toujours humble et exemplaire, la maison Gros Textes ouvre ses fenêtres, éditions, revues, théatre, épicerie littéraire, allez y faire un tour, y'a du bon !
Le blog
Le site
Le boss : Yves Artufel
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
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gros.textes@laposte.net 

jeudi 23 septembre 2010

Un jour en Amérique





















(Trouvée grace au journal de jane)

Ses yeux las

Traînent dans la plaine ses yeux las. Trois rapaces s'envolent et leurs battements d'ailes ricanent dans le ciel. L'herbe est brûlée de temps et de lumière. Les ronces paissent. Un serpent siffle puis s'enfonce dans le noir de la terre. Au centre de la plaine, deux carcasses éventrées. Leurs tripes qui s'étiolent dans l'absence de souffle. Tout au bord de la chair, ronfle un lion solitaire à la crinière usée. Quelques mouches bourdonnent. Traînent dans la plaine ses yeux las. Il se laissera mourir. Le ventre plein et le coeur fatigué.

Le piano sauvage

mercredi 22 septembre 2010

Lettre noisette

Cher écureuil hirsute,
ce petit mot pour te dire que depuis ton départ, le vieux mélèze de l'entrée est un vaisseaux fantome sans capitaine. La pie en vigie plante ses cris dans le ciel. Le silence est plus blanc et je jette mon pain dans les flaques merdeuses que plus aucun chat sauvage ne vient goûter. Le chien attend toujours que tu lui chies sur le museau. pour l'instant je le laisse espérer. Sache qu'il reste quelques noix en haut de la cabane.
bien à toi
T.

mardi 21 septembre 2010

Aller !

Au petit matin des rues pavées. La lumière te laisse une chance. Café comptoir. Trottoir mouillé. Une fille passe à vélo. Sa jupe est légère. Un pigeon s'envole. Tu te dis aller ! Je vais lire. Marcher. Manger quelque chose. Si je trouve un arbre, j'y monte.





















(là)

samedi 18 septembre 2010

Forcer la nuit

Traverser la nuit sous un parapluie. Se retrouver là, dans la salle d'attente des Urgences de Pertuis. Entourés de deux types et d'une femme. Tristes et silencieux. Têtes baissés. Sur mes jambes le bébé. Qui joue avec le parapluie. Qui crie. Qui parvient encore à faire sourire les gens fatigués. Qui fait plier, un tout petit peu, l'obscurité.

du fait que quelques-uns ont voulu balayé

"Jusqu'ici sur la terre, tout désordre a résulté du fait que quelques-uns ont voulu mettre de l'ordre et toute ordure du fait que quelques-uns ont voulu balayé. (...)
Le mal n'est pas que le monde soit gouverné avec si peu de sagesse. Le mal est que, si peu que ce soit, il soit gouverné."
Dezsô Kosztolànyi, Le traducteur cleptomane.

Cette citation ouvre le livre de Pierre Autin-Grenier, C'est tous les jours comme ça, édition Finitude.

vendredi 17 septembre 2010

L'écrivain

L'écrivain se penche vers moi et dit : "Je suis un imposteur, mais un imposteur sincère."

Poème randonneur



















(cliquez sur les pieds)

Aujourd'hui, j'ai crapahuté, et puis j'ai été invité à boire un milkshake de nuage dans le cabinet de curiosité du bon professeur P.

Frozen bananas

2 extraits de Tenir tête à l'orage, édition n&b

 Page 11 :
Je parle une langue de pluie, une langue de faine, de lichen, de nuage. Je parle la buée des vitres, le mégot de la veille, le fil de fumée blanche qui monte vers la nuit. Je parle patte de fourmi. J’apprends la minuscule musique de la lumière

 Page 12 :
Je traverse la forêt des ombres. Les grands arbres penchés me montrent le chemin. Tout le monde est seul ici, seul avec ses fantômes. Les doigts des absents débroussaillent la route, écartent les carcasses noires de nos peurs. Ils sont tous là, nos absents, dans les frissons brumeux de la forêt des ombres. À nous attendre.

 ...

jeudi 16 septembre 2010

Tenir tête à l'orage


















Tenir tête à l’orage, Thomas VINAU
75 pages, 12 €
ISBN 978-2-911241-80-2
EDITIONS N&B :





21 rue du Venasque 31170 Tournefeuille
netbeditions@orange.fr
soleils distribution


 Le livre est à présent disponible via Fnac , Chapitre et compagnie

Fire dog

Au devant


Il cherche un passage
entre deux matins de glace
une route de fourmi
derrière la forêt
derrière la montagne
derrière l'horizon
derrière le ciel
derrière le jour
 

mercredi 15 septembre 2010

Il n'y a pas d'autres choix possibles

« Je voulais indiquer aux jeunes gens d’aujourd’hui qu’on les trompe, que la vie n’est pas un dilemme et qu’entre les deux idéologies contraires entre lesquelles on les somme d’opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idioties de la "politique", et que c’est pour la vie qu’ils doivent opter, malgré l’attirance du suicide, individuel ou collectif. Il n’y a pas d’autres choix possibles. Vivre ! »
Blaise Cendrars

nb : merci à pascale pour cette citation que j'ai trouvée en commentaire de la magnifique chronique de Bertrand Redonnet sur Non de Non !

Karibu ya bintou

Miroslav Tichy















Clochard céleste, portrait 7, Miroslav tichy sur Vents contraires.

mardi 14 septembre 2010

Les ailes mortes.

Ses yeux s'épuisent contre la vitre. Il cherche de l'air. De la lumière. Un cul de fille. Un chat. Un pigeon. Un papier de bonbon. Quelque chose. Une évasion en bonne et due forme. Encore quatre heures à tirer et le travail s'achèvera dans l'agonie de sa journée. Ses yeux s'épuisent contre la vitre. Ils battent des ailes. Bourdonnent. S'agitent. Comme une de ces grosses mouches vertes qui finit le dos dans la poussière sans avoir gouté à la pluie. Les pattes en l'air, les ailes mortes. Ses yeux s'épuisent contre la vitre. Quand ils sortiront il fera nuit.

Les cheveux chauds

Elle a les cheveux chauds. On est là, assis dans l'herbe. Son corps collé contre le mien. Le soleil tape sur sa tête. J'enfouis la mienne dans ses cheveux bruns. Ils sont chauds. Je respire à plein nez. Des champs de tournesols. Des ciels d'été. Des glaces à l'eau. Des crèmes de douche. Des draps froissés. Toute une petite alchimie de fruits. De rêves. De peaux. De paix.

lundi 13 septembre 2010

dimanche 12 septembre 2010

Garder bon espoir

04 :00

Garder bon espoir
De muter
En trace d’avion dans le ciel
Ou de se réveiller
En étant devenu
Un de ces chiens
Qui chie tout en haut
Des bornes kilométriques

(extrait d'un petit ensemble : Compter les tuiles cassées)

RIP Monsieur Hibou



















(photo Mathias Botor)

Dissolution des rouilles

Plonger ma tête
dans un seau
de rosée glacée

Ma fatigue
Mes plaintes
La pourriture
de ma tristesse

Des brindilles rouillées
qui tournent en rond
à la surface

André Benchetrit

samedi 11 septembre 2010

L'heure du bain
















(photo de Ami Vitale)

Salle d'attente


















(photo de Michael Garlington)

Une fois coincé
dans cette salle d'attente
Il eu sa première véritable certitude
Dieu était un mauvais dentiste
de hall de gare

vendredi 10 septembre 2010

mercredi 8 septembre 2010

L'horizon est derrière

Lettre de la brûlure

Ici la terre est sèche
Je garde sauvage
un petit morceau de nuage
entre mes rêves et mes dents

Ptit déj

Elle sent si bon

Ecrire des tendresses. Des ciels. Des matins qui passent. Des nuages. Ecrire le burin qui nous effrite et cette poussière que l'on devient. Qui nous reste. Précieuse. Que l'on recueille au creux de la main. Ecrire l'ennuie. Et la tristesse. Ecrire l'orage. Elle sent si bon. Notre poussière. Sous l'orage.

lundi 6 septembre 2010























Via Onion Magazine.

l'oreille et le nez

Dix fois par semaines, ces coups de fils intrusifs de commerciaux mielleux qui veulent vous glisser dans la rondelle une nouvelle mutuelle ou un abonnement quelconque. Toujours ma réponse est la même : Je ne suis pas intéressé et merci de ne jamais rappeler. Ce matin, l'impolitesse absolue de cette vendeuse merdeuse qui ne me laisse même pas le temps de lui raccrocher au nez !

dimanche 5 septembre 2010

En octobre ...

Le spectacle

La municipalité a mis tous les moyens nécessaires pour refaire la place claire. Le sol est marbré. Passé aux grandes eaux. Les murs des vieilles bâtisses de la ville ont été blanchis à la chaux. Les parterres de fleurs remplacés. le gazon replanté. Les éboueurs ont complétement démonté le local à poubelle. Les clochards et les badeaus trop négligés sont priés depuis deux semaines d'aller voir ailleurs s'ils y crèvent. Aux fenêtres des immeubles les plus hauts, les places sont chères. Les toits sont réservés aux prvilégiés. Depuis l'aube, la foule se presse dans les artères paralèlles. La rumeur monte. Les marchands d'abats et de bière connaissent le succès. À midi, c'est une marée humaine qui flue et qui reflue la chair fraîche de la ville. Au centre de la place, trône la scène toute neuve sur laquelle est fixée une potence en or. Le spectacle va commencer.

jeudi 2 septembre 2010

Alain Corneau ...

Sainte Trinité

Cul dans l'herbe
Mains sales
Yeux ouverts

Charogne n°1















Charogne est une revue qui sent pas bon mais qui a la classe.
Charogne se commande sur le site d'Asphodèle éditions en cliquant sur contact et en envoyant un chèque de 6 euros à l'adresse indiquée.
Vous pouvez aussi voir ça directement avec le rédac' chef.

Charogne - poésie / textes - 36 pages - format A5 - 6 euros -
2 numéros par an

Ont participé à ce premier numéro : Oceane Le Tarnec, Pascal Pratz, Julien Blaine, Eric Poindron, Thomas Vinau, Eric Dejaeger, Stéphane Prat, Perrine Le Querrec, Thierry Roquet, Antoine Bréa, Dimitri Vazemsky, Magali Planès, Guillaume Siaudeau.

dans un incendie























" Je rate tout. Et alors ? l'histoire de l'art n'a aucun intérêt à côté d'un visage de jeune fille ou un corps de chat. Si, dans un incendie, j'avais à choisir entre le plus beau des Rembrandt et sauver un chat, je choisirais le chat".
Alberto Giacometti