dimanche 31 octobre 2010
samedi 30 octobre 2010
La taille des entailles
Le petit chêne frileux essuie la morve de son nez du revers déjà pourri de sa dernière feuille. Il goutte-à-goutte de chagrin dans l'ombre encore gelée des vieux cèdres.
- Pourquoi pleures-tu petit glandu, demande le connifère bleu ?
- Tu ne connais pas le malheur répond, retords, le chêne tordu. Chaque hiver je perds ma peau, mon sang se glace, mes membres se figent dans le froid et j'attends là, de devoir tout recommencer. Tu ne connais pas le malheur, tu ne changes jamais, tu restes vert, bien droit, dressé.
- Tu commences mal, répond le vieux cèdre agacé. Comparer la taille des entailles n'empêche personne de saigner. Tu penses connaître le malheur ? Sais tu seulement quelle douleur c'est, de ne pouvoir jamais changer !
Un écureuil à ce moment, vient lécher le glaçon qui pend du bout de son petit nez gelé.
- Pourquoi pleures-tu petit glandu, demande le connifère bleu ?
- Tu ne connais pas le malheur répond, retords, le chêne tordu. Chaque hiver je perds ma peau, mon sang se glace, mes membres se figent dans le froid et j'attends là, de devoir tout recommencer. Tu ne connais pas le malheur, tu ne changes jamais, tu restes vert, bien droit, dressé.
- Tu commences mal, répond le vieux cèdre agacé. Comparer la taille des entailles n'empêche personne de saigner. Tu penses connaître le malheur ? Sais tu seulement quelle douleur c'est, de ne pouvoir jamais changer !
Un écureuil à ce moment, vient lécher le glaçon qui pend du bout de son petit nez gelé.
vendredi 29 octobre 2010
Voilà, vous la voyez, la fraternité de l'homme
" Je ne vise pas le prix Pulitzer, le prix Nobel, ni aucun prix. Je suis là, dans une petite chambre de Carl street; j'écris une lettre aux gens ordinaires, je leur dis dans un langage simple des choses qu'ils savent déjà. Je fais seulement un compte rendu et, si je m'égare un peu, c'est parce que je n'ai pas à me presser, et que je ne connais pas les règles. Si j'ai un désir, c'est de montrer la fraternité des hommes. Voilà une déclaration qui n'est pas mince, et cela fait un peu pédant. En général, un homme est honteux de faire une déclaration aussi ambitieuse. Il a peur que les gens sophistiqués rient de lui. Mais cela m'est égal. Je demande aux gens sophistiqués de rire. C'est pour cela que les gens sophistiqués sont faits. Je ne crois pas aux races. Je ne crois pas aux gouvernements. Je vois la vie comme une vie à la fois, tant de millions simultanément sur toute la surface de la terre. Les bébé à qui l'on n'a pas encore appris à parler dans une langue, voilà la seule race de l'homme; tout le reste est mensonge; c'est tout ce que nous appelons "civilisation, haine, peur, volonté de puissance..." Mais un bébé est un bébé. Et la façon dont il pleure, voilà, vous la voyez, la fraternité de l'homme : des bébés qui pleurent. Nous devenons grands et nous apprenons les mots d'une langue, et nous voyons l'univers à travers la langue que nous connaissons; nous ne la voyons pas à travers toutes les langues, ou bien sans langue du tout- à travers le silence par exemple- et nous nous isolons dans la langue que nous connaissons. Par ici, nous nous isolons en anglais, ou en américain, comme dit Mencken. Toutes les choses éternelle, les voilà dans nos mots. Si j'ai quelque chose à dire, je peux parler un langage plus universel. le coeur de l'homme, cette partie de l'homme sur laquelle l'ont n'a pas écrit : voilà ce qui est éternel et commun à toutes les races."
William Saroyan, extrait de la nouvelle Soixante-dix mille Assyriens, L'audacieux Jeune Homme au trapèze volant, Le Serpent à Plumes.
(Première édition en 1934)
William Saroyan, extrait de la nouvelle Soixante-dix mille Assyriens, L'audacieux Jeune Homme au trapèze volant, Le Serpent à Plumes.
(Première édition en 1934)
Si doux parfois
Il est si doux, parfois, le jolie petit pourrissement des choses. Si doux parfois, si ténu, si coloré, si clément, qu'il semble presque qu'elles fleurissent.
jeudi 28 octobre 2010
Bousier
Un scarabé usé, se traine péniblement, entre les pierres. Octobre, c'est la fin des haricots pour un bousier fatigué. L'encre sur la feuille, répond à son agonie discrète. Une trace noire, pleine de froid et de lumière.
L'orage à l'honneur
Tenir tête à l'orage
paru aux éditions n&b
est à l'honneur chez deux lecteurs concernés et compétents :
-sur le site de Décharge, dans les I.D de Claude Versey
- et sur le blog du Grognard de Stéphane Beau
merci à eux.
mercredi 27 octobre 2010
Des mers à traverser
Les nuits sont courtes
et les jours longs
La lumière dessine
des mers à traverser
entre le vide et le néant
et les jours longs
La lumière dessine
des mers à traverser
entre le vide et le néant
mardi 26 octobre 2010
Chaque matin nous nous rencontrerions
Tu resterais nue toute la journée dans ce très grand appartement dont les baies vitrées formeraient comme des murs de nuages, de ciel et d'horizon. Tu m'attendrais. Tu t'ennuierais avec indolence et passion. Tu serais ma Scarlett Johansson du Japon. Au petit matin je rentrerais. Dans la lumière bleue des couloirs. Je me laverais longtemps. La buée envahirait la chambre et le miroir du dressing. Mes cheveux seraient encore mouillés lorsque je m'allongerais près de toi, tout au bord des grandes fenêtres. Nous boirions de l'alcool blanc. Tu rirais trop fort. J'aimerais ça.
lundi 25 octobre 2010
Bleu de travail
Le jour met son bleu de travail. Je regarde le vent. Pourtant je ne le vois pas. Pourtant je le regarde. Pour relever la tête commence par lever les yeux. Derrière la plaine blanche, les collines. Derrière les collines, des nuages. Derrière les nuages, d'autres horizons qui s'inventent. J'écris à l'encre noire les jours de rien. Les petits matins purpurins. Les soirs sans fin. Smicard de l'aube et des pluies fines. le temps ne se paie pas à l'heure mais aux traces de godillots qu'il laisse sur ta carcasse. Pendant ce temps la mort colore les arbres. Le jour met son bleu de travail. je mets le mien.
samedi 23 octobre 2010
Avis de parution : Banlieue de Babylone, Richard Brautigan's friends, ouvrage collectif
Les enfants de Richard Brautigan
Hé Richard
j’ignorais que tu étais
venu en France
& que tu y avais fait
de telles culbutes !
Incroyable comme
en dix ans
ta progéniture
a proliféré.
Hervé Merlot
le 26 avril 2009
- Justin.Barrett (U.S.A.)
comme l’imitation d’arbre de noël dans le coin de la piècesans lampes ni cadeaux et juste une douzaine de garnitures reçues en héritage
- Eric Dejaeger (Belgique)
Un-Grand-Chapeau–Noir-Sur-Un-Long-Visage
- Jean-Marc Flahaut (France)
Shoto keki
- Jason Heroux (Canada)
Gribouillages de notes trouvées sur une serviette
de la taille d’un mur
- Roger Lahu (France)
mais qui donc bon dieu a laissé la boîte ouverte ?
- Hervé Merlot (France)
¡Hola mi vida qué tal hoy día!
- Thomas Vinau (France)
Notre rôle dans l’histoire
Cet ouvrage de 124 pages au format 14 x 21 peut se commander
auprès des éditions associatives Gros Textes pour la somme de 9 euros
(plus 2 euros de frais de port)
Gros Textes
Fontfourane
05 380 Châteauroux-les-Alpes
Le blog de Gros Textes
Le site de Gros Textes
Hé Richard
j’ignorais que tu étais
venu en France
& que tu y avais fait
de telles culbutes !
Incroyable comme
en dix ans
ta progéniture
a proliféré.
Hervé Merlot
le 26 avril 2009
- Justin.Barrett (U.S.A.)
comme l’imitation d’arbre de noël dans le coin de la piècesans lampes ni cadeaux et juste une douzaine de garnitures reçues en héritage
- Eric Dejaeger (Belgique)
Un-Grand-Chapeau–Noir-Sur-Un-Long-Visage
- Jean-Marc Flahaut (France)
Shoto keki
- Jason Heroux (Canada)
Gribouillages de notes trouvées sur une serviette
de la taille d’un mur
- Roger Lahu (France)
mais qui donc bon dieu a laissé la boîte ouverte ?
- Hervé Merlot (France)
¡Hola mi vida qué tal hoy día!
- Thomas Vinau (France)
Notre rôle dans l’histoire
Cet ouvrage de 124 pages au format 14 x 21 peut se commander
auprès des éditions associatives Gros Textes pour la somme de 9 euros
(plus 2 euros de frais de port)
Gros Textes
Fontfourane
05 380 Châteauroux-les-Alpes
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petit linge intime
Des trouées mauves
dans la toile noire
du paysage
Un scintillement glacé
qui s'installe
Du tulle blanc
qui vire au rose
Petit linge intime du ciel
Le jour se lève
dans la toile noire
du paysage
Un scintillement glacé
qui s'installe
Du tulle blanc
qui vire au rose
Petit linge intime du ciel
Le jour se lève
vendredi 22 octobre 2010
Sémantique
Dans ses histoires, Jack London n'écrit jamais allumer un feu mais construire un feu. Ce n'est pas pour rien. Aujourd'hui, je me dis que la nuance sémantique serait juste avec de nombreuses autres expressions. Par exemple, on ne dirait pas prendre une route mais donner une route. Inversement, on ne dirait pas écrire un livre mais allumer un livre. Et bien entendu, on ne dirait pas faire un enfant mais récolter un enfant.
Pieds par dessus tête
Tous les bourgeons frissonnent et le ciel déchaîné recouvre soudain la terre. L'azur est plein de boue. Le paysage vient de se retourner.
mardi 19 octobre 2010
Se rendormir
Il se réveille d'un bon aux pires heures de la nuit. Le silence résonne. Il frissonne. Pousse les draps trop imbibés de sueur. Dans son sommeil il avait peur. Mais c'est une peur de l'extérieur qui est venue l'extraire de son cocon froid. Au loin les bruits de la ville. Le gémissement quasi imperceptible du gel qui mord les réverbères. Des moteurs qui s'enfuient. À nouveau ce cri qui lui a écarquillé le sang et fait bondir les paupières. Sa conscience qui se libère du sommeil distingue mieux à présent. Ça va. Il se rassure. Il avait craint que ce fût le hululement malsain d'une chouette affamée. Ce n'était que les pleurs d'un enfant dont on serre la gorge. Il finira bien par se rendormir.
consistance de la nuit
Hier soir. Première buée. Sa consistance que je mâche et recrache. Oeil borgne de la lune. Froid qui me tricote. Silhouette sombre des grands arbres qui dansent à l'aplomb de la nuit.
lundi 18 octobre 2010
Dans la chambre de Basquiat
Dans son loft de Great Jones Street, que Warhol lui avait loué, on retrouve aprés son o.d :
- Des tableaux finis et d'autres incomplets
- Les travaux d'autres artistes ( dont un de William Burroughs)
- Une collection de meubles vintage de style Mission
- Une armoire pleine de costumes Armani
- Un bon millier de vidéocassettes
- Des centaines de cassettes audio
- Des livres d'art
- Un carton entier de la bio de Charlie parker Bird lives !
- Plusieurs byciclettes
- Des jouets de collection
- Un sac de frappe Everlast
- Six synthétiseurs
- Des instruments africains
- Un jeu de construction Meccano
- Une paire de menottes
(Trouvé dans l'article de John lewis du numéros 128 de Vibrations)
- Des tableaux finis et d'autres incomplets
- Les travaux d'autres artistes ( dont un de William Burroughs)
- Une collection de meubles vintage de style Mission
- Une armoire pleine de costumes Armani
- Un bon millier de vidéocassettes
- Des centaines de cassettes audio
- Des livres d'art
- Un carton entier de la bio de Charlie parker Bird lives !
- Plusieurs byciclettes
- Des jouets de collection
- Un sac de frappe Everlast
- Six synthétiseurs
- Des instruments africains
- Un jeu de construction Meccano
- Une paire de menottes
(Trouvé dans l'article de John lewis du numéros 128 de Vibrations)
dimanche 17 octobre 2010
Du fond de leurs buissons
Cet acharnement à parler de ce qu'il reste. Des cendres. Des poussières. Je remonte une piste. Je suis chasseur. Trappeur. Je sais lire dans les traces de la vie qui passe. Je peux dire : elle était là ou : Il y a deux heures il s'est passé quelque chose ici. Je lis les empreintes. La lumière sur les murs. Les chaussures abandonnées. Les vestiges. Je dois retrouver. Débusquer les chemins. Les pots de yaourt vides. Les restes d'un repas. La forme des corps dans le lit. Les confettis sur le trottoir. Le lendemain. Les odeurs de soir et de matin. J'avance toujour après la vie. Quelques secondes plus tard. Un peu derrière. Un peu devant. Un peu plus loin. J'ai la distance des bêtes qui regardent ce qui se passe du fond de leurs buissons. Ce décalage me sauve. Me condamne.
samedi 16 octobre 2010
L'heure des rats
Il y a une heure où le sol est aussi rose que le ciel. Pâle et rose. Irisation frileuse. Le jour n’existe pas encore. Rapide et court. Je rattrape l’aube. Elle m’a oublié. Le vent m’agite. J’ai froid donc je suis vivant. Mes pieds raclent le sol. J’avance comme si je voulais rentrer dans un trou. Dedans. Dehors. Tout ça c’est des histoires de trou. Six heures du matin. Personne. Mais la vie sort par tous les trous. Le bleu se mélange au rose. Je me dilue dans les couleurs et je n’ai plus froid. Vive la grande bétonnade des rats.
Vider le seau de cendres
Vider le seau de cendres dans le jour finissant. Nuage blanc. Poussière dans les cheveux. les ailes du petit feu mort s'accrochent aux rayons. Juste quelques secondes et tout retombe bien plat, bien docile, dans la terre mouillée. Sous nos pieds ne reste que du temps froid. Des soleils épuisés.
vendredi 15 octobre 2010
Des gestes de bête
Levé avant l'aube. La maison est pleine de nuit noire et de pleurs d'enfants. Je construis un feu. j'y prends deux braises minuscules pour allumer mes yeux. J'ai des gestes de bête. De terre humide. D'hiver. Je bois du café. Ce pourrait être du sang. Je suis le chef d'une meute. D'un terrier de suricat. Je voudrais lécher la fatigue qui coule au bord de leurs yeux. J'écoute l'instinct et la tendresse. Je me redresse. J'attaque le jour avec les dents.
jeudi 14 octobre 2010
Nos petites incantations sucrées
Notre magie de comptoir. Nos petits rituels. La mère qui ne dort pas de la nuit si elle a oublié de dire soyez prudent ! Le fieffé rationnaliste qui prend, chaque matin, le même chemin pour aller à son labo. Les petites prières du soir. Depuis que j'ai des souvenirs, toutes les nuits dans mon lit, avant de m'endormir, j'imagine la mort des gens que j'aime. Toutes les nuits. Avant de m'endormir. Cela a probablement quelque chose de catharsique. Cela a bien sur quelque chose à voir avec mon histoire. Peu importe. Nous avons tous nos petites incantations sucrées. Nos formules magiques de l'enfance. Nos peurs de chien. Nos prières. Un matelas imaginaire pour nous amortir d'exister.
Si vous passez par Nice
Si vous passez par Nice...
On n'a pas tous les jours l'occasion d'écouter un loup raconter la neige ...
plus de renseignements là, ou là
Bibliothèque Louis Nucera
1, avenue Saint Jean-Baptiste - 06364 NICE
Jeudi 2I Octobre 2010 à 17 h 30
Jean-Marc LA FRENIÈRE
Prix Nouvelle Voix en Littérature 2010 au Canada
Révélé en France par les Éditions Chemins de Plume
présentera son œuvre
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Jeudi 2I Octobre 2010 à 20 h 30
Centre Bahà’i
24, Rue Maréchal Joffre – NICE
Rencontre littéraire Franco-Québécoise
Jean-Marc LA FRENIÈRE
Prix Nouvelle Voix en Littérature 2010 au Canada
Révélé en France par les Éditions Chemins de Plume
parlera de son œuvre et répondra à vos questions
Présentation suivie d’un échange poétique
avec scène ouverte aux amis poètes
Accompagnement musical et Collation campagnarde
Entrée gratuite
mercredi 13 octobre 2010
Le petit peuple mal taillé
Nous sommes des pierres mal taillées
Nous sommes nos ébauches
Nous sommes nos peurs d'enfant
Nous regardons les nuages
Nous sommes nos ébauches
Nous sommes nos peurs d'enfant
Nous regardons les nuages
mardi 12 octobre 2010
lundi 11 octobre 2010
J'ai ce que j'ai donné
La pluie sans cesse. Ces aubes là qui brillent encore pendant la nuit. Les nuits de peu. Les courbatures. Ce qu'on doit laisser de soi pour apprendre. L'égo qu'on crache dans la gamelle pour enfin nettoyer ses yeux. Et c'est pas facile. Et ça fait du bien. Giono disait J'ai ce que j'ai donné. Ça te fait rire gros porc ? Dans ton royaume en carton pâte, même le vent gémit sans fin. Moi j'ai une vie de con. On trime. On fait ce qu'on peut. On se débrouille. On dors peu. J'essaie de ne pas trop me plaindre. Et ça durera ce que ça durera. Ça vaudra toujours mieux que le vide dans ton ventre. Moi quand je m'endors, je tiens une main. Et avant d'aller me coucher, j'écoute le bruit que font les rêves dans le sommeil de mon enfant. Ok maman. Ok mami. Maintenant je comprends.
dimanche 10 octobre 2010
samedi 9 octobre 2010
Cet été là
Cet été là, à la plage, il n'y avait aucune star mondiale, aucune révolution sexuelle, aucun fan. Cet été là, Marc David Chapman n'avait pas encore lu l'Attrape-coeurs de Salinger et à la place de changer le monde avec une guitare, le petit john aurait tout donné pour changer de maillot de bain. la laine mouillée gratte les fesses et retient le sable. Peut être n'en faut-il pas plus pour garder la conviction que les choses ne tournent pas rond.
vendredi 8 octobre 2010
syndrome de l'infirmier
Elle gerbe
Il pleure
Je reste là
je serre leurs mains
leurs douleurs
je ne sers à rien
comme une charogne
entre deux fleurs
Il pleure
Je reste là
je serre leurs mains
leurs douleurs
je ne sers à rien
comme une charogne
entre deux fleurs
jeudi 7 octobre 2010
mercredi 6 octobre 2010
Le bijou
Qelle était belle. Ronde et brillante. Pas plus grosse qu'une perle noire. Gardant, en son extrémité, une légère pointe blanche. Comme un oeil trop espiègle qui regarde ce que tu es. Elle était là. À n'attendre personne. À ne rien demander. Minuscule. Sur la terrasse. Dans un soleil de fin de journée. Certie de miel. Cristallisée.On aurait pût la manger. En faire un bijou. Un cadeau impérial. Quelle était belle. Ronde et brillante. Cette petite schiure d'oiseau toute sèche. Dans un soleil de fin de journée.
Cueillir des éclaboussures
*
- Les serpents ont peur, les éléphants pleurent et les corbeaux tombent amoureux.
*
- Les araignées tissent des soies blanches entre les branches.
*
- Dans le ciel, bataille de vaisseaux fantômes.
*
- Sous nos pieds c'est le carnaval des instants perdus.
*
- La lumière raconte une histoire d'ombres chinoises.
*
- j'ai envie de mettre mes pieds dans une flaque. De cueillir des éclaboussures.
*
mardi 5 octobre 2010
Le gardien
Le phare a disparu. Tout le port a sombré. Les navires sont perdus. Les digues sont noyées. La mer mâche les pierres et crache du brouillard. Le ciel n'y voit plus rien. Il n'y a plus d'oiseau. Il n'y a plus de matin. Le gardien reste encore. Il se retient. Il songe. Lui revient en mémoire ce poème d'école, la phrase du vieil Hugo : "Et comment pourrait-on égorger la lumière ?" Tristement dans sa barbe, ses lèvres bougent à peine : À croire qu'ils ont su faire...
lundi 4 octobre 2010
dimanche 3 octobre 2010
Et pourtant chaque matin ...
La vie ça use les gens qui s'aiment. La vie ça use la peau. Les tissus. Les jeans. Les couleurs de la laine. La vie ça use les gonds. Les vis. Les jointures. Les corps. Les dents. Les sourires. La vie ça use les yeux. La tendresse des cheveux. Les peintures. Les dessins d'enfants. La souplesse des gestes. L'ossature. Les jouets. Les livres. Les questions. La vie ça use les muscles. Le dos. Les rêves comme peau de chagrin. Les flammes. Les planches de bois. La colère et la joie. Les photos. Les projets les souvenirs. La vie ça use les pierres. Les forêts. Les montagnes. Les étoiles. La vie ça use même les déserts. Et pourtant, chaque matin, la lumière...
samedi 2 octobre 2010
C'est le monde entier qui s'offre à toi comme du gateau au chocolat
_ Nous pourrions retourner tout au bord des choses. Goûter la peau nue du brouillard. Sucer le jour qui vient sur le bout noir de nos doigts. Planter nos nez dans le ciel gris. Cueillir le pollen des étoiles. Nous promener au fond du puits.
_ Ouaip, sinon on se met un film...
_ Ouaip, sinon on se met un film...
vendredi 1 octobre 2010
On n'a pas besoin de se souvenir de tout
(...)
On était bien chez ma grand mère. C'était l'enfance. C'était la paille. On n'a pas besoin de se souvenir de tout. De ça je me souviens. Des frelons. Des salades de tomates à l'ail. De la lumière dans la cuisine. De la taille des fenêtres. C'est grand les fenêtres quand on a cinq ans.
(...)
(extrait de Ici ça va, travail en cours)
On était bien chez ma grand mère. C'était l'enfance. C'était la paille. On n'a pas besoin de se souvenir de tout. De ça je me souviens. Des frelons. Des salades de tomates à l'ail. De la lumière dans la cuisine. De la taille des fenêtres. C'est grand les fenêtres quand on a cinq ans.
(...)
(extrait de Ici ça va, travail en cours)
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