mardi 30 novembre 2010

Le noir dedans_ Parution chez Cousu Main_ Décembre 2010


















 Le noir dedans de Thomas Vinau.
extrait :

C’est noir dedans
Depuis tout petit
depuis toujours
et pour tout le temps
C’est noir dedans
C’est pour ça que les enfants pleurent le soir dans leurs lits. Qu’ils ont peur des monstres. C’est parce qu’ils ont peur de leur noir dedans. C’est pour ça que les schizophrènes inventent leurs hôtes. Leurs monstres. C’est parce que c’est noir dedans. C’est pour ça qu’on s’invente des histoires. C’est pour ça que certains hommes tournent le plus vite possible sur eux mêmes jusqu’à l’ivresse ou qu’ils mâchent des plantes ou qu’ils boivent des fruits pourris. C’est parce qu’ils ont peur de leur noir dedans.


Sous sachet plastique
6 €
ISBN :978-2-918958-02-4
Franco de port.

décembre 2010.
Pour commander adresser un chèque à l’ordre de Cousu Main
11 rue des Trois Faucons

84 000 Avignon
La photographie de la couverture est de Geneviève Gleize.
( Un autre titre sort en même temps chez Cousu Main ,   Moi, je suis quand même passé , de Eric Pessan,)


Le Blog de Cousu Main

La gueule rouge de l'hiver

lundi 29 novembre 2010

Tout entier

je le tiens tout entier contre moi. Je le tiens tout entier dans mes bras. Il se rendort. Sa respiration sur mon épaule. C'est comme consoler un petit soleil. C'est comme tenir entre ses doigts la nuque tremblante d'un oiseau. Il tient contre mon torse. Sa tête sur mon épaule. Je suis sa couverture. Je chasse sa frayeur. J'ai encore ce pouvoir d'effrayer sa frayeur. J'ai encore ce pouvoir de le tenir tout entier dans mes bras. Un jour je ne pourrai plus. Il sera alors irrémédiablement seul. Connaîtra le froid, le vrai, celui de l'intérieur. Le noir dedans son coeur. Pour l'instant, je le tiens serré contre moi. J'ai mal au dos et à la nuque. Mon bras gauche est ankylosé. Je n'ai mal nulle part. J'ai le pouvoir de le consoler. Je ne connais pas de plus grand pouvoir.

salut !

samedi 27 novembre 2010
















(trouvé là)

Le voyeur

Je suis sorti fumer. Il faisait nuit. Il faisait froid. Les branches étiraient leurs bras trop solitaires vers le blanc de la lune. J'ai pissé, vite. Aiguisé par le gel. J'ai frissonné. La trace de pneu du goudron dans ma gorge. La buée dans la fumé. J'ai tourné la tête vers ma maison. C'est là que je l'ai vue. Elle se déshabillait devant la cheminée. Elle laissait tomber son t-shirt. J'ai tout vu. Sa chair de poule. Ses bras clairs. L'ombre des flammes sur la peau de son ventre. Sa stature. Sa pudeur. J'ai tout vu. Tout volé. Tout gardé. Dans mes yeux sa petite lumière. Comme une première fois.

André Laude, clochard céleste, portrait 11 chez Vents-Contraires


André Laude
envoyé par UniK_Production. - Rencontrez plus de personnalités du web.

André Laude, clochard céleste, portrait 11 chez Vents-Contraires

vendredi 26 novembre 2010

Le petit bout sanguinolent

Il y a des gens qui écrivent. Ils ne savent pas trop comment ni pourquoi. C'est parfaitement inutile mais cela leurs reste parfaitement indispensable. Il se retrouvent ici où là, entre les pages et les écrans, avec leur viande sous le bras. Ils sont comme ces clodos au bord des routes qui offrent aux passants un petit bout de leur chair. Et les hommes pressés de leurs marcher sur les pieds. Parfois pourtant, un passant s'arrête, prend le petit bout sanguinolent entre ses mains, avec délicatesse, dit oui, je sais, je comprends, et vous gratifie même d'un merci. J'en ai rencontré un, . Nous partageons nos mercis.

Le caillou












Aujourd'hui, Je fume le caillou chez les chiens

À peine le jour se lève

Le café est froid
Mes yeux las
À peine le jour se lève
Je retrousse mes manches
J'essuie les traces de rêve
sur les vitres
Nos petits éclats
ont taché
l'obscurité trop noire
de la nuit
À présent la lumière
est une chemise trouée
que nous portons large
pour habiller
nos ecchymoses

Daniel Johnston

jeudi 25 novembre 2010

Derrière la grille






















Aujourd'hui le ciel
ce vieux ventre d'hippopotame
qui a macéré trop longtemps
derrière la grille
et ne laisse plus
qu'une impression de ciment
dans les yeux d'enfants

Mithridatisation

Pauvre petit Mithridate (VI). Sa mère fait assassiner son père. Donc, lorsque c'est à son tour de régner sur Sinope, il paranoye légèrement et décide de s'immuniser contre tous les poisons en en ingérant une minuscule quantité chaque jour. C'est ce qu'on appellera la Mithridatisation. Ça reste bien utile aujourd'hui, pour se faire vacciner ou tenir devant les info télévisées. Pauvre petit Mithridate(VI). Le problème, c'est que lorsqu'il a voulu mourir, plus aucun poison ne faisait d'effet. Il a dû payer un de ses propres mercenaires pour se faire poignarder. À moins que ce ne fusse un de ses fils, la légende n'est pas certaine.

mardi 23 novembre 2010

No signs

Le coeur et les pieds

Les héros
sont toujours équipés
de bonnes chaussures
de ces bottes de sept lieux
des santiags en croco
ou de celles
dans les talons desquelles
on planque de quoi survivre
Le coeur des héros
est toujours
en cuir bien doublé
bien clouté
bien fourré
Ce ne sont pas
mes vieilles basquets rapées
qui diront le contraire

lundi 22 novembre 2010

HAN !

Tes mains rouges

Ce matin. La petite brume. La poudre humide de la lumière. Nos pas pressés et tes mains rouges. L'air qui se mâche comme une glace. La peau qui tire. Le coeur qui tape. Les yeux qui piquent. Le beau petit velours du froid qui taille nos os dans le sens du ciel. Chaque matin nos petits pas. Mes mots qui soufflent sur tes mains rouges.

dimanche 21 novembre 2010

Salut p'tit frére !

Ils viennent de découvrir le plus petit et le plus jeune des trous noirs dans notre galaxie. Un bébé trou noir d'une trentaine d'année plein de fougue et d'inexpérience prêt à digérer les étoiles.

samedi 20 novembre 2010

Liste de jobs qui donnent envie de garder son job :

 - Rempailler les chaises électriques
 - Porter les carcasses d'ânes morts chez l'équarrisseur
 - Ecailler l'échine des requins glacés
 - Décoller les scwhing-gums sur les dalles du Sunset Boulevard
 - Tester les poils à gratter
 - Récolter les épines de cactus
 - Trier les peaux de poulets dans une usine de Nuggets
 - Vider les aspirateurs des thanatopracteurs
- Recenser les pigeons dans les grandes métropoles
- Garder le phare de la mer d'Aral

vendredi 19 novembre 2010

Tenir tête ...

Une belle et amicale chronique de Tenir tête à l'orage est lisible sur le site du Magazine des livres.
Grâce en soit rendue à son auteur barbu !

Remaniement

Les petits rongeurs

Novembre creuse nos ventres. La peine. Le gel. La nuit. La fatigue. Toute une famille de petits rongeurs nous grignotent le coeur. Le givre grimpe les vitres. La lumière les murs. La barbe les joues. Nous sommes de rouille et de glace. Nous sommes les petites braises qui couvent leurs désastres. Nos minuscules chaleurs.

ARLT

Take Away Show #112 _ ARLT (part 2) from La Blogotheque on Vimeo.


La barbe, la grâce et la rouille...

Le Cheribibi n°6 arrive !!!


Dedans vous trouverez une nouvelle bien Pulp de votre serviteur. Où il est question de poker, du fantôme de Bukowski, d'un binoclard et d'une cuillère remplie de poudre...

Association ON Y VA,
BP17
94201 Ivry sur Seine cedex
http://www.cheribibi.net/

N'hésitez pas à vous abonner à Chéribibi, la revue qui cause d'la culture populaire!!!
France Métropolitaine//Europe:
Abonnement Normal: 4 n° pour 20 Euros
Abonnement de Soutien: 4 n° & un cadeau surprise pour 30 Euros ou plus 
Abonnement à Vie: à partir de 100 Euros (un cadeau surprise)
Reste du Monde:
Abonnement Normal: 4 n° pour 30 Euros
Abonnement de Soutien: 4 n° & un cadeau surprise pour 40 Euros ou plus 
(chèque à l'ordre de ON Y VA )
 

jeudi 18 novembre 2010

La petite conquête
















C'est dans les noeuds de bois et d'ennui
de la planche de son pupitre
que l'exploration commença
Plus tard ce serait
dans les nuits tristes
et les bouches closes
Puis dans la solitude des sexes
Puis dans les petits feux de joie
de la destruction
Finalement
c'est en regardant à ses pieds
les fleurs et les cailloux du chemin
qu'il décida de perpétuer
la petite conquête de son monde

mercredi 17 novembre 2010

Dodo

C'est ainsi parfois

Il reste
ce petit nid d'orties
de boue et d'orvet
à l'intérieur
de nos coeurs
Terrier
de pourriture
de gel et de silence
aux remugles d'enfance
Où l'on se réfugie
pour haïr
ceux qu'on devrait aimer
C'est ainsi parfois
que les choses se passent
Il faut piétiner un peu
Mettre son doigt
là où ça pue
de douleurs rentrées
C'est ainsi parfois
que les graines
acceptent
de germer

Télé réalité

mardi 16 novembre 2010

Devant cette fenêtre


"Je pense qu'à l'intérieur de chacun de nous, il existe une fenêtre donnant sur l'enfer et que j'ai passé trop de temps, médusé, devant cette fenêtre. Ou peut être était- ce le temps qu'il fallait."
Emmanuel Carrère, dans le savoureux dossier que lui consacre le Décapage n° 42

Le délicat suicide des fins d'après-midi

Le dimanche
il ramassait
les crottes du chien
dans le jardin
En automne
elles étaient drôles
pleines de poils
de moisis
Ça lui faisait
une belle sortie

Harry Martinson, clochard céleste, portrait 10















Harry Martinson, clochard céleste, portrait 10, chez Vents Contraires

(et chez l'alamblog ce petit texte qui en dit long)

lundi 15 novembre 2010

Parution : Banlieue de Babylone



















Banlieue de Babylone
Richard Brautigan's friends

- justin.barrett (U.S.A.)
comme l’imitation d’arbre de noël dans le coin de la pièce
sans lampes ni cadeaux
et juste une douzaine de garnitures reçues en héritage
- Eric Dejaeger (Belgique)
Un-Grand-Chapeau–Noir-Sur-Un-Long-Visage
- Jean-Marc Flahaut (France)
Shoto keki
- Jason Heroux (Canada)Gribouillages de notes trouvées sur une serviette
de la taille d’un mur
- Roger Lahu (France)
mais qui donc bon dieu a laissé la boîte ouverte ?
- Hervé Merlot (France)
¡Hola mi vida qué tal hoy día!
- Thomas Vinau (France)
Notre rôle dans l’histoire

Gros Textes
Fontfourane
05 380 Châteauroux-les-Alpes


Le blog
Le site

L'ANGOISSE NUMERO 7 VIENT DE PARAITRE

L'ANGOISSE DECATIE A DES YEUX DE VELOURS
(avec la faute d'orthographe la plus aberrante du mois directement en couverture !)

DANS CE PUTAIN DE NUMERO :
194 pages de texte, pas loin de 200 images, de la musique plein vos esgourdes

MANDY - AURORE LALOY - N.A.G. - BENJAMIN MONTI - BORIS CRACK - DAVE 2000 - MAMADOU LOVE - SOOMIZ - DOM GARCIA - NICOLAS BRULEBOIS - MARLENE TISSOT - RMM ALKBAZZ - CLOTILDE DELCOMMUNE - ANAIS MAUZAT - PAUL SUNDERLAND - HORSES EAT SUGAR - MYRIAM LINGUANOTTO - JOEL MAS - EX AEQUO - GAIJIN - REGIS BELLOEIL - JACQUES CAUDA - OSMOSE CURVES - SARAH FIST'HOLE - ALAIN MARC - SAMANTHA GAI - MANUEL MONTERO - FLORIAN TOMASINI - SARA CHELOU - REMI TEULIERE - HEPTANES FRAXION - OSCARR - LANCE ROQUETTE - RONAN ROCHER - SlIP - THOMAS VINAU - CLOUD - A.C. HELLO - GILLES FELA - OLIVIER BKZ - JEREMY BRETHES - WOOD - THIERRY THEOLIER - JEAN-MARC RENAULT - MARC BRUNIER-MESTAS - FRANCOIS RICHARD - VINCENT PONS - FRED GEVARD - CHRISTOPHE SIEBERT - OLIVIER ALLEMANE

à télécharger ici :
http://www.revueangoisse.blogspot.com/

dimanche 14 novembre 2010

Mémoire














Le numéro 20 de la revue Autour des Auteurs est en ligne. C'est un numéro spéciale mémoire, touchant et intéressant. J'en suis. c'est là

jeudi 11 novembre 2010

Du bout du doigt

Un triangle de lumière chauffe le carrelage sale. Le matin dit peut être. Petits pas de pyjamas. Sourire morveux. Il titube. Il trébuche. Il a un an. Il tend l'index dans la matière jaune de l'air. Il touche un grain de poussière. Il est un chiot. Un dieu. Un petit pois. Il tient le monde au bout du doigt.

mercredi 10 novembre 2010

Jules Mougin

Jules Mougin est mort le 06 novembre. Je ne le connaissais pas mais j'embrasse ses vieilles chaussures, pour la joie lucide qu'il a mis dans ses poèmes. Jules Mougin écrivait : " La route continue, continue, continue, sans aucune méchanceté."
Ci dessous le portrait que j'avais fais de lui pour Vents Contraires


 












Mougin était facteur
et non tracteur
Dubuffet et Chaissac lui écrivaient des lettres
Pendant qu’il leur dessinait des poèmes
Il peignait directement sur les branches de son jardin
Et sur ses filtres à café
C’était un petit chanteur de misère
Marqué par le ventre de putain
De l’usine et de la guerre
Occupe-toi de ta propre joie
Voilà ce qu’il écrivait
Sur les boîtes à camembert

mardi 9 novembre 2010

De vilaines traces


















Il reste 
sur la vitre sale
de vilaines traces
d'étoiles

Calendrier de la poésie francophone 2011















365 poèmes classiques et contemporains
 365 poèmes | 300 poètes

 
Bon dieu de bon dieu que j’ai envie
d’écrire un petit poème
Tiens en voilà justement un qui passe
Petit petit petit
viens ici que je t‘enfile
sur le fil du collier de mes autres poèmes
viens ici que je t’entube
dans le comprimé de mes oeuvres complètes
viens ici que je t’enpapouète
et que je t’enrime
et que je t’enrythme
et que je t’enlyre
et que je t’enpégase
et que je t’enverse
Et que je t’enprose
la vache
il a foutu le camp

Raymond Queneau

lundi 8 novembre 2010

Une sympathique chronique

Titre : Tenir tête à l’orage
Auteur : Thomas Vinau
Editions Net B

ISBN : 978-2-911241-80-2
Année de parution : 2010
Prix :   12


De petits instantanés poétiques. Des mots. Nés du silence. Saisis au vol. suspendus dans la page. Des mots qui parlent
« une langue de pluie, une langue de faine, de lichen, de nuage. »
et qui apprennent  « la minuscule musique de la lumière. »

on est là dans la poésie quotidienne, du quotidien. Celle qui fait feu de tout bois y compris les brindilles et les copeaux. Une question de regard. Le poète ici est un explorateur du minuscule. Il donne sens à l’aventure du jour aussi banale semble-t-elle être. Il tient tête à l’orage avec ses petits moyens du bord et c’est déjà ça ! non ?

patrick Joquel

samedi 6 novembre 2010

Le plus grand livre du siècle

Ça pourrait être une petite histoire de rien. Le plus grand livre du siècle. Une histoire de rien. D'un type ordinaire. Une histoire qui serait passée inaperçue. Qui aurait coulée tout doux dans le flot mou des petits jours. Une histoire qu'on aurait pu oublier aussitôt. Normalement on l'aurait oubliée. On aurait dû l'oublier. Seulement on peut pas. Une histoire minuscule qui ne s'oublie pas. Ce serait l'histoire d'un type. Un type normal. Comme tout le monde. Ni plus ni moins qu'un type. Pas plus. Surtout pas moins. Ce type ce serait un adulte. Père. Un mec qui essaie. Qui s'est jeté dans le bain. Qui assume jour après jour. Qui essaie. Ce devrait être cela le plus important. C'est d'ailleurs le plus important. Disons l'essentiel. Mais voilà ce type un jour, il serait lâche. Une petite lâcheté ordinaire. Pas une grande lâcheté. Pas une ignominie. Non, juste un petit pet foireux de l'âme. Une petite faiblesse du coeur. Un truc normal quoi. Une petite lâcheté. Mais ça serait suffisant. Cette petite lâcheté de rien. Ce petit jet de pu. Ce serait suffisant pour tout foutre en l'air. Ou en tout cas l'essentiel. Parce que son fils serait témoin de cette scène. Un fils conscient. Un fils encore un peu propre. Un peu pur. Pas trop pur non. Pas débile non plus. Mais assez pur pour comprendre ce qui se passe. Assez grand et pur pour comprendre que son père vient de s'écraser comme une merde sur le cours ordinaire des choses. Que son père est un lâche. Comme tout le monde. Comme parfois. Et dans les yeux de ce fils ce serait du verre brisé. Et le père le verrait. Il serait assez lucide et conscient pour le voir. Pour se rendre compte qu'il s'en est rendu compte. Voilà l'histoire.
(...)

vendredi 5 novembre 2010

La transformation éternelle des meilleures choses



















"(...) Je ne comprends plus qu’un mot de la langue française, parce qu’il exprime le changement, la transformation éternelle des meilleures choses et la désillusion avec énergie : c’est merde. (...)"
Guy de Maupassant Lettres à Gustave Flaubert, 10 décembre 1877 et 3 août 1878.


(dénichée dans le branloire de l'ami Houdaer)

jeudi 4 novembre 2010

Le block note de l'aventurier

- Penser à ne pas réessayer l'omelette au chili con carne

Les odeurs

Le matin, dans la chute discrète et silencieuse des feuilles du tilleul, on pourrait croire que des petits copeaux de lumière tombent dans l'herbe froide. L'après midi, la terre se gorge de tout ce qui succombe. Le ciel fait son poil d'hiver. Nos pieds, nos mains, lèchent le sol. Les cailloux ont un goût de pluie. Le soir, le gros bloc douillet de la nuit tombe plus vite sur nos épaules. Des chaussettes mouillées fument près de la cheminée. Un chien aboie. On souffle sur les braises et la cendre s'envole. Il reste la fatigue. Les odeurs. Les instincts. Un petit éclat luit.

mercredi 3 novembre 2010

Droits vers les nuages






















Nous bâtissons nos ciels d'orages. Nos éclaircies. Nos petites tempêtes. Nous marchons droits vers les nuages. Debout. Prêt à lécher l'eau du ciel. Goûter la poussière avec les yeux. Nous prenons l'eau. Les nuits. Les bourrasques. Acceptons les règles du jeu. La joue tendue vers les petites aubes ventrues. Les soirs blottis. Les lendemains.

mardi 2 novembre 2010

Certaines collines

Certaines collines
ont des courbes
de femmes
L'inverse
est également
probablement vrai

Les fils invisibles

Le dos
se rapproche du sol
Les paupières
du nez
Les épaules
du ventre
Reste les fils invisibles
qui tendent
la petite mécanique
de son sourire
vers le ciel

Down by law


lundi 1 novembre 2010

La jeunesse

Hier après-midi, un reportage sur les manifestations. Arianne Mnouchkine dans son vieux pull trop large. Ses cheveux décoiffés et délavés. La mise en scène qu'elle imagine au milieu des syndicalistes énervés. Sa façon de tenir tête du haut de son mètre cinquante. Son sourire lorsqu'elle explique à l'ado devant elle : Il faut de la discipline pour défendre la liberté ! Son sourire encore lorsqu'elle demande à un crs : N'est ce pas qu'il est beau notre char de la liberté ! Sa collecte pour les grévistes. Sa jeunesse.














En ce lundi de pluie fine et de fête des morts, je tiens tête à l'orage et réponds à quelques délicates questions chez Non de Non !

Le doigt dans le miel

Novembre est un mois de rongeur. Le gel. La colère. La peur. La nuit. Toute sortes de petites souris
nous grignotent le coeur. Je crache dans les feuilles et mon fils m'imite. On tient le coup comme on tient une main ou la peau froide d'un caillou. On mange nos gerçures. On trempe le doigt dans le miel.