Toucher avec les yeux. Goûter avec les pieds. Puis y tremper le doigt. Les ombres sur la route sont des moustaches en chocolat. Du vent sur son visage. Des carottes sauvages. Debout, on respire mieux. Le jour est un gâteau qu'on mange à petits pas.
jeudi 30 juin 2011
mercredi 29 juin 2011
Voeux de pauvreté
La poésie doit faire voeu de pauvreté. D'indigence. Brûler les dorures. Les mensonges. Ramasser les miettes. Les débris. Ce qu'il reste. Ce qui est juste. L'eau qui filtre à travers la roche.
Loukanikos, frère des hommes qui brûlent
Magnifique info relayée par Les contrées magnifiques et Feu sur le quartier général. Solidarité avec Loukanikos, le frère des hommes qui brûlent. Il a un site là
mardi 28 juin 2011
Vous êtes prévenus
La vérité est là quand tous les mots sont effacés. Les mots ont été faits pour mentir.
W. S Burroughs . Ultimes paroles, Christian Bourgois
La poésie est un sale type
La poésie est un sale type qui laisse la trace baveuse de ses yeux sur le monde. La poésie rode dans les rades, dans les ports, dans les brumes. La poésie est un sale type qui chasse sur les parkings les chats errants sans lune. La poésie a de la boue sur les godasses, elle saute dans les flaques et elle fouille du bout de son bâton dans la plaie entrouverte de la terre. La poésie est un loser sans avenir, un buvard, pousse-mégot qui traîne ses savates sur le bord écarlate des choses. La poésie encule le rendement. La poésie s’impose comme un dresseur de rat. La poésie n’a besoin de personne pour continuer à ne pas exister. La poésie se fout de changer le monde. Elle est clochard, vieillard obèse, solitaire intoxiqué. La poésie est un sale type qui demande de l’amour pour tous les sales types qui n’en demandent pas.
lundi 27 juin 2011
Les perles noires
On porte, quelque part, à l'intérieur de soi, ce que la vie nous a pris. On porte cette absence. Le poids, l'empreinte, le relief, du mal que l'on nous fit. Il est là le bagage. Dans ce qui manque. Dans ce qui est fini. Toutes les bêtes de notre espèce portent leur collier de perles noires. Un sac de pierres vides sur les lombaires.
dimanche 26 juin 2011
La lune est un anxiolytique
J'ai connu un hibou
à tel point angoissé
qu'il ne fermait plus
l'oeil de la journée
à tel point angoissé
qu'il ne fermait plus
l'oeil de la journée
Daniel Biga - Eloge de l'inutile
Vive le temps qui ne sert à rien! Le temps de promenade sans but et au hasard, le temps sans projet, le temps domestique, celui sans horloge, sans rendez-vous, le temps pour marcher en ville ou à la campagne, le temps modeste et anonyme.
Vive le temps de solitude comme celui de palabre, le temps vacant, le temps équilibre- libre-fibre-vibre-hors calibre, le temps banal, le temps heureux de l'écriture inutile, le temps non rentable, le temps de respirer et soupirer, celui du café au troquet du coin, le temps non comptable, celui de la semaine des trois dimanches et des quatre jeudis...
Vivent les hommes oubliés de Dieu, les mendiants et orgueilleux, les saltimbanques sans complot, les fainéants dans la vallée fertile ; et merci Albert Cossery pour vos quelques livres admirablement incorrects.
Persuadé d'être une merde je suis loin cependant d'en avoir l'humilité. L'écart est douloureux.
Dans les grands champs de neige de l'au-delà nous irons bientôt. Que dire ? Le temps me mange.
Daniel Biga, Méli-Mémo suivi d'arrêts facultatifs, éditions Gros textes, 2011
samedi 25 juin 2011
Souvenirs souvenirs
-Viens mon chouchou ! Viens mon poupou ! Viens mon amour ! Viens donc, mon petit sucre d'orge, t'asseoir tout prés de cet énorme cadavre. Ça fera des jolis souvenirs.
vendredi 24 juin 2011
Avec sa bite et son couteau
Il l'avait déjà senti. Ressenti. Pressenti. Mais le jour arriva (Enfance ? Adolescence ? Lit de mort ?) où la matière brutale, rêche, plus réelle que du ciment industriel, de cette maxime paysanne lui explosa aux yeux. Le jour arriva où il prit pleinement conscience du caractère unique et total de cette expression. Où il comprit qu'il n'y avait qu'elle, solitaire petite flammèche dans le noir infini de la nuit. Ultime bougie de l'univers. Déjà tremblante. Toujours solitaire. Déjà finie. Seul, avec sa bite et son couteau. Voilà toute la physique, mystique et métaphysique réunis. Tout était dit. Si ce n'est que lui n'avait pas de couteau.
jeudi 23 juin 2011
Les réponses ne servent qu'à se taire
Va t-en demander à la table. Au bois écaillé de la table. À la pierre informe de gris. Va t-en demander aux carcasses de fleurs. À l'herbe trop froissées. Au pourpier. Aux chenilles. Aux orties. Va t-en demander aux éclats de tuiles brûlées. Aux silences inspirés du ciel. Aux blanc brassés des tumulus. Aux prêles. Aux reflets. À la guêpe maçonne. Aux punaises d'eau. Aux branches trop lourdes de fruits. Au bavardage des pies. Va t-en demander à la corne et la croûte. À la sueur et la soif. Pisse tes questions dans le noir du puits. Ici les réponses ne servent qu'à se taire.
mercredi 22 juin 2011
Sourde oreille
Sourde oreille. À la lumière qui fend le volet. Au portable qui sonne. Au ventre. Aux pieds. Sourde oreille. Tenir bon. Il reste un jour entier à piétiner.
mardi 21 juin 2011
Mozart était-il myope ?
J'enlève
mes lunettes
Je monte
le volume
du concerto
numéro 9
La lumière
est debout
Les ombres
sont des gouttes
Les oiseaux
des éclats
Les angles
n'ont plus
de contour
Le monde
change
de sourire
Je ne suis plus
qu'une mouche
fragile
et invincible
qui se baigne
dans de l'or
mes lunettes
Je monte
le volume
du concerto
numéro 9
La lumière
est debout
Les ombres
sont des gouttes
Les oiseaux
des éclats
Les angles
n'ont plus
de contour
Le monde
change
de sourire
Je ne suis plus
qu'une mouche
fragile
et invincible
qui se baigne
dans de l'or
lundi 20 juin 2011
Les marques rouges
La vie qui déborde. Mal peignée. Mal lavée. Qui pue légèrement. De ces puanteurs tendres où l'on se sent chez soi. La vie qui se précipite. Les insectes qui courent. Le carrelage poussiéreux. Le grand bordel du vent et de la lumière. Les miettes qui se plantent dans la plante des pieds. La vie qui court. Les croûtes et les genoux. La vie qui coule du nez. La vie qui colle aux doigts. La vie trop pleine. Hirsute. Qui se lève d'un sommeil trop plein de sommeil. Les marques rouges sur le front. Les joues. Le torse. Les marques des rêves. Le poème qui lui court derrière. Qui ne la rattrape jamais.
Chaque matin - Revue Secousse
Secousse est une nouvelle revue en ligne pilotée par les éditions Obsidianes.
Pascal Commère me fait le plaisir d'accueillir au sommaire de la 4° Secousse mes proses poétiques Chaque matin.
Ce ciel. Qui se prend pour des murs. Et ces murs. Qui ressemblent au ciel. Petit matin écrasé. La silhouette aplatie. D’un chien. Sur le pavé.
dimanche 19 juin 2011
Tout va bien
Une minuscule
araignée trapue
traverse la table
avec dans la bouche
une mouche
Le vent souffle
sporadiquement
dés que je me retourne
plus rien ne bouge
si ce n'est
la nurseries ocre
du tilleul
que les abeilles
veillent
à savamment
piller
Tout va bien
le monde court
après le monde
dans les paisibles
chuchotements
de nos agonies
veloutées
araignée trapue
traverse la table
avec dans la bouche
une mouche
Le vent souffle
sporadiquement
dés que je me retourne
plus rien ne bouge
si ce n'est
la nurseries ocre
du tilleul
que les abeilles
veillent
à savamment
piller
Tout va bien
le monde court
après le monde
dans les paisibles
chuchotements
de nos agonies
veloutées
samedi 18 juin 2011
Robert louis stevenson, clochard céleste, portrait 21
Je songe parfois que si nous savions tout, nous n'aurions d'autre désir que de disparaitre.
R. L. Stevenson, L'étrange cas du Dr jekill et Mr Hyde
Portrait à lire Chez Vents-contraires
R. L. Stevenson, L'étrange cas du Dr jekill et Mr Hyde
Portrait à lire Chez Vents-contraires
vendredi 17 juin 2011
Savoir reconnaître le talent
La faculté
quasi divine
avec laquelle l'homme
parvient à ressembler
à sa propre
caricature
Son pouvoir
sans cesse renouvelé
à mettre toute son intelligence
au service
de sa connerie
quasi divine
avec laquelle l'homme
parvient à ressembler
à sa propre
caricature
Son pouvoir
sans cesse renouvelé
à mettre toute son intelligence
au service
de sa connerie
jeudi 16 juin 2011
mercredi 15 juin 2011
Les reflets
Un jour, les ombres se sont décollées des murs. Des flaques se sont relevées les reflets. Toutes les apparences se sont révoltées. Le réel est devenu flou comme un miroir recouvert de buée. Les hommes n'arrivaient plus à regarder. Ils furent obligés de commencer à voir.
mardi 14 juin 2011
Cosmogonie
La nuit fut assourdissante. Des rêves remplis d'explosions. De fusées cinglantes. De cratères. De sang et de lymphe. Toutes les aubes sont des carnages. Puis vint le silence du jour, bruit des hommes, sur la petite peau morte des choses. Dans les premiers pas de ses yeux sur le champs de bataille, rien ne sembla différent. Puis il finit par comprendre : L'univers est un troupeau de hérissons qui bâfrent des lucioles.
lundi 13 juin 2011
Les mouches
La vermine éclos comme les fleurs. Et les mouches trainent des langues au bout de leurs pattes. Lèchent sucres et pourritures. Nous trottent sur le crâne. Sucent nos restes, nos sucs, nos sueurs. Petite torture de peau. Comme les mots à l'intérieur. Nous remuons les mains. Nous tapons sur les murs. Nous devenons les mouches.
dimanche 12 juin 2011
Le poid
Dans le wagon
ce vieux monsieur
col relevé
bouton du haut fermé
moustache impeccable
deux incisives en or
ce vieux monsieur
si vieux si digne
ses mains tremblantes
portant à sa bouche
une petite bouteille d'eau
semblant peser trois tonnes
et qu'il tète et qu'il tète
avec la maladresse
d'un nouveau né
samedi 11 juin 2011
Les nuages sont des cheveux sur son visage
Et sous le ciel
un nouveau ciel
derrière lequel
un autre ciel
cache son ciel
un nouveau ciel
derrière lequel
un autre ciel
cache son ciel
Donc je ferai des phrases
"Donc je ferai des phrases, faute de voler des sacs à main, de balayer les pistes d'un cirque ou d'incendier Rome."
Jean Claude Pirotte, La légende des petits matins, éditions La table ronde
Jean Claude Pirotte, La légende des petits matins, éditions La table ronde
Forteresse

Retrouvez une nouvelle inédite de votre serviteur, Forteresse, sur le site de la belle revue numérique Coaltar dans le numéro Exit du mois de juin 2011 :
REVUE LITTÉRAIRE COALTAR
vendredi 10 juin 2011
Un cheveux dans la soupe
Moi. Dans cette chambre d'hôtel du sixième. Incongrue. Comme un Woody Allen en short qui soulèverait de la fonte.
Et je lèche et je lèche
Dans le gros bol rond
du ciel plein de crème
la lumière trop sucrée
déborde de ses lèvres
et je lèche et je lèche
les gouttes qui dévalent
la pente de ses joues
Une moustache de lait
tout autour de mes rêves
jeudi 9 juin 2011
mercredi 8 juin 2011
mardi 7 juin 2011
lundi 6 juin 2011
Les valises
Je m'apprête à partir pour ma première soirée littéraire parisienne. J'ai entreposé dans mon sac de voyage tout ce qu'il me fallait. Costume. Cigarettes. Argent. Médicaments. Livres. Trousse de toilette. Papiers d'identité. Vêtements de rechange. Ma valise est pleine. Pourtant je n'ai rien de ce dont j'ai vraiment besoin. J'aurais du prendre de ta vraie glace à la fraise. Une de tes culottes sales. Une branche du tilleul en fleurs. Le rire du petit. Ses draps tièdes. La mèche qui le matin déborde derrière ses oreilles. L'odeur de la terre mouillée. La mousse poilue de l'arbre. Une goutte glacée. La trace de chocolat au coin de ses lèvres. Les relents du marbré qui refroidit dans le four. Un petit échantillon (comme ces fioles gratuites de parfum) de vos respirations nocturnes. Quelques bactéries de la langue puante de mon chien. Une tortue en plastique. Une crotte de vos deux nez. Probablement aussi, un peu plus de courage et de lucidité. Les valises ne servent qu'à constater tout ce qu'on laisse derrière.
Nous ne sommes pas déprimés, nous sommes en grève
"Contrairement à ce que l’on nous répète depuis l’enfance, l’intelligence, ce n’est pas de savoir s’adapter – ou si c’est une intelligence, c’est celle des esclaves. Notre inadaptation, notre fatigue ne sont des problèmes que du point de vue de ce qui veut nous soumettre. Elles indiquent plutôt un point de départ, un point de jonction pour des complicités inédites. Elles font voir un paysage autrement plus délabré, mais infiniment plus partageable que toutes les fantasmagories que cette société entretient sur son compte. Nous ne sommes pas déprimés, nous sommes en grève. Pour qui refuse de se gérer, la « dépression » n’est pas un état, mais un passage, un au revoir, un pas de côté vers une désaffiliation politique. "
L'insurrection qui vient, le comité invisible, éditions la fabrique
dimanche 5 juin 2011
samedi 4 juin 2011
La Danse
(cliquez dessus pour lire)
Ce texte est paru dan le numéro 2 de la revue Charogne
Charogne est une belle revue graphique et littéraire menée par Guillaume Siaudeau (la méduse) et éditée par Asphodèle. Elle mérite votre soutient !
vendredi 3 juin 2011
Robert Walser chez vents contraires
C'est plus beau d'essayer de monter que d'être en haut.
Robert Walser, clochard céleste n 20, Chez Vents contraires
jeudi 2 juin 2011
Himalaya
Hier soir
ai repéré un escargot
sur le versant Nord
himalayesque
d'un tobbogan
en plastique jaune
Aucune nouvelle depuis
peut être une crevasse
peut être le yéti
qui sait ?
Dés l'aube
en tout les cas
dans la gazette
des fraises sauvages
les ragots
allaient bon train
ai repéré un escargot
sur le versant Nord
himalayesque
d'un tobbogan
en plastique jaune
Aucune nouvelle depuis
peut être une crevasse
peut être le yéti
qui sait ?
Dés l'aube
en tout les cas
dans la gazette
des fraises sauvages
les ragots
allaient bon train
mercredi 1 juin 2011
Il arrive : Nos cheveux blanchiront avec nos yeux
- Nos cheveux blanchiront avec nos yeux Thomas Vinau, Alma éditeur, 135x185 mm, 111 p
- 12,80 euros / 8,96 euros : livre numérique, ISBN / 978-2-36279-000-3,
*
*
(Parution papier et numérique : 18 AOÛT 2011)
*
*
A PROPOS DU LIVRE :
Le voyage géographique et intime d’un jeune homme qui devient père. Un jeune homme, Walther, quitte la femme qu’il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu’à l’Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener, presque par hasard à l’essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d’instantanés d’une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d’errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l’art des petits riens.
extraits et renseignements ici
extraits et renseignements ici
Il y a encore des gens capables de servir la littérature et le livre avec honnêteté, érudition et tendresse. Il faut les soutenir ! Le site de ces succulentes éditions : Alma, editeur
L'héritage -2-
(première partie là)
(...)
C’est là que j’ai remarqué un truc bizarre. Dans cette grande salle de la cave, il y avait un renfoncement avec à l’intérieur un grand lit aux draps très sales, et à côté une cuisinière. Cela aurait pu être des vieux objets entreposés là, mais ils étaient agencés comme dans un appartement, avec pragmatisme. Peut être que parfois mon vieux fêlé de Pater descendait passer quelques nuits ici pour lutter contre ses démons ou un truc dans le genre. Il y avait également un congélo rempli de barbaque et de victuailles. J’étais en train de constater tout ça lorsque le bruit de chaîne recommença, je bu une longue rasade et me précipitai sur la porte pour voir derrière. Un coup de pied sec la fit voler. La pièce était allumée. Au fond il avait un vieux type assit sur une cuvette, falsar sur les guibolles, bouquin à la main, en train de chier tranquillement dans ma cave. Le vieux était tout dégueulasse, fringues sales, visage de poivrot, tête rongée, mal rasé, et il se trimballait avec une énorme chaîne de bagnard aux pieds.
(...)
C’est là que j’ai remarqué un truc bizarre. Dans cette grande salle de la cave, il y avait un renfoncement avec à l’intérieur un grand lit aux draps très sales, et à côté une cuisinière. Cela aurait pu être des vieux objets entreposés là, mais ils étaient agencés comme dans un appartement, avec pragmatisme. Peut être que parfois mon vieux fêlé de Pater descendait passer quelques nuits ici pour lutter contre ses démons ou un truc dans le genre. Il y avait également un congélo rempli de barbaque et de victuailles. J’étais en train de constater tout ça lorsque le bruit de chaîne recommença, je bu une longue rasade et me précipitai sur la porte pour voir derrière. Un coup de pied sec la fit voler. La pièce était allumée. Au fond il avait un vieux type assit sur une cuvette, falsar sur les guibolles, bouquin à la main, en train de chier tranquillement dans ma cave. Le vieux était tout dégueulasse, fringues sales, visage de poivrot, tête rongée, mal rasé, et il se trimballait avec une énorme chaîne de bagnard aux pieds.
-“Qu’est ce tu fous là, je lui dit.
-“Et toi qu’est ce tu fous là?” i me répond.
-”Mais bordel T’es qui pour vivre enchaîné dans ma cave?”
-“C’est ma cave! qu’i m’répond, Et je m’appelle Buk! Je suis un putain de poète!”
-”...”
Sous la crasse comme ça, c’est vrai qu’il avait une tête d’amerloque, mais de là à faire penser au grand BUK, il restait une sacrée marge.
- “Ouaip mon cul! Et moi je m’appelle Victor et je suis misérable...”
- “Ecoute mec, je suis venu en France pour un putain d’éditeur qui m’a promis la lune, mais ce mec était encore plus siphonné que moi, et il m’a enfermé dans cette cave pour que je lui écrive un putain de chef d’oeuvre.”
- “Mon père a fait ça ?”
- “Yes ma couille. Et je peux te dire que ça fait quelques années que je n’ai pas vu la lune! Heureusement qu’il y a de la picole, et la musique. Mais ce type n’a jamais rien compris à ce qu’il me fallait pour écrire! J’espère qu’il crèvera seul ce connard!”
- “ Voeux exaucé mon pote.
Mais pourquoi tu lui as pas écrit son chef d’oeuvre pour qu’il te lâche la grappe ?”
- “Peux pas faire ça ici. Il manque l’essentiel!”
- “L’essentiel ?”
- “Yes gamin. L’essentiel. La quintessence. La base. La source!”
- “De la lumière ?”
- “Mais non abrutis... Une femme. Les culs de bouteilles ne suffisent pas gamin, il faut de l’instinct, de l’amour et du vice, bordel! Il me faut une femme.”
- “Si t’avais une femme ici tu pourrais écrire un chef d’oeuvre ?”
- “Absolument! Bon aller détache moi gamin, il est temps que le grand Buk remonte à la surface.”
- “Heu..., je crois que je vais essayer un truc avant...”
Je lui ai descendu la boulangère... Faut toujours faire mieux que son père.
Inscription à :
Messages (Atom)






































