Tu comptes les crottes de chiens sur le chemin du retour. Je pose mon silence dans ta main minuscule. J'y pose ma brûlure. Tu souris, elle s'envole. Comme une coccinelle.
vendredi 30 septembre 2011
L'art de la guerre
J'ai caché
trois allumettes
un bidon d'essence
une coupe de fruits
et L'art de la guerre
derrière ses paupières
Gaffe au jour où
il ouvrira les yeux
trois allumettes
un bidon d'essence
une coupe de fruits
et L'art de la guerre
derrière ses paupières
Gaffe au jour où
il ouvrira les yeux
jeudi 29 septembre 2011
Les bougies glacées
Tu m'as dit : Je suis désolée, je n'ai pas eu le temps d'y penser. Il faisait déjà nuit. Tu m'as dit : Avec tout ça, pardon, pardon, je n'ai même pas acheté un gâteau. Il n'y a pas de champagne. Je n'ai pas de cadeau. Je t'ai dit peu importe. Nous sommes tous les deux fatigués. Je m'en fous de tout ça. Aujourd'hui nous avons parlé, ri, et affronté ce qu'il y avait à affronter. Le reste n'a pas d'importance. Dans le congélateur il restait deux vieux esquimaux de l'été passé. Un à la vanille, l'autre à la pistache. Je suis allé les chercher. Nous les avons heurtés l'un contre l'autre comme pour trinquer ensemble et puis tu m'as dit souffle. J'ai soufflé sur les bâtons glacés. Aucune bougie ne fut mouchée, mais une flamme complice a relié nos regards. C'était un anniversaire parfait.
Nos Cheveux blanchiront avec nos yeux - Maxoe and co
Je réponds à des questions intéressantes pour la revue Maxoe, merci à Seb de me les avoir posé.
Merci également à Philippe Annocque, Eric Dejaeger,et La cause littéraire d'avoir trempé leurs yeux dans mes mots.
mercredi 28 septembre 2011
Faire ce qu'on peut
D'abord apprendre
à faire ce qu'on peut
avec ce qu'on a
Ensuite apprendre
à faire ce qu'on peut
avec ce qui nous manque
à faire ce qu'on peut
avec ce qu'on a
Ensuite apprendre
à faire ce qu'on peut
avec ce qui nous manque
Autrement dit
Un troupeau de girafes galope sur mes paupières.
Autrement dit : le jour persiste à se lever.
mardi 27 septembre 2011
Bon ap'
Dans la barbe
mal rasée
d'Octobre
une tripotée
de hérissons
boulottent
la graine âcre
de nos frissons
mal rasée
d'Octobre
une tripotée
de hérissons
boulottent
la graine âcre
de nos frissons
lundi 26 septembre 2011
Ecosystème
La lumière a un goût de métal. Le vent pousse des cris de pierres. Ici ça sent la terre mouillée. La résine de pins. Le chien. Ici le temps tombe des arbres. Le sol est recouvert d'épines mortes. Les limaces brillent sur le dos froid des choses. Un nouveau cycle commence. Je le connais. C'est le mien. Le milieu naturel de tout ce qui se dresse dans le pourrissement.
dimanche 25 septembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - Libé
Merci à Claire Devarrieux pour son article paru dans Libération du 22 Septembre 2011
Merci à Vincent Lecoq pour sa chronique bienveillante dans la revue Vents-Contraires
Merci également à écrivains-voyageurs, Les carnets d'Imelda, Le choix des Biblio, et aux géniaux anonymes qui font vivre les livres...
samedi 24 septembre 2011
L'enfant des bois
L'enfant est entré dans les bois. Quelqu'un le tenait par la main. Ils se sont enfoncés dans la terre noire. Leurs mains ont parlé l'écorce. Leur peau le gel. L'homme a éduqué l'enfant. Il lui a appris à lire. Allumer un feu. Creuser un tunnel. Poser un piège. Échafauder le froid. La nuit, l'enfant s'abritait dans ses bras. Le jour, il révisait ses odeurs. L'été il était une grenouille. L'hiver un hérisson. Au printemps un geai noir. En automne une cétoine. Le temps a grandi dans leurs ventres. La peau de l'enfant s'est tannée. Les yeux de l'homme se sont tassés. Parfois il tousse du sang. Parfois il repense au départ. Elle est morte. Il a pris l'enfant par la main. Ils sont entrés dans les bois. Il n'en est jamais ressorti. L'enfant l'a enterré. Ce n'est plus vraiment un enfant. Ensuite, il a relâché le lièvre piégé, a mis le feu à son terrier. Puis il est sorti du bois. Plusieurs années s'étaient écoulées. Pendant que l'assistante sociale lui parle, l'enfant révise ses odeurs pour ne pas laisser monter la peur. Maintenant il est vraiment seul. Maintenant il a vraiment froid. Trois choses encore le rassurent. Le manche de son couteau qu'il sent contre sa cuisse. Le livre dans son sac, sur lequel l'homme lui a appris à lire et à écrire. Le livre dont il connaît chaque mot, chaque lettre. Et puis le vent glacé dans la cour. Le vent qui lui lacère le visage. Ce vent, c'était sa chambre d'enfant.
Le discours de la méthode
Le monde est chaos tel ! Tiède dégringolade ! Croyez-moi mes enfants, il faut se fixer une route et la rampe tenir. Volonté et discipline. Instaurer un rythme. Ne pas dévier de son hygiène. Moi par exemple, dès que je peux, je serre de mes cinq sens la petite culotte sale de ma reine. Je répète. Volonté et discipline.
vendredi 23 septembre 2011
Le recours aux forêts
( Gregory Maiofis )
Il aimait se salir pour de vrai. Mais ses mains blanches le trahissaient. Son grand-père disait : trop souvent assis pour être honnête. Il s'était rêvé trappeur, ethnologue, orpailleur, aventurier. Puis finalement il s'était bien fait à l'idée. Je ne suis pas un homme des bois se répétait-il, au mieux, un pantouflard des forêts.
Le mouvement
Une abeille agonise sur le carrelage. Le jour s'est levé sur ses ailes. Ses tremblements transparents. Ce qu'il faut de pureté blême pour disparaître indifférent. Et le soleil sur tout ça. Le chocolat. La serpillière. Le mouvement. L'oiseau qui chie sur le ciment. Les derniers frissons de l'abeille. On passe sa veste. Pense à peine. Une histoire de chaudière. De poubelle. La porte s'ouvre. Clefs de la voiture. Un coup de vent dans la poussière. Plus le moindre frémissement. Il paraît que le jour est devant.
jeudi 22 septembre 2011
Confidence
Il n'avait rien contre les gens. Enfin pas rien, mais pas plus non plus. Il lui arrivait même d'être porté par un véritable élan vers l'autre. Bien que la plupart du temps, cet élan l'amenait plutôt à se confier aux traits blancs des avions dans le ciel.
mercredi 21 septembre 2011
10 recettes de sorcière pour rattraper le jour
Prends un bout de tes rêves, découpe le en quatre. Rabote tous les angles. Cloue les morceaux sur les portes de grange qui te servent de paupières.
°°°
Choisis un bel arbre. Dépèce l'écorce avec tes dents. Construis-toi un nid de brindilles, range les épines au bord de tes yeux. Et saute du nid.
°°°
Le jour laisse du sang sur les draps. Caresse les et suce tes doigts.
°°°
Trouve deux paires d'ailes de chauve-souris. Couds-les à ta peau, une sur chaque main. Apprivoise un stylo et apprends-lui à voler.
°°°
Dans la vieille friteuse de ta tête, entrepose tous les cailloux que tu trouveras sous tes dents. Puis taille ton souffle en lance-pierre.
°°°
Récolte les foetus de siphons dans ton ventre. Tresse la paille de ta couche et couve les.
°°°
Pose une chatière dans la nuit et tente d'appâter la lune avec la viande fraîche de tes rêves.
°°°
Coupe-toi les dents régulièrement. Récolte ongles et cheveux. Cultive ta corne sous toutes ses formes, nuit après nuit.
°°°
Mâche les racines aigres du quotidien et purge tes yeux à la cendre.
°°°
Fais de ta cervelle un miroir brisé. Colle les éclats en étoile ou fait en une luge pour te dévaler à toute vitesse. Tombe-toi dedans.
°°°
°°°
Choisis un bel arbre. Dépèce l'écorce avec tes dents. Construis-toi un nid de brindilles, range les épines au bord de tes yeux. Et saute du nid.
°°°
Le jour laisse du sang sur les draps. Caresse les et suce tes doigts.
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Trouve deux paires d'ailes de chauve-souris. Couds-les à ta peau, une sur chaque main. Apprivoise un stylo et apprends-lui à voler.
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Dans la vieille friteuse de ta tête, entrepose tous les cailloux que tu trouveras sous tes dents. Puis taille ton souffle en lance-pierre.
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Récolte les foetus de siphons dans ton ventre. Tresse la paille de ta couche et couve les.
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Pose une chatière dans la nuit et tente d'appâter la lune avec la viande fraîche de tes rêves.
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Coupe-toi les dents régulièrement. Récolte ongles et cheveux. Cultive ta corne sous toutes ses formes, nuit après nuit.
°°°
Mâche les racines aigres du quotidien et purge tes yeux à la cendre.
°°°
Fais de ta cervelle un miroir brisé. Colle les éclats en étoile ou fait en une luge pour te dévaler à toute vitesse. Tombe-toi dedans.
°°°
(Ces recettes ont paru en 2007 dans La Nouvelle Revue Moderne)
Récalcitrant
Sans cesse le doigt, balafré de bave qui rabat la mèche. Le minot qui râle. Repousse la main. Tourne la tête. L'épi qui persiste. Se dresse indomptable. Une fleur revêche dans nos petits matins d'esclaves.
mardi 20 septembre 2011
Varap
Une fois assis, il considéra qu'il avait fait le plus gros pour être debout. Il enfila sur sa tête une bonne paire de chaussettes et entama l'escalade vertigineuse de sa descente.
Blanc
(...)
Je suis recroquevillé dehors. Des milliers de blancs me crachent dans les yeux. L'horizon est une brûlure. Je bois la même infusion aigre. A ma gauche, des chiens se disputent le jarret déchiré d'une bête. Je vois le rouge sur leurs gueules et les tâches de sang sur la neige. Un chien gris, énorme, reste en retrait de la grogne. Il semble blessé. A ma droite la femme en fourrure qui s'est occupée de moi vide des poissons. Les viscères fument sur la glace. Elle trie et pend entre deux piquets gelés : Flancs, têtes, boyaux, carcasses.
(...)
(extrait de Blanc)
Je suis recroquevillé dehors. Des milliers de blancs me crachent dans les yeux. L'horizon est une brûlure. Je bois la même infusion aigre. A ma gauche, des chiens se disputent le jarret déchiré d'une bête. Je vois le rouge sur leurs gueules et les tâches de sang sur la neige. Un chien gris, énorme, reste en retrait de la grogne. Il semble blessé. A ma droite la femme en fourrure qui s'est occupée de moi vide des poissons. Les viscères fument sur la glace. Elle trie et pend entre deux piquets gelés : Flancs, têtes, boyaux, carcasses.
(...)
(extrait de Blanc)
lundi 19 septembre 2011
À l'intérieur
À l'intérieur
habite un ours
qui arrache la tête des poissons
avec l'affection
d'une mère
habite un ours
qui arrache la tête des poissons
avec l'affection
d'une mère
dimanche 18 septembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - France culture
On peut podcaster et réécouter l'émission de Vendredi là. Ce fut belle expérience et belles rencontres. L'exercice n'était pas facile mais plutôt agréable, j'étais bien entouré.
Merci à la délicate Marie Richeux et à sa dreamteam. J'ai été ravi, aussi d'y rencontrer Sylvain Tesson.
Pas la peine de crier est une bien belle émission qui chuchote avec justesse.
samedi 17 septembre 2011
Donnant donnant
Il aurait donné
son petit orteil gauche
sans sourciller
contre l'ombre d'un réverbère
sur un mur délabré de soleil
ou le trot pointu d'un rat
sur les tuiles glacées
Il aurait donné
la moitié de son sang
contre une fenêtre
et quelque chose derrière
à regarder
son petit orteil gauche
sans sourciller
contre l'ombre d'un réverbère
sur un mur délabré de soleil
ou le trot pointu d'un rat
sur les tuiles glacées
Il aurait donné
la moitié de son sang
contre une fenêtre
et quelque chose derrière
à regarder
vendredi 16 septembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - France culture
Ce Vendredi 16 Septembre, vous pourrez me retrouver sur les ondes de France Culture, vers 16 h pour l'émission Pas la peine de crier.
Un grand merci à Romain Verger, au Grognard , à Claire et aux libraires et bibliothécaires qui défendent ce petit livre.
jeudi 15 septembre 2011
mercredi 14 septembre 2011
La digne disparition du jour
a brulé
et nous avons brulé
avec lui
Le soir est là
il est rouge
et il réchauffe
Cendre
et vin rouge
pour nos funérailles
communes
mardi 13 septembre 2011
Ce que je sais de vivre
Je sais qu'il y a une dame, loin, pas si loin, dont le souffle s'amenuise sur un lit d'hôpital. Je sais que cette femme était précieuse. Je ne la connais pas. Je sais qu'il y a prés d'elle un homme silencieux qui lui tient la main. Je sais que cet homme était précieux. Je ne le connais pas. Je sais que je suis là et que je pense à eux. Je sais que c'est précieux. Je sais que ça ne changera rien.
lundi 12 septembre 2011
Stratocumulus
Bim attend sa mère
sur le banc du parc
il se demande comment
lui dire ce qu’il a fait
pour se mettre dans cette sale situation
c’est sûr que si les mots
pouvaient changer de forme
aussi rapidement
que les nuages
ce serait plus facile
Les chiens errants n'ont pas besoin de capuches, Gros Textes, 2008
dimanche 11 septembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - Le Monde mag
Merci à Yann Plougastel pour son chouette article dans Le Monde Mag de ce 10 septembre. À nos matins...
(Cliquez sur l'image pour lire)
Sauvé par un courant d'air
Dans le vent placide les feuilles du platane me font du bouche à bouche par les yeux.
samedi 10 septembre 2011
Recette pour faire de l’encre.
"Une pinte d’eau de rivière, un quarteron de noix, deux onces gommes arabiques, une once et demie de couperose, le tout concassé et mis dans une cruche qu’il faut bouillir sur un feux très doux jusqu’à ce que la mixture soit réduite au deux tiers. Lorsque la réaction est à moitié, on jette un quarteron de sucre candi, on expose la cruche au soleil avec attention de remuer souvent."
Extrait des tables de l’Hôtel-Dieu (1758 – 1791)
vendredi 9 septembre 2011
Au sommet du plongeoir
Il me faut prendre le temps. L'agripper par le col. Le maintenir sur place. J'ai ma technique pour ça. Technique de survie. M'asseoir et rattraper le retard par les yeux. Du néant au séant, je règle la focale. Distinguer la lumière qui escalade le mur. La longue patience sage du tuyau d'arrosage. Les couleurs qui font leurs bagages sur les jouets d'enfants. Il me faut reprendre à zéro. Dans les petits scintillements du néant. Refuser le mouvement du jour. M'asseoir sur l'élan. Sur la vague de ce qui mène devant. Je reste au sommet du plongeoir. Je m'étire. Me redresse. Les yeux bien parallèles au coeur. Un coup d'oeil vers le haut. Un autre vers le bas. Là bas le monde a faim. Le monde grignote le monde. Je reste au sommet du plongeoir. Nu. Fragile. Immobile. Au moins d'ici, je vois.
jeudi 8 septembre 2011
La becquée
Le diamant noir de tes petits yeux mouillés. Carbone d'étoile. Ton front las. Et les minuscules rides qui forment des rivières au bord de tes paupières. Tes mains qui fouillent dans la lumière, qui construisent le jour, consolident le nid, nous donnent la becquée. Ton vêtement de dame dans les brumes bleues de l'aube. L'élégance avec laquelle tu souffles sur les braises des matins de semaine. Cette même fatigue qui me rend si médiocre et qui te rend si belle.
mercredi 7 septembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - RCJ
Je parle, avec Jean Maurice de Montrémy, de mon roman Nos cheveux blanchiront avec nos yeux dans l'émission Postface de la RCJ.
Merci à Caroline Gutmann-Berline pour son écoute affectueuse.
Vous pouvez réécouter ou podcaster l'émission dés mercredi 07 Septembre.
Sur le net, merci à Vincent Monadé pour ce qu'il dit de la rentrée littéraire et de la petite édition. Et merci à Moxae.
Merci à Caroline Gutmann-Berline pour son écoute affectueuse.
Vous pouvez réécouter ou podcaster l'émission dés mercredi 07 Septembre.
Sur le net, merci à Vincent Monadé pour ce qu'il dit de la rentrée littéraire et de la petite édition. Et merci à Moxae.
mardi 6 septembre 2011
Les odeurs à partager
Je m'assois là. Sur la terre mouillée et les épines pourrissantes. Au pied des grands pins et des chênes verts. Je reste là. Le vent ne gémit plus. Il respire. L'air est chaud. L'orage de ces derniers jours est passé mais tout garde l'empreinte de l'eau. Le chemin délavé. Les herbes hautes couchées sur le côté. Les broussailles chargées de miettes de boues et de micro-déchets. Les genêts. Les fenouils sauvages. Les vignes emmêlées. Les amandiers à terre. Les troncs pourris. Les crevasses. Le soleil est venu se planter bien droit dans tout ça. Au fur et à mesure que je marchais, escaladant les ravines, une odeur est montée. Là où je me suis assis, elle domine tout. Comme une couleur. Je reste là. Au coeur du parfum sauvage. Cherchant à en détailler les ingrédients secrets. Mélasse. Pollen. Maïs chaud. Chlorophylle. Sucre. Putréfaction. Thym sauvage. Impossible de savoir. Je reste assis là. À l'intérieur de l'odeur. Sans trouver. Je m'y emmitoufle. Elle m'inonde. Je regrette à présent d'être parti sans vous. Sans toi. J'ai pensé que ça me ferait du bien, entre deux silences et deux colères, d'aller marcher avec le chien. Et c'était vrai. Cela m'a fait du bien. Mais je suis là-haut maintenant. Seul. Avec toutes ces odeurs à partager. Alors je redescends vous chercher.
lundi 5 septembre 2011
Porcelaine
Prendre le pas de la lumière. En longer les rayons. S'y baigner les pieds. Grappiller ce que l'on peut de cette fausse fraîcheur nouvelle. Récolter les reflets qui ne mènent nulle part. Avancer léger dans les battements de cils de l'instant. Nous sommes des porcelaines dans un magasin d'éléphants.
dimanche 4 septembre 2011
Au compte-gouttes
Nous n'avons que deux bras deux mains
une tête et un coeur
Comment cela pourrait-il
être suffisant
pour consoler un enfant
de devenir un homme
samedi 3 septembre 2011
143 minuscules fourmis
143 minuscules fourmis
sur un trognon de pomme
et le poète finit par se demander
s'il ne serait pas plus attristant encore
de vouloir trouver un sens à tout ça
sur un trognon de pomme
et le poète finit par se demander
s'il ne serait pas plus attristant encore
de vouloir trouver un sens à tout ça
vendredi 2 septembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - Figaro
Merci à Dominique Guiou pour sa belle lecture de Nos cheveux Blanchiront avec nos yeux. La référence en bas de la chronique n'aurait pas pu me faire plus plaisir. Ceux qui suivent ce blog savent pourquoi.
On peut retrouver la belle photo de classe et l'article ici
(et serrage de paluche aux camarades déclassés de cette étrange classe)
D'autres chouettes lectures là , là, ou là
Je me répète mais il y a des choses que l'on doit répéter : Merci.
On peut retrouver la belle photo de classe et l'article ici
(et serrage de paluche aux camarades déclassés de cette étrange classe)
D'autres chouettes lectures là , là, ou là
Je me répète mais il y a des choses que l'on doit répéter : Merci.
Auguste le Breton, clochard céleste, portrait 24
"Il faut toujours enlever son chapeau devant l'homme qui se bat, que ce soit pour une croûte de pain ou pour une idée."
Auguste le Breton (Aristocrate du bitume) , La loi des rues, 1955
Son portrait Chez Vents-contraires
Auguste le Breton (Aristocrate du bitume) , La loi des rues, 1955
Son portrait Chez Vents-contraires
jeudi 1 septembre 2011
Elisabeth Cotten
Elizabeth Cotten performs at the 1968 Newport Folk Festival
Photograph by Diana Davies.
Courtesy of the Center for Folklife and Cultural Heritage, Smithsonian Institution
Les trous
" Il y a mille manière de cacher les trous. Une seule de ne pas les cacher : la poésie "
Georges Perros, Pour ainsi dire, Finitude
(ici, en écho, mon premier livre de poésie, Le trou, éditions du Cygne)
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