11/24/2012

Nous sommes ...

Nous sommes ces chiens qui scrutent au fond de l'horizon en comprimant leurs ventres.
Nous sommes les vendangeurs des pièges à souris oubliés.
Nous sommes le gémissement de la tourbe violentée d'étoiles.
Nous sommes le rouge aux joues des matins beaux parleurs.
Nous sommes la cendre orpheline du feu.
Nous sommes la vengeance qui couve ses sourires.
Nous sommes la boucherie. Le sang gaspillé de demain.
Nous sommes la faim qui danse.
Nous sommes la distance.
Nous sommes le bras d'honneur. Sans bras. Et sans honneur.
Nous sommes la peine de la viande. La volaille qui court avec son cou tranché.
Nous sommes ce qui n'est pas dit.
Nous sommes la corde usée et l'usure de la corde.
Nous sommes la dernière mouche de novembre.
Nous sommes les restes du frigo.
Nous sommes la pluie qui tombe. Qui tombe. Qui tombe.
Nous sommes la main tendue de la lumière qui l'aide à se relever.
Nous sommes l'écho fatigué.
Nous sommes la première bouche qui siffle.
Nous sommes le haut des branches.
Nous sommes le trou.
Nous sommes le bec qui plonge dans la pulpe.
Nous sommes le temps qui s'est perdu.
Nous sommes l'herbe qui mange l'ombre.
Nous sommes la première dent.
Nous sommes nos chaussures.
Nous sommes le dernier souffle.
Nous sommes un dessin d'enfant.
Nous sommes crachés.
Nous sommes chaque jour un trait qui barre chaque jour un jour.
Nous sommes une fuite d'eau.
Nous sommes l'ours qui dégringole.
Nous sommes du papier froissé.
Nous sommes ce qui se trame.
Nous sommes l'insignifiance de la douleur.
Nous sommes des mains.
Nous sommes ce qui se tient.
Nous sommes des faux cadavres.
Nous sommes nos loups.
Nous sommes toutes sortes de peut être.
Nous sommes un coup de pinceau.
Nous sommes une question idiote.
Nous sommes une petite trouille.
Nous sommes des vitres sales.
Nous sommes la transition des nuages.
(...)

5 commentaires:

L.D. a dit…

Ça fait tout de même une sacrée somme...

lidia a dit…

Ici et là.
Que c'est beau.

amichel a dit…

"nous sommes"... les (s)hommes

lutine a dit…

Nous sommes la tête vide pense l'autre tête encore plus vide

la Mère Castor a dit…

nous sommes des lecteurs heureux