9/05/2014

Je suis un suscitateur. Francis Ponge



"Je suis un suscitateur
Je m’aperçois d’une chose : au fond ce que j’aime, ce qui me touche, c’est la beauté non reconnue, c’est la faiblesse d’arguments, c’est la modestie.
Ceux qui n’ont pas la parole, c’est à ceux-là que je veux la donner.
Voilà où ma position politique et ma position esthétique se rejoignent.
Rabaisser les puissants m’intéresse moins que glorifier les humbles.
Les humbles : le galet, l’ouvrier, la crevette, le tronc d’arbre et tout le monde inanimé, tout ce qui ne parle pas…
Je suis un suscitateur."

Francis Ponge

2 commentaires:

lacotevincent a dit…

Et moi, un pongiste.
Vive le sport !

lacotevincent a dit…

Moi, je suis un pongiste et un queneaué-cailloikiste.

Mort comme une soupière

Mort comme une soupière
Mort comme l'ébrèchement d'une soupière
Mort comme le vide de la soupière
Mort comme un reste de potage figé dans le fond d'une soupière
Mort comme mille soupières
Mort comme dix mille soupières
Mort comme une souris noyée flottant à la surface d'une panade emplissant une soupière
Mort comme un chou plein de poux à genoux dans le fond d'une soupière
Mort comme une soupière

Vivant comme un caillou

Raymond Queneau in Le chien à la mandoline, 1965