3/16/2016

de sabres et sables

Garde en creux 
l'ombre qui brûle
troupe affamée
douceur sauvage
lancée à l'assaut
du mou des jours
aux jeux trop mornes
des faux éclats 
de sabres et sables
 courage vain
pas feint
Chevalier à la triste figure

3 commentaires:

misquette a dit…

« Notre véritable faim est d’aimer, de nous laisser choir dans l’abîme de Dieu ».
Hadewijch d’Anvers

thoams a dit…

Marre de Dieu Vincent,la même phrase sans le dernier mot me va très bien

misquette a dit…

Quand j’ai lu ton très beau texte (Il m’a donné du courage pour supporter ma matinée) dans lequel tu évoques une "troupe affamée », j’ai pensé à cette phrase que j’ai lu la semaine dernière. J’ai un peu hésité avant de la mettre en commentaire. Je connais tes réactions agacées quand on évoque ce domaine. Je sais par exemple qu’il y a un avant et un après Christian Bobin pour toi et que la ligne de démarcation se situe au moment où il s’est mis à parler des anges. Je ne me souviens plus de tes mots exacts mais en substance c’était ça. Mais je l’ai posté quand même. Non pas par provocation, je ne crois pas, mais dans le même esprit que j’ai quand je commente; faire part de mes associations d’idées, faire des liens, essayé d’enrichir, je me suis dis par exemple que peut-être cette phrase trouvera un écho comme elle en a trouvé un chez moi, que quelqu’un la trouvera belle, qu’elle l’aidera à vivre. Tu sembles l’avoir apprécié, sauf le dernier mot et j’en suis ravi. Non pas que tu n’aies pas aimé le dernier mot mais que tu aies trouvé du plaisir à la lire malgré tout. Je n’allais quand même pas l’amputer de ce mot ! Ca m’a effleuré l’esprit, juste effleuré, car j’ai du mal à me faire censeur. On n’en sortirait pas, les censeurs censurés par ceux qu’ils censures... Je n’ai cependant personnellement pas à me plaindre, il y a bien des choses que j’écris qui ne leur plairait peut-être pas, quand je m’insurge contre le cardinal de Lyon et consorts ou par exemple quand je publie ce sonnet que j’ai écris ce matin, un épisode des aventures de Mirabelle, ça s’appelle Mirabelle, la vache aux bouses d'or



A la ferme passent de nombreux pèlerins,
Ils se détournent du chemin de Compostelle
Pour acquérir les excréments de Mirabelles
Sachant qu’on y a vu l’expression du divin.

Le paysan non content des gains qu’il obtient
Cherche à valoriser les bouses de la belle,
C’est alors qu’il a une idée sensationnelle ;
Leur donner tout bêtement un visage humain.

Pour ce faire il se rends la nuit à un calvaire,
Demande pardon par avance à Dieu le père
Puis prend l’empreinte de la face de Jésus.

Certaines bigotes embrassent le modelage,
Avant que de le serrer contre leur corsage,
Tout autour d’elles les mouches à merde affluent.

Je suis un peu comme toi, ce mot me retourne le cerveau, enfin peut-être un peu moins quand même. C’est à dire que c’est un peu comme avec le drapeau français. Comme le front national s’en ai emparé, on avait tendance à ne plus le sortir par crainte d’être assimilé à un fasciste, pour le mot Dieu, on aurait, enfin, je vais parler pour moi, c’est plus simple, j’aurais peur d’être assimilé à un bigot, à un pisse froid. J’avais peur, du moins, parce que j’ai découvert Marguerite Porète par exemple, cette femme qui a pris à son compte ce mot au point que l’inquisition la fait périr par les flammes estimant qu’elle trahissait son sens. Elle n’a pas cédé à la censure, malgré la prison, la menace du bucher, « Femme libre qui ne réponds à nul si elle le veut » c’est elle déclarée pour justifiée de son refus de se présenter au procès qui allait décidé de sa mort. Elle fut donc brulé avec son bouquin dans les mains. Petit à petit en la lisant ou en lisant Hadwijch d’Anvers, ce mot prend un autre sens pour moi et il me prends parfois l’envie de le brandir comme au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, j’ai arboré fièrement un drapeau français. Tiens, le titre du livre de Marguerite Porète pour lequel elle est morte est "Le Miroir des âmes simples anéanties et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour », je réalise le parallèle avec la phrase qui t’a un petit peu irrité. Aragon lui a dédié son superbe poème "Au large" en ces termes "À Marguerite Porete et quelques autres"

Au large,

...

Nous avons appelé notre cage l'espace,
Et ses barreaux déjà ne nous contiennent plus.

Amicalement