6/20/2016

Petit Tambour - 76 clochards célestes ou presque

Je me lève, le ciel est "purpre" comme dirait Gaspard, j'ouvre un volet, l'air me redresse pendant que je pisse debout dehors les yeux bien planté dans le monde, mes lunettes sont sales elles forment des nuages troubles dans la lumière couteau. Café noir, brûlure suave, j'ouvre ma boîte mail avant que les enfants n'envahissent le monde, en ce moment presque chaque jour je reçois des messages de gens que j'aime et dont j'admire le travail qui me félicitent pour les 76 Clochards Célestes ou presque, j'ai le sentiment vivifiant d'être le petit tambour d'une légion tendre qui se reforme dans l'ombre, simplement parce que je dit merci à ma manière à tous ces artistes qui nous ont un jour sauvé la vie sans le savoir. La pierre qui roule me fait briller les yeux, merci à vous les amis. Roger Lahu, Fred Houdaer, Le Marquis de L'orée, Jean-Yves Griette, Jean Louis Massot, Bernard Bretonnière, Jose Lesueur, Christian Garcin, Eric Pessan et ce matin Luigi Serafini ( !!!), sans parler des libraires et des inconnus Comment dire, WAOU !

4 commentaires:

misquette a dit…

J'ai trouvé sur internet,

http://www.causeur.fr/palmier-kofman-laud-27368.html#

ce texte sur André Laude qui donne une idée très sombre de ce qu'a été la fin de sa vie.

Je ne devrais pas l’avouer mais, quand je voyais André Laude à Saint-Germain-des-Prés, je changeais de trottoir. Non par pingrerie − je savais qu’il me taperait −, mais par pitié : sa déchéance me déchirait le cœur. Nous avions travaillé ensemble au Monde, il m’avait entraîné dans l’aventure du Fou parle, je le considérais comme le plus grand poète français vivant… mais je savais qu’en dépit des efforts de ses amis, rien ne pouvait l’arrêter dans sa course au néant. Il n’était même pas un clochard céleste, tout juste l’un de ces miséreux édentés dont l’haleine puante vous fait fuir. Il ne voulait pas se ressaisir… ou peut- être sentait-il qu’il n’en était plus capable. J’ai compris avec lui l’inanité des efforts pour aider une personne à terre qui ne veut pas se relever. Nul parmi ses amis, notamment François Bott et Roland Topor, ne doutait de son talent, mais nous savions tous qu’il était à bout de souffle et qu’il se complaisait dans la pose de l’artiste maudit. Il n’est pas donné à chacun d’avoir l’envie ou la force de poursuivre un parcours dont il a pressenti l’inanité et dont il vit l’horreur à chaque instant dans sa chair. Nous avons assisté à sa chute, effrayés par l’énergie qu’il mettait à se détruire. Nous parlions du suicide en gentlemen, il le vivait jour après jour en pleurant de ne plus pouvoir caresser l’aube ou un corps de femme sans les déchirer. Lui, le rebelle, était en outre devenu geignard… et c’est ce qui nous attristait le plus. Il avait oublié la règle que nous nous étions fixée : Sustine et abstine (Supporte et abstiens- toi) ! Bref, le plus grand poète vivant était devenu une loque. Et cela nous navrait tant que nous l’évitions, même si nous nous cotisions pour l’aider à survivre.

Rolland Jaccard

thoams a dit…

bof bof...

misquette a dit…

Je trouve les propos de l'auteur dérangeants, il le brosse dans le sens du poil (le plus grand poète...) pour mieux l'achever (une loque).

thoams a dit…

c'est ça. Et puis c'est une drôle de façon de parler de ses amis, mais bon, il était là et pas moi donc ...