Ne rien
conclure
Petit morceau
d'inachevé
par petit morceau
d'inachevé
Perpétuer
Saccager
Interrompre
Recommencer
Achever
Infinir
mercredi 30 novembre 2011
mardi 29 novembre 2011
Coupe d'hiver
Je m'emmaillote
Je me ratatine
J'aiguise
mes silences
de banquise
Je me blottis
dans mes épines
Je ne sens plus rien
Je n'en pense pas moins
Je me ratatine
J'aiguise
mes silences
de banquise
Je me blottis
dans mes épines
Je ne sens plus rien
Je n'en pense pas moins
lundi 28 novembre 2011
Ni foule ni meute
Ni foule
ni meute
mais plutôt
un troupeau
pâle et rose
Transhumance
de nos petites
forces vives
qui traversent
les neiges grises
entre mes yeux
et tes sourires
ni meute
mais plutôt
un troupeau
pâle et rose
Transhumance
de nos petites
forces vives
qui traversent
les neiges grises
entre mes yeux
et tes sourires
dimanche 27 novembre 2011
À portée de réconfort
Des confettis de ciel gris se sont rassemblés sur la ligne électrique. Petites boules au sang brûlant serrées les unes contre les autres. Pas tout à fait serrées, non, sinon à la première menace, les ailes qui s'emballent et se prennent les plumes les unes dans les autres. On n'a jamais vu ça, un carambolage de zozios à la porte de l'hiver. Pas trop serrées donc, mais tout de même à proximité raisonnable, disons à portée de chaleur et de réconfort. S'il n'y en a qu'un, solitaire, c'est un rapace, ou un charognard, il est de l'autre camp, celui des chasseurs, des prédateurs, pas du gibier. Oh, eux non plus ne sont pas vraiment du gibier, bien qu'à défaut de grive..., peut être en temps de guerre, et encore. Ils feraient plutôt partie de cette grande et belle famille de bâtards célestes, la plus grande, la plus belle, celle des inexploitables, des nuisibles, des chieurs, des mauvaises herbes, des inutiles, des inutilisables. Nous avons liens de parenté. Mais moi, je reste à terre. Sous la même pluie froide. Serré contre les miens. Peut être aussi fragile mais en tout cas bien moins léger que mes lointains cousins. Sinon, il y a belle lurette que je les aurais rejoins sur le fil. Ce qui n'aurait bien entendu pas plus de sens que de voir un sansonnet avachi sur un canapé.
samedi 26 novembre 2011
Aporie
La tête
d'une violette
qui traverse
la glace
Aujourd'hui
je m'appelle
Aporie
Je suis
la larme
d'une fille
sur la lame
d'un couteau
Je suis la tartine
que piétine
un mino
d'une violette
qui traverse
la glace
Aujourd'hui
je m'appelle
Aporie
Je suis
la larme
d'une fille
sur la lame
d'un couteau
Je suis la tartine
que piétine
un mino
vendredi 25 novembre 2011
Du sucre dans les plaies du chimpanzé
Le singe
reste accroché
à mon dos
mais il semblerait
que le sien
(de dos
au singe)
soit devenu
le refuge
d'une tripotée
de colibris cendrés
reste accroché
à mon dos
mais il semblerait
que le sien
(de dos
au singe)
soit devenu
le refuge
d'une tripotée
de colibris cendrés
jeudi 24 novembre 2011
Le roi de l'évasion
La sédition
calme et sereinecommence dans l'observation
impavide
du mur ocre
qui se ranime
dans la lumière
Le projet interlope
et sécessionniste
germe alors en lui
comme une fleur
de glace
Il s'agit
d'une évasion
en bonne et due
forme
Il s'agit
d'un sauvetage
tout ce qu'il y a de plus
nécessaire
Il s'agit de dépasser
les murailles
comme un kangourou
pendu à un hélicoptère
Il s'agit
de s'extraire fissa
de ce cul de basse fosse
qui corrompt l'air
au fin fond
de soi
Il s'agit
de chausser
ses yeux
d'escalader
la buée qui sort
de sa bouche
et de s'enfuir
par le ciel
mercredi 23 novembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - L'Anagnoste
Un grand merci à Marc Villemain pour sa lecture cendre de Nos cheveux blanchiront avec nos yeux et son article dans L'Anagnoste.
Je réponds également à quelques questions sur les livres chez Chroniklivre .
Merci , enfin, et encore, à Marie Richeux qui a (merveilleusement bien) lu hier dans son émission Pas la peine de crier sur France culture ma missive inspirée d'Alain Peters et de son Maloya. Quelle soit béni par les petits colibris glacés de Novembre !
Merci aussi aux anonymes du marché noir de la tendresse qui le font circuler de mains en mains.
Je réponds également à quelques questions sur les livres chez Chroniklivre .
Merci , enfin, et encore, à Marie Richeux qui a (merveilleusement bien) lu hier dans son émission Pas la peine de crier sur France culture ma missive inspirée d'Alain Peters et de son Maloya. Quelle soit béni par les petits colibris glacés de Novembre !
Merci aussi aux anonymes du marché noir de la tendresse qui le font circuler de mains en mains.
mardi 22 novembre 2011
La marque du collier
Le ciel a la couleur
de cet endroit
que l'on ne voit jamais
sous les ailes des pigeons
Mes pieds traînent
entre les secondes
Mes yeux vont renifler
à travers la fenêtre
Accrochent la buée dense
qui sort de la gueule
d'un chien
Je me rince
dans cette crasse froide
en pensant
que ce sera probablement
ce que j'aurai à vivre
aujourd'hui
de plus sauvage
de cet endroit
que l'on ne voit jamais
sous les ailes des pigeons
Mes pieds traînent
entre les secondes
Mes yeux vont renifler
à travers la fenêtre
Accrochent la buée dense
qui sort de la gueule
d'un chien
Je me rince
dans cette crasse froide
en pensant
que ce sera probablement
ce que j'aurai à vivre
aujourd'hui
de plus sauvage
lundi 21 novembre 2011
Marsupilami, Moucherons et Mandarines
Ce matin, après avoir ri bêtement devant le marsupilami avec mon fiston pendant que le ciel faisait ses ablutions, j'ai reçu une bouteille à la mer. Elle venait de Rio. Il y était question de douleur, de soleil, de vitesse, de taxi, de livres, d'enfant, de partage, d'hôpital, de détails. Et pendant que le jour blanc aiguise ses éclats, pendant que les arbres titubent sur leurs ombres et que les flaques flaquètent ; je me dis qu'il arrive aux moucherons que nous sommes d'échouer parfois dans les bons carafons de rouge. Oh je sais bien qu'il n'y aura pas plus de justice aujourd'hui qu'hier et que le petit vent qui siffle souffle sur nos comptes à rebours, mais que voulez-vous on ne se refait pas, nous sommes naïfs et nous crèverons, mais j'aime le goût des mandarines et la chaleur des petits riens qui circulent de mains en mains.
dimanche 20 novembre 2011
Aujourd'hui je vais mieux
Pendant des années
j'ai versé du bourbon dans ma tête
pour tuer les voix
Mais vint le temps où j'ai dû lâcher la gnole
ou rendre mon passeport
Des jours ça allait si mal
que je devais remballer mes affaires dés le matin
dire que j'étais malade
et quitter mon poste de télé-vendeur
trente secondes avant de tuer quelqu'un
Je passais prendre deux Big mac et louer deux pornos
je rentrais
tirais les rideaux
et me branlais dans du steak haché
pour étouffer le bruit
Il me fallait des heures de télé et des romans de 800 pages sans
répondre au téléphone
pendant des jours
sans me raser ni laver une assiette
ni changer de slip
juste pour garder la tête hors de l'eau
Aujourd'hui
je vais mieux
J'ai changé pour Burger King
Dan Fante, De l'alcool dur et du génie, 13° note éditions, p 135
j'ai versé du bourbon dans ma tête
pour tuer les voix
Mais vint le temps où j'ai dû lâcher la gnole
ou rendre mon passeport
Des jours ça allait si mal
que je devais remballer mes affaires dés le matin
dire que j'étais malade
et quitter mon poste de télé-vendeur
trente secondes avant de tuer quelqu'un
Je passais prendre deux Big mac et louer deux pornos
je rentrais
tirais les rideaux
et me branlais dans du steak haché
pour étouffer le bruit
Il me fallait des heures de télé et des romans de 800 pages sans
répondre au téléphone
pendant des jours
sans me raser ni laver une assiette
ni changer de slip
juste pour garder la tête hors de l'eau
Aujourd'hui
je vais mieux
J'ai changé pour Burger King
Dan Fante, De l'alcool dur et du génie, 13° note éditions, p 135
samedi 19 novembre 2011
Les arbres dorment nus
Les arbres dorment nus
Chantent
des bruits de glace
Fomentent la lumière
J'avance dans la nuit froide
Le ciel
frissonne ses étoiles
Des rats escalades
nos barricades
Ici
je ne suis pas
chez moi
Si je reste
la beauté
me tuera
Chantent
des bruits de glace
Fomentent la lumière
J'avance dans la nuit froide
Le ciel
frissonne ses étoiles
Des rats escalades
nos barricades
Ici
je ne suis pas
chez moi
Si je reste
la beauté
me tuera
vendredi 18 novembre 2011
J'écris parce que je suis sale *
.
En s'envolant
le papillon me dit
Je suis
le rêve
d'une larve
.
* : Phrase de Raphael Chirbes prononcée mercredi 16 Novembre 2011 dans l'émission Pas la peine de crier
En s'envolant
le papillon me dit
Je suis
le rêve
d'une larve
.
* : Phrase de Raphael Chirbes prononcée mercredi 16 Novembre 2011 dans l'émission Pas la peine de crier
jeudi 17 novembre 2011
Une bouteille à la mer
Je t'écris. J'ai besoin de ça. De cette mise au monde. De cette mise à jour. Je t'écris. C'est tout. Ni plus ni moins. Tu ne dois pas le prendre pour autre chose que ce que c'est. Une bouteille à la mer. Ce n'est rien. Une bouteille à la mer dans des tonnes et des tonnes de mètres cube d'eau. Tu t'imagines ce que ça vaut. Que dalle. Peau d'balle. Je t'écris. Ça tient à un bouchon. Ce n'est rien. Juste quelques mots d'amour entre deux bouts de verre.
mercredi 16 novembre 2011
Nous ne sommes que des hommes ...
Nous ne sommes
que
des hommes
Et les pigeons
ne sont
que
de grosses pierres
grises
qui ont appris
à se méfier
du sol
que
des hommes
Et les pigeons
ne sont
que
de grosses pierres
grises
qui ont appris
à se méfier
du sol
Du sucre sur la tête - Chroniklivres
Merci à Pascale Pineau Leroux pour sa belle chronique que je reproduis ci dessous :
Le livre est original et très esthétique. Normal, nous sommes chez Motus, maison d'édition exigeante et inventive. On ouvre l'album avec curiosité, interpellé par l'illustration de couverture, promesse d'un beau voyage. "Un jour / du sucre se mit à tomber / des arbres". L'évènement va entraîner une série de modifications dans les conditions de vie, les comportements... Il va aussi provoquer des pathologies. Mais les conséquences sont parfois amusantes comme celles de prolonger les baisers en de longues embrassades collées et de rendre tous les canards "naturellement laqués". Rien de tragique dans ce récit car l'auteur apporte des touches légères ici et là, en introduisant des situations amusantes au coeur de cet environnement assombri par un sucre embarrassant. Les illustrations de Lisa Nanni - très douces et sereines - sont nourries de poésie. Il y a de la rondeur, des corps en mouvement et quasiment aériens. Les personnages semblent même en empathie. Du joli travail empreint d'une grande profondeur humaine.
Du sucre sur la tête, Thomas Vinau, illustrations de Lisa Nanni, Motus, 40 pages, 11 €.
mardi 15 novembre 2011
Rest' la maloya
La musique d'Alain Peters qui dégouline du ciel. Un blues triste et jaune, lent et légèrement collant. Tête vers le bas comme les feuilles mortes qui ne parviennent pas à tomber. Rest' la maloya dans les nuages de Novembre. Le jour s'est perdu quelque part. Entre l'aurore et la brune. Le vent tourne sur lui même. Dépeigne nos tiédeurs. Nos humeurs d'épis. L'horizon comme flambé dans du rhum. Une complainte d'automne. Une force qui vient de la lassitude elle-même. Le corps usé du jour qui se déplie encore. Le chant des courbatures.
lundi 14 novembre 2011
Une leçon à tirer
Certains étrons flottent
tandis que d'autres
coulent directement
au fond de la cuvette
et je me dis
pendant que Novembre
fait briller les os
de la lumière
qu'il doit bien y avoir
une leçon à tirer
de tout ça
tandis que d'autres
coulent directement
au fond de la cuvette
et je me dis
pendant que Novembre
fait briller les os
de la lumière
qu'il doit bien y avoir
une leçon à tirer
de tout ça
dimanche 13 novembre 2011
La lune
Mon doigt qui te montre la lune. Pour la première fois. Tu vois mon doigt. Tu vois la lune. Tu ne regardes pas mon doigt. Tu ne regardes pas exactement la lune. Tu regardes plus loin que la lune. La lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l'espace et de la nuit. Je voudrais te dire vivre c'est ça. C'est montrer la lune à quelqu'un. Et partager en silence ce qu'il y a derrière. Partager la lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l'espace et de la nuit.
samedi 12 novembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - France Inter
Un grand merci à Matthieu Colombe de la librairie Goulard, qui chronique Nos cheveux ce samedi 12 Novembre vers 17h dans La librairie francophone sur France Inter.
Merci aussi en passant à Brigitte Allègre pour le mot et les carpes sur son blog
Un pas de côté, notes de lectures d'Alain Hellissen, Diérèse 54
Saluons d’abord l’initiative de Patrick Jocquel qui inaugure avec ce livre ses éditions Pointe Sarène. Il convient de préciser qu’il s’agit de micro-édition, l’univers de prédilection de Thomas Vinau, poète plus à l’aise dans la brièveté que dans l’écriture au long cours. Un pas de côté dresse une liste sur le mode litanique, à raison de cinq à sept vers par page, le premier constituant le leitmotiv déclencheur : « je suis du côté. » Thomas Vinau dévoile ainsi ses inclinaisons naturelles. En voici quelques unes, en vrac : « Je suis du côté / des ratures et des gros mots / des cheveux en bataille / des doigts d’honneur / des pieds mouillés / des trous de taupe dans la terre / des gorilles mélancoliques / des petites récoltes / des maladroits des ahuris / des noisettes entières dans le chocolat… » Un pas de côté se lit très vite, comme si l’auteur ne voulait pas embarrasser son lecteur plus longtemps. Au-delà du sourire amusé que procure cette énumération un rien récréative subsiste néanmoins un sentiment de malaise, semblable peut-être à celui éprouvé à la lecture de poèmes de Boris Vian, l’impression qu’il faut faire un pas de côté pour s’inventer des respirations salutaires. La poésie permet cet écart là.
Alain Helissen
Un Pas de côté, Thomas Vinau , Les éditions de la Pointe Sarène, Printemps 2011, 37 pages, 6€
éditions de la Pointe Sarène,
5 traverse de l’orée du bois
06370 Mouans-Sartoux
* Attention, petit tirage !
vendredi 11 novembre 2011
Et je renonce
Sur un parking
le vent trouble
la surface éclatante
d'une flaque
pleine de soleil
Et je renonce
à écrire
à la hauteur
d'un unique
reflet
le vent trouble
la surface éclatante
d'une flaque
pleine de soleil
Et je renonce
à écrire
à la hauteur
d'un unique
reflet
jeudi 10 novembre 2011
L'équarrisseur
L'aube enfile ses vieux bas à varices, fait craquer ses vertèbres, et se met en marche. Elle prend le chemin d'hier et de demain. La route est cabossée. Tassée par quelques tonnes de recommencements. L'aube tousse et crache un peu de sang dans le ciel. Elle ne met pas de gant. Ses doigts sentent la cendre. Au bout de quelques pas déjà, le travail commence. C'est le labeur de la lumière qui rejoint celui de la mort. L'aube se penche, brûle ses rhumatismes et d'un geste qui ne cherche plus à croire, dégage le goudron de son premier cadavre de bête. Elle le pose sur le bas côté et se remet en marche. Le soleil joue sur la carcasse. Le jour se lève.
Le mot de passe
La pluie est le mot de passe de ceux qui ont le goût pour une certaine suspension du monde.
Une goutte a la forme d’un spermatozoïde. Ce n’est pas un hasard : il y a de la conception dans la chute…
Martin Page, De la pluie, (qui vient d'être réédité en poche)
mercredi 9 novembre 2011
L'endurance (2)
Effectuer trente huit
mastications
par raisin sec
Remplir le jour
de bruits de pas
Prendre le rythme
du piétinement
Aujourd'hui
chacun
de mes sourires
m'éloignera
de moi
mastications
par raisin sec
Remplir le jour
de bruits de pas
Prendre le rythme
du piétinement
Aujourd'hui
chacun
de mes sourires
m'éloignera
de moi
mardi 8 novembre 2011
Le fils de Novembre
J'ai connu des feuilles mortes
qui avaient plus de constance
dans leurs dégringolades
qui avaient plus de constance
dans leurs dégringolades
lundi 7 novembre 2011
Le gros français qui mangeait ses larmes
Je mange en regardant la télé. Je mâche sur mon canapé. Passe un reportage sur les françafricains expulsés ce lundi 04 novembre de la place de la fraternité (mon cul) à la Courneuve. Voilà sept mois qu'ils étaient là. Parents et enfants. Sous des tentes. La grande majorité d'entre eux est en situation régulière et travaille. On les expulse sans ne rien leur proposer d'autre. Je vois les mères crier. S'accrocher aux grilles. Les enfants pleurer. Les CRS piétiner les tentes. Je n'arrive plus à avaler. Les larmes me montent aux yeux. Je les mâche. Sur mon canapé.
Lame contre lame
Et le ciel qui n'en finit pas de nous tomber plus bas. Un jour c'est une lumière qui nous met minuscule. Le lendemain elle n'est plus que l'ombre de la nuit. Les bêtes font le dos rond. Je me tasse avec elles. L'eau coule sur nos fronts. Les oiseaux des graviers qui écorchent l'horizon. Mes yeux m'affûtent en grisaille. Pierre contre pierre. Lame contre lame. Se décider à aller jeter un oeil sous le tas de feuilles mortes. Y retrouver le ciel.
dimanche 6 novembre 2011
Entropie
Novembre fait pourrir tout ce qui fut triomphant. Dans de grandes brassées de feuilles mortes, l'entropie invente la couleur. Le souvenir de nos ossements. Pendant que le temps piétine le temps, un troupeau d'escargots traverse le ciel. Sa bave brille sur mes rêves.
samedi 5 novembre 2011
La mille deuxième nuit
J'entasse
mes dégringolades
jusqu'à la lune
Monte
sur mes épaules
Tu pourras voir
le fond du trou
je suis une forêt
de poussière
Un tapis
croulant
qui s'envole
mes dégringolades
jusqu'à la lune
Monte
sur mes épaules
Tu pourras voir
le fond du trou
je suis une forêt
de poussière
Un tapis
croulant
qui s'envole
vendredi 4 novembre 2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - Librairie Goulard
Je serais ce vendredi 04 Novembre à la librairie Goulard de Aix en Provence. Rencontre et petite lecture vers 17h30 autour de Nos cheveux. Si le coeur vous en dit...
Merci au passage à 319 signes et à la Goulue
jeudi 3 novembre 2011
Revue Rue Saint Ambroise n°28
Sommaire n°28
La Fleur qui marche // Derek Munn
Jeune et vierge // Cyrille Pernet
La caverne des lions de mer // Stéphane Olivier
La lettre K // Stéphane Rosière
En chemin // Adriana Langer
Transe cutanée // Cécile-Marie Hadrien
Théobald // Dominique Pascaud
Demeure // Maël Guesdon
Par un jour d’hiver // Danielle Lambert
Super8 // Laurence Hugues
Se soulager dans un fossé // Thomas Vinau
Intermittences // Myrto Gondicas
Rien sur moi // Karine Courville
L'amère à boire // Emmanuelle Cart-Tanneur
Le chauffeur de veuves // Fabrice Marzuolo
Ezra // Ramaroseranana
La tournée // Perrine Le Querrec
Le rêve de Calixte // Nicolaï Feuillard
Dernier rire // Aubierge Desalme
Ce mois-ci la chouette revue de nouvelle Rue Saint Ambroise s'intéresse à votre serviteur. Merci à Catherine Argand pour le texte. Ainsi qu'à Alban Lecuyer et à l'équipe de la revue pour l'accueil. Le début ci dessous, le reste sur leur site, et une nouvelle dans le numéros 28 qui sort cette semaine :
AUTEUR EN VUE
Ce mois-ci, nous avons décidé de nous intéresser à l’écrivain Thomas Vinau, auteur du blog http://etc-iste.blogspot.com. Thomas Vinau a publié des livres de poésie (citons Les Murs, avec Florent Lamouroux, aux éditions publie.net, ou Tenir tête à l’orage, aux éditions N&B), un livre jeunesse (Du sucre sur la tête, avec les illustrations de Lisa Nanni, aux éditions Motus) et un nombre incalculable de textes en revues. Son dernier roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, vient de paraître aux éditions Alma et sera présenté ce vendredi 4 novembre lors d’une rencontre-lecture à 17h30 à la librairie Goulard d’Aix-en-Provence.
« On lui donne rendez-vous chez lui, à Pertuis, près d’Aix-en-Provence, il tourne et retourne le verre incassable posé sur la table, enfonce ses poings dans ses poches, ses cheveux noirs dans son col bleu et nous offre en partant des cerises cueillies sur l’arbre l’air de rien, mutin, timide, gamin.
De la chouette il possède le regard nyctalope, de la tortue une dans son jardin. Sinon il ressemble moitié à Rambo et moitié à Bambi. Et ce que l’on devine chez lui – mais pourquoi en parler ? – c’est la possibilité qu’il a d’être tourmenté. » Lire la suite de son portrait par Catherine Argand, éditrice à Alma éditionsLe rire rouge de Francis Bacon
Francis Bacon chanta comme un loup cette nuit. Un loup rouge prêt à tordre la lune. Francis Bacon mâche la nuit dans ses dents. Il traverse Londres à pied, chaque nuit que le sang blanchi. Il traverse Londres, et Paris et Dublin et Bruxelles et Berlin. Chaque nuit la vrille de son cri rouge se trimballe comme une lune rouge dans le verre d’acier de nos ventres. Francis bacon a bu tout notre brouillard. Le pauvre. Un loup rouge prêt à tordre la lune. Il a mâché et léché et mâché et léché et mâché et léché toutes les nuits de la terre depuis que Lilith la pute nous a abandonné dans des lambeaux de limbes mécaniques à mourir. Lilith la pute nous a abandonné mais Francis Bacon a bu tout le brouillard. Le pauvre. Francis Bacon explique : Vois tu mon petit chat, il y a la douleur et il y a la couleur. Vois tu mon petit chat, c’est doux et c’est simple comme la vie est horrible. Il faut crier. Il faut crier et rire un rire rouge comme la Lune. Un rire de couleur et de douleur. Un rire tordu qui cri comme nos dents que Lilith la douce est partie, la pute notre mère est partie. C’est pourquoi il faut boire à grandes gorgées de cris rouges, à grandes gorgées de rires, il faut boire le brouillard. Oh le joyeux accident de chair qui boit tout le brouillard dans le coeur rouge de la nuit! Oh le loup qui boit le lait horrible de nos questions inutiles! Oh Francis Bacon le rire criard et tordu des orphelins de la lune! Tous orphelins de Lilith la pute!
(le texte ci dessus est un hommage à Francis Bacon paru dans la revue Passage en 2009)
mercredi 2 novembre 2011
Torgnoles
Rattrape le fil petit merlu. Fous quelques torgnoles à tes yeux. À la tiédasse sous ton front. Au ronron merdeux de ton coeur. Il y a ces milliers de petites feuilles rouges qui perfusent la terre trempée. Ça fait comme du sang qui crépite la rétine. L'odeur des mandarines. Les gabians dans les champs. Et avant hier devant la maison, une infinité de fourmis débarquant du centre de la terre pour manger la lumière des morts dans les scintillements de leurs ailes. La pluie qui rince le tilleul. Mon urine dans la nuit froide. Le gecko qui squatte la cuisine. Rattrape le fil petit merlu. Réveille-toi et fais tourner. Saute des pieds. Rentre du bois. Ramasse les dernières tomates. Mouche le ciel. Trempe tes doigts. Regarde comme les limaces sont belles quand ta cervelle décongèle.
mardi 1 novembre 2011
Un jour de plus un jour de moins
Et la lumière qui grimpe
sur nos désordres tranquilles
nos vestiges
nos couleurs de feuilles mortes
sur nos désordres tranquilles
nos vestiges
nos couleurs de feuilles mortes
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