11/15/2017

Les grands rires d'ombre au fond du ciel

Un pur bleu clair de novembre. Absolument rincé et lessivé par le grand vent. La lumière toute crue. Pointue. Aiguisée. Les bourrasques de feuilles de vignes. Le dos rond des corbeaux sur les branches. Silhouettes râleuses. Nous nous traînons sur la terre glacée. Souffle à sculpter. Au dessus de nos têtes les grandes vagues décoiffantes des étourneaux. Je ne vois pas que de la danse dans ces murmurations. La grâce de ces mouvements. Je vois de l'insolence. Du plaisir. De l'espièglerie. J'en suis sûr, les oiseaux s'amusent.

1 commentaire:

ecritscris a dit…




C'est encore long,
on fait le dos rond,
quand l'hiver se prolonge .
Il parait que les jours s'allongent :

La lumière est blanche,
crue à travers les branches .
Sans s'arrêter, le vent y passe,
il a son visage de glace .

Quelques oiseaux s'élancent :
défient mars avec insolence
ils n'en font qu'à leur tête :
rien ne les arrête ...

C'est dire que la saison s'use :
les passereaux s'amusent,
frappent à ma fenêtre,
et m'invitent à une fête :

Il faudrait seulement
que je déplie lentement
mes ailes engourdies
( je les avais oubliées sous le lit )

Enfilant à la hâte un falzar,
je les attacherai comme Icare,
c'est le rêve précaire ,
que je préfère .

En fait c'est le soleil
qui tournait dans mon sommeil
en faisant un printemps
de chaque instant :

C'est encore long;
je fais le dos rond
je change de saison
et replonge sous l'édredon...