2/27/2024

Ballade du Roi des Gueux - Jean RICHEPIN

 

"Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs, voyous, catins,
Et marmousets, et marmousettes,
Tas de traîne-cul-les-housettes,
Race d’indépendants fougueux !
Je suis du pays dont vous êtes :
Le poète est le Roi des Gueux.

Vous que la bise des matins,
Que la pluie aux âpres sagettes,
Que les gendarmes, les mâtins,
Les coups, les fièvres, les disettes
Prennent toujours pour amusettes,
Vous dont l’habit mince et fongueux
Paraît fait de vieilles gazettes,
Le poète est le Roi des Gueux.

Vous que le chaud soleil a teints,
Hurlubiers dont les peau bisettes
Ressemblent à l’or des gratins,
Gouges au front plein de frisettes,
Momignards nus sans chemisettes,
Vieux à l’oeil cave, au nez rugueux,
Au menton en casse-noisettes,
Le poète est le Roi des Gueux.

Ô Gueux, mes sujets, mes sujettes,
Je serai votre maître queux.
Tu vivras, monde qui végètes !
Le poète est le Roi des Gueux."



2/23/2024

War - Smile Happy

Le temps à peine


 

Le temps d'une sieste de rien
d'un bisou raté
d'un mégots mal roulé
Le temps à peine
d'essuyer sa morve
de gonfler le biceps
de finir une phrase
de nouer le lacet
Le temps seulement
de lever le nez dans le vent 
de tirer les vers du cul
de se couper les ongles
de trouver l'équilibre
d'aligner la colonne
d'aimer aimer
Le temps à peine
de tourner la tête
De reconnaître un rire
de se souvenir d'un instant
Le temps tout juste
de se relever
Quarante cinq années venaient de passer

2/22/2024

Parution : Et des Poussières - Point Poésie Fevrier 2024




 
Des poèmes brefs,
ni haiku, ni aphorisme, ni poétweet, ni punchline
un peu de tout ça, mais avec une façon, je crois, d'explorer malgré tout, le poème
après les brindilles,
les miettes,
des poussières ...
bientôt il ne restera plus rien
 
Un petit nouveau youpiyo !
 

Du haut de la nuit

 

Tout la haut
du haut de la nuit
on n'aperçoit que quelques lumières
éparses
Éparpillées comme des astres
des galaxies de solitude
qui scintillent dans le grand néant
la terre n'est plus qu'un ciel
alors peut être que le ciel étoilé n'est qu'une terre finalement
que les constellations ne sont que des routes
des parking éclairés
des terrains de foot
des pavillons où les enfants s'endorment en se demandant pourquoi ils ont si peur de demain
et leurs parents d'hier
et si les souvenirs ont des yeux qui brillent
rouges
dans le noir

35 MINUTES of Erroll Garner LIVE in '64!

A St Nazaire

 

 Je ramasse des merdouilles dans le sable
Je fouille dans le gris de la mer
Je veux me taire

 



2/18/2024

Simenon - Quand j'étais vieux

" j'aimerais une histoire calme, presque sereine, avec beaucoup de soleil, de petites touches de couleur, un escalier ciré, des pans d'ombre et de reflets."

Simenon dans ses carnets Quand j'étais vieux

2/15/2024

La paix des mots

 

Petit je disais zézette
et puis j'ai vite dit chatte
pour faire le grand
ou schneck
mais en vieillissant
je ne sais pas
j'aimais de plus en plus dire foufoune
c'est doux à dire foufoune
c'est rigolo
c'est apaisant

2/11/2024

Echec et monstre

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La vie est un jeu d'échecs avec des monstres à doigts
La vie est un jeu de doigts avec des monstres d'échecs
La vie est un échec de doigts avec des jeux de monstres
La vie est un doigt de monstre avec l'échec d'un jeu
La vie est un monstre de jeu avec l'échec des doigts

 

2/10/2024

Les gouttes fouettent les fleurs


Les gouttes fouettent les fleurs
du monument aux morts
nous sommes un Samedi matin
de février en France
l'averse remue les branches
tambourine sur le capot
trouble le paysage
croix de pharmacie
feux des voitures
platanes lépreux
monument de béton
tout grisaille
redoutablement
surtout ne pas mettre les informations
J'attends mon fils dans la voiture
buée sur les vitres orteils glacés
je monte le son d'une Cantate de Bach
l'averse redouble
le gris tout cru pétille de poussière d'or
j'ai un rire de fou comme le dernier dément
Au milieu d'un charnier anodin et sublime
j'attends que le ciel m'écrase
au lieu de cela il s'ouvre
je vais être en retard pour récupérer le môme
la pluie est froide et belle

2/01/2024

10/18

 

 Je suis particulièrement heureux de continuer cette belle collaboration avec 10/18, en plus de mes quatre premiers roman, initialement paru chez Alma,  et qui sont tous réédités cette année, vous pouvez à présent retrouver le nouveau poche de Marcello & co, grand plaisir et grande fierté qu'ils continuent à vivre dans ces beaux petits livres et, j'espère, toujours, dans vos yeux .






Rencontres - Atlandide à Nantes, et L'embarcadère à St Nazaire

 

 

 Samedi 17 Février : Passage express à Atlantide cette année, où je retrouverai Antoine, rencontrerai Bernard, conversationnerai gentiment et signerai un nouveau recueil fraichement paru chez Points/Poésie , Et des Poussières...

Et puis Lundi 19 je fêterai les dix ans de L'embarcadère, à St Nazaire avec Debout dans les fleurs sales

si ça vous dit...

https://www.atlantide-festival.org/agenda/lurgence-de-la-parole-poetique-2/

 



 

1/30/2024

Guillaume Apollinaire - extrait de à la santé -

20 novembre Arnas: Conférence Les Prisons d'Apollinaire Franck Balandier
 

 "(...)

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Dans la cellule d’à côté

On y fait couler la fontaine

Avec les clefs qu’il fait tinter
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine

(...)


Guillaume Apollinaire - extrait de à la santé - 
Septembre 1911 
(publié dans Alcools, NRF, 1920 (3e éd.), p. 150-155.)

Langues des strates - Arisitide

 

Je participe à cette belle revue du Collectif Aristide avec un texte inédit, Les bols


Nous avons le plaisir d'annoncer la sortie de notre dernier livre : Langue des strates

Les auteur·es : Audrey Cavelius, AbSTRAL compost, Dejan Gacond, Laura Gamboni, Jérémie Gindre, Julien Maret, Marina Skalova, Eric Vautrin, Laura Vazquez, Thomas Vinau / et les visuels de Antón de Macedo

Pour ce premier livre dédié à l’écrit, Aristide a tourné son regard vers l’intérieur, dans un mouvement naturel et interrogatif. Interface entre l’âme et le monde, l’être demeure le matériau premier, pour ensuite se déployer dans toutes les directions ; points cardinaux, abîmes et cieux confondus. Comme à notre habitude, nous invitons des artistes aux pratiques variées afin de rendre compte de la multiplicité du réel.

COLLECTIF ARISTIDE

1/25/2024

Trois têtes mortes

 

_ Dans un sac plastique de la table de nuit, j'ai retrouvé ses trois têtes mortes quand elle est partie. Elle s'est coupée trois fois la tête pour continuer à être aimée. Elle s'est coupée trois fois la tête, et elle est partie sans être certaine d'avoir été aimée.
_ C'est impossible.
_ De se couper trois fois la tête ?
_ Non, d'être certain d'avoir été aimé.

1/23/2024

La routine

 On se lève fatigués
on se couche abimés
et entre les deux
on fait des miracles

1/21/2024

Réunuit


 

 La nuit est rassurante
tout est perdu
plus besoin de chercher
nos morceaux éparpillés
nous voilà réunis
par nos obscurités

1/18/2024

Hiver Attila Jozsef, Le mendiant de la beauté, (Le Temps des Cerises)

II faudrait allumer un très grand feu
Pour que s'y réchauffent les hommes.

Il faudrait tout y jeter, les vieilleries, les antiquités
les jouets neufs et anciens,
les ébréchés, les intacts - Ah ! Le jeu du chat perché !
Et nous disperserions dedans
Tout ce qui semble beau
Et dans la flamme brûlante monterait un chant
Où se tiendraient par la main tous les gens du pays.


Il faudrait nourrir un très grand feu
Car les villes et les champs sont gelés
Il faudrait arracher la poignée glacée de nos hangars
Pour que ce feu nous donne une immense chaleur.


Oui il faudrait alimenter un très grand feu
que les hommes se dégèlent un peu !

1/14/2024

1/05/2024

Rock and Folk, Janvier 2024


 Merci Agnés Léglise !

extrait des Carnets du chien, en cours...


  

Ce que je préfère finalement c'est ça
les champs d'herbes à la con
dont personne ne connait le nom
les fleurs minuscules
discrètes
sauvages
la couleur des piquants
qui ne piquent pas grand monde
la terre
qui ne sert plus aux hommes


12/28/2023

Jacques Brel - Les coeurs tendres

Le néflier fleuri dans le givre

 Le néflier fleuri dans le givre
on l'a planté quand ma grand-mère est morte
il faudrait planter quelque chose
à chaque coup de grisou
chaque injustice
chaque perte
la peine est une terre 
légère
sur laquelle tout pousse
le monde ne serait plus 
qu'une immense forêt
emplie de fantômes
de serpents à sornettes
de papillons empoisonnés
de macaques mélancoliques
et de fleurs de néfliers

12/14/2023

Le mendiant était un guerrier


Ô Attila triste Attila

c'était sa troisième tentative de suicide
depuis sa naissance en 1905 
il se coucha une nuit de mai 1923
sur une voie de chemin de fer
mais le train n'arriva jamais
il avait été stoppé en amont
à cause d'une autre tentative de suicide 


Ô Attila triste Attila